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Ancienne abbaye de Montiers-en-Argonne

Dossier IA51001060 réalisé en 2015

Fiche

  • Montiers-en-Argonne : vue générale du site (vue vers le sud-est)
    Montiers-en-Argonne : vue générale du site (vue vers le sud-est)
  • Impression
  • Agrandir la carte
  • Parties constituantes

    • Épensival, ancienne grange de Montiers-en-Argonne
    • Yonval, ancienne grange de Montiers-en-Argonne
    • La Lieue, ancienne grange de Montiers-en-Argonne
    • Vadivière, ancienne grange de Montiers-en-Argonne
    • Outrivière, ancienne grange de Montiers-en-Argonne
    • ferme

Montiers-en-Argonne (51- com. Possesse, ill. IVR21_20155100220NUCA) n’est pas une création cistercienne. Longtemps mal connue, cette abbaye a bénéficié depuis une vingtaine années des recherches de Jackie Lusse : ses travaux ont permis d’en renouveler profondément l’histoire, en particulier pour les XIIe et XIIIe siècles ("Les limites dans les chartes de l’abbaye de Montiers-en-Argonne : les moines accapareurs de terres et la désertisation des villages (XII-XIIIe s.)", Nouvelle Revue d’Onomastique, n° 31-32, 1998 ; "Les abbés de Montiers-en-Argonne aux XIIe et XIIIe siècles. Les apports d’une liste abbatiale quasi inédite", Corbet P. et Lusse J. (éd), Mélanges d’histoire médiévale offerts à Michel Bur, Langres, 2009, p. 139-175 ; ”Les débuts de l'abbaye de Montiers-en-Argonne (1134-1206)”, Études marnaises (SACSAM), t. CXXVII, 2012, p. 41-65 - ces articles de fond ont fourni la matière principale à la présente notice). Comme ses voisines et consœurs Cheminon (51) et Lisle-en-Barrois (55), Montiers fut tout d’abord une communauté de chanoines réguliers de l'ordre de saint Augustin, et plus précisément de la congrégation d’Arrouaise, d’où était issu son premier abbé, Eustache. Avec l’appui de Geoffroy Ier, évêque de Châlons qui lui concéda l’église du lieu et ses dépendances, il se fixa en 1134 audit Montiers, qu’on appelle aujourd’hui Vieux-Monthier (55- com. Noyers-Auzécourt), non loin des limites des diocèses de Toul et Verdun. Sa popularité et sa réputation ayant attiré de nombreuses vocations, Eustache fonda dans les environs deux autres établissements, Châtrices vers 1142 et Lisle-en-Barrois en 1144, qu’il dirigea en même temps. L’affiliation à Arrouaise des trois abbayes, qui n’est ni assurée ni officielle pour cette période, se limita sans doute plutôt simplement à l’adoption des coutumes du chef d’ordre. Les actes émis pour la communauté canoniale permettent d’entrevoir la formation des premiers domaines (cf. carte du temporel ill. IVR21_20155100221NUCA), notamment dès 1138 quand l’évêque de Châlons lui remet les autels (ou églises) d’Iviers (localité disparue, 55- com. Nettancourt ou Sommeilles), de Lamermont (55- com. Lisle-en-Barrois) et Vière (51- Noirlieu) (AD51, 20H1, cart. de 1533, n°1). Ces trois églises, qui disparurent rapidement par la suite au profit de domaines monastiques, préfigurent déjà les directions principales de l’implantation temporelle future, ce que confirme la bulle confirmative du pape Eugène III en 1148 qui liste, outre la terre de Vière, les trois granges de Yonval (Guidonis Vallis, 51- com. Possesse), Épensival (Spanciavallis, 51- Épense) et Lamermont (Lamermonth), ainsi que les églises de six localités proches (BnF, ms. lat. 10946, f. 3).

