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Ancienne abbaye de Clairvaux

Dossier IA10001320 réalisé en 2015

Fiche

Clairvaux, dont le nom résonne comme l’une des plus prestigieuses abbayes de la Chrétienté mais aussi comme l’un des centres de détention les plus redoutés, a été fondée officiellement le 25 juin 1115 au diocèse de Langres en tant que 3e fille de Cîteaux, par Bernard de Fontaine [-lès-Dijon], futur saint Bernard, à la tête d’un groupe de moines venus du Nouveau Monastère. L’emplacement retenu, à l’entrée d’un vallon tributaire de l’Aube en rive gauche (ill. IVR21_20151000309NUCA), relevait alors de propriétés familiales car cette terre appartenait à son père, Tescelin, seigneur de Fontaine-lès-Dijon. Cette fondation reçut l’assentiment général, notamment de l’évêque de Langres Joceran de Brancion. Les débuts n’en furent pas moins difficiles car la communauté ne disposa pendant plusieurs années que de peu de biens, au point que l’on se demande si la fondation de Trois-Fontaines en 1118 (1e fille de Clairvaux) a résulté d’une surpopulation monastique précoce ou bien d’une nécessité de soulager un groupe qui peinait à manger à sa faim (Veyssière, 2004, p. xix). La suite est connue pour l’essentiel : fort de la personnalité et du prestige de son premier abbé, Clairvaux va connaître un développement prodigieux, l’érigeant au rang de véritable chef d’ordre, en tout cas de filiation. À la mort de saint Bernard en 1153, l’ordre comptait déjà 352 abbayes réparties dans toute l’Europe, dont 169 dans la dépendance de la seule abbaye de Clairvaux. Un siècle plus tard, on en comptera le double. Une telle croissance dût se mesurer concrètement à Clairvaux même où la population monastique fut très importante. Du vivant de saint Bernard, plusieurs centaines de moines et de convers y étaient dénombrés. Du XIIe siècle, souvent considéré comme l’âge d’or cistercien, il reste peu de choses mais le bâtiment des convers —récemment restauré— témoigne encore par ses dimensions (ill. IVR21_20151000333NUCA) de cet essor.

Au-delà de l’image de gigantisme que renvoient les représentations anciennes, en particulier les plans et vues de dom Milley (1708) (ill. IVR21_20151000564NUCA à IVR21_20151000566NUCA), le phénomène claravallien trouve sans doute plus de signification encore dans l’étendue du temporel, qu’il est quasiment impossible de rendre dans le détail tant les possessions sont nombreuses (cf. carte du temporel ill. IVR21_20151000530NUCA). Trois grandes étapes se détachent dans l'histoire temporelle de Clairvaux, individualisant trois grands groupes de granges et domaines :

- C’est au temps de saint Bernard que les six premières granges formant la nébuleuse primitive ont été créées : la grange abbatiale, Outre-Aube, Fraville, Fontarce, Beaumont et Champigny. Toutes procèdent de nombreuses aumônes ayant fait l'objet de pancartes épiscopales puis de chapitres du cartulaire. Leur mission fut à n'en pas douter d'être avant tout polyvalentes pour subvenir aux nécessités des premières décennies.

- La période allant de la mort de saint Bernard à la fin du XIIIe siècle voit en premier lieu l'émergence de nouveaux domaines portés de la même manière par chapitres au cartulaire : La Borde (ou Borde-Han), Morins, Blinfey, Cornay, le Val-de-Rognon, Fenus pour les granges polyvalentes, ainsi que cinq autres centres spécialisés : Colombé et Morvaux (granges viticoles ou celliers), Wassy (grange du fer), Marsal (grange salicole) et Dijon (à la fois grange viticole, relais urbain et centre d'affaires).

Si l'architecture du temporel a reposé sur ces dix-sept granges et dans une moindre mesure sur quatre autres établissements complémentaires (grange de Feins, maisons-celliers de Bar-sur-Aube, Gomméville, voire Mussy-sur-Seine), une multitude de domaines secondaires est apparue parallèlement, et cela dès la fin du XIIe siècle. En effet, l'originalité du système claravallien est d'avoir su (ou dû ?) créer des centres de production satellites plus modestes, placés sous le contrôle de granges maîtresses, évitant ainsi à ces dernières tout risque d'hypertrophie. Pas moins de dix fermes-annexes d'importance inégale ont vu le jour durant cette période : si la Maison-aux-Convers, la Borde-d'Ambre et Nuisement se sont développées sur les terres de Beaumont, Fontarce s'est entourée de Sermoise, Mauricourt et Val-l'Ermite. De même, dès le milieu du XIIe siècle, plusieurs actes montrent les liens de Jurville et Tintefontaine avec Outre-Aube et de la Bretonnière avec Fraville. En revanche, ceux, pressentis, des Dhuys avec les Vieilles-Forges et Morins sont davantage d'ordre artisanal et proto-industriel et nécessiteraient de fait une investigation plus poussée. Seules, la grange abbatiale en raison de son statut particulier de grange intra muros et Champigny demeurent en marge de ce mouvement, pour un temps seulement car cette dernière s'adjoignit vers le milieu du XIVe siècle la ferme de Maison-Neuve. Au total, malgré des incertitudes, l'arborescence du système grangier de Clairvaux transparaît bien ici : il est manifeste que seules les granges primitives ont été flanquées de fermes-annexes et peuvent donc à ce titre occuper la fonction de granges maîtresses.

