Logo =Inventaire Général du Patrimoine Culturel - Retour à l'accueil

Ancienne abbaye de Morimond

Dossier IA52001013 réalisé en 2015

Fiche

La tradition cistercienne retient que Morimond (52-com. Parnoy-en-Bassigny, com.-annexe Fresnoy) —4e fille de Cîteaux et mère d'un véritable empire monastique de 213 abbayes— a été fondée en 1115, quelques mois après Clairvaux. Un réexamen approfondi de ses actes constitutifs a conduit ces dernières années à une nouvelle hypothèse, reculant la date aux alentours de 1117 (M. Parisse, 1998), en tout cas avant la fondation de Preuilly, 5e fille de Cîteaux (1118). Les débuts de Morimond ont été assez difficiles, en témoigne la fameuse "affaire" (selon les mots de st Bernard) du groupe de moines fugitifs en 1124, sous la conduite du premier abbé Arnold. À noter que parmi eux figurait aussi Henri, fils du duc de Carinthie (auj. en Autriche) qui rentrera bientôt à Morimond pour fonder à son tour Villers-Bettnach (57-com. Saint-Hubert), avant de devenir l'évêque de Troyes qui aura si souvent favorisé les abbayes cisterciennes champenoises. Étienne Harding, abbé de Cîteaux, imposera le prieur de Clairvaux Gaucher au siège abbatial morimondais en 1126.

Avec Gaucher à sa tête, homme expérimenté et fidèle compagnon de Bernard, Morimond va entrer dans une phase de stabilité et de développement, à commencer par la construction de la nouvelle abbaye. À en croire le toponyme "Vieux Morimond" relevé en amont du site, l'abbaye aurait eu un site primitif éphémère en forêt, à l’amont des actuels étangs, qui n'a pas laissé d'autres traces. Sous son abbatiat, Morimond va essaimer 13 fois. Après Bellevaux (70-com. Cirey) et la Crête (52-com. Bourdons-sur-Rognon) fondées respectivement en 1120 et 1121, toutes les nouvelles abbayes (filles directes) seront en Empire, orientation qui s'explique par la localisation même de Morimond mais aussi par l'origine de nombre de moines et abbés, tel qu'Henri de Carinthie et Othon de Freising. L'histoire de ce dernier, revenant avec ses compagnons de Paris où ils avaient été envoyés étudier, s'arrêtant en 1132 à Morimond pour s'y faire moines, est bien connue. Othon sera élu abbé de Morimond en janvier 1138, à la mort de Gaucher, pour quelques mois seulement car dès l'été suivant il fut appelé au siège épiscopal de Freising. L'histoire se répétant, il viendra mourir à Morimond à l'occasion d'un voyage 20 ans plus tard exactement, ce qui scellera un lien profond entre le diocèse bavarois et celui de Langres. D'autres grands abbés suivront comme Lambert, ancien moine envoyé fonder Clairefontaine (70-com. Polaincourt-et-Clairefontaine) en 1132, abbé de Morimond puis de Cîteaux avant de revenir en son abbaye comme simple moine en 1161. C'est à cette période que Morimond accéda, en tant que 4e fille de Cîteaux, à la tête d'une filiation considérable, au statut de membre du groupe d'abbayes-mères dirigeant l'ordre. Dès lors, l'abbé de Morimond devient l'un des cinq abbés-pères, avec toute la responsabilité que cette charge lui confère. Morimond prend alors véritablement une dimension européenne, ses fondations s'étendant bientôt "de l'Ebre à l'Elbe" (M. Parisse, 1994) du Guadalquivir à l'Estonie et des confins gallois au Liban, incorporant même les ordres militaires ibériques, agents de la Reconquista, Calatrava, Alcantara, Avis, Christ, et Montesa.