Faute d’abbé à demeure, il semble que le relâchement se soit installé au sein de la communauté ; c’est ce qui amena le nouvel évêque de Châlons, Guy II, à envisager comme solution vers 1144-46 de soumettre Montiers à l’abbaye cistercienne de Trois-Fontaines. L’influence grandissante de st Bernard et de Cîteaux est perceptible ici et cela d’autant plus que dès 1138 l’abbaye de Cheminon avait déjà quitté Arrouaise pour l’ordre cistercien. Malgré l’opposition d’une partie des chanoines, Montiers devint donc à son tour petite-fille de Clairvaux en 1147, ce que confirma le pape Eugène III en 1148. Lisle-en-Barrois enfin suivit le mouvement mais fut soumise à Saint-Benoîtt-en-Woëvre, dans la filiation de Morimond. Seul Châtrices, où officiait et mourut Eustache, demeura un établissement canonial qui tenta de s’opposer aux progressions temporelles de Montiers, mais en vain. Gervais, moine de Trois-Fontaines d’origine verdunoise, envoyé vers 1144-46 avec quelques frères, devint le premier abbé cistercien. Élu à la tête de son abbaye-mère, son abbatiat prit fin en 1164. Comptant parmi les plus grandes figures de l’histoire du monastère, il présente l’originalité de l’avoir gouverné une seconde fois : à la mort de son successeur Nicolas en 1167, il fut à nouveau élu à Montiers où il mourut vers 1182. En plus d’avoir considérablement augmenté le temporel, comme en témoigne le nombre de donations de seigneurs locaux sous les épiscopats de Boson (1153-62) puis de Guy III (1164/5-90), il est à l’origine du déplacement du siège abbatial. Jugé trop exposé dans sa large plaine alluviale de la Chée, le site primitif (Vieux-Monthier, 55-com. Noyers-Auzécourt) fut délaissé au profit d’un nouvel emplacement, situé 7 km à peine plus à l’ouest dans la vallée de la Vière en pleine forêt de Tremblay (51- com. Possesse), un lieu plus favorable et plus en phase avec les us cisterciens qui permettait en outre de replacer l’abbaye au cœur de ses domaines. Préparé de longue date, autorisé par l’évêque Boson et facilité par Gipuin de Dampierre qui fournit le bien-fonds nécessaire, ce transfert dut avoir lieu vers 1160 mais ne fut attesté qu’en 1168. Dès lors, le site primitif fut transformé en grange et pris le nom significatif de Vieux-Monthier à l’instar de ce qui se fit dans d’autres abbayes cisterciennes comme Quincy, les Écharlis (89) ou encore la Crête (52). La construction de l’abbaye définitive et en premier lieu de l’église fut dès lors engagée, sans doute favorisée par l’accroissement des revenus. En plus de celle de Vieux-Monthier précitée, le long gouvernement de Gervais (30-35 ans) vit la création de 4 autres granges dont Bémont (ou Beaumont, Bellusmons, 55-com. Nettancourt, détruite), Froidmont (Frigidus mons, Furcaumont ? 51-com. Saint-Mard-sur-le-Mont) et la Lieue (51-com. Remicourt), mentionnées dans la bulle d’Alexandre III (1164, BnF, ms. lat. 10946, f. 4-5), puis Outrivière, citée pour la 1e fois dans la bulle de Lucius III en 1182, en lieu et place de l’ancien village de Vière (51-com. Noirlieu). Toutes ces granges se situaient dans les environs immédiats du nouveau site abbatial, de part et d’autre de la forêt, à l’exception notable de Lamermont, isolée à 15 km à l’est, dans la haute vallée de l’Aisne. Trop éloignée du nouveau site abbatial, Gervais céda cette grange en 1170 à l’abbaye de Lisle-en-Barrois, qui en était riveraine, moyennant un cens annuel. Il allégeait ainsi la gestion de son temporel tout en contribuant au développement d’une abbaye voisine, récemment passée à l’ordre cistercien.À la mort de Gervais (1180/82), l’église abbatiale n’était pas terminée. Elle ne le fut pas plus lors des deux abbatiats suivants. Écourtés par abdication et déposition, ils engagèrent l’abbaye dans une période de troubles générés par les descendants des donateurs qui contestèrent les aumônes de leurs ancêtres. Parmi ceux-là, les Dampierre-Garlande qui profitèrent de leur droit de garde pour violenter les moines à plusieurs reprises. Le pape Innocent III dut intervenir en adressant une bulle de protection, tandis que les moines implorèrent le secours des comtes de Champagne et de Bar. En fin de compte, Anseau II de Garlande renonça à tous ses droits et prétentions sur l’abbaye et ses dépendances en 1292. Si Montiers n’eut que 5 abbés durant les 60 premières années de son existence, elle en connut le double en seulement 10 ans, de 1195 à 1206 ! Ces troubles récurrents expliquent pour une large part le ralentissement des travaux pendant cette période. L’église abbatiale ne fut achevée que vers 1210-1215, soit un chantier de 50 ans. C’est avec le 14e abbé, Mathieu (1220/1-1232/4), que la paix fut restaurée et que les travaux reprirent. Celui-ci se consacra à l’achèvement du bâtiment des moines, dont le chapitre venait d’être terminé, en le dotant de son étage (dortoir), et à l’aile du réfectoire. C’est enfin durant la quinzaine d’années de gouvernement du 16e abbé, Michel, que les derniers lieux réguliers (cloître et aile des convers) furent terminés, tout comme le raccordement général aux grands aménagements hydrauliques (distribution, latrines, évacuations).