Les autres granges n'ont manifestement pas adopté ce sytème. À cela, plusieurs raisons : il est probable que la spécialisation de certaines granges, liées à des activités et productions très ponctuelles et particulières, ait limité l'extension de leur terroir. C'est sans doute le cas des celliers (Morvaux, Colombé, Dijon), des salines (Marsal), mais un peu moins des forges (Wassy), dissociant plus aisément centres d'extraction, de transformation et de production agricole complémentaire. À Cornay, la Borde et Feins, une intégration au temporel plus tardive pourrait justifier la constitution de domaines moins importants, dus notamment au recul des donations au cours du XIIIe siècle. Pour le Val-de-Rognon (Doulaincourt) et Fenus, on retrouve ces mêmes conditions amplifiées par leur éloignement, ne profitant pas autant que les autres de l'élan et de la renommée locale de Clairvaux. Enfin le contexte est tout autre à Morins et Blinfey ; l'abbaye acquiert en effet les deux granges déjà constituées en 1196 et 1207. Si Morins lui a été donnée en totalité par la comtesse de Champagne, Blanche de Navarre, après l'avoir achetée aux bénédictins de Saint-Bénigne de Dijon, Blinfey provient en revanche des chanoines prémontrés de Beaulieu, lesquels se trouvant dans le besoin l'ont vendue à Clairvaux pour 500 livres. Très éloignés, tardifs et/ou acquis d'un seul tenant, ces domaines de deuxième génération n'ont pas donné lieu à la création d'annexes, le temps n'étant plus seulement à l'étalement spatial (polyvalence et complémentarité des terroirs) mais plutôt à la recherche de productions spécialisées voire spéculatives (sel, fer, vin). Ces dernières ont conduit Clairvaux à renforcer sa présence dans de nombreuses villes, multipliant les pied-à-terre à vocation économique et de centres d'affaires où les surplus de denrées produites pouvaient être stockées et écoulées sur les marchés urbains (des foires de Champagne à Troyes, Bar-sur-Aube et Provins et des sièges épiscopaux à Meaux et Châlons, à Paris), à vocation de relais (à Dijon pour les abbés se rendant au Chapitre Général à Cîteaux, à Nogent-sur-Seine et Neufchâteau sur les routes de Paris et des salines lorraines), à vocation enfin de refuge par temps d'insécurité (Bar-sur-Aube).

- La troisième et dernière période s'étale sur les cinq siècles suivants au cours desquels la gestion seigneuriale du temporel se résumera à quelques modifications ponctuelles, plus ou moins secondaires. À partir du XIVe siècle en effet, le réseau de granges est constitué pour l'essentiel mais s'agrandit encore des deux petits domaines d'Apremont et de Maison Neuve et de deux granges acquises à titre onéreux : le Breuil et le Petit-Clairvaux. Les achats de domaines entiers ne laissent aucun doute sur la puissance financière de Clairvaux. Sitôt les vicissitudes de la guerre de Cent Ans passées, pendant lesquelles aucune opération notable ne sera enregistrée (exceptions faites d'un domaine aux origines obscures, les Bordes, et de l'union de l'ancienne abbaye de moniales du Val-des-Vignes réduite à l'état de grange), Clairvaux achètera de nouveau en 1501 l'important domaine de Beauvoir, ancien siège de l'ordre des Chevaliers Teutoniques en France, ainsi que Bugney, sa dépendance. Enfin, le temporel comptera de multiples maisons et fermes seigneuriales dans différentes localités (Saulcy, Arrentières, Montheries, Gillancourt, Cirfontaines-en-Azois, Autreville, Riel-les-Eaux, Ville-sous-Laferté, Longchamp-sur-Aujon, etc.) et quelques gagnages supplémentaires comme les fermes d'Acron et de Godebert au XVIe siècle, de Frervaux, du Toupot et de la Peute-Fosse au XVIIe siècle et enfin de Fays-Bas au XVIIIe siècle.

Le temporel de Clairvaux a donc compté avant le XIVe siècle, pour autant que l'on puisse encore en juger aujourd'hui, un ensemble de 31 centres d'exploitation, se répartissant en 6 granges maîtresses secondées par 10 fermes annexes, 11 granges plus ou moins spécialisées et 4 centres secondaires, sans oublier parallèlement 6 maisons urbaines au moins, sans fonction productrice toutefois. Les 23 adjonctions postérieures concernent la fin du Moyen Âge et la période moderne, portant alors le nombre total de domaines à 54, ce total ne tenant pas compte des domaines qui ont été abandonnés en cours de route par destructions surtout.

Grâce au domaine gigantesque acquis, Clairvaux a atteint une puissance financière hors norme. Grâce aussi aux revenus réguliers comme les dîmes —en principe interdites par les statuts mais effectives dès la fin du XIIe siècle—, les rentes, le produit des forêts (coupes), les locations de granges et surtout de maisons (plus de 130 à la ronde), elle sera même la seule à pouvoir acheter des domaines entiers à diverses abbayes en difficulté, y compris dans les temps troublés de la guerre de Cent Ans et des conflits modernes. Au XIVe siècle, le patrimoine foncier est évalué à 25000 hectares, dont 15000 de forêts, 4000 de terres labourables et 230 de vignes. Cette situation favorable lui permettra à plusieurs reprises de pouvoir payer des rançons et d’éviter ainsi les pillages et destructions que connurent les autres abbayes dans leur ensemble. Seules les granges, plus exposées et vulnérables, subiront quelques pillages et autres dommages comme Outre-Aube qui dut être reconstruite en 1651. Avec la raréfaction de la population converse, Clairvaux n’a pas complètement échappé au faire-valoir indirect : en 1474, 24 granges sur 43 sont louées. Les baux étaient par ailleurs assortis de clauses de remise en état des bâtiments. Les autres ont été administrées par des convers jusqu’au XVIIIe siècle. Son statut de chef de filiation lui ayant permis d’échapper au régime de la Commende, Clairvaux put en outre pleinement bénéficier de son patrimoine foncier, productif et forestier, qui lui permit notamment de faire face aux importantes dépenses engagées par les reconstructions modernes.