Le développement de Morimond a été rendu possible grâce à la mise en place d’un solide réseau de granges, assurant la subsistance de la communauté (cf. carte du temporel ill. IVR21_20155200635NUCA). Ce temporel est à l’image de l’abbaye, bassignot pour l’essentiel, de France et de Lorraine. À la fin du XIIIe siècle, Morimond disposait d’une bonne douzaine de granges. Il est difficile d’être plus précis car l’évolution du temporel impose plusieurs instantanés. En 1163, date d’émission de la bulle d’Alexandre III (H. Flammarion, Recueil des chartes de l’abbaye de Morimond au XIIe siècle, ARTEM / Brepols, Turnhout, 2014, n°39, p. 175-177), le temporel est déjà fixé pour l’essentiel : 9 granges sont établies et confirmées, dont la localisation forme une aire quasi continue de l’abbaye à la Meuse, en suivant le cours du Flambart. Relèvent de cet espace Vaudainvilliers (52-com. Colombey-lès-Choiseul), première grange de l’abbaye, Grignoncourt (52-com. Parnoy-en-Bassigny), les Gouttes [-Basses] (52-com. Breuvannes-en-Bassigny) et Grand-Rupt (52-com. Levécourt). Celles d’Angoulaincourt (52-com. Lavilleneuve) au sud-ouest, Rapéchamp (88-com. Lamarche) et Andoivre (88-com. Senaide), outre-forêt au sud-est, Morvaux (52-com. Romain-sur-Meuse) et Dôme (52-com. Chalvraines), sur le plateau d’outre-Meuse au nord-ouest, sont un peu plus isolées et forment une couronne externe de domaines. Au cours du quart de siècle suivant s’y ajoutent Fraucourt (52-com. Breuvannes-en-Bassigny) puis Levécourt (52), comblant les interstices. La consolidation et l’arrondissement des acquis ont été l’œuvre du XIIIe siècle, ainsi que la création de deux nouvelles granges : l’une avant 1262, Fullie [Fouillot] (52-com. Breuvannes-en-Bassigny ou Germainvilliers), éphémère en raison de son absorption rapide par Fraucourt, l’autre après 1262, Génichaux (52-com. Parnoy-en-Bassigny), sur la plaine en amont de l’abbaye, en démembrement vraisemblable de Grignoncourt, portant le total à 11 granges (sans tenir compte de Fouillot). À cette date, l’inventaire n’est pas complet car les domaines viticoles, qui ne sont pas nommément cités, voient pourtant bien le jour aux Gouttes-Hautes (52-com. Breuvannes-en-Bassigny), véritable cellier, et à Serqueux (52) et Bourbonne (52), dont l’importance moindre et l’imprécision du statut invitent à plus de prudence. De même, le site salicole lorrain de Moyenvic (57) n’est curieusement pas qualifié de grange : de 2 places à sel en 1147, on passe à 8 en 1186 avec maison, puis terres et prés en 1198. Quant au site comtois de Scey-sur-Saône (70), apparu vers 1173, il ne figure pas dans les listes confirmatives suivantes, pas plus d’ailleurs que le domaine ferrifère de Pont-Saint-Vincent (54- com. Chaligny) sensiblement contemporain (1182). Mêmes fluctuations à l’égard des maisons urbaines : Morimond s’implante à Metz (1172) Trèves (1163-78), Toul (1162-78), où une grange est même signalée (Flammarion, n°147) et Neufchâteau (1196) comme autant de relais sur la route d’Empire menant aux abbayes de la filiation. Mais Trèves et Toul seront abandonnées au XIIIe siècle au profit de Langres et Dijon, sur la voie de Cîteaux et du chapitre général cette fois, ainsi que Lamarche. Le passage au XIVe siècle marque un tournant dans le temporel de Morimond ; trois granges disparaissent dans la création de deux villeneuves : Levécourt et Grand-Rupt dès 1285 et Angoulaincourt en 1310-12, en association respectivement avec les comtes de Bar et de Champagne. À l’inverse, à la fin du siècle, en 1393, les biens des moniales de Belfays (52-com. Val-de-Meuse), abbaye supprimée sur décision du chapitre général, sont attribués à Morimond qui hérite ainsi deux nouvelles granges, Chézoy (id.) et Issonville (id.), et de l’ancienne abbaye, elle-même réduite à la même fonction. À la fin du Moyen Âge, le temporel de Morimond était donc au faîte de son extension, comptant 13 granges, 2 à 3 celliers, plusieurs seigneuries notamment en lieu et place de trois anciennes granges, 3 sites salicoles et métallurgique, 6 maisons de ville entre Lorraine et Bourgogne et une petite trentaine de moulins, le tout réparti sur trois diocèses (Langres, Toul et Besançon), dans différents types de terroirs du bassin supérieur de la Saône (pays de Bourbonne) à celui de la Meuse et au Barrois, principalement en Bassigny, concentrant ses activités dans les vallées de la Meuse et de ses affluents comme le Flambart et le Mouzon. Un dernier ajustement intervient en 1612 lorsque les religieuses cisterciennes, assemblées un temps en couvent à la grange de Dôme et soumises à Morimond, achètent la ferme de Villet-Fontaine (52-com. Liffol-le-Petit). Cette dernière ferme disparut un siècle plus tard.Avec la guerre de Cent-Ans, Morimond connaît comme la plupart des abbayes un long temps de crises. La guerre de Trente Ans aura le plus de conséquences matérielles (nombreux pillages et destructions des granges). L’abbé Claude Briffaut relata lui-même en 1646 dans une requête à l’abbé général que « l’abbaye avec toutes ses dépendances avait été en grande partie brûlée et totalement ruinée, trois ou quatre ans auparavant par les ennemis. Les granges de l’abbaye avaient, elles aussi, été incendiées et la plus grande partie des terres étaient restées incultes. Seuls quelques laboureurs avaient pu se réfugier à l’intérieur de l’abbaye (…), tout le reste de la communauté s’étant enfui jusqu’en Provence, au Languedoc, en Gascogne et autres provinces où se trouvaient leurs maisons » (J. Salmon, ”Morimond et ses granges”, Bulletin de la SHAL, 1969, p. 120). L’assemblée tenue à Cîteaux en juin de la même année publia un décret « concernant les ruines survenuës en l’Abbaye de Morimond par le malheur des guerres, avec le moyen de pourvoir au restablissement d’icelles », exhortant alors 20 abbayes à travers la France, citées nommément, à participer solidairement à une collecte de fonds pendant les 6 années suivantes (AD10, 3H213). Presque abandonnée durant ce sinistre XVIIe siècle, Morimond s’est fermement rétablie, surtout à partir de 1706 : la reconstruction des bâtiments s’est accompagnée de la récupération des domaines perdus au cours des siècles précédents (G. Viard, ”Morimond au XVIIe siècle : réflexions sur la vacance du siège abbatial de 1662 à 1666”, dans G. Viard éd., L'abbaye cistercienne de Morimond. Histoire et rayonnement, Langres, 2005, p. 87-111). Ayant le privilège d’échapper à la commende comme les autres abbayes mères de l’ordre, l'abbaye continua à élire ses abbés en indépendance malgré les pressions royales constantes. De fait, il n’y eu aucun partage entre menses abbatiale et conventuelle et le cellérier assura la gestion du temporel en recourant aux baux qui, passés avec les laboureurs des villages voisins, permettaient d’éviter le système de la ferme générale (G. Viard, ”Les revenus de l’abbaye de Morimond vers 1760”, Les Cahiers Haut-Marnais, n°196-199, 1994, p. 142-160). Vers 1760, le revenu global de Morimond se montait à près de 60 000 £, dont 8273 £ provenant de 17 domaines parmi lesquels : 4 seigneuries, une multitude de prés éparpillés et loués (pour 2407 £), 9 moulins et une tuilerie (pour 3056 £), le 1/4 restant des revenus en argent étant constitué par les dîmes. Évalué en 1790 par dom Chautan, le domaine atteignait une superficie de 8754 arpents, soit 3700 hectares environ. Seul le chapitre cathédral de Langres avait des revenus et un domaine plus important. En reportant les planches de l’Atlas Naudin (AD52, 8H73) sur la carte topographique actuelle, on arrive à un total de 5263 ha, composés de l’enclos de l’abbaye, de terres, de prés et de seigneuries, ainsi que plus de 1400 ha de forêts. Cet ensemble foncier était essentiellement exploité par fermage, mais aussi en exploitation directe (domestiques et valets de ferme), comme par exemple les gros domaines de Grignoncourt, Fraucourt et des Gouttes, ainsi que les domaines viticoles, ce qui représentait tout de même 21% des revenus (Viard, op. cit., p. 156). À la Révolution, Morimond fut vendue au titre des biens nationaux, puis rapidement dépecée pour arriver aux tristes ruines actuelles. Pour se rendre compte de cette rapidité, il suffit de comparer le plan de l’abbaye, tiré de l’exceptionnel Atlas Naudin, réalisé en 1784-87 (AD52, 8H73, p. 23, ill. IVR21_20155200636NUCA) et le cadastre dit ”napoléonien” de Fresnoy-en-Bassigny (AD52, 3P2/210-2, section A1, s.d. [début XIXe s.], ill. IVR21_20155200644NUCA). Il aura fallu attendre un siècle et demi pour que les campagnes de fouilles de Henri-Paul Eydoux en 1954-55 tirent le site de l’oubli dans lequel il avait fini par sombrer. Pour autant, l’aspect ponctuel sinon lacunaire de ses sondages ne fut pas à la hauteur des attentes des spécialistes de l’histoire monastique. Les fouilles menées depuis quelques années par Benoît Rouzeau sur les fondations d’un bâtiment médiéval proche de la porterie (ill. IVR21_20155200402NUCA et IVR21_20155200643NUCA) ne sont pas pour l’instant de nature à faire avancer la recherche sur l’organisation précise des bâtiments conventuels, qui reste aujourd’hui encore largement méconnue.

Édifice oublié après sa destruction, l’église abbatiale (dont le chevet) a été l’objectif principal des fouilles d’Eydoux. En l’absence de nouvelles fouilles pendant les décennies qui suivirent, ses résultats furent analysés et critiqués sur la base des comparaisons avec les édifices de la filiation morimondaise en Allemagne surtout. Deux abbatiales se sont succédé : Morimond I dont on ne sait rien, puis Morimond II commencée un peu avant 1200 consacrée en 1253 et qui servit de modèle à de nombreuses églises (B. Chauvin, ”Morimond : une ou deux abbatiales ? Les fouilles d'Henri-Paul Eydoux : écrits publics et lettres privées (1953-1982)”, dans G. Viard éd., L'abbaye cistercienne de Morimond. Histoire et rayonnement, Langres, 2005, p. 115-156 ; id., ”La seconde abbatiale de Morimond, à la lumière de Walkenried II. Hypothèses et précisions nouvelles (1990-2003)”, p. 157-178). Au XVIIIe siècle, la reconstruction a été menée sur la base de l’abbaye médiévale, à laquelle avaient été ajoutés un noviciat et une infirmerie à l’est en 1736 (abbé Guyot) —un moulin succéda à cette dernière au XIXe siècle (ill. IVR21_20155200642NUCA)—, puis le palais abbatial et la bibliothèque à l’ouest vers 1753-78 (abbé Thirion), à la place de l’ancien bâtiment des convers et des deux premières travées de la nef de l’église. Le projet s’étendit en direction de l’ouest, espace dans lequel fut construit en bordure du Flambard canalisé un long édifice à vocation artisanale, non loin de l’emplacement d’un bâtiment médiéval qui relevait du complexe de la porterie (hôtellerie notamment). Le renouvellement architectural s’accompagna d’un réaménagement de l’espace intra muros suivant la perspective occasionnée par la grande allée conduisant de la porterie monumentale au palais abbatial (ill. IVR21_20155200636NUCA). Au levant, épousant la courbe du vallon, canaux parallèles, jardins et vergers réorientaient la symétrie jusqu’à la chaussée du grand étang (O. Weets, "Le site de l'abbaye de Morimond : état des connaissances historiques et archéologiques", Les Cahiers haut-marnais, n°196-199, 1994, p. 161-174).

