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Ancienne abbaye de l'Arrivour

Dossier IA10001300 réalisé en 2015

Fiche

Ancienne abbaye de moines cisterciens, fondée avant 1140 (entre 1137 et 1140, vraisemblablement 1139 n. st. d'après A. Roserot) en un lieu appelé primitivement Bussy appartenant à l'abbaye St-Loup de Troyes, à l'initiative de Thibaut II, comte de Champagne, d'Hatton, évêque de Troyes et par l'intermédiaire de Bernard, abbé de Clairvaux. Première implantation cistercienne dans le diocèse de Troyes, Notre-Dame de L'Arrivour (lat. Arripatorio) a été ainsi placée dans la filiation de Clairvaux, en tant qu'abbaye-fille. Parmi les principaux bienfaiteurs, on compte les sires de Broyes, de Chappes et surtout de Villehardouin dont certains membres ont été inhumés à l'abbaye.

Ces dynasties locales de l'entourage comtal sont comme souvent à l'origine de la constitution des principaux domaines. Le temporel de l'Arrivour (cf. illustration IVR21_20151000503NUCA) se compose au XIIIe siècle de 12 granges (dont un cellier et un relais urbain) réparties d'abord à proximité de l'abbaye, dans un rayon de moins de 10 km, où domine le contexte agro-sylvo-pastoral de Champagne humide. Quelques domaines plus éloignés viennent cependant diversifier cet aire productive homogène comme Vau-Seurey, Don-l'Évêque et le Ruez, où les savarts ont été mis au profit de l'élevage ovin. On remarquera que les deux derniers ne procèdent pas d'une constitution "classique" sur la base d'une accumulation de donations foncières mais au contraire d'acquisitions d'un seul tenant : Don-l'Évêque, acheté pour l'abbaye comme son nom l'indique par l'évêque de Troyes Henri de Carinthie et le Ruez, vendu par le prieuré molesmien de l'Abbaye-sous-Plancy, alors en difficulté financière. Ces deux opportunités expliquent pour une grande part l'éloignement singulier des deux granges. Seule la grange de la Loge, disparue à une date inconnue, reste difficilement localisable et cela d'autant plus que d'autres domaines homonymes la jouxtaient, notamment la Loge, grange de Montiéramey et la Loge-Bazin, grange des templiers de Bonlieu. Tout au plus sait-on qu'elle se situait dans le bois de Vendeuvre, à proximité de la Villeneuve-aux-Chênes, apparemment sur le territoire actuel de Champ-sur-Barse (qui n'existait pas encore). L'Arrivour dispose parallèlement d'un cellier à Thennelières et d'un relais urbain à Troyes, "le Petit-Larrivour", situé non loin de l'abbaye Saint-Loup. L'époque moderne viendra compléter ce dispositif par la création de quelques fermes secondaires dans l'orbite des granges primitives.

Après deux siècles de prospérité, la guerre de Cent Ans causa d'importants dommages à l'abbaye qui est dite "en ruines" en 1441. L'Arrivour fut contrainte à l'aliénation de certains domaines, notamment la grange éloignée de Don-l'Évêque, vendue à l'abbaye cistercienne de Vauluisant en 1479. La Commende fut introduite avec la nomination du premier abbé commendataire Victor Thiru (1515-1529). Le partage des menses abbatiale et conventuelle n'intervint qu'en 1551, sous l'abbatiat de Jacques du Broullart. L'abbaye fut supprimée en 1790 et les bâtiments démolis ensuite. Certains d'entre eux néanmoins n'existaient déjà plus au moment de la Révolution, comme l'Abbatiale (logis de l'abbé commendataire) en ruines en 1779, date à laquelle l'autorisation de l'abattre fut donnée.