L’histoire architecturale de Clairvaux est généralement divisée en 5 périodes :

Clairvaux I, le monasterium vetus de saint Bernard.

Clairvaux II, l’abbaye médiévale (église à chevet plat) XIIe-XIIIe

Clairvaux III, l’abbaye médiévale (église à choeur rayonnant) XIIIe-XVIIIe

Clairvaux IV, l’abbaye moderne (1708-1790)

Clairvaux V, le centre pénitentiaire

Clairvaux I, le monasterium vetus des débuts fut l’abbaye de saint Bernard. Tous les bâtiments, dont le plan et l’élévation figurent sur les représentations de dom Milley (ill. IVR21_20151000564NUCA à IVR21_20151000566NUCA), étaient de petite taille et en grande partie composés de structures en bois. La chapelle, servant d’église abbatiale, était de plan carré. Un peu à l’image de la chapelle primitive (la Porziuncola) de saint François à Assise dans la basilique de Santa Maria degli Angeli, ce témoin précieux des premiers temps avait été préservé en tant qu’espace relique de saint Bernard et de ses compagnons. Elle était à ce titre encore utilisée par les moines au début du XVIIIe siècle. Clairvaux I étant devenu trop étroit eu égard au développement de l’abbaye, Bernard consentit à la fin de sa vie à engager sa communauté dans la construction d’une nouvelle abbaye. Commencée en 1135, l’église abbatiale de Clairvaux II fut consacrée en 1174, à l’occasion de sa canonisation. L’édifice, long de 106 m pour 54 de largeur au transept, comptait 3 vaisseaux et vraisemblablement un chevet plat, bien que le plan n’en soit pas connu. Des autres bâtiments conventuels contemporains et postérieurs a subsisté le bâtiment des convers qui vient d’être restauré, après plus de 30 ans de travaux. L’emblématique édifice, long de 74 m sur 21 de large, comporte trois vaisseaux sur croisées d’ogives sur deux niveaux : le rez-de-chaussée est partagé entre le réfectoire des convers (côté sud) et le cellier (nord), séparés par un passage. Le dortoir quant à lui voûté d’arêtes, prévu pour un effectif important (réalité du moment ou prévision d’avenir ?), occupait tout l’étage comme partout ailleurs. Les fouilles effectuées entre 1980 et 2013 ont pu en préciser la nature des sols : mortier dans le réfectoire (avec dallage ?) et au dortoir, terre battue dans le cellier, pavés au passage (C. Roms, "L’archéologie à Clairvaux", Clairvaux, l’aventure cistercienne, Paris, 2015, p. 258-261). La structure intérieure transparaît en façade occidentale, où les travées s’inscrivent dans de véritables grandes arcades s’appuyant sur de puissants contreforts qu’elles prolongent et qui font l’originalité du bâtiment (ill. IVR21_20151000333NUCA). Le bâtiment des convers de l’abbaye de Vauclair (02) reprenait cette élévation avant d’être détruit par les bombardements de la Grande Guerre. Les ailes orientales et méridionales ont été démolies, ne laissant plus rien apparaître du cloître médiéval. Des sondages y ont mis au jour sous un sol de mortier (galerie est) l’existence de drains servant à l’évacuation des eaux qui seraient présents sous les autres bâtiments. Cette donnée souligne l’importance des travaux hydrauliques préparatoires à l’aménagement d’un site abbatial. Perpendiculaire à l’aile sud, le réfectoire des moines comportait trois vaisseaux séparés par des alignements de piliers octogonaux sur lesquels reposaient les croisées d’ogives. Les empreintes retrouvées au sol ont permis de confirmer l’emploi de carreaux. Des bâtiments situés au-delà du carré monastique tels que l’ancienne porterie et l’hôtellerie, subsistent quelques vestiges remployés dans les bâtiments adjacents actuels. Comme à Pontigny par exemple, le chœur de l’église abbatiale ne tarda pas à être agrandi pour être finalement remplacé par un chœur semi circulaire à déambulatoire, doté de 9 chapelles rayonnantes (Clairvaux III, ill. IVR21_20151000531NUCA et ill. IVR21_20151000532NUCA) venues s’ajouter aux 8 précédentes réparties sur les bras du transept comme le montre la célèbre Veüe de l’Eglise de l’Abaye de Clervaux en Bourgongne d’Israël Silvestre (mi XVIIe s.) (ill. IVR21_20151000563NUCA). À la fin du XIIIe siècle, furent élevées au sud-est de l’église la chapelle des comtes de Flandre ainsi que l’infirmerie (rebâtie à la fin du XVIIe) à l’est du carré monastique avec son propre cloître et, comme à Cîteaux, une grande bibliothèque (1495-1503) afin d’abriter plus de 2000 ouvrages, sans compter les centaines de manuscrits des XIIe et XIIIe siècles, ainsi que les cellules d’étude. Hormis la fortification de l’enceinte, imposée par la guerre de Cent Ans, qui vit l’adjonction de nombreuses tours et l’ouverture de trois portes donnant accès à la porterie intérieure, ainsi que la construction au XVIe siècle de l’Hostellerie des Dames (hôtellerie taverne pour héberger les femmes non admises dans l’enceinte monastique), c’est peu ou prou ce monastère de Clairvaux III qui subsista jusqu’en 1708, date à partir de laquelle il fut sacrifié sur l’autel de la mode du renouveau architectural.

