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INVENTAIRE DU PATRIMOINE CULTUREL

 Une compétence de la Région

 Créé en 1964 et implanté dans chaque région, l’Inventaire général du patrimoine culturel a pour mission de recenser, d’étudier et de faire connaître le patrimoine de la France. La loi du 13 août 2004 a transféré cette compétence aux Régions.

 

Le patrimoine constitue un enjeu important de revitalisation des territoires, tant pour rendre attractif le cadre de vie que pour retenir les visiteurs de passage. L’Inventaire permet d’en dresser l’état des lieux, et de concevoir, en liaison avec le tourisme et l'aménagement du territoire, des outils de connaissance et de mise en valeur. 

 
Les enquêtes de l’Inventaire confrontent les apports du terrain aux informations fournies par les archives et la documentation ; elles permettent aussi de comparer les objets et les édifices entre eux, et ainsi de dégager, selon les cas, leurs caractéristiques communes ou leur plus ou moins grande originalité. Ces enquêtes sont menées soit directement par les agents du service sur le territoire des départements des Ardennes, de l’Aube, la Marne et de la Haute-Marne, mais aussi par des prestataires extérieurs ou des associations qualifiées dans le domaine du patrimoine. Divers autres partenaires peuvent également contribuer, à la suite d’une convention passée avec le service, à l’enrichissement des notices.

 

L’Inventaire Grand Est – site de Châlons-en-Champagne s’est principalement investi dans deux grandes enquêtes thématiques qui constituent une ressource principale de ce site : le recensement du patrimoine industriel et l’inventaire du patrimoine religieux (architecture et mobilier), dont les notices sont progressivement versées sur le site.

 

Ce patrimoine, qui constitue le cadre de vie familier des habitants de la région, l’Inventaire a pour mission d’en pointer la valeur historique et artistique, par-delà la valeur d’usage qu’il a souvent perdue. Par ses enquêtes et ses publications, l’Inventaire participe à la fois à la réappropriation du passé et à la définition de politiques de sauvegarde et de mise en valeur. 
L’Inventaire s’adresse aussi bien aux étudiants, universitaires ou simples passionnés par le patrimoine, qu’aux élus, et, plus généralement, à ceux qui ont en charge la gestion du patrimoine.

 

A LA UNE !

Publications 2018

L'abbaye de Mouzon

L’église de l’ancienne abbaye Notre-Dame de Mouzon fait partie des premiers grands édifices gothiques du Nord de la France. Longtemps considérée comme une construction tardive par rapport à ses consoeurs champenoises que sont l’église abbatiale Saint-Remi de Reims et la collégiale Notre-Dame-en-Vaux de Châlons-en-Champagne, elle est reconnue aujourd’hui comme leur contemporaine, avec une date de commencement estimée autour de 1170. Elle partage avec elles l’élévation intérieure à quatre niveaux, les voûtes sexpartites et une certaine sobriété à l’extérieur. Au XVe et au XVIe siècle, l’édifice est complété : les parties hautes des tours et les pinacles des arcs-boutants de l’élévation sud constituent des témoins significatifs du gothique flamboyant. Dans la seconde moitié du XIXe siècle, Émile Boeswillwald, grand architecte restaurateur, le reprend entièrement, gommant parfois, au nom de l’unité de style, des éléments remarquables comme la grande fenêtre du massif occidental. L’édifice abrite un très beau mobilier, en particulier un maître-autel à baldaquin (1728) et un grand orgue prestigieux (1725) du facteur Christophe Moucherel, auteur du splendide instrument de la cathédrale d’Albi. Des bâtiments conventuels, refaits dans la deuxième moitié du XVIIe siècle, subsistent principalement deux des trois ailes bordant le cloître au subtil décor classique à bossage.

 

  Edition : Lieux-dits

 

Prochainement : L'abbaye de Clairvaux (Aube)

Lumière sur

Le Cellier de Bar, ancien cellier de Clairvaux

Malgré sa proximité (12 km), Clairvaux ne semble pas avoir pris pied à Bar-sur-Aube avant la fin du XIIe siècle (cf. carte du temporel ill. IVR21_20151000530NUCA). Alors que la maison de Dijon, Chapitre Général oblige, est déjà clairement citée en 1197 dans la bulle confirmative de Célestin III —Clairvaux est implantée dans la capitale ducale depuis 1189-90 (Richard, 1990, Chauvin, MCACO XLI, 2005-11)— la future maison-refuge de Bar ne transparaît qu’à travers la formule vague de ”possessiones quas habebis ex dono fratrum de Domo Dei Barrensis”. Il s’agit là néanmoins de la donation principale à partir de laquelle l’abbaye va durablement s’installer dans la ville où fut relevée près d’un siècle plus tôt (en 1114) la première mention d’une foire internationale, prémices aux fameuses foires de Champagne (Guilbert, 1990). Cette acquisition s’inscrit dans un cadre plus large d’implantation dans les villes à des fins d’intégration aux circuits économiques et financiers notamment. Dès l’année suivante (1198) sont aussi signalées des maisons à Neufchâteau, Châlons, Provins et Troyes. Si la première est un bel exemple de relais stratégique sur la route des salines lorraines (Marsal), les deux dernières, comme Bar, sont clairement à mettre en relation avec les foires de Champagne qui sont en plein essor et qui font alors de la Champagne le centre de l’économie-monde (F. Braudel). Les fonctions de cette maison, située au chevet de l’église Saint-Pierre et nommée par ailleurs Petit-Clairvaux, ont été multiples. Bar étant une ville close comtale, Clairvaux en fit son refuge le plus proche. Il fut à ce titre très utilisé au XIVe siècle (Roger, 1987). Cadre des deux foires annuelles, L’abbaye tira parti rapidement du contexte commercial suivant lequel deux foires se tenaient dans chacune des trois villes, occasionnant un flux ininterrompu de transactions. Dans ce cadre, la maison de Bar cumula les fonctions de relais commercial, de stockage des denrées et de centre d’affaires. On n’oublie pas non plus que Clairvaux reçut à Bar un certain nombre de terres et surtout de vignes et que leur exploitation en dépendait, qui lui faisait accessoirement tenir le rôle de grange et/ou de cellier. La poursuite des donations ajoutée aux investissements ultérieurs de l’abbaye firent d’elle un gros propriétaire foncier : d’une maison avec chapelle, le Petit-Clairvaux devint un pâté de maisons (ill. IVR21_20151000007NUCA). Bien que l’étage ait été remanié en 1850 (Roserot, Dict. hist. Champ. mérid., p. 105), l’immeuble a conservé son cellier datable de la fin du XIIe siècle (en tant qu’ancienne bâtisse de la Maison-Dieu) ou du début du XIIIe (en tant que construction claravallienne) (ill. IVR21_20151000551NUCA et IVR21_20151000552NUCA). Cette salle de deux vaisseaux pour trois travées reste un bel exemple d’austérité architecturale, que confèrent notamment les massives ogives de section carrée retombant sur des piliers octogonaux. Chapiteaux et culots sont dépourvus de tout décor, à l’exception de quelques moulurations. À l’arrière, l’accès de plain-pied à l’étage ouvre sur la salle du pressoir couvert d’une belle charpente carénée (ill. IVR21_20151000553NUCA). Quelques unes des baies l’éclairant présentent des éléments médiévaux tels que linteaux en accolade ou baies géminées (état d’origine ?). L'îlot urbain, qui était clos de murs, était accessible par l’arrière où, à côté de la porte ouverte à l’époque moderne, subsiste, muré, l’arc brisé d’une ancienne porte charretière (ill. IVR21_20151000554NUCA).

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