Il ne reste pratiquement rien aujourd'hui du monastère. On peut néanmoins se faire une petite idée de l'organisation générale des bâtiments en se reportant à deux plans anciens conservés aux AD10. Il est difficile de dire si l'église abbatiale et les bâtiments claustraux représentés en élévation sur le plan figuré de 1670 (AD10-4H18) renvoie encore entièrement ou partiellement à l'ensemble médiéval. Martène et Durand, à l'occasion de leur visite en 1709, disent l'église construite en briques, ce que reprend Beaunier en 1726. Les corps de bâtiments conservés, si l'on se reporte à ces deux plans (surtout le plan à la plume, 4H18, s.d.), semblent correspondre aux écuries, bergerie et granges de l'abbaye, en particulier l'aile construite en craie (avec intercalations de brique), divisée aujourd'hui en logements (moitié ouest) et remise/grange (moitié est) comportant une porte cochère traversante en plein cintre. Cette dernière, qui remonte peut-être à la fin du XVIIe siècle ou au début du XVIIIe, donne à l'arrière sur un autre ensemble de trois bâtiments à pan de bois et brique, organisés autour d'une petite cour. Les deux plans concordent pour désigner cet emplacement comme celui du cabaret de l'abbaye mais cette architecture est trop commune en Champagne humide pour en tirer quelque conclusion que ce soit.

Genre de cisterciens
Vocables Notre-Dame
Appellations Abbaye de l'Arrivour
Destinations abbaye, ferme, maison
Parties constituantes non étudiées maison, remise, grange
Dénominations abbaye
Aire d'étude et canton Lusigny-sur-Barse
Adresse Commune : Lusigny-sur-Barse
Lieu-dit : hameau Larrivour
Adresse : D 1
Cadastre : 2015 F3 195-198 Parcelles 195 et 198 essentiellement pour le bâti. L'enclos abbatial était compris entre la D 1, la rivière Barse et les parcelles 595 à 599.
Précisions anciennement commune de Beaumont-Larrivour (1790-1795)

Ancienne abbaye de moines cisterciens, fondée avant 1140 (entre 1137 et 1140, vraisemblablement 1139 n. st. d'après A. Roserot) en un lieu appelé primitivement Bussy appartenant à l'abbaye St-Loup de Troyes, à l'initiative de Thibaut II, comte de Champagne, d'Hatton, évêque de Troyes et par l'intermédiaire de Bernard, abbé de Clairvaux. Première implantation cistercienne dans le diocèse de Troyes, Notre-Dame de L'Arrivour (lat. Arripatorio) a été ainsi placée dans la filiation de Clairvaux, en tant qu'abbaye-fille. Parmi les principaux bienfaiteurs, on compte les sires de Broyes, de Chappes et surtout de Villehardouin dont certains membres ont été inhumés à l'abbaye.

Ces dynasties locales de l'entourage comtal sont comme souvent à l'origine de la constitution des principaux domaines. Le temporel de l'Arrivour (cf. illustration IVR21_20151000503NUD) se compose au XIIIe siècle de 12 granges (dont un cellier et un relais urbain) réparties d'abord à proximité de l'abbaye, dans un rayon de moins de 10 km, où domine le contexte agro-sylvo-pastoral de Champagne humide. Quelques domaines plus éloignés viennent cependant diversifier cet aire productive homogène comme Vau-Seurey, Don-l'Évêque et le Ruez, où les savarts ont été mis au profit de l'élevage ovin. On remarquera que les deux derniers ne procèdent pas d'une constitution "classique" sur la base d'une accumulation de donations foncières mais au contraire d'acquisitions d'un seul tenant : Don-l'Évêque, acheté pour l'abbaye comme son nom l'indique par l'évêque de Troyes Henri de Carinthie et le Ruez, vendu par le prieuré molesmien de l'Abbaye-sous-Plancy, alors en difficulté financière. Ces deux opportunités expliquent pour une grande part l'éloignement singulier des deux granges. Seule la grange de la Loge, disparue à une date inconnue, reste difficilement localisable et cela d'autant plus que d'autres domaines homonymes la jouxtaient, notamment la Loge, grange de Montiéramey et la Loge-Bazin, grange des templiers de Bonlieu. Tout au plus sait-on qu'elle se situait dans le bois de Vendeuvre, à proximité de la Villeneuve-aux-Chênes, apparemment sur le territoire actuel de Champ-sur-Barse (qui n'existait pas encore). L'Arrivour dispose parallèlement d'un cellier à Thennelières et d'un relais urbain à Troyes, "le Petit-Larrivour", situé non loin de l'abbaye Saint-Loup. L'époque moderne viendra compléter ce dispositif par la création de quelques fermes secondaires dans l'orbite des granges primitives.