Durant le XIIIe siècle, le temporel fut porté à son extension maximale. Les dernières granges virent le jour, souvent sur des terres exploitées de longue date comme Gros-Terme (55-com. Laimont), Fréginville (51-com. Somme-Yèvre ?), Rotonchamp (51-com. Possesse) et la Nouvelle-Grange (ou Saussaie, 51-com. Possesse). Par ces créations de 2e et 3e générations, les moines ont fini par faire le vide autour d’eux, au point d’évincer par acquisition de domaines certains monastères extérieurs anciennement possessionnés dans les environs comme Gorze (57) ou Saint-Martin-des-Champs de Paris qui, tôt ou tard, auraient été perçus comme des obstacles au développement de certaines granges (cf. La Lieue). C’est d’ailleurs suivant ce même procédé que plusieurs habitats anciens disparurent : d’après J. Lusse, entre 7 et 9 villages ont été désertés, conséquence de la maîtrise progressive des terres à plus ou moins longue distance de l’abbaye, occasionnant un temporel concentré mais étiré d’est en ouest de part et d’autre de la forêt abbatiale. Par ailleurs, au gré des donations, Montiers acquit encore quelques domaines éloignés et de moindre importance, tels que Trémont [-sur-Saulx] (55), grange (?) reçue en 1234, Verrières (51), autre petite grange léguée par le curé du lieu en 1261, comme du reste celle de Voilemont (1238). L’abbaye posséda des moulins sur la plupart des cours d’eau. Contrairement à d’autres, plus impliquées dans les productions spéculatives, elle ne semble pas s’être implantée sur les marchés urbains, du reste assez éloignés, à l’exception de Châlons, cité épiscopale. Tout au plus peut-on signaler des maisons dans les murs de Vitry-en-Perthois (achetée en 1296) et Sainte-Menehould (reçue en 1216). À l’époque moderne, quelques démembrements postérieurs donneront lieu à de nouvelles fermes comme Bouet-lès-Somme-Yèvre (51-com. Noirlieu), mentionnée en 1518, ou encore Montiéval (51-com. Possesse et Charmont). Il n’est pas possible d’évaluer l’effectif conventuel des premiers temps mais, à en juger par la taille de l’église, il devait être assez important. Tout au plus sait-on qu’en 1336, période de forte concurrence des ordres mendiants notamment, l’abbé de Clairvaux fixa le nombre de moines à 30, et 45 pour les convers. L’histoire de l’abbaye à partir de la fin du Moyen Âge n’est pas différente des autres établissements situés sur la frontière d’Empire. La succession des conflits de la guerre de Cent Ans à celle de Trente a laissé son lot de ruines et de désolation. De nombreuses réparations furent effectuées par exemple à l’église et au cloître par le dernier abbé régulier, Pierre Maillard II (1513-40). Puis, comme trop souvent, le régime de la Commende est venu aggraver une situation déjà fragilisée par des revenus affaiblis. À sa tête, Montiers vit se succéder nombre de commendataires comme les Lenoncourt qui s’étaient arrogés le bénéfice comme un droit héréditaire. Afin de mettre fin aux empiètements d’abbés peu scrupuleux, plusieurs partages des menses furent nécessaires, notamment vers 1670 puis à nouveau en 1673, date à laquelle le 3e lot fut mis sous séquestre de manière à en garantir l’affectation initiale, à savoir les réparations, les charges, les aumônes, etc. Si la restauration des droits du couvent contribua à l’assainissement de la situation financière, elle intervint sans doute trop tard car le délabrement de l’église allié à la réduction de la population monastique et à l’évolution du goût architectural, entraîna finalement d’un commun accord avec le dernier abbé Malvin de Montalvet la démolition d’une partie de l’église abbatiale en 1769 jugée inutile et irréparable. Un registre intitulé Livre des actes et délibérations de la Communauté de l’Abbaye de Notre-Dame de Montiers-en-Argonne en relate les circonstances : l’église « était très vaste, à peu près carrée. Les votes avaient 62 pieds d’élévation. Le sanctuaire, bien orienté, avait plus de 48 pieds de profondeur sur 32 de largeur, il était terminé par un pentagone garni de cinq grands vitraux qui, néanmoins, à cause de la profondeur du sanctuaire et de sa forme, donnaient peu de jour. Ce pentagone occasionnait fréquemment des réparations considérables, parce que le terrain sur lequel on l’a construit est de sa nature spongieux (sic), que le montagne qui est voisine du côté nord produit des eaux en abondance, que ces eaux filtrent dans les terres et rendent le pavé et le mur de l’église toujours humides et verdâtres, que même l’assiette actuelle des fondations des pilliers et des murs du pentagone paraît corrompue et détruite par son humectation journalière. Différents architectes furent consultés et déclarèrent qu’il fallait démolir le pentagone et terminer le sanctuaire par un mur de maçonnerie sur l’alignement des chapelles latérales. Deux ou trois vitraux de 24 pieds de hauteur devaient permettre une plus grande luminosité étant donné que le sanctuaire n’aurait plus que 28 pieds de profondeur sur 32 de largeur » (A. Kwanten, ”Un document sur l’abbaye cistercienne de Montiers-en-Argonne (XVII-XVIIIe s.)”, MSACSAM, XXIX, 1955, p. 85-87). La Révolution fit le reste. Les biens de Montiers furent vendus en 1791 et 1792, les bâtiments comme carrière de pierre pour 90000 Frs (Ch. Rémy, L’abbaye Notre-Dame de Montiers-en-Argonne, Congrès archéologique de France XLII, 1875, p. 267-351). La commune qui succéda au territoire abbatial eut une existence éphémère car elle fut attribuée intégralement à celle de Possesse, tandis que la forêt fut adjugée côté champenois aux hospices de Reims en 1841 pour 1,8 M Frs et côté lorrain (forêt de Bellenoue) à l’État et aux communes riveraines. Elle fut évaluée à 4 M Frs vers 1875. L’administration forestière la réunit à celle de Lisle-en-Barrois dont elle prit finalement le nom.