Du riche passé et de l’important ensemble monumental de Morimond, il ne reste que très peu de vestiges aujourd’hui (ill. IVR21_20155200208NUCA). Le cadre général n’a rien perdu de ses caractéristiques de vallon reculé, à l’écart du monde (ill. IVR21_20155200390NUCA). Pour se faire une idée de ce qu’a pu être Morimond au Moyen-Âge, il n’est pas inutile de se rendre à Maulbronn au nord de Pforzheim (Allemagne), où la configuration générale du site est assez similaire en dépit de l’urbanisation qui s’y est développé, en particulier depuis la Réforme. L’état quasi intact exceptionnel de cette arrière-petite-fille dans son enceinte fortifiée permet de mesurer l’immense perte que représente la disparition de Morimond. De fait, en rive gauche du Flambart, l’élévation de l’église abbatiale ne subsiste plus que pour partie au mur gouttereau du bas-côté nord, au niveau des troisième et quatrième travées occidentales (ill. IVR21_201552006319NUCA). La façade est du bâtiment d’habitation, édifié au revers de l’ancienne bibliothèque, comporte plusieurs chapiteaux à crochets (XIIIe s. ?) dont la provenance précise ne peut être assurée (église, cloître, etc. ?) (ill. IVR21_20155200641NUCA). Côté ouest, seul le rez-de-chaussée de la façade de ladite bibliothèque et la base de l’étage sont encore visibles avec leurs 7 travées matérialisées par les baies en plein cintre (la 1ère au contact du palais abbatial n’étant plus qu’amorcée) (ill. IVR21_20155200640NUCA). On notera le soin alors apporté aux trois travées de l’avant-corps central, individualisé par une très légère avancée encadrée de chaînages maçonnés, dont les baies aux piédroits moulurés avaient été dotées de clefs ouvragées à volutes. À proximité, apparaissent encore les terrasses des anciens jardins (au chevet de l’église) et les anciens canaux plus ou moins comblés et envahis de roselières. Au reste, c’est encore à la porterie que les vestiges sont les plus signifiants (ill. IVR21_20155200402NUCA et IVR21_20155200637NUCA). Bien que le pavillon sud soit totalement écroulé par abandon depuis quelques décennies (mais reconstructible en raison de la présence des matériaux in situ), le pavillon nord est toujours debout, même si l’intérieur a été dépouillé de son décor. Ces deux pavillons symétriques encadraient l’ancienne porte (ill. IVR21_20155200637NUCA) ouvrant la perspective sur le palais abbatial, et formaient un hémicycle concave. Cette disposition a été adoptée dans plusieurs monastères reconstruits au XVIIIe siècle, selon différentes variantes comme à Trois-Fontaines par exemple. Sur l’esplanade occasionnée par le retrait de la porterie par rapport à la route de Fresnoy à Damblain s’élève la chapelle Sainte-Ursule, ancienne chapelle des étrangers, affectée au service de l’hôtellerie et de la paroisse extra muros des familiers et fermiers de l’abbaye (ill. IVR21_20155200637NUCA). Elle a été datée du XVIe siècle par la plupart des auteurs, en raison de son portail en accolade encadrant une porte couverte d’un arc en anse de panier surmontée d’une niche aux piédroits sommairement décorés, où devait trôner la sainte. Après réexamen (O. Weets, op. cit.), il semblerait que la chapelle ait été très remaniée sinon reconstruite aux XVIIe et XVIIIe siècles. L’édifice de grès infraliasique rectangulaire de 14 mètres de long sur 7 de large est très simple, percé de deux baies couvertes en plein cintre aux gouttereaux. L’empreinte d’un bâtiment accolé au chevet montre que la chapelle était directement reliée au complexe de la porterie. À l’autre extrémité du site, il ne faut pas oublier enfin les étangs aménagés dès l’origine de l’implantation monastique (ill. IVR21_20155200390NUCA) et qui constituent encore aujourd’hui la marque identitaire contemporaine du lieu : y subsiste encore le déversoir maçonné du grand étang.

Genre de cisterciens
Vocables Notre-Dame
Appellations Morimond
Destinations ermitage, abbaye
Dénominations abbaye
Aire d'étude et canton Bourbonne-les-Bains
Adresse Commune : Parnoy-en-Bassigny
Lieu-dit : Morimond
Cadastre : 1985 209A1 36, 39, 303 à 305, 351, 353, 361-362 ancien carré monastique : parcelles 36, 39, 303 à 305, 351-353 porterie : 361-362

La tradition cistercienne retient que Morimond (52-com. Parnoy-en-Bassigny, com.-annexe Fresnoy) —4e fille de Cîteaux et mère d'un véritable empire monastique de 213 abbayes— a été fondée en 1115, quelques mois après Clairvaux. Un réexamen approfondi de ses actes constitutifs a conduit ces dernières années à une nouvelle hypothèse, reculant la date aux alentours de 1117 (M. Parisse, 1998), en tout cas avant la fondation de Preuilly, 5e fille de Cîteaux (1118). Les débuts de Morimond ont été assez difficiles, en témoigne la fameuse "affaire" (selon les mots de st Bernard) du groupe de moines fugitifs en 1124, sous la conduite du premier abbé Arnold. À noter que parmi eux figurait aussi Henri, fils du duc de Carinthie (auj. en Autriche) qui rentrera bientôt à Morimond pour fonder à son tour Villers-Bettnach (57-com. Saint-Hubert), avant de devenir l'évêque de Troyes qui aura si souvent favorisé les abbayes cisterciennes champenoises. Étienne Harding, abbé de Cîteaux, imposera le prieur de Clairvaux Gaucher au siège abbatial morimondais en 1126.

Avec Gaucher à sa tête, homme expérimenté et fidèle compagnon de Bernard, Morimond va entrer dans une phase de stabilité et de développement, à commencer par la construction de la nouvelle abbaye. À en croire le toponyme "Vieux Morimond" relevé en amont du site, l'abbaye aurait eu un site primitif éphémère en forêt, à l’amont des actuels étangs, qui n'a pas laissé d'autres traces. Sous son abbatiat, Morimond va essaimer 13 fois. Après Bellevaux (70-com. Cirey) et la Crête (52-com. Bourdons-sur-Rognon) fondées respectivement en 1120 et 1121, toutes les nouvelles abbayes (filles directes) seront en Empire, orientation qui s'explique par la localisation même de Morimond mais aussi par l'origine de nombre de moines et abbés, tel qu'Henri de Carinthie et Othon de Freising. L'histoire de ce dernier, revenant avec ses compagnons de Paris où ils avaient été envoyés étudier, s'arrêtant en 1132 à Morimond pour s'y faire moines, est bien connue. Othon sera élu abbé de Morimond en janvier 1138, à la mort de Gaucher, pour quelques mois seulement car dès l'été suivant il fut appelé au siège épiscopal de Freising. L'histoire se répétant, il viendra mourir à Morimond à l'occasion d'un voyage 20 ans plus tard exactement, ce qui scellera un lien profond entre le diocèse bavarois et celui de Langres. D'autres grands abbés suivront comme Lambert, ancien moine envoyé fonder Clairefontaine (70-com. Polaincourt-et-Clairefontaine) en 1132, abbé de Morimond puis de Cîteaux avant de revenir en son abbaye comme simple moine en 1161. C'est à cette période que Morimond accéda, en tant que 4e fille de Cîteaux, à la tête d'une filiation considérable, au statut de membre du groupe d'abbayes-mères dirigeant l'ordre. Dès lors, l'abbé de Morimond devient l'un des cinq abbés-pères, avec toute la responsabilité que cette charge lui confère. Morimond prend alors véritablement une dimension européenne, ses fondations s'étendant bientôt "de l'Ebre à l'Elbe" (M. Parisse, 1994) du Guadalquivir à l'Estonie et des confins gallois au Liban, incorporant même les ordres militaires ibériques, agents de la Reconquista, Calatrava, Alcantara, Avis, Christ, et Montesa.