Après deux siècles de prospérité, la guerre de Cent Ans causa d'importants dommages à l'abbaye qui est dite "en ruines" en 1441. L'Arrivour fut contrainte à l'aliénation de certains domaines, notamment la grange éloignée de Don-l'Évêque, vendue à l'abbaye cistercienne de Vauluisant en 1479. La Commende fut introduite avec la nomination du premier abbé commendataire Victor Thiru (1515-1529). Le partage des menses abbatiale et conventuelle n'intervint qu'en 1551, sous l'abbatiat de Jacques du Broullart. L'abbaye fut supprimée en 1790 et les bâtiments démolis ensuite. Certains d'entre eux néanmoins n'existaient déjà plus au moment de la Révolution, comme l'Abbatiale (logis de l'abbé commendataire) en ruines en 1779, date à laquelle l'autorisation de l'abattre fut donnée.

Il ne reste pratiquement rien aujourd'hui du monastère. On peut néanmoins se faire une petite idée de l'organisation générale des bâtiments en se reportant à deux plans anciens conservés aux AD10. Il est difficile de dire si l'église abbatiale et les bâtiments claustraux représentés en élévation sur le plan figuré de 1670 (AD10-4H18) renvoie encore entièrement ou partiellement à l'ensemble médiéval. Martène et Durand, à l'occasion de leur visite en 1709, disent l'église construite en briques, ce que reprend Beaunier en 1726. Les corps de bâtiments conservés, si l'on se reporte à ces deux plans (surtout le plan à la plume, 4H18, s.d.), semblent correspondre aux écuries, bergerie et granges de l'abbaye, en particulier l'aile construite en craie (avec intercalations de brique), divisée aujourd'hui en logements (moitié ouest) et remise/grange (moitié est) comportant une porte cochère traversante en plein cintre. Cette dernière, qui remonte peut-être à la fin du XVIIe siècle ou au début du XVIIIe, donne à l'arrière sur un autre ensemble de trois bâtiments à pan de bois et brique, organisés autour d'une petite cour. Les deux plans concordent pour désigner cet emplacement comme celui du cabaret de l'abbaye mais cette architecture est trop commune en Champagne humide pour en tirer quelque conclusion que ce soit.

Période(s) Principale : 17e siècle, limite 17e siècle 18e siècle, 1er quart 18e siècle , (?)

Bâtiment principal construit en craie avec intercalations de brique, utilisée pour les ouvertures aux linteaux délardés, chaînages et soubassements. Toiture à croupes, scandée de lucarnes ajoutées à l'étage de comble, au-dessus de la partie rendue habitable (sud, anciennes étables) et à la croupe ouest, tuile plate en couverture. Bâtiment perpendiculaire à l'arrière (nord), à pan de bois sur assise et remplissage de brique sous enduit ; même type de toit, sauf côté ouest à longue pente pour l'abri contre les pluies dominantes. Petite grange en brique (sur structure de pan de bois), porte cochère rectangulaire en bois, toiture à pans légèrement débordants ; tuile plate en couverture. Autre remise en brique (XXe s.) en retour, toit à deux pans, tuile mécanique.

Les corps de bâtiments conservés, si l'on se reporte aux deux plans (plan des bois figuré 4H18, 1670, et surtout le plan à la plume, 4H18, s.d.), semblent correspondre aux écuries, bergerie et granges de l'abbaye, en particulier l'aile construite en craie, divisée aujourd'hui en logements (moitié ouest) et remise/grange (moitié est) comportant une porte cochère traversante en plein cintre. Cette dernière, qui remonte peut-être à la fin du XVIIe siècle ou au début du XVIIIe, donne à l'arrière sur l'ensemble de trois bâtiments à pan de bois et brique, organisés autour d'une petite cour. Les deux plans concordent pour désigner cet emplacement comme celui du cabaret de l'abbaye mais cette architecture est trop commune en Champagne humide pour en tirer quelque conclusion que ce soit.