Il n’existe pas de plan précis permettant de restituer le plan de l’abbaye avant 1789 mais il faut tout de même citer le Petit plan des bois de Montiers, réalisé en 1724 (AD51, 20 H 15/26, ill. IVR21_20155100222NUCA). Si la localisation des différents éléments (bâti, étangs, bois, chemins) est globalement admissible, de nombreuses distorsions spatiales jettent le trouble. De fait, les bâtiments, qui y sont très sommairement reportés, ne paraissent pas respecter la moindre rigueur d’orientation, interdisant toute projection de ce plan sur le cadastre de 1829 (AD51, cadastre de Possesse, section C2, 3P1161/8). Seule la description de dom Guyton en 1744 apporte quelques informations : « cette maison est bien dans les bois et environnée d’étangs. L’église n’a point de clocher. On dit qu’elle n’en a jamais eu. Elle est bien bastie, sans être finie, mal saine, verte et mal propre, élevée, large : chœur ancien, bonne boisure et sculpture ; douze staulx [stalles] de chaque côté (…) sacristie en son lieu ordinaire, de plein pied à l’église, ayant jour à l’orient et au midy, belle, voûtée (…) On monte au dortoir par un bel escalier nouveau de pierre, à rampe de fer ; il est voûté, beau (…) les cellules à l’orient au nombre de douze. (…) Le réfectoir est grand, voûté dans la longueur de deux pilliers qui partagent le réfectoir (…) Les cloîtres sont beaux, longs, larges (…) Le chapitre où ils vont chaque jour lire le martyrologe est propre, bien voûté, un pilier de chaque côté. Il y a des tombes au nombre de seize, qu’on peut déchiffrer. Trois fenêtres à l’orient : garni de bancs à trois rangs ; la place du supérieur plus élevée (…) un ancien carrelage en compartiment ; une tombe au pied de l’entrée dans le cloître (…) Dans le cloître de la collation, il y a, à la muraille d’appuis, deux grosses pierres rondes, qui ont un gros ventre, à mettre ou vuider l’eau du mandatum, les samedys et le jeudy saint (…) Du cloître on monte huit marches, à l’église ; auprès et dans le cloître du côté du chapitre, on voit trois pierres en cercueil sous une arcade dans la muraille, fort élevées, sans inscription. (…) Ancien portail de l’église en bon état, grandes anciennes fenestres. On lit sur la porte intérieure, 1538. Chapelle de chaque côté (…) Le jardin est grand, vaste, beau ; plusieurs terrasses que l’on descend, la première par des degrés de pierre, les autres de gazon ; des allées couvertes, des cabinets ; le bois est tout proche ; il y a de grands canaux qui entourent en partie le jardin ; au-delà est un ruisseau ; ils ont près de leur abbaye une bonne thuillerie, depuis environ quatre ans » (”Un moine voyageur en Argonne au XVIIIe siècle”, Horizons d’Argonne, n°47, 1983, p. 12-15). Hormis quelques aménagements postérieurs, c’est bien l’abbaye médiévale que décrit ici dom Guyton. En 1876, Charles Rémy eut l’occasion de voir encore quelques vestiges, notamment la porte d’entrée (porterie ?) au pied de laquelle gisaient les lions de pierre qui la surmontaient autrefois, quelques restes entre le ”bâtiment des hôtes” (ancien bât. des convers ?) et le cloître, une partie d’aqueduc en ruine en amont de l’abbaye, ainsi que les deux fermes de la basse-cour, celle du sud ayant été reconstruite vers 1650 avec ses ”tourelles” (colombiers)(Rémy, op. cit., p. 272). De ces vestiges campés sur la terrasse de rive droite de la Vière, il ne subsiste aujourd’hui qu’une aile de la ferme sud à la toiture très endommagée et contre laquelle s’appuie un hangar-étable, masquant l’autre face (ill. IVR21_20155100056NUCA). Le mur gouttereau nord présente un bel appareil champenois, mêlant traditionnellement en bancs alternés, brique et craie (ill. IVR21_20155100063NUCA). Au-devant, son toit étant effondré, le colombier octogonal en briques (et calcaire pour les chaînages d’angles et larmiers) est à son tour menacé de disparition. Le reste du site, occupé par les hangars métalliques, silos et empilements de balles de foin a été totalement détruit. Seule une belle base de colonne (XIIIe s. ?) en remploi dans l’angle d’un petit bâtiment a échappé au désastre (ill. IVR21_20155100223NUCA).

Genre de chanoines réguliers, de cisterciens
Vocables Notre-Dame de Montiers-en-Argonne
Destinations abbaye, ferme
Parties constituantes non étudiées ferme
Dénominations abbaye
Aire d'étude et canton Heiltz-le-Maurupt
Adresse Commune : Possesse
Lieu-dit : Le Monthiers
Cadastre : 1988 C2 112

Montiers-en-Argonne (51- com. Possesse, ill. IVR21_20155100220NUCA) n’est pas une création cistercienne. Longtemps mal connue, cette abbaye a bénéficié depuis une vingtaine années des recherches de Jackie Lusse : ses travaux ont permis d’en renouveler profondément l’histoire, en particulier pour les XIIe et XIIIe siècles ("Les limites dans les chartes de l’abbaye de Montiers-en-Argonne : les moines accapareurs de terres et la désertisation des villages (XII-XIIIe s.)", Nouvelle Revue d’Onomastique, n° 31-32, 1998 ; "Les abbés de Montiers-en-Argonne aux XIIe et XIIIe siècles. Les apports d’une liste abbatiale quasi inédite", Corbet P. et Lusse J. (éd), Mélanges d’histoire médiévale offerts à Michel Bur, Langres, 2009, p. 139-175 ; ”Les débuts de l'abbaye de Montiers-en-Argonne (1134-1206)”, Études marnaises (SACSAM), t. CXXVII, 2012, p. 41-65 - ces articles de fond ont fourni la matière principale à la présente notice). Comme ses voisines et consœurs Cheminon (51) et Lisle-en-Barrois (55), Montiers fut tout d’abord une communauté de chanoines réguliers de l'ordre de saint Augustin, et plus précisément de la congrégation d’Arrouaise, d’où était issu son premier abbé, Eustache. Avec l’appui de Geoffroy Ier, évêque de Châlons qui lui concéda l’église du lieu et ses dépendances, il se fixa en 1134 audit Montiers, qu’on appelle aujourd’hui Vieux-Monthier (55- com. Noyers-Auzécourt), non loin des limites des diocèses de Toul et Verdun. Sa popularité et sa réputation ayant attiré de nombreuses vocations, Eustache fonda dans les environs deux autres établissements, Châtrices vers 1142 et Lisle-en-Barrois en 1144, qu’il dirigea en même temps. L’affiliation à Arrouaise des trois abbayes, qui n’est ni assurée ni officielle pour cette période, se limita sans doute plutôt simplement à l’adoption des coutumes du chef d’ordre. Les actes émis pour la communauté canoniale permettent d’entrevoir la formation des premiers domaines (cf. carte du temporel ill. IVR21_20155100221NUCA), notamment dès 1138 quand l’évêque de Châlons lui remet les autels (ou églises) d’Iviers (localité disparue, 55- com. Nettancourt ou Sommeilles), de Lamermont (55- com. Lisle-en-Barrois) et Vière (51- Noirlieu) (AD51, 20H1, cart. de 1533, n°1). Ces trois églises, qui disparurent rapidement par la suite au profit de domaines monastiques, préfigurent déjà les directions principales de l’implantation temporelle future, ce que confirme la bulle confirmative du pape Eugène III en 1148 qui liste, outre la terre de Vière, les trois granges de Yonval (Guidonis Vallis, 51- com. Possesse), Épensival (Spanciavallis, 51- Épense) et Lamermont (Lamermonth), ainsi que les églises de six localités proches (BnF, ms. lat. 10946, f. 3).