Le développement de Morimond a été rendu possible grâce à la mise en place d’un solide réseau de granges, assurant la subsistance de la communauté (cf. carte du temporel ill. IVR21_20155200635NUCA). Ce temporel est à l’image de l’abbaye, bassignot pour l’essentiel, de France et de Lorraine. À la fin du XIIIe siècle, Morimond disposait d’une bonne douzaine de granges. Il est difficile d’être plus précis car l’évolution du temporel impose plusieurs instantanés. En 1163, date d’émission de la bulle d’Alexandre III (H. Flammarion, Recueil des chartes de l’abbaye de Morimond au XIIe siècle, ARTEM / Brepols, Turnhout, 2014, n°39, p. 175-177), le temporel est déjà fixé pour l’essentiel : 9 granges sont établies et confirmées, dont la localisation forme une aire quasi continue de l’abbaye à la Meuse, en suivant le cours du Flambart. Relèvent de cet espace Vaudainvilliers (52-com. Colombey-lès-Choiseul), première grange de l’abbaye, Grignoncourt (52-com. Parnoy-en-Bassigny), les Gouttes [-Basses] (52-com. Breuvannes-en-Bassigny) et Grand-Rupt (52-com. Levécourt). Celles d’Angoulaincourt (52-com. Lavilleneuve) au sud-ouest, Rapéchamp (88-com. Lamarche) et Andoivre (88-com. Senaide), outre-forêt au sud-est, Morvaux (52-com. Romain-sur-Meuse) et Dôme (52-com. Chalvraines), sur le plateau d’outre-Meuse au nord-ouest, sont un peu plus isolées et forment une couronne externe de domaines. Au cours du quart de siècle suivant s’y ajoutent Fraucourt (52-com. Breuvannes-en-Bassigny) puis Levécourt (52), comblant les interstices. La consolidation et l’arrondissement des acquis ont été l’œuvre du XIIIe siècle, ainsi que la création de deux nouvelles granges : l’une avant 1262, Fullie [Fouillot] (52-com. Breuvannes-en-Bassigny ou Germainvilliers), éphémère en raison de son absorption rapide par Fraucourt, l’autre après 1262, Génichaux (52-com. Parnoy-en-Bassigny), sur la plaine en amont de l’abbaye, en démembrement vraisemblable de Grignoncourt, portant le total à 11 granges (sans tenir compte de Fouillot). À cette date, l’inventaire n’est pas complet car les domaines viticoles, qui ne sont pas nommément cités, voient pourtant bien le jour aux Gouttes-Hautes (52-com. Breuvannes-en-Bassigny), véritable cellier, et à Serqueux (52) et Bourbonne (52), dont l’importance moindre et l’imprécision du statut invitent à plus de prudence. De même, le site salicole lorrain de Moyenvic (57) n’est curieusement pas qualifié de grange : de 2 places à sel en 1147, on passe à 8 en 1186 avec maison, puis terres et prés en 1198. Quant au site comtois de Scey-sur-Saône (70), apparu vers 1173, il ne figure pas dans les listes confirmatives suivantes, pas plus d’ailleurs que le domaine ferrifère de Pont-Saint-Vincent (54- com. Chaligny) sensiblement contemporain (1182). Mêmes fluctuations à l’égard des maisons urbaines : Morimond s’implante à Metz (1172) Trèves (1163-78), Toul (1162-78), où une grange est même signalée (Flammarion, n°147) et Neufchâteau (1196) comme autant de relais sur la route d’Empire menant aux abbayes de la filiation. Mais Trèves et Toul seront abandonnées au XIIIe siècle au profit de Langres et Dijon, sur la voie de Cîteaux et du chapitre général cette fois, ainsi que Lamarche. Le passage au XIVe siècle marque un tournant dans le temporel de Morimond ; trois granges disparaissent dans la création de deux villeneuves : Levécourt et Grand-Rupt dès 1285 et Angoulaincourt en 1310-12, en association respectivement avec les comtes de Bar et de Champagne. À l’inverse, à la fin du siècle, en 1393, les biens des moniales de Belfays (52-com. Val-de-Meuse), abbaye supprimée sur décision du chapitre général, sont attribués à Morimond qui hérite ainsi deux nouvelles granges, Chézoy (id.) et Issonville (id.), et de l’ancienne abbaye, elle-même réduite à la même fonction. À la fin du Moyen Âge, le temporel de Morimond était donc au faîte de son extension, comptant 13 granges, 2 à 3 celliers, plusieurs seigneuries notamment en lieu et place de trois anciennes granges, 3 sites salicoles et métallurgique, 6 maisons de ville entre Lorraine et Bourgogne et une petite trentaine de moulins, le tout réparti sur trois diocèses (Langres, Toul et Besançon), dans différents types de terroirs du bassin supérieur de la Saône (pays de Bourbonne) à celui de la Meuse et au Barrois, principalement en Bassigny, concentrant ses activités dans les vallées de la Meuse et de ses affluents comme le Flambart et le Mouzon. Un dernier ajustement intervient en 1612 lorsque les religieuses cisterciennes, assemblées un temps en couvent à la grange de Dôme et soumises à Morimond, achètent la ferme de Villet-Fontaine (52-com. Liffol-le-Petit). Cette dernière ferme disparut un siècle plus tard.Avec la guerre de Cent-Ans, Morimond connaît comme la plupart des abbayes un long temps de crises. La guerre de Trente Ans aura le plus de conséquences matérielles (nombreux pillages et destructions des granges). L’abbé Claude Briffaut relata lui-même en 1646 dans une requête à l’abbé général que « l’abbaye avec toutes ses dépendances avait été en grande partie brûlée et totalement ruinée, trois ou quatre ans auparavant par les ennemis. Les granges de l’abbaye avaient, elles aussi, été incendiées et la plus grande partie des terres étaient restées incultes. Seuls quelques laboureurs avaient pu se réfugier à l’intérieur de l’abbaye (…), tout le reste de la communauté s’étant enfui jusqu’en Provence, au Languedoc, en Gascogne et autres provinces où se trouvaient leurs maisons » (J. Salmon, ”Morimond et ses granges”, Bulletin de la SHAL, 1969, p. 120). L’assemblée tenue à Cîteaux en juin de la même année publia un décret « concernant les ruines survenuës en l’Abbaye de Morimond par le malheur des guerres, avec le moyen de pourvoir au restablissement d’icelles », exhortant alors 20 abbayes à travers la France, citées nommément, à participer solidairement à une collecte de fonds pendant les 6 années suivantes (AD10, 3H213). Presque abandonnée durant ce sinistre XVIIe siècle, Morimond s’est fermement rétablie, surtout à partir de 1706 : la reconstruction des bâtiments s’est accompagnée de la récupération des domaines perdus au cours des siècles précédents (G. Viard, ”Morimond au XVIIe siècle : réflexions sur la vacance du siège abbatial de 1662 à 1666”, dans G. Viard éd., L'abbaye cistercienne de Morimond. Histoire et rayonnement, Langres, 2005, p. 87-111). Ayant le privilège d’échapper à la commende comme les autres abbayes mères de l’ordre, l'abbaye continua à élire ses abbés en indépendance malgré les pressions royales constantes. De fait, il n’y eu aucun partage entre menses abbatiale et conventuelle et le cellérier assura la gestion du temporel en recourant aux baux qui, passés avec les laboureurs des villages voisins, permettaient d’éviter le système de la ferme générale (G. Viard, ”Les revenus de l’abbaye de Morimond vers 1760”, Les Cahiers Haut-Marnais, n°196-199, 1994, p. 142-160). Vers 1760, le revenu global de Morimond se montait à près de 60 000 £, dont 8273 £ provenant de 17 domaines parmi lesquels : 4 seigneuries, une multitude de prés éparpillés et loués (pour 2407 £), 9 moulins et une tuilerie (pour 3056 £), le 1/4 restant des revenus en argent étant constitué par les dîmes. Évalué en 1790 par dom Chautan, le domaine atteignait une superficie de 8754 arpents, soit 3700 hectares environ. Seul le chapitre cathédral de Langres avait des revenus et un domaine plus important. En reportant les planches de l’Atlas Naudin (AD52, 8H73) sur la carte topographique actuelle, on arrive à un total de 5263 ha, composés de l’enclos de l’abbaye, de terres, de prés et de seigneuries, ainsi que plus de 1400 ha de forêts. Cet ensemble foncier était essentiellement exploité par fermage, mais aussi en exploitation directe (domestiques et valets de ferme), comme par exemple les gros domaines de Grignoncourt, Fraucourt et des Gouttes, ainsi que les domaines viticoles, ce qui représentait tout de même 21% des revenus (Viard, op. cit., p. 156). À la Révolution, Morimond fut vendue au titre des biens nationaux, puis rapidement dépecée pour arriver aux tristes ruines actuelles. Pour se rendre compte de cette rapidité, il suffit de comparer le plan de l’abbaye, tiré de l’exceptionnel Atlas Naudin, réalisé en 1784-87 (AD52, 8H73, p. 23, ill. IVR21_20155200636NUCA) et le cadastre dit ”napoléonien” de Fresnoy-en-Bassigny (AD52, 3P2/210-2, section A1, s.d. [début XIXe s.], ill. IVR21_20155200644NUCA). Il aura fallu attendre un siècle et demi pour que les campagnes de fouilles de Henri-Paul Eydoux en 1954-55 tirent le site de l’oubli dans lequel il avait fini par sombrer. Pour autant, l’aspect ponctuel sinon lacunaire de ses sondages ne fut pas à la hauteur des attentes des spécialistes de l’histoire monastique. Les fouilles menées depuis quelques années par Benoît Rouzeau sur les fondations d’un bâtiment médiéval proche de la porterie (ill. IVR21_20155200402NUCA et IVR21_20155200643NUCA) ne sont pas pour l’instant de nature à faire avancer la recherche sur l’organisation précise des bâtiments conventuels, qui reste aujourd’hui encore largement méconnue.