La grande reconstruction de l’abbaye (Clairvaux IV) s’étala sur 5 abbatiats (G. Vilain, "Un parcours architectural dans l’abbaye de Clairvaux (1115-1790)", Clairvaux, l’aventure cistercienne, Paris, 2015, p. 227-240). Tout en en conservant certaines parties médiévales du rez-de-chaussée, l’espace porterie-hôtellerie, à l’ouest de l’église, où avait aussi été aménagé le logis abbatial, fit l'objet des premiers travaux entre 1722 et 1728 (ill. IVR21_20151000337NUCA). Une aile sud lui fut adjointe en retour, abritant les écuries et fermant ainsi l’ancien "parvis" qui devint la cour d’honneur (ill. IVR21_20151000533NUCA). Côté est de la cour, l’église abbatiale reçut une nouvelle façade classique en 1732, due à Jean-Baptiste Bouchardon (qui travailla aussi à Longuay), selon un principe mis en œuvre aux cathédrales de Langres et de Châlons. Au revers, fut aménagée une tribune destinée à recevoir l’orgue monumental en 1736 (aujourd’hui à la cathédrale de Troyes comme les stalles contemporaines). Une nouvelle infirmerie fut construite à 100 m environ à l’est du chevet de l’église entre 1741 et 1749 ; ses galeries ajourées et superposées ne sont pas sans rappeler les Invalides à Paris. La précédente infirmerie (qui jouxtait l’église au SE) fut alors détruite, ce qui autorisa un nouveau projet de grand cloître et d’un nouveau bâtiment des moines dont le chantier dura de 1753 à 1767, sans doute la réalisation la plus emblématique où s’exprime autant l’austérité cistercienne que la puissance de Clairvaux (ill. IVR21_20151000002NUCA). Le nouveau préau, qui atteignit de 52 m de côtés, se développa cette fois à l’est du bâtiment des moines, le cloître médiéval existant alors toujours. Ce dernier allait être progressivement abandonné puis détruit. Il fut décidé de prolonger la nouvelle aile sud au-delà du carré vers l’ouest afin d’y aménager le nouveau réfectoire (1763). L’envergure du nouveau grand cloître était telle que l’ancien réfectoire médiéval, pourtant perpendiculaire, n’entrava pas la progression de sa construction. Prestige du chef de filiation oblige, la renouvellement presque total de l’abbaye au XVIIIe siècle ne laisse pas d’étonner par son gigantisme eu égard à l’effectif monastique réduit à quelques dizaines de religieux. C’est que le nouveau carré monastique n’était pas destiné qu’aux moines mais au noviciat de toute la filiation (ill. IVR21_20151000532NUCA). La reconstruction toucha aussi les bâtiments utilitaires de la grange intra muros (grange, moulins, biefs, écuries de l’abbé), situés hors clôture à proximité du bâtiment des convers. De même, un dernier bâtiment —plus inattendu il est vrai— vit encore le jour dans la décennie 1780-1790 : le pavillon de chimie, érigé contre le mur d’enceinte nord à hauteur de l’hôtellerie, comme un écho symbolique à la science triomphante des Lumières. L’abbaye de Clairvaux n’a jamais cessé d’être une grande puissance financière, l’ampleur de la reconstruction générale en témoigne ; celle-ci fut néanmoins conditionnée comme ailleurs à Auberive, Trois-Fontaines, Morimond, etc., par les ventes extraordinaires de bois qui permettaient de mobiliser en temps utile de conséquentes ressources. Sans le savoir, les derniers moines avaient préparé les conditions matérielles de la transformation de leur monastère en colonie pénitentiaire (Clairvaux V). Clairvaux fut vendue comme bien national le 10 février 1792 pour 33700 £ à un architecte de Bar-sur-Aube qui y installa une papeterie et une verrerie, dont les fours se trouvaient dans l’église. Revendu à un autre propriétaire dès 1799, c’est finalement l’État qui rachète Clairvaux en 1808 pour y aménager la plus grande maison centrale de France. C'est dans ce cadre que l’église abbatiale fut démolie quelques années après (1812-19). Mais c’est une autre histoire.