Faute d’abbé à demeure, il semble que le relâchement se soit installé au sein de la communauté ; c’est ce qui amena le nouvel évêque de Châlons, Guy II, à envisager comme solution vers 1144-46 de soumettre Montiers à l’abbaye cistercienne de Trois-Fontaines. L’influence grandissante de st Bernard et de Cîteaux est perceptible ici et cela d’autant plus que dès 1138 l’abbaye de Cheminon avait déjà quitté Arrouaise pour l’ordre cistercien. Malgré l’opposition d’une partie des chanoines, Montiers devint donc à son tour petite-fille de Clairvaux en 1147, ce que confirma le pape Eugène III en 1148. Lisle-en-Barrois enfin suivit le mouvement mais fut soumise à Saint-Benoîtt-en-Woëvre, dans la filiation de Morimond. Seul Châtrices, où officiait et mourut Eustache, demeura un établissement canonial qui tenta de s’opposer aux progressions temporelles de Montiers, mais en vain. Gervais, moine de Trois-Fontaines d’origine verdunoise, envoyé vers 1144-46 avec quelques frères, devint le premier abbé cistercien. Élu à la tête de son abbaye-mère, son abbatiat prit fin en 1164. Comptant parmi les plus grandes figures de l’histoire du monastère, il présente l’originalité de l’avoir gouverné une seconde fois : à la mort de son successeur Nicolas en 1167, il fut à nouveau élu à Montiers où il mourut vers 1182. En plus d’avoir considérablement augmenté le temporel, comme en témoigne le nombre de donations de seigneurs locaux sous les épiscopats de Boson (1153-62) puis de Guy III (1164/5-90), il est à l’origine du déplacement du siège abbatial. Jugé trop exposé dans sa large plaine alluviale de la Chée, le site primitif (Vieux-Monthier, 55-com. Noyers-Auzécourt) fut délaissé au profit d’un nouvel emplacement, situé 7 km à peine plus à l’ouest dans la vallée de la Vière en pleine forêt de Tremblay (51- com. Possesse), un lieu plus favorable et plus en phase avec les us cisterciens qui permettait en outre de replacer l’abbaye au cœur de ses domaines. Préparé de longue date, autorisé par l’évêque Boson et facilité par Gipuin de Dampierre qui fournit le bien-fonds nécessaire, ce transfert dut avoir lieu vers 1160 mais ne fut attesté qu’en 1168. Dès lors, le site primitif fut transformé en grange et pris le nom significatif de Vieux-Monthier à l’instar de ce qui se fit dans d’autres abbayes cisterciennes comme Quincy, les Écharlis (89) ou encore la Crête (52). La construction de l’abbaye définitive et en premier lieu de l’église fut dès lors engagée, sans doute favorisée par l’accroissement des revenus. En plus de celle de Vieux-Monthier précitée, le long gouvernement de Gervais (30-35 ans) vit la création de 4 autres granges dont Bémont (ou Beaumont, Bellusmons, 55-com. Nettancourt, détruite), Froidmont (Frigidus mons, Furcaumont ? 51-com. Saint-Mard-sur-le-Mont) et la Lieue (51-com. Remicourt), mentionnées dans la bulle d’Alexandre III (1164, BnF, ms. lat. 10946, f. 4-5), puis Outrivière, citée pour la 1e fois dans la bulle de Lucius III en 1182, en lieu et place de l’ancien village de Vière (51-com. Noirlieu). Toutes ces granges se situaient dans les environs immédiats du nouveau site abbatial, de part et d’autre de la forêt, à l’exception notable de Lamermont, isolée à 15 km à l’est, dans la haute vallée de l’Aisne. Trop éloignée du nouveau site abbatial, Gervais céda cette grange en 1170 à l’abbaye de Lisle-en-Barrois, qui en était riveraine, moyennant un cens annuel. Il allégeait ainsi la gestion de son temporel tout en contribuant au développement d’une abbaye voisine, récemment passée à l’ordre cistercien.À la mort de Gervais (1180/82), l’église abbatiale n’était pas terminée. Elle ne le fut pas plus lors des deux abbatiats suivants. Écourtés par abdication et déposition, ils engagèrent l’abbaye dans une période de troubles générés par les descendants des donateurs qui contestèrent les aumônes de leurs ancêtres. Parmi ceux-là, les Dampierre-Garlande qui profitèrent de leur droit de garde pour violenter les moines à plusieurs reprises. Le pape Innocent III dut intervenir en adressant une bulle de protection, tandis que les moines implorèrent le secours des comtes de Champagne et de Bar. En fin de compte, Anseau II de Garlande renonça à tous ses droits et prétentions sur l’abbaye et ses dépendances en 1292. Si Montiers n’eut que 5 abbés durant les 60 premières années de son existence, elle en connut le double en seulement 10 ans, de 1195 à 1206 ! Ces troubles récurrents expliquent pour une large part le ralentissement des travaux pendant cette période. L’église abbatiale ne fut achevée que vers 1210-1215, soit un chantier de 50 ans. C’est avec le 14e abbé, Mathieu (1220/1-1232/4), que la paix fut restaurée et que les travaux reprirent. Celui-ci se consacra à l’achèvement du bâtiment des moines, dont le chapitre venait d’être terminé, en le dotant de son étage (dortoir), et à l’aile du réfectoire. C’est enfin durant la quinzaine d’années de gouvernement du 16e abbé, Michel, que les derniers lieux réguliers (cloître et aile des convers) furent terminés, tout comme le raccordement général aux grands aménagements hydrauliques (distribution, latrines, évacuations).