Édifice oublié après sa destruction, l’église abbatiale (dont le chevet) a été l’objectif principal des fouilles d’Eydoux. En l’absence de nouvelles fouilles pendant les décennies qui suivirent, ses résultats furent analysés et critiqués sur la base des comparaisons avec les édifices de la filiation morimondaise en Allemagne surtout. Deux abbatiales se sont succédé : Morimond I dont on ne sait rien, puis Morimond II commencée un peu avant 1200 consacrée en 1253 et qui servit de modèle à de nombreuses églises (B. Chauvin, ”Morimond : une ou deux abbatiales ? Les fouilles d'Henri-Paul Eydoux : écrits publics et lettres privées (1953-1982)”, dans G. Viard éd., L'abbaye cistercienne de Morimond. Histoire et rayonnement, Langres, 2005, p. 115-156 ; id., ”La seconde abbatiale de Morimond, à la lumière de Walkenried II. Hypothèses et précisions nouvelles (1990-2003)”, p. 157-178). Au XVIIIe siècle, la reconstruction a été menée sur la base de l’abbaye médiévale, à laquelle avaient été ajoutés un noviciat et une infirmerie à l’est en 1736 (abbé Guyot) —un moulin succéda à cette dernière au XIXe siècle (ill. IVR21_20155200642NUCA)—, puis le palais abbatial et la bibliothèque à l’ouest vers 1753-78 (abbé Thirion), à la place de l’ancien bâtiment des convers et des deux premières travées de la nef de l’église. Le projet s’étendit en direction de l’ouest, espace dans lequel fut construit en bordure du Flambard canalisé un long édifice à vocation artisanale, non loin de l’emplacement d’un bâtiment médiéval qui relevait du complexe de la porterie (hôtellerie notamment). Le renouvellement architectural s’accompagna d’un réaménagement de l’espace intra muros suivant la perspective occasionnée par la grande allée conduisant de la porterie monumentale au palais abbatial (ill. IVR21_20155200636NUCA). Au levant, épousant la courbe du vallon, canaux parallèles, jardins et vergers réorientaient la symétrie jusqu’à la chaussée du grand étang (O. Weets, "Le site de l'abbaye de Morimond : état des connaissances historiques et archéologiques", Les Cahiers haut-marnais, n°196-199, 1994, p. 161-174).

Période(s) Principale : 12e siècle, 18e siècle , (détruit)

Du riche passé et de l’important ensemble monumental de Morimond, il ne reste que très peu de vestiges aujourd’hui (ill. IVR21_20155200208NUCA). Le cadre général n’a rien perdu de ses caractéristiques de vallon reculé, à l’écart du monde (ill. IVR21_20155200390NUCA). Pour se faire une idée de ce qu’a pu être Morimond au Moyen-Âge, il n’est pas inutile de se rendre à Maulbronn au nord de Pforzheim (Allemagne), où la configuration générale du site est assez similaire en dépit de l’urbanisation qui s’y est développé, en particulier depuis la Réforme. L’état quasi intact exceptionnel de cette arrière-petite-fille dans son enceinte fortifiée permet de mesurer l’immense perte que représente la disparition de Morimond. De fait, en rive gauche du Flambart, l’élévation de l’église abbatiale ne subsiste plus que pour partie au mur gouttereau du bas-côté nord, au niveau des troisième et quatrième travées occidentales (ill. IVR21_201552006319NUCA). La façade est du bâtiment d’habitation, édifié au revers de l’ancienne bibliothèque, comporte plusieurs chapiteaux à crochets (XIIIe s. ?) dont la provenance précise ne peut être assurée (église, cloître, etc. ?) (ill. IVR21_20155200641NUCA). Côté ouest, seul le rez-de-chaussée de la façade de ladite bibliothèque et la base de l’étage sont encore visibles avec leurs 7 travées matérialisées par les baies en plein cintre (la 1ère au contact du palais abbatial n’étant plus qu’amorcée) (ill. IVR21_20155200640NUCA). On notera le soin alors apporté aux trois travées de l’avant-corps central, individualisé par une très légère avancée encadrée de chaînages maçonnés, dont les baies aux piédroits moulurés avaient été dotées de clefs ouvragées à volutes. À proximité, apparaissent encore les terrasses des anciens jardins (au chevet de l’église) et les anciens canaux plus ou moins comblés et envahis de roselières. Au reste, c’est encore à la porterie que les vestiges sont les plus signifiants (ill. IVR21_20155200402NUCA et IVR21_20155200637NUCA). Bien que le pavillon sud soit totalement écroulé par abandon depuis quelques décennies (mais reconstructible en raison de la présence des matériaux in situ), le pavillon nord est toujours debout, même si l’intérieur a été dépouillé de son décor. Ces deux pavillons symétriques encadraient l’ancienne porte (ill. IVR21_20155200637NUCA) ouvrant la perspective sur le palais abbatial, et formaient un hémicycle concave. Cette disposition a été adoptée dans plusieurs monastères reconstruits au XVIIIe siècle, selon différentes variantes comme à Trois-Fontaines par exemple. Sur l’esplanade occasionnée par le retrait de la porterie par rapport à la route de Fresnoy à Damblain s’élève la chapelle Sainte-Ursule, ancienne chapelle des étrangers, affectée au service de l’hôtellerie et de la paroisse extra muros des familiers et fermiers de l’abbaye (ill. IVR21_20155200637NUCA). Elle a été datée du XVIe siècle par la plupart des auteurs, en raison de son portail en accolade encadrant une porte couverte d’un arc en anse de panier surmontée d’une niche aux piédroits sommairement décorés, où devait trôner la sainte. Après réexamen (O. Weets, op. cit.), il semblerait que la chapelle ait été très remaniée sinon reconstruite aux XVIIe et XVIIIe siècles. L’édifice de grès infraliasique rectangulaire de 14 mètres de long sur 7 de large est très simple, percé de deux baies couvertes en plein cintre aux gouttereaux. L’empreinte d’un bâtiment accolé au chevet montre que la chapelle était directement reliée au complexe de la porterie. À l’autre extrémité du site, il ne faut pas oublier enfin les étangs aménagés dès l’origine de l’implantation monastique (ill. IVR21_20155200390NUCA) et qui constituent encore aujourd’hui la marque identitaire contemporaine du lieu : y subsiste encore le déversoir maçonné du grand étang.