Genre de cisterciens
Vocables Notre-Dame
Appellations Clairvaux
Destinations abbaye, prison
Parties constituantes non étudiées abbaye
Dénominations abbaye
Aire d'étude et canton Bar-sur-Aube
Adresse Commune : Ville-sous-la-Ferté
Lieu-dit : Maison centrale de Clairvaux
Adresse :
Cadastre : 1962 A2 275
Adresse Commune : Ville-sous-la-Ferté
Lieu-dit : Clairvaux
Adresse : rue de l'Abbaye de Clairvaux
Cadastre : 1962 A2 249

Clairvaux, dont le nom résonne comme l’une des plus prestigieuses abbayes de la Chrétienté mais aussi comme l’un des centres de détention les plus redoutés, a été fondée officiellement le 25 juin 1115 au diocèse de Langres en tant que 3e fille de Cîteaux, par Bernard de Fontaine [-lès-Dijon], futur saint Bernard, à la tête d’un groupe de moines venus du Nouveau Monastère. L’emplacement retenu, à l’entrée d’un vallon tributaire de l’Aube en rive gauche (ill. IVR21_20151000309NUCA), relevait alors de propriétés familiales car cette terre appartenait à son père, Tescelin, seigneur de Fontaine-lès-Dijon. Cette fondation reçut l’assentiment général, notamment de l’évêque de Langres Joceran de Brancion. Les débuts n’en furent pas moins difficiles car la communauté ne disposa pendant plusieurs années que de peu de biens, au point que l’on se demande si la fondation de Trois-Fontaines en 1118 (1e fille de Clairvaux) a résulté d’une surpopulation monastique précoce ou bien d’une nécessité de soulager un groupe qui peinait à manger à sa faim (Veyssière, 2004, p. xix). La suite est connue pour l’essentiel : fort de la personnalité et du prestige de son premier abbé, Clairvaux va connaître un développement prodigieux, l’érigeant au rang de véritable chef d’ordre, en tout cas de filiation. À la mort de saint Bernard en 1153, l’ordre comptait déjà 352 abbayes réparties dans toute l’Europe, dont 169 dans la dépendance de la seule abbaye de Clairvaux. Un siècle plus tard, on en comptera le double. Une telle croissance dût se mesurer concrètement à Clairvaux même où la population monastique fut très importante. Du vivant de saint Bernard, plusieurs centaines de moines et de convers y étaient dénombrés. Du XIIe siècle, souvent considéré comme l’âge d’or cistercien, il reste peu de choses mais le bâtiment des convers —récemment restauré— témoigne encore par ses dimensions (ill. IVR21_20151000333NUCA) de cet essor.

Au-delà de l’image de gigantisme que renvoient les représentations anciennes, en particulier les plans et vues de dom Milley (1708) (ill. IVR21_20151000564NUCA à IVR21_20151000566NUCA), le phénomène claravallien trouve sans doute plus de signification encore dans l’étendue du temporel, qu’il est quasiment impossible de rendre dans le détail tant les possessions sont nombreuses (cf. carte du temporel ill. IVR21_20151000530NUCA). Trois grandes étapes se détachent dans l'histoire temporelle de Clairvaux, individualisant trois grands groupes de granges et domaines :

- C’est au temps de saint Bernard que les six premières granges formant la nébuleuse primitive ont été créées : la grange abbatiale, Outre-Aube, Fraville, Fontarce, Beaumont et Champigny. Toutes procèdent de nombreuses aumônes ayant fait l'objet de pancartes épiscopales puis de chapitres du cartulaire. Leur mission fut à n'en pas douter d'être avant tout polyvalentes pour subvenir aux nécessités des premières décennies.

- La période allant de la mort de saint Bernard à la fin du XIIIe siècle voit en premier lieu l'émergence de nouveaux domaines portés de la même manière par chapitres au cartulaire : La Borde (ou Borde-Han), Morins, Blinfey, Cornay, le Val-de-Rognon, Fenus pour les granges polyvalentes, ainsi que cinq autres centres spécialisés : Colombé et Morvaux (granges viticoles ou celliers), Wassy (grange du fer), Marsal (grange salicole) et Dijon (à la fois grange viticole, relais urbain et centre d'affaires).

Si l'architecture du temporel a reposé sur ces dix-sept granges et dans une moindre mesure sur quatre autres établissements complémentaires (grange de Feins, maisons-celliers de Bar-sur-Aube, Gomméville, voire Mussy-sur-Seine), une multitude de domaines secondaires est apparue parallèlement, et cela dès la fin du XIIe siècle. En effet, l'originalité du système claravallien est d'avoir su (ou dû ?) créer des centres de production satellites plus modestes, placés sous le contrôle de granges maîtresses, évitant ainsi à ces dernières tout risque d'hypertrophie. Pas moins de dix fermes-annexes d'importance inégale ont vu le jour durant cette période : si la Maison-aux-Convers, la Borde-d'Ambre et Nuisement se sont développées sur les terres de Beaumont, Fontarce s'est entourée de Sermoise, Mauricourt et Val-l'Ermite. De même, dès le milieu du XIIe siècle, plusieurs actes montrent les liens de Jurville et Tintefontaine avec Outre-Aube et de la Bretonnière avec Fraville. En revanche, ceux, pressentis, des Dhuys avec les Vieilles-Forges et Morins sont davantage d'ordre artisanal et proto-industriel et nécessiteraient de fait une investigation plus poussée. Seules, la grange abbatiale en raison de son statut particulier de grange intra muros et Champigny demeurent en marge de ce mouvement, pour un temps seulement car cette dernière s'adjoignit vers le milieu du XIVe siècle la ferme de Maison-Neuve. Au total, malgré des incertitudes, l'arborescence du système grangier de Clairvaux transparaît bien ici : il est manifeste que seules les granges primitives ont été flanquées de fermes-annexes et peuvent donc à ce titre occuper la fonction de granges maîtresses.