Durant le XIIIe siècle, le temporel fut porté à son extension maximale. Les dernières granges virent le jour, souvent sur des terres exploitées de longue date comme Gros-Terme (55-com. Laimont), Fréginville (51-com. Somme-Yèvre ?), Rotonchamp (51-com. Possesse) et la Nouvelle-Grange (ou Saussaie, 51-com. Possesse). Par ces créations de 2e et 3e générations, les moines ont fini par faire le vide autour d’eux, au point d’évincer par acquisition de domaines certains monastères extérieurs anciennement possessionnés dans les environs comme Gorze (57) ou Saint-Martin-des-Champs de Paris qui, tôt ou tard, auraient été perçus comme des obstacles au développement de certaines granges (cf. La Lieue). C’est d’ailleurs suivant ce même procédé que plusieurs habitats anciens disparurent : d’après J. Lusse, entre 7 et 9 villages ont été désertés, conséquence de la maîtrise progressive des terres à plus ou moins longue distance de l’abbaye, occasionnant un temporel concentré mais étiré d’est en ouest de part et d’autre de la forêt abbatiale. Par ailleurs, au gré des donations, Montiers acquit encore quelques domaines éloignés et de moindre importance, tels que Trémont [-sur-Saulx] (55), grange (?) reçue en 1234, Verrières (51), autre petite grange léguée par le curé du lieu en 1261, comme du reste celle de Voilemont (1238). L’abbaye posséda des moulins sur la plupart des cours d’eau. Contrairement à d’autres, plus impliquées dans les productions spéculatives, elle ne semble pas s’être implantée sur les marchés urbains, du reste assez éloignés, à l’exception de Châlons, cité épiscopale. Tout au plus peut-on signaler des maisons dans les murs de Vitry-en-Perthois (achetée en 1296) et Sainte-Menehould (reçue en 1216). À l’époque moderne, quelques démembrements postérieurs donneront lieu à de nouvelles fermes comme Bouet-lès-Somme-Yèvre (51-com. Noirlieu), mentionnée en 1518, ou encore Montiéval (51-com. Possesse et Charmont). Il n’est pas possible d’évaluer l’effectif conventuel des premiers temps mais, à en juger par la taille de l’église, il devait être assez important. Tout au plus sait-on qu’en 1336, période de forte concurrence des ordres mendiants notamment, l’abbé de Clairvaux fixa le nombre de moines à 30, et 45 pour les convers. L’histoire de l’abbaye à partir de la fin du Moyen Âge n’est pas différente des autres établissements situés sur la frontière d’Empire. La succession des conflits de la guerre de Cent Ans à celle de Trente a laissé son lot de ruines et de désolation. De nombreuses réparations furent effectuées par exemple à l’église et au cloître par le dernier abbé régulier, Pierre Maillard II (1513-40). Puis, comme trop souvent, le régime de la Commende est venu aggraver une situation déjà fragilisée par des revenus affaiblis. À sa tête, Montiers vit se succéder nombre de commendataires comme les Lenoncourt qui s’étaient arrogés le bénéfice comme un droit héréditaire. Afin de mettre fin aux empiètements d’abbés peu scrupuleux, plusieurs partages des menses furent nécessaires, notamment vers 1670 puis à nouveau en 1673, date à laquelle le 3e lot fut mis sous séquestre de manière à en garantir l’affectation initiale, à savoir les réparations, les charges, les aumônes, etc. Si la restauration des droits du couvent contribua à l’assainissement de la situation financière, elle intervint sans doute trop tard car le délabrement de l’église allié à la réduction de la population monastique et à l’évolution du goût architectural, entraîna finalement d’un commun accord avec le dernier abbé Malvin de Montalvet la démolition d’une partie de l’église abbatiale en 1769 jugée inutile et irréparable. Un registre intitulé Livre des actes et délibérations de la Communauté de l’Abbaye de Notre-Dame de Montiers-en-Argonne en relate les circonstances : l’église « était très vaste, à peu près carrée. Les votes avaient 62 pieds d’élévation. Le sanctuaire, bien orienté, avait plus de 48 pieds de profondeur sur 32 de largeur, il était terminé par un pentagone garni de cinq grands vitraux qui, néanmoins, à cause de la profondeur du sanctuaire et de sa forme, donnaient peu de jour. Ce pentagone occasionnait fréquemment des réparations considérables, parce que le terrain sur lequel on l’a construit est de sa nature spongieux (sic), que le montagne qui est voisine du côté nord produit des eaux en abondance, que ces eaux filtrent dans les terres et rendent le pavé et le mur de l’église toujours humides et verdâtres, que même l’assiette actuelle des fondations des pilliers et des murs du pentagone paraît corrompue et détruite par son humectation journalière. Différents architectes furent consultés et déclarèrent qu’il fallait démolir le pentagone et terminer le sanctuaire par un mur de maçonnerie sur l’alignement des chapelles latérales. Deux ou trois vitraux de 24 pieds de hauteur devaient permettre une plus grande luminosité étant donné que le sanctuaire n’aurait plus que 28 pieds de profondeur sur 32 de largeur » (A. Kwanten, ”Un document sur l’abbaye cistercienne de Montiers-en-Argonne (XVII-XVIIIe s.)”, MSACSAM, XXIX, 1955, p. 85-87). La Révolution fit le reste. Les biens de Montiers furent vendus en 1791 et 1792, les bâtiments comme carrière de pierre pour 90000 Frs (Ch. Rémy, L’abbaye Notre-Dame de Montiers-en-Argonne, Congrès archéologique de France XLII, 1875, p. 267-351). La commune qui succéda au territoire abbatial eut une existence éphémère car elle fut attribuée intégralement à celle de Possesse, tandis que la forêt fut adjugée côté champenois aux hospices de Reims en 1841 pour 1,8 M Frs et côté lorrain (forêt de Bellenoue) à l’État et aux communes riveraines. Elle fut évaluée à 4 M Frs vers 1875. L’administration forestière la réunit à celle de Lisle-en-Barrois dont elle prit finalement le nom.