Murs grès moyen appareil
Toit tuile mécanique, tuile en écaille, tuile plate
Couvertures appentis massé
toit à plusieurs pans brisés
toit à longs pans pignon découvert

Annexes

  • Bibliographie

    AUBERGER, Jean-Baptiste, L'unanimité cistercienne primitive : mythe ou réalité ?, Cîteaux : studia et documenta, vol. III, Cîteaux / Éditions Sine Parvulos, Achel,1986

    AUBERT, Marcel et MAILLÉ, Marquise de, L’architecture cistercienne en France, 2 vol.,Vanoest, Paris, 1947 (2e éd)

    AYALA MARTINEZ, Carlos de, "Les commanderies des ordres militaires en Castille et Léon au Moyen Âge. Étapes d'une évolution", La Commanderie. Institution des ordres militaires dans l'Occident médiéval, CTHS, Paris, 2002, p. 75-90

    BARBIER, A., "Droit d'usage dans la forêt des Gouttes", Les Cahiers Haut-Marnais, n°23, 1950, p. 122-123

    BEAUNIER, dom, Recueil historique, chronologique et topographique des archevechez, evechez, abbayes et prieures de France, t. II, Paris, 1726, p. 440-441

    BENOÎT (Paul), BERTHIER (Karine), DEFREITAS (A.-L.) et ROUZEAU (Benoît), "Les moulins cisterciens en Champagne : les cas des abbayes de Morimond (Haute-Marne) et de Signy (Ardennes)", Signy l'Abbaye et Guillaume de Saint-Thierry, Amis de l'Abbaye de Signy, Signy-l'Abbaye, 2000, p. 379-388

    BENOÎT, Paul, et BERTHIER, Karine, "L'innovation dans l'exploitation de l'énergie hydraulique d'après le cas des monastères cisterciens de Bourgogne, Champagne et Franche-Comté", L'innovation technique au Moyen Âge (Actes du VIe congrès international d'archéologie médiévale, 1996), Paris, 1998, p. 58-65

    BOUTON, Jean de la Croix, "L'abbaye Notre-Dame de Belfays", Les Cahiers Haut-Marnais, n°54-55 (VIIIe centenaire de la mort d'Othon de Freising, abbé de Morimond), Chaumont, 1958, p. 149-157

    CHASSEL, Jean-Luc (dir.), Sceaux et usages de sceaux. Images de la Champagne médiévale, Somogy, Paris, 2003, p. 85-89

    CHAUVIN, Benoît, "Morimond, entre France et Empire", Dossiers d'Archéologie, n°234, juin - juil. 1998, p. 86-87

    CHAUVIN, Benoît, "Morimond et la conversio des femmes au XIIe siècle : Belfays, Chézoy et Beaucharmoy", Les Cahiers Haut-Marnais, n°196-199, 1994 ("Morimond et son Empire", actes des journées haut-marnaises d'art et d'histoire 1992), p. 55-57

    CHAUVIN, Benoît, "Belfays, abbaye cistercienne féminine dans l'orbite de Morimond (vers 1130 ?-1393)", Les Cahiers Haut-Marnais, n°196-199, 1994 ("Morimond et son Empire", actes des journées haut-marnaises d'art et d'histoire 1992), p. 58-106

    CHAUVIN, Benoît, "Chézoy, abbaye féminine intégrée par Morimond à Belfays (vers 1165)", Les Cahiers Haut-Marnais, n°196-199, 1994 ("Morimond et son Empire", actes des journées haut-marnaises d'art et d'histoire 1992), p. 107-114

    CHAUVIN, Benoît, "L'intégration des femmes à l'Ordre de Cîteaux au XIIe siècle, entre hauts de Meuse et rives du Léman", Cîteaux et les femmes (BARRIÈRE, Bernadette et HENNEAU, Marie-Élisabeth dir., Actes du colloque de Royaumont, nov. 1998, collection Rencontres à Royaumont, vol. 15), Créaphis, Grâne, 2001, p. 193-211

    CHAUVIN, Benoît, Vauxbons. Abbaye cistercienne au diocèse de Langres (…1175-1394…). Étude historique et édition du chartrier, B. Chauvin, Devecey, 2005

    CHEVALIER, Ulysse, Répertoire des sources historiques du Moyen Âge. Topo-bibliographie, II, Montbéliard, 1894-99, col. 2019

    COLIN, Odile, "Célébration à Langres et à Morimond du Centenaire de la mort d'Othon de Freising", Les Cahiers Haut-Marnais, n°54-55 (VIIIe centenaire de la mort d'Othon de Freising, abbé de Morimond), 1958, p. 158-164

    COLLECTIF, Mémorial Otton de Freising. À l'occasion de huitième centenaire de sa mort. Mélanges d'histoire cistercienne et haut-marnaise, Amis de Morimond / SHAL, Langres, 1962

    COLLECTIF, "Morimond et son Empire", Les Cahiers Haut-Marnais, n°196-199, 1994 (actes des journées haut-marnaises d'art et d'histoire 1992), Chaumont, 1994

    COTTINEAU, dom L.-H., Répertoire topo-bibliographique des abbayes et prieurés, Mâcon, 1936, II, col. 1985

    COURTÉPÉE, Claude, Description générale et particulière du duché de Bourgogne, Dijon, 1764-1783 (2e éd., 1848), II, p. 74-77 [maisons urbaines d'abbayes cisterciennes à Dijon]

    DELESSARD, L., "Les débuts de l'abbaye de Morimond", Mémoires de la Société pour l'Histoire du Droit et des Institutions des anciens pays bourguignons, comtois et romans (Les débuts des abbayes cisterciennes dans le duché de Bourgogne, la Lingonie et le comté de Bourgogne. Congrès bourguignon des Sociétés savantes tenu à Dijon, 1953 à l'occasion du 8e Centenaire de la Mort de saint Bernard), 15e fascicule, ABSS, Dijon, 1953, p. 65-68

    DAVID, P., "Morimond et la Pologne", Annales de la Société historique et archéologique de Chaumont, 6e vol., 1931-39, p. 280-85

    DIMIER, Anselme, "Liste alphabétique des monastères de la filiation de Morimond", Analecta Sacri Ordinis Cisterciensis, fasc. 1-2, 1958, p.

    DIMIER, Anselme, et COCHERIL, Maur, "Quelques blasons d'abbayes cisterciennes de l'ancien diocèse de Langres", Mémoires de la Société Historique et Archéologique de Langres, t. V, 1961

    DOUËT-D'ARCQ, Louis-Claude, Archives de l'Empire. Collection de sceaux, t. III, Paris, 1868, n° 8308, p. 26 et 8868, p.104-105

    DUBOIS, abbé, Histoire de l'abbaye de Morimond, Dijon, 1852, XLIII-518 p.

    DU TEMS, Abbé Hugues, Le clergé de France, t. IV, Paris, 1775, p. 550-554 et 682 (add.)

    EYDOUX, Henri-Paul, "Morimond 1954, une première campagne de fouilles de l’abbatiale", Cîteaux in de Nederlanden, t. VI, 1955, p. 131-136

    EYDOUX, Henri-Paul, "L’église abbatiale de Morimond", Bulletin monumental, t. CXIV, 1956, p. 253-266

    EYDOUX, Henri-Paul, "Les fouilles de l’abbatiale de Morimond", Bulletin de la Société des amis du Musée de Dijon, 1955-57, p. 16-18

    EYDOUX, Henri-Paul, "L'abbatiale de Morimond et la cathédrale de Langres", Mémoires de la Société Historique et Archéologique de Langres, t. V, 1957, p. 1-16

    EYDOUX, Henri-Paul, "L’église abbatiale de Morimond", Analecta Sacri Ordinis Cisterciensis, t. XIV, 1958, p. 3-111

    EYDOUX, Henri-Paul, "À propos de Morimond", Bulletin de la Société Historique et Archéologique de Langres, t. XIII, n°195, 1964, p. 433-435

    FLAMMARION, Hubert, "Les vicomtes de Clefmont : une survivance carolingienne aux XIe et XIIe siècles", Les Cahiers Haut-Marnais, n°167, 1986 ("1285-1985, autour du 7e centenaire du rattachement de la Champagne à la France. La future Haute-Marne du IXe au XIVe siècle", actes des journées haut-marnaises d'art et d'histoire 1985), p. 96-106

    FLAMMARION, Hubert, "La latinisation des noms propres au XIIe siècle dans les chartes de Morimond et de La Crête", M. Goullet et M. Parisse éd., Les historiens et le latin médiéval, Publications de la Sorbonne, Paris, 2001, p. 201-215

    FLAMMARION, Hubert, "Frontières et limites chez les Cisterciens de Morimond et de la Crête au XIe siècle", Une frontière entre Saône et Meuse. Lorraine, Franche-Comté, Champagne (Journées d'études vosgiennes, Châtillon-sur-Saône, 26-27 octobre 2002), Association Saône Lorraine, Châtillon-sur-Saône, 2004, p. 13-25

    FLAMMARION, Hubert, "Saint Bernard et le diocèse de Langres", Mémoires de l'Académie des Sciences, arts et belles-lettres de Dijon, t. 140, 2006, p. 303-322

    FLAMMARION, Hubert, Recueil des chartes de l'abbaye de Morimond au XIIe siècle (ARTEM n°21), Brepols, Turnhout, 2014, 558 p.