Les autres granges n'ont manifestement pas adopté ce sytème. À cela, plusieurs raisons : il est probable que la spécialisation de certaines granges, liées à des activités et productions très ponctuelles et particulières, ait limité l'extension de leur terroir. C'est sans doute le cas des celliers (Morvaux, Colombé, Dijon), des salines (Marsal), mais un peu moins des forges (Wassy), dissociant plus aisément centres d'extraction, de transformation et de production agricole complémentaire. À Cornay, la Borde et Feins, une intégration au temporel plus tardive pourrait justifier la constitution de domaines moins importants, dus notamment au recul des donations au cours du XIIIe siècle. Pour le Val-de-Rognon (Doulaincourt) et Fenus, on retrouve ces mêmes conditions amplifiées par leur éloignement, ne profitant pas autant que les autres de l'élan et de la renommée locale de Clairvaux. Enfin le contexte est tout autre à Morins et Blinfey ; l'abbaye acquiert en effet les deux granges déjà constituées en 1196 et 1207. Si Morins lui a été donnée en totalité par la comtesse de Champagne, Blanche de Navarre, après l'avoir achetée aux bénédictins de Saint-Bénigne de Dijon, Blinfey provient en revanche des chanoines prémontrés de Beaulieu, lesquels se trouvant dans le besoin l'ont vendue à Clairvaux pour 500 livres. Très éloignés, tardifs et/ou acquis d'un seul tenant, ces domaines de deuxième génération n'ont pas donné lieu à la création d'annexes, le temps n'étant plus seulement à l'étalement spatial (polyvalence et complémentarité des terroirs) mais plutôt à la recherche de productions spécialisées voire spéculatives (sel, fer, vin). Ces dernières ont conduit Clairvaux à renforcer sa présence dans de nombreuses villes, multipliant les pied-à-terre à vocation économique et de centres d'affaires où les surplus de denrées produites pouvaient être stockées et écoulées sur les marchés urbains (des foires de Champagne à Troyes, Bar-sur-Aube et Provins et des sièges épiscopaux à Meaux et Châlons, à Paris), à vocation de relais (à Dijon pour les abbés se rendant au Chapitre Général à Cîteaux, à Nogent-sur-Seine et Neufchâteau sur les routes de Paris et des salines lorraines), à vocation enfin de refuge par temps d'insécurité (Bar-sur-Aube).

- La troisième et dernière période s'étale sur les cinq siècles suivants au cours desquels la gestion seigneuriale du temporel se résumera à quelques modifications ponctuelles, plus ou moins secondaires. À partir du XIVe siècle en effet, le réseau de granges est constitué pour l'essentiel mais s'agrandit encore des deux petits domaines d'Apremont et de Maison Neuve et de deux granges acquises à titre onéreux : le Breuil et le Petit-Clairvaux. Les achats de domaines entiers ne laissent aucun doute sur la puissance financière de Clairvaux. Sitôt les vicissitudes de la guerre de Cent Ans passées, pendant lesquelles aucune opération notable ne sera enregistrée (exceptions faites d'un domaine aux origines obscures, les Bordes, et de l'union de l'ancienne abbaye de moniales du Val-des-Vignes réduite à l'état de grange), Clairvaux achètera de nouveau en 1501 l'important domaine de Beauvoir, ancien siège de l'ordre des Chevaliers Teutoniques en France, ainsi que Bugney, sa dépendance. Enfin, le temporel comptera de multiples maisons et fermes seigneuriales dans différentes localités (Saulcy, Arrentières, Montheries, Gillancourt, Cirfontaines-en-Azois, Autreville, Riel-les-Eaux, Ville-sous-Laferté, Longchamp-sur-Aujon, etc.) et quelques gagnages supplémentaires comme les fermes d'Acron et de Godebert au XVIe siècle, de Frervaux, du Toupot et de la Peute-Fosse au XVIIe siècle et enfin de Fays-Bas au XVIIIe siècle.

Le temporel de Clairvaux a donc compté avant le XIVe siècle, pour autant que l'on puisse encore en juger aujourd'hui, un ensemble de 31 centres d'exploitation, se répartissant en 6 granges maîtresses secondées par 10 fermes annexes, 11 granges plus ou moins spécialisées et 4 centres secondaires, sans oublier parallèlement 6 maisons urbaines au moins, sans fonction productrice toutefois. Les 23 adjonctions postérieures concernent la fin du Moyen Âge et la période moderne, portant alors le nombre total de domaines à 54, ce total ne tenant pas compte des domaines qui ont été abandonnés en cours de route par destructions surtout.

Grâce au domaine gigantesque acquis, Clairvaux a atteint une puissance financière hors norme. Grâce aussi aux revenus réguliers comme les dîmes —en principe interdites par les statuts mais effectives dès la fin du XIIe siècle—, les rentes, le produit des forêts (coupes), les locations de granges et surtout de maisons (plus de 130 à la ronde), elle sera même la seule à pouvoir acheter des domaines entiers à diverses abbayes en difficulté, y compris dans les temps troublés de la guerre de Cent Ans et des conflits modernes. Au XIVe siècle, le patrimoine foncier est évalué à 25000 hectares, dont 15000 de forêts, 4000 de terres labourables et 230 de vignes. Cette situation favorable lui permettra à plusieurs reprises de pouvoir payer des rançons et d’éviter ainsi les pillages et destructions que connurent les autres abbayes dans leur ensemble. Seules les granges, plus exposées et vulnérables, subiront quelques pillages et autres dommages comme Outre-Aube qui dut être reconstruite en 1651. Avec la raréfaction de la population converse, Clairvaux n’a pas complètement échappé au faire-valoir indirect : en 1474, 24 granges sur 43 sont louées. Les baux étaient par ailleurs assortis de clauses de remise en état des bâtiments. Les autres ont été administrées par des convers jusqu’au XVIIIe siècle. Son statut de chef de filiation lui ayant permis d’échapper au régime de la Commende, Clairvaux put en outre pleinement bénéficier de son patrimoine foncier, productif et forestier, qui lui permit notamment de faire face aux importantes dépenses engagées par les reconstructions modernes.