Il n’existe pas de plan précis permettant de restituer le plan de l’abbaye avant 1789 mais il faut tout de même citer le Petit plan des bois de Montiers, réalisé en 1724 (AD51, 20 H 15/26, ill. IVR21_20155100222NUCA). Si la localisation des différents éléments (bâti, étangs, bois, chemins) est globalement admissible, de nombreuses distorsions spatiales jettent le trouble. De fait, les bâtiments, qui y sont très sommairement reportés, ne paraissent pas respecter la moindre rigueur d’orientation, interdisant toute projection de ce plan sur le cadastre de 1829 (AD51, cadastre de Possesse, section C2, 3P1161/8). Seule la description de dom Guyton en 1744 apporte quelques informations : « cette maison est bien dans les bois et environnée d’étangs. L’église n’a point de clocher. On dit qu’elle n’en a jamais eu. Elle est bien bastie, sans être finie, mal saine, verte et mal propre, élevée, large : chœur ancien, bonne boisure et sculpture ; douze staulx [stalles] de chaque côté (…) sacristie en son lieu ordinaire, de plein pied à l’église, ayant jour à l’orient et au midy, belle, voûtée (…) On monte au dortoir par un bel escalier nouveau de pierre, à rampe de fer ; il est voûté, beau (…) les cellules à l’orient au nombre de douze. (…) Le réfectoir est grand, voûté dans la longueur de deux pilliers qui partagent le réfectoir (…) Les cloîtres sont beaux, longs, larges (…) Le chapitre où ils vont chaque jour lire le martyrologe est propre, bien voûté, un pilier de chaque côté. Il y a des tombes au nombre de seize, qu’on peut déchiffrer. Trois fenêtres à l’orient : garni de bancs à trois rangs ; la place du supérieur plus élevée (…) un ancien carrelage en compartiment ; une tombe au pied de l’entrée dans le cloître (…) Dans le cloître de la collation, il y a, à la muraille d’appuis, deux grosses pierres rondes, qui ont un gros ventre, à mettre ou vuider l’eau du mandatum, les samedys et le jeudy saint (…) Du cloître on monte huit marches, à l’église ; auprès et dans le cloître du côté du chapitre, on voit trois pierres en cercueil sous une arcade dans la muraille, fort élevées, sans inscription. (…) Ancien portail de l’église en bon état, grandes anciennes fenestres. On lit sur la porte intérieure, 1538. Chapelle de chaque côté (…) Le jardin est grand, vaste, beau ; plusieurs terrasses que l’on descend, la première par des degrés de pierre, les autres de gazon ; des allées couvertes, des cabinets ; le bois est tout proche ; il y a de grands canaux qui entourent en partie le jardin ; au-delà est un ruisseau ; ils ont près de leur abbaye une bonne thuillerie, depuis environ quatre ans » (”Un moine voyageur en Argonne au XVIIIe siècle”, Horizons d’Argonne, n°47, 1983, p. 12-15). Hormis quelques aménagements postérieurs, c’est bien l’abbaye médiévale que décrit ici dom Guyton. En 1876, Charles Rémy eut l’occasion de voir encore quelques vestiges, notamment la porte d’entrée (porterie ?) au pied de laquelle gisaient les lions de pierre qui la surmontaient autrefois, quelques restes entre le ”bâtiment des hôtes” (ancien bât. des convers ?) et le cloître, une partie d’aqueduc en ruine en amont de l’abbaye, ainsi que les deux fermes de la basse-cour, celle du sud ayant été reconstruite vers 1650 avec ses ”tourelles” (colombiers)(Rémy, op. cit., p. 272).