    FLAMMARION, Hubert, ROUZEAU, Benoît et VIARD, Georges, Morimond, quatrième fille de Cîteaux, Association des amis de l’abbaye de Morimond, Langres, 2010

    Gallia christiana, IV (1728) col. 814-823, instr. n° 36, 65.

    GARNIER, Joseph, "Notice sur quelques sceaux des abbayes de Citeaux et de Morimond", La Haute-Marne – revue champenoise, 1856, p. 360

    GATEAU-LEBLANC, Marc, L' abbaye cistercienne de Morimond et ses granges (1115-1790), D. E. A. d'histoire de la Science juridique européenne, Université de Nancy II, 1996, 132 p.

    [GIGOT, Jean-Gabriel], "Charte de Dardru, près d'Audeloncourt (1137)", Les Cahiers Haut-Marnais, 10, p. 394-396

    [GIGOT, Jean-Gabriel], "Vente d'une chaudière à sel à l'abbaye d'Auberive", Les Cahiers Haut-Marnais, 10, p. 397

    HÉLIAS-BARON, Marlène, "Chronologie des quatre premières filles de Cîteaux", Publications de la Sorbonne, Hypothèses, 2003/1, p. 181-194

    HÉLIAS-BARON, Marlène, Recherches sur la diplomatique cistercienne au XIIe siècle : La Ferté, Pontigny, Clairvaux, Morimond, Université Panthéon-Sorbonne (Paris), 2005

    HIEGEL, Charles, "Le sel en Lorraine du VIIIe au XIIIe siècle", Annales de l'Est, 1981/1, p. 3-48

    IZRI, Stéphane, Le temporel de l'abbaye de Morimond au XIIe siècle (1115-1215), Mémoire de Maîtrise, Université de Bourgogne, Dijon, 1995

    JOLIBOIS, Émile, "Mémoire sur les archives de la Haute-Marne, pour servir à l'histoire de ce département", La chronique de Champagne, t. III, 1838, p. 95-109 et 163-173. [Morimond : p. 104-105]

    JOLIBOIS, Émile, La Haute-Marne ancienne et moderne, 1858, p. 379-381

    JOLY, Bertrand, "Les chartes de fondation des abbayes cisterciennes au XIIe siècle dans le diocèse de Langres", Les Cahiers Haut-Marnais, n°167, 1986 ("1285-1985, autour du 7e centenaire du rattachement de la Champagne à la France. La future Haute-Marne du IXe au XIVe siècle", actes des journées haut-marnaises d'art et d'histoire 1985), p. 107-144

    KING, Archdale Arthur, Cîteaux and her elder daughters, London, 1954, XII-411 p.

    LAURENT, Jacques, et CLAUDON, Ferdinand, Abbayes et prieurés de l'ancienne France, t. XII (Province ecclésiastique de Lyon), 3e partie : Diocèses de Langres et de Dijon, Picard, Ligugé / Paris, 1941, p. 344-353

    MAITRIER, Abbé Paul, "Causerie topographique et toponymique sur l'ancienne abbaye de Morimond", Annales de la Société d'Histoire, d'Archéologie et des Beaux-Arts de Chaumont, 1930-38, p. 178-179

    MANGIN, Abbé de, Histoire du diocèse de Langres, t. II, Paris, 1765, p. 161-169

    MARCEL, Chanoine L. E., "Excursion du 12 juin 1923", Bulletin de la Société Historique et Archéologique de Langres, n° 114, 1924, p. 365-415 [Grignoncourt : p. 404 ; Morimond : p. 406]

    MAROT, A., "Dom Poincaré, de l’abbaye de Morimond", Bulletin de la Société haut-marnaise d’Études locales, 1927-30, p. 310-319

    MIGNE, abbé J.-P., Dictionnaire des abbayes et monastères [préface de Maxime de Montrond], Paris 1856, col. 569

    NICOLAI, Bernd, "Morimond et l'architecture cistercienne en Allemagne", Bulletin monumental, t. 151, I-1993, p. 181-198

    PARISSE, Michel, "La formation de la branche de Morimond", Unanimité et diversité cisterciennes, CERCOR, Saint-Étienne, 2000, p. 88-101

    PARISSE, Michel, "Morimond et l'évêque de Toul au temps de Pierre de Brixey (1165-1191)", Les Cahiers Haut-Marnais, n°191, 1992 ("Le Bassigny lorrain", actes des journées haut-marnaises d'art et d'histoire 1991), p. 45-55

    PETIT, Ernest, Histoire des ducs de Bourgogne de la race capétienne, Dijon, t. IV (1891), VIII (1903), IX (1905)

    PETRAZOLLER, François, "Le Pays de Morimond", Les Cahiers Haut-Marnais, n°248-251, I-II-III-IV 2007 ("Pays et territoires. Histoire et culture"), p. 85-99

    PFISTER, Peter, Morimond, Éditions du Signe, Strasbourg, 1996

    PISTOLLET DE SAINT-FERJEUX, Théodore, Recherches historiques et statistiques sur les principales communes de l'arrondissement de Langres, Langres, 1836, p. 272-281

    POISSONNIER, Gilles, Histoire des Choiseul (début XIe - début XVe siècle), t. I, Le Pythagore éditions, Chaumont, 1996

    RONOT, Henri, "Une sculpture de l’ancienne abbaye de Morimond", Annales de la Société d’histoire, d’archéologie et des beaux-arts de Chaumont, 6e vol., 1930-38, p. 279-280

    RONOT, Henri, "Morimond", Champagne romane (Collectif), Zodiaque, La Pierre-qui-Vire, 1981, p. 361

    ROSEROT, Alphonse, "Bonne-Encontre", Bulletin de la Société Historique et Archéologique de Langres, n° 50, 1893, p. 22-39

    ROSEROT, Alphonse, Variétés historiques de la Champagne méridionale, II, XII, p.

    ROUSSEL, abbé Ch.-Fr., Le diocèse de Langres ; histoire et statistique, t. II, 1875, p. 411-414

    ROUZEAU, Benoît, Morimond. Rapport de sondages 1998, Univ. Paris I, équipe d'Histoire des Techniques, 1998

    ROUZEAU, Benoît, "Maîtrise et gestion du patrimoine hydraulique à Morimond", Les Cahiers Haut-Marnais, n°209, 1997 ("Hydraulique cistercienne en Haute-Marne"), p. 5-28

    ROUZEAU, Benoît, AUBRY, Laurent, DABBAS, Michel, et al., "La géophysique et d'autres méthodes d'investigation non destructives pour des études de sites archéologiques : l'enclos de l'abbaye cistercienne de Morimond à Parnoy-en-Bassigny (Haute-Marne)", Bulletin de la Société archéologique champenoise, t. 98, 2005, n°2, p. 72-92

    ROUZEAU, Benoît, "À la redécouverte d'un site médiéval enfoui, l'abbaye de Morimond", Histoire et images médiévales, n°12-2008 (Les Cisterciens), p. 50-57

    ROUZEAU, Benoît, "Redécouvrir l’abbaye de Morimond à travers son site et ses bâtiments", Culture et patrimoine cisterciens, Collège des Bernardins / Éditions Parole et Silence, Paris, 2009, p. 31-43

    SALMON, Jean, Morimond. Les moines blancs du Bassigny, SHAL, Langres, 1972

    SALMON, Jean, "Morimond et ses granges", Bulletin de la Société Historique et Archéologique de Langres, XV, n° spécial (Actes du 38e Congrès de l'A.B.S.S., Langres, 1967), SHAL, Langres, 1969, p. 105-125

    SCHAEFFER, Jean Owens, "The earliest churches of the Cistercian order", ELDER, E. Rozanne ed., The New Monastery: Texts and Studies on the Earliest Cistercians (Cistercian Fathers Series, 60) Kalamazoo, 1998, p.195-207

    SÉONNET, Michel et al., Morimond, au fond du monde, Langres, 2003, 86 p.