Clairvaux fut vendue comme bien national le 10 février 1792 pour 33700 £ à un architecte de Bar-sur-Aube qui y installa une papeterie et une verrerie, dont les fours se trouvaient dans l’église. Revendu à un autre propriétaire dès 1799, c’est finalement l’État qui rachète Clairvaux en 1808 pour y aménager la plus grande maison centrale de France. C'est dans ce cadre que l’église abbatiale fut démolie quelques années après (1812-19). Mais c’est une autre histoire.

Période(s) Principale : 2e moitié 12e siècle, 1ère moitié 18e siècle

L’histoire architecturale de Clairvaux est généralement divisée en 5 périodes :

Clairvaux I, le monasterium vetus de saint Bernard.

Clairvaux II, l’abbaye médiévale (église à chevet plat) XIIe-XIIIe

Clairvaux III, l’abbaye médiévale (église à chœur rayonnant) XIIIe-XVIIIe

Clairvaux IV, l’abbaye moderne (1708-1790)

Clairvaux V, le centre pénitentiaire

Clairvaux I, le monasterium vetus des débuts fut l’abbaye de saint Bernard. Tous les bâtiments, dont le plan et l’élévation figurent sur les représentations de dom Milley (ill. IVR21_20151000564NUCA à IVR21_20151000566NUCA), étaient de petite taille et en grande partie composés de structures en bois. La chapelle, servant d’église abbatiale, était de plan carré. Un peu à l’image de la chapelle primitive (la Porziuncola) de saint François à Assise dans la basilique de Santa Maria degli Angeli, ce témoin précieux des premiers temps avait été préservé en tant qu’espace relique de saint Bernard et de ses compagnons. Elle était à ce titre encore utilisée par les moines au début du XVIIIe siècle. Clairvaux I étant devenu trop étroit eu égard au développement de l’abbaye, Bernard consentit à la fin de sa vie à engager sa communauté dans la construction d’une nouvelle abbaye. Commencée en 1135, l’église abbatiale de Clairvaux II fut consacrée en 1174, à l’occasion de sa canonisation. L’édifice, long de 106 m pour 54 de largeur au transept, comptait 3 vaisseaux et vraisemblablement un chevet plat, bien que le plan n’en soit pas connu. Des autres bâtiments conventuels contemporains et postérieurs a subsisté le bâtiment des convers qui vient d’être restauré, après plus de 30 ans de travaux. L’emblématique édifice, long de 74 m sur 21 de large, comporte trois vaisseaux sur croisées d’ogives sur deux niveaux : le rez-de-chaussée est partagé entre le réfectoire des convers (côté sud) et le cellier (nord), séparés par un passage. Le dortoir quant à lui voûté d’arêtes, prévu pour un effectif important (réalité du moment ou prévision d’avenir ?), occupait tout l’étage comme partout ailleurs. Les fouilles effectuées entre 1980 et 2013 ont pu en préciser la nature des sols : mortier dans le réfectoire (avec dallage ?) et au dortoir, terre battue dans le cellier, pavés au passage (C. Roms, "L’archéologie à Clairvaux", Clairvaux, l’aventure cistercienne, Paris, 2015, p. 258-261). La structure intérieure transparaît en façade occidentale, où les travées s’inscrivent dans de véritables grandes arcades s’appuyant sur de puissants contreforts qu’elles prolongent et qui font l’originalité du bâtiment (ill. IVR21_20151000333NUCA). Le bâtiment des convers de l’abbaye de Vauclair (02) reprenait cette élévation avant d’être détruit par les bombardements de la Grande Guerre. Les ailes orientales et méridionales ont été démolies, ne laissant plus rien apparaître du cloître médiéval. Des sondages y ont mis au jour sous un sol de mortier (galerie est) l’existence de drains servant à l’évacuation des eaux qui seraient présents sous les autres bâtiments. Cette donnée souligne l’importance des travaux hydrauliques préparatoires à l’aménagement d’un site abbatial. Perpendiculaire à l’aile sud, le réfectoire des moines comportait trois vaisseaux séparés par des alignements de piliers octogonaux sur lesquels reposaient les croisées d’ogives. Les empreintes retrouvées au sol ont permis de confirmer l’emploi de carreaux. Des bâtiments situés au-delà du carré monastique tels que l’ancienne porterie et l’hôtellerie, subsistent quelques vestiges remployés dans les bâtiments adjacents actuels. Comme à Pontigny par exemple, le chœur de l’église abbatiale ne tarda pas à être agrandi pour être finalement remplacé par un chœur semi circulaire à déambulatoire, doté de 9 chapelles rayonnantes (Clairvaux III, ill. IVR21_20151000531NUCA et ill. IVR21_20151000532NUCA) venues s’ajouter aux 8 précédentes réparties sur les bras du transept comme le montre la célèbre Veüe de l’Eglise de l’Abaye de Clervaux en Bourgongne d’Israël Silvestre (mi XVIIe s.) (ill. IVR21_20151000563NUCA). À la fin du XIIIe siècle, furent élevées au sud-est de l’église la chapelle des comtes de Flandre ainsi que l’infirmerie (rebâtie à la fin du XVIIe) à l’est du carré monastique avec son propre cloître et, comme à Cîteaux, une grande bibliothèque (1495-1503) afin d’abriter plus de 2000 ouvrages, sans compter les centaines de manuscrits des XIIe et XIIIe siècles, ainsi que les cellules d’étude. Hormis la fortification de l’enceinte, imposée par la guerre de Cent Ans, qui vit l’adjonction de nombreuses tours et l’ouverture de trois portes donnant accès à la porterie intérieure, ainsi que la construction au XVIe siècle de l’Hostellerie des Dames (hôtellerie taverne pour héberger les femmes non admises dans l’enceinte monastique), c’est peu ou prou ce monastère de Clairvaux III qui subsista jusqu’en 1708, date à partir de laquelle il fut sacrifié sur l’autel de la mode du renouveau architectural.