Période(s) Principale : 2e moitié 18e siècle , (?) , (détruit)

Des vestiges campés sur la terrasse de rive droite de la Vière, il ne subsiste aujourd’hui qu’une aile de la ferme sud à la toiture très endommagée et contre laquelle s’appuie un hangar-étable, masquant l’autre face (ill. IVR21_20155100056NUCA). Le mur gouttereau nord présente un bel appareil champenois, mêlant traditionnellement en bancs alternés, brique et craie (ill. IVR21_20155100063NUCA). Au-devant, son toit étant effondré, le colombier octogonal en briques (et calcaire pour les chaînages d’angles et larmiers) est à son tour menacé de disparition. Le reste du site, occupé par les hangars métalliques, silos et empilements de balles de foin a été totalement détruit. Seule une belle base de colonne (XIIIe s. ?) en remploi dans l’angle d’un petit bâtiment a échappé au désastre (ill. IVR21_20155100223NUCA).

Murs calcaire brique et pierre à assises alternées
Toit tuile plate, ciment amiante en couverture
Plans plan rectangulaire régulier
Couvertures toit à longs pans croupe

Annexes

  • Bibliographie

    AUBERT, Marcel et MAILLÉ, Marquise de, L’architecture cistercienne en France, 2 vol.,Vanoest, Paris, 1947 (2e éd) [en particulier, tome 1, p. 75 et 77]

    BARTHÉLEMY, Édouard de, Essai sur les abbayes du département de la Marne, Séances et travaux de l'Académie de Reims. Reims, 1853 [Montiers : p. 32-34]

    BARTHÉLEMY, Édouard de, Diocèse ancien de Châlons-sur-Marne. Histoire et monuments, Paris, 1861, t. I, p. 173-174 ; t. II, p. 199-201, 205, 223 et p. 421-437 [cartulaire].

    BEAUNIER, dom, Recueil historique, chronologique et topographique des archevechez, evechez, abbayes et prieures de France, t. II, Paris, 1726, p. 593-594

    CHASSEL, Jean-Luc (dir.), Sceaux et usages de sceaux. Images de la Champagne médiévale, Somogy, Paris, 2003, p. 18-19

    CHEVALIER, Ulysse, Répertoire des sources historiques du Moyen Âge. Topo-bibliographie, II, Montbéliard, 1894-99, col. 1999

    COTTINEAU, dom L.-H., Répertoire topo-bibliographique des abbayes et prieurés, Mâcon, 1936, II, col. 1951

    DIMIER, Anselme, "La Marne cistercienne", Mélanges Anselme Dimier, t. I, Pupillin, 1987, p. 617-625.

    DOUËT-D'ARCQ, Louis-Claude, Archives de l'Empire. Collection de sceaux, t. III, Paris, 1868, n° 8873-8874, p. 105

    Gallia christiana, IX (1751) col. 967-970 ; X (1751) instr. n° 22, 30 (Châlons)

    GAUTHIER, Noëlle, "Montiers-en-Argonne", Horizons d'Argonne, n°22 (1971), p. 16-20

    GUYTON, Dom, "Voyage littéraire de Dom Guyton en Champagne (1744-1749)" [par Ulysse ROBERT et Édouard de BARTHÉLEMY], Paris, 1890, p. 46-51

    HÉRELLE, G., "Deux testaments du XIIIe s.", Revue de Champagne et de Brie, t. 10, 1880-81, p. 115-119

    JULIEN L’HERMITTE, "Une bulle de Clément VII", Mémoires de la Société d'agriculture, commerce, sciences et arts du département de la Marne, 1895, p. 137-140.

    KWANTEN, Abbé André, "Un document sur l’abbaye cistercienne de Montiers-en-Argonne (XVII-XVIIIe s.)", Mémoires de la Société d'agriculture, commerce, sciences et arts du département de la Marne, t. 29, 1955, p. 85-87

    LERICHE, Alcide, En Argonne : sur les traces des moines, 1979, [Montiers-en-Argonne : p. 190-201]

    LUSSE, Jackie, "Les limites dans les chartes de l’abbaye de Montiers-en-Argonne : les moines accapareurs de terres et la désertisation des villages (XII-XIIIe s.)", Nouvelle Revue d’Onomastique, n° 31-32, 1998

    LUSSE, Jackie, "Les abbés de Montiers-en-Argonne aux XIIe et XIIIe siècles. Les apports d’une liste abbatiale quasi inédite", CORBET, Patrick, et LUSSE, Jackie (éd), Mélanges d’histoire médiévale offerts à Michel Bur, Éditions Dominique Guéniot, Langres, 2009, p. 139-175

    LUSSE, Jackie, Les débuts de l'abbaye de Montiers-en-Argonne (1134-1206), Études marnaises (SACSAM), t. CXXVII, 2012, p. 41-65

    MIGNE, abbé J.-P., Dictionnaire des abbayes et monastères [préface de Maxime de Montrond], Paris 1856, col. 574

    RÉMY, Ch., "L’abbaye Notre-Dame de Montiers-en-Argonne", Congrès archéologique de France, XLII, 1875, p. 267-351

    RÉMY, Ch., Notes historiques sur Possesse, 1883

    TURCAN-VERKERK, Anne-Marie, Les manuscrits de la Charité, Cheminon et Montier-en-Argonne: collections cisterciennes et voies de transmission des textes (IXe-XIXe siècles), Paris, 2000, 296 p.

    "Un moine voyageur en Argonne au XVIIIe siècle [dom Guyton]", Horizons d'Argonne, n°47 (1983), p. 10-16

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