    STEIN, Henri, "Les archives de l'abbaye de Morimond", Bibliothèque de l'École des Chartes. 1935, tome 96, p. 199-200

    TIMBAL, Pierre-Clément, "La garde de l'abbaye de Morimond au XIVe siècle", Études historiques à la mémoire de Noël Didier, Paris, 1960, p. 309-313

    VERNA, Catherine, "La sidérurgie cistercienne en Champagne méridionale et en Bourgogne du Nord (XIIe-Xve siècles)", L'économie cistercienne. Géographie. Mutations. Flaran 3, Auch, 1981, p. 207-212

    VERNA-NAVARRE, Catherine, "De Wassy à Cussey-les-Forges : un espace du fer au Moyen Âge", Les Cahiers Haut-Marnais, n°185, 1991, p. 38-56

    VIARD, Georges (éd.), L'abbaye cistercienne de Morimond. Histoire et rayonnement (Actes du colloque, Langres, 5-6 sept. 2003), Amis de Morimond / SHAL, Langres, 2005

    VIGNIER, Jacques, Décade historique du diocèse de Langres [par le père Jacques Vignier (milieu du XVIIe s.)], Société Historique et Archéologique de Langres, Langres, t. II, 1894, p. 439-446

    VOILLARD, E., "Bibliothèques des anciennes abbayes de Morimond et de Vaux-la-Douce", Revue de Champagne et de Brie, t. XV (1883), p. 157-158

    [s. n.], Catalogue général des manuscrits des bibliothèques publiques de France. Bibliothèque de Reims, [s.l.], [s.d.]

    [s.n.], "Excursion de la société (4 juillet 1935)", Annales de la Société d'Histoire, d'Archéologie et des Beaux-Arts de Chaumont, 1930-38, p. 192-194 [Morimond]

    COLLECTIF, Mémorial Otton de Freising. À l'occasion de huitième centenaire de sa mort. Mélanges d'histoire cistercienne et haut-marnaise, Amis de Morimond / SHAL, Langres, 1962

    AUBERIVE, Claire, Jean-Jérôme Tisserand de Troche, 41e abbé d'Auberive et huitième Commendataire (1650-1695), p. 54-57

    AUBERIVE, Claire, Le dernier abbé commendataire d'Auberive, p. 58-69

    AUBERIVE, Claire, Bernard Roumeguère, moine d'Auberive, curé joueur et apostat, p. 70-76

    CARREZ, P., Quelques notes sur la forêt de Morimond, p. 11-21

    DIMIER, Anselme, Un monastère de cisterciennes de la dépendance de Morimond ignoré des historiens. Le prieuré de la Colombe, p. 47-53

    FOLZ, Robert, Otton de Freising, témoin de quelques controverses intellectuelles de son temps, p. 22-40

    MARILIER, Jean, Morimond et le Grand Schisme, p. 41-46

    SALMON, Jean, Le véritable plan de Morimond, p. 3-9

    COLLECTIF, Morimond et son Empire, Les Cahiers Haut-Marnais, n°196-199, 1994 (actes des journées haut-marnaises d'art et d'histoire 1992), Chaumont, 1994

    CHAUVIN, Benoît, Morimond et la conversio des femmes au XIIe siècle : Belfays, Chézoy et Beaucharmoy, p. 55-57

    CHAUVIN, Benoît, Belfays, abbaye cistercienne féminine dans l'orbite de Morimond (vers 1130 ?-1393), p. 58-106

    CHAUVIN, Benoît, Chézoy, abbaye féminine intégrée par Morimond à Belfays (vers 1165), p. 107-114

    CHAUVIN, Benoît, Beaucharmoy, communauté féminine inconnue dans le sillage de Morimond (1180-1185 ?), p. 115-123

    EBERL, Immo, Kaisheim, Maulbronn et Salem : trois abbayes-filles de l'abbaye de Morimond en Allemagne du Sud, p. 175-196PARISSE, Michel, Morimond européenne : de l'Ebre à l'Elbe, p. 1-15

    RONOT, Henry, Les travaux de ferronnerie exécutés au début du XVIIIe siècle par le franc-comtois Nicolas Chapuis à l'abbaye de Morimond, p. 124-141

    VIARD, Georges, Les revenus de l'abbaye de Morimond vers 1760, p. 142-160

    VILLA, Francesco, La filiation de Morimond en Italie et l'activité du scriptorium de l'abbaye de Morimondo, p. 197-207

    VOLTOLINA, Giulietta, Une abbaye de la filiation de Morimond dans la lagune vénitienne : Saint-Thomas-des-Bourguignons (San Tommaso dei Borgognoni), p. 208-214

    WEETS, Olivier, Le site de l'abbaye de Morimond : état des connaissances historiques et archéologiques, p. 161-174

    VIARD, Georges (éd.), L'abbaye cistercienne de Morimond. Histoire et rayonnement (Actes du colloque, Langres, 5-6 sept. 2003), Amis de Morimond / SHAL, Langres, 2005

    BERMAN, Constance H., La filiation de Morimond dans le Midi de la France, XIIe-XIIIe siècles, p. 311-333

    BANDERA, Sandrina, Les premiers manuscrits de l'abbaye de Morimondo et leurs relations avec la région d'origine, p. 279-309

    CHAUVIN, Benoît, Morimond : une ou deux abbatiales ? Les fouilles d'Henri-Paul Eydoux : écrits publics et lettres privées (1953-1982), p. 115-156

    CHAUVIN, Benoît, La seconde abbatiale de Morimond, à la lumière de Walkenried II. Hypothèses et précisions nouvelles (1990-2003), p. 157-178

    EBERL, Immo, La filiation de Morimond en Allemagne du Sud (Bavière et Souabe), p. 243-256

    FLAMMARION, Hubert, Aspects de la vie de l'ordre cistercien au XIIe siècle à travers les chartes de Morimond, p. 29-50

    HELIAS-BARON, Marlène, Les pancartes de Morimond au XIIe siècle, p. 51-69

    JOSSERAND, Philippe, D'un couvent à l'autre : l'abbaye de Morimond et les ordres militaires hispaniques de filiation cistercienne au Moyen Âge, p. 335-353

    JOURD'HEUIL, Jean-Vincent, Un sacramentaire pontifical de Cîteaux puis de Morimond, témoin de l'éclatement de la fonction épiscopale à la fin du Moyen Âge, p. 71-86

    LOÏ, Mauro, Origine et développement de l'abbaye de Morimondo ; nouvelles hypothèses et perspectives de recherche, p. 267-277

    PARISSE, Michel, Morimond au XIIe siècle, p. 15-28

    ROUZEAU, Benoît, L'activité industrielle des moines blancs à Morimond aux époques médiévale et moderne d'après les sources écrites et archéologiques : métallurgie et bâtiment industriel cistercien dans l'enclos, p. 205-240

    ROUZEAU, Benoît et MADIGAND, Erwan, L'hydraulique dans l'enclos de l'abbaye de Morimond. Approvisionnement, réseaux et fonctions, de la fondation à nos jours, p. 179-204

    VIARD, Georges, Morimond au XVIIe siècle : réflexions sur la vacance du siège abbatial de 1662 à 1666, p. 87-111

    VILLA, Francesco, L'expansion de Morimond en Italie, p. 257-266

(c) Région Grand Est - Inventaire général (c) Région Grand Est - Inventaire général - WISSENBERG Christophe
Christophe WISSENBERG

Christophe WISSENBERG


Cliquer pour effectuer une recherche sur cette personne.