Murs calcaire pierre avec brique en remplissage
Toit tuile plate
Plans plan rectangulaire régulier
Étages étage de comble
Couvrements
Couvertures croupe
Mesures l : 57.0 m
Précision dimensions

Aile en craie : LONG 57 x LARG 8 m

Annexes

  • Bibliographie

    ARBOIS DE JUBAINVILLE, Henri d', Pouillé du diocèse de Troyes, Paris, 1853, p. 34 et 124

    AUBERT, Marcel et MAILLÉ, Marquise de, L’architecture cistercienne en France, 2 vol.,Vanoest, Paris, 1947 (2e éd) [en particulier, tome 1, p. 163]

    BEAUNIER, dom, Recueil historique, chronologique et topographique des archevechez, evechez, abbayes et prieures de France, t. II, Paris, 1726, p. 823-824

    BEAUNIER, dom et BESSE, dom J.-M., Abbayes et prieurés de l'ancienne France, t. VI (Province ecclésiastique de Sens), Ligugé / Paris, 1913, p. 140

    BOUTIOT, Théophile, Histoire de la ville de Troyes et de la Champagne méridionale, 5 vol., Troyes, 1877

    CHASSEL, Jean-Luc (dir.), Sceaux et usages de sceaux. Images de la Champagne médiévale, Somogy, Paris, 2003, p. 18-19

    CHEVALIER, Ulysse, Répertoire des sources historiques du Moyen Âge. Topo-bibliographie, I, Montbéliard, 1894-99, col. 211 et 1634

    COTTINEAU, dom L.-H., Répertoire topo-bibliographique des abbayes et prieurés, Mâcon, 1936, I, col. 149

    COURTALON-DELAISTRE, Abbé Jean-Charles, Topographie historique du diocèse de Troyes, t. 3, Troyes-Paris, 1784, p. 99-101

    COUTANT, Lucien, "Armoirie des communautés religieuses de Troyes et des environs", Annuaire administratif et statistique du département de l'Aube, 1857, p. 43

    CZMARA, J.-C., "Larrivour", Circuit des abbayes dans l’Aube, Bar-sur-Aube, 1994 , p. 27-30

    DUHEM, G., "Les églises disparues du département de l’Aube", Mémoires de la Société d'agriculture, sciences et arts du département de l'Aube, t. XCVI, 1933-34, p. 21-24 [chap. IV : église abbatiale de Larrivour]

    Gallia christiana, XII (1770) col. 597-601 ; instr. n° 21 (Troyes)

    GUYTON, Dom, "Voyage littéraire de Dom Guyton en Champagne (1744-1749)" [par Ulysse ROBERT et Édouard de BARTHÉLEMY], Paris, 1890, p. 66-74, 107.

    LALORE, Abbé Charles, Collection des principaux cartulaires du diocèse de Troyes, Troyes, t. I (1875), p. 23, 27 ; t. VII (1890), plus. p.

    LALORE, Abbé Charles, "Inventaires de l’abbaye de Larrivour (1662)", Collection de documents relatifs à Troyes et à la Champagne méridionale, vol. II, 1893, p. 252

    LE CLERT, Louis, "Les abbayes de l’ancien diocèse de Troyes. Additions et corrections à la Gallia Christiana, tomes IV et XII (Deuxième partie)", Bulletin philologique et historique du C. T. H. S., 1890, p. 79-101 [L‘Arrivour]

    MIGNE, abbé J.-P., Dictionnaire des abbayes et monastères [préface de Maxime de Montrond], Paris 1856, col. 56-57

    PETIT, Ernest, Histoire des ducs de Bourgogne de la race capétienne, Dijon, t. II (1887), III (1889)

    PRÉVOST, Arthur, "L’Arivour", Dictionnaire d’histoire et de géographie ecclésiastiques, t. 4, Letouzey et Ané, Paris, 1930, col. 216-220

    ROSEROT, Alphonse, "Les abbayes du département de l’Aube : abbayes de Clairvaux et de Larrivour. Additions et corrections à la Gallia Christiana, tomes IV et XII (2e partie)", Bulletin historique et philologique du C. T. H. S., 1890, p. 150-180

    ROSEROT, Alphonse, "Les abbayes du département de l’Aube : abbayes de Montiéramey, de Bar-sur-Aube (Saint-Nicolas), de Clairvaux et de Larrivour. Additions et corrections à la Gallia Christiana, tomes IV et XII (3e partie)", Bulletin historique et philologique du C. T. H. S., 1899, p. 78-91

    ROSEROT, Alphonse, Dictionnaire historique de la Champagne méridionale (Aube) des origines à 1790, Langres-Angers, 1942-1948 [en part.: p. 146, 305, 500-501, 597-598, 633-634, 769-772, 811, 1053-54, 1177, 1236, 1315, 1471, 1685, 1706-1707, 1715]