La grande reconstruction de l’abbaye (Clairvaux IV) s’étala sur 5 abbatiats (G. Vilain, "Un parcours architectural dans l’abbaye de Clairvaux (1115-1790)", Clairvaux, l’aventure cistercienne, Paris, 2015, p. 227-240). Tout en en conservant certaines parties médiévales du rez-de-chaussée, l’espace porterie-hôtellerie, à l’ouest de l’église, où avait aussi été aménagé le logis abbatial, fit l'objet des premiers travaux entre 1722 et 1728 (ill. IVR21_20151000337NUCA). Une aile sud lui fut adjointe en retour, abritant les écuries et fermant ainsi l’ancien "parvis" qui devint la cour d’honneur (ill. IVR21_20151000533NUCA). Côté est de la cour, l’église abbatiale reçut une nouvelle façade classique en 1732, due à Jean-Baptiste Bouchardon (qui travailla aussi à Longuay), selon un principe mis en œuvre aux cathédrales de Langres et de Châlons. Au revers, fut aménagée une tribune destinée à recevoir l’orgue monumental en 1736 (aujourd’hui à la cathédrale de Troyes comme les stalles contemporaines). Une nouvelle infirmerie fut construite à 100 m environ à l’est du chevet de l’église entre 1741 et 1749 ; ses galeries ajourées et superposées ne sont pas sans rappeler les Invalides à Paris. La précédente infirmerie (qui jouxtait l’église au SE) fut alors détruite, ce qui autorisa un nouveau projet de grand cloître et d’un nouveau bâtiment des moines dont le chantier dura de 1753 à 1767, sans doute la réalisation la plus emblématique où s’exprime autant l’austérité cistercienne que la puissance de Clairvaux (ill. IVR21_20151000002NUCA). Le nouveau préau, qui atteignit de 52 m de côtés, se développa cette fois à l’est du bâtiment des moines, le cloître médiéval existant alors toujours. Ce dernier allait être progressivement abandonné puis détruit. Il fut décidé de prolonger la nouvelle aile sud au-delà du carré vers l’ouest afin d’y aménager le nouveau réfectoire (1763). L’envergure du nouveau grand cloître était telle que l’ancien réfectoire médiéval, pourtant perpendiculaire, n’entrava pas la progression de sa construction. Prestige du chef de filiation oblige, la renouvellement presque total de l’abbaye au XVIIIe siècle ne laisse pas d’étonner par son gigantisme eu égard à l’effectif monastique réduit à quelques dizaines de religieux. C’est que le nouveau carré monastique n’était pas destiné qu’aux moines mais au noviciat de toute la filiation (ill. IVR21_20151000532NUCA). La reconstruction toucha aussi les bâtiments utilitaires de la grange intra muros (grange, moulins, biefs, écuries de l’abbé), situés hors clôture à proximité du bâtiment des convers. De même, un dernier bâtiment —plus inattendu il est vrai— vit encore le jour dans la décennie 1780-1790 : le pavillon de chimie, érigé contre le mur d’enceinte nord à hauteur de l’hôtellerie, comme un écho symbolique à la science triomphante des Lumières. L’abbaye de Clairvaux n’a jamais cessé d’être une grande puissance financière, l’ampleur de la reconstruction générale en témoigne ; celle-ci fut néanmoins conditionnée comme ailleurs à Auberive, Trois-Fontaines, Morimond, etc., par les ventes extraordinaires de bois qui permettaient de mobiliser en temps utile de conséquentes ressources. Sans le savoir, les derniers moines avaient préparé les conditions matérielles de la transformation de leur monastère en colonie pénitentiaire (Clairvaux V). Clairvaux fut vendue comme bien national le 10 février 1792 pour 33700 £ à un architecte de Bar-sur-Aube qui y installa une papeterie et une verrerie, dont les fours se trouvaient dans l’église. Revendu à un autre propriétaire dès 1799, c’est finalement l’État qui rachète Clairvaux en 1808 pour y aménager la plus grande maison centrale de France. C'est dans ce cadre que l’église abbatiale fut démolie quelques années après (1812-19). Mais c’est une autre histoire.

Murs calcaire pierre de taille enduit
Toit tuile plate, zinc en couverture (?)
Plans plan rectangulaire régulier
Étages 3 vaisseaux
Couvrements voûte en berceau plein-cintre
voûte en berceau brisé
Élévations extérieures élévation à travées
Couvertures toit à longs pans croupe
toit à longs pans brisés croupe brisée

Annexes

  • Bibliographie

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(c) Région Grand Est - Inventaire général (c) Région Grand Est - Inventaire général - WISSENBERG Christophe
Christophe WISSENBERG

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