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Ancienne abbaye de Trois-Fontaines

Dossier IA51001075 réalisé en 2015

Fiche

Fondée en octobre 1118, quelques mois après Preuilly et Bonnevaux, 5e et 6e filles de Cîteaux, Trois-Fontaines (51-com. Trois-Fontaines-l’Abbaye) est l'une des plus anciennes abbayes cisterciennes. Un groupe de moines avec à sa tête Roger, premier abbé, fut envoyé par saint Bernard en forêt de Luiz, aux confins des diocèses de Châlons et de Toul sur la frontière d’Empire. La fondation de la première fille de Clairvaux fut préparée dès 1116. Avec l’aide de son ami Guillaume de Champeaux, évêque de Châlons, l’abbé de Clairvaux reçut une partie de la forêt, que le comte de Champagne Hugues Ier venait de partager, pour y construire un monastère. À cet effet, Bernard se fit remettre peu après par l’abbaye Saint-Pierre-aux-Monts l’alleu de Lombroie, un lieu humide à la source de la Bruxenelle, que l’on nommait alors localement Trois-Fontaines (ill. IVR21_20155100403NUCA). Grâce à l’impulsion donnée par saint Bernard et au concours de nombreux bienfaiteurs souvent de haut rang, parmi lesquels les évêques de Châlons, les comtes de Champagne (propriétaires de la forêt), de Bar et de Flandres et nombre de leurs vassaux, l’abbaye prospéra assez rapidement au point de fonder à son tour La Chalade dès 1128, Orval en 1132, Haute-Fontaine en 1136, sa voisine Cheminon en 1138, Montiers-en-Argonne et Châtillon en 1144, sans même parler des lointaines fondations hongroises. Trois-Fontaines, qui fut à la tête de dix filles en 1235, compta dans ses rangs plusieurs moines importants comme le claravallien Hugues de Châlons, qui, après un court abbatiat de 3 ans, devint cardinal-évêque d’Ostie en 1150, ou encore Aubri, le célèbre chroniqueur du XIIIe siècle, mort en 1251. Fort de ses soutiens, Trois-Fontaines devint un monastère important, qui étendit son temporel de part et d’autre de la frontière d’Empire, profitant ainsi de libéralités concurrentes. Néanmoins, avec une douzaine de granges, la Champagne fut de loin la terre d’accueil privilégiée des principaux pôles structurants, contre deux seulement en Barrois (cf. carte du temporel ill. IVR21_20155100249NUCA). La morphologie de ce temporel n’est d’ailleurs pas sans rappeler celui de Cheminon : les deux abbayes éloignées de 5 km à peine se partagèrent leur espace commun, soit le plateau interfluve d’entre Marne et Saulx, d’où une progression globalement linéaire d’est en ouest dans un premier temps, que Trois-Fontaines outrepassa bientôt. Trois ensembles distincts ont successivement pris forme : le noyau initial autour de l’abbaye en forêt, la première couronne outre-forêt suivant certaines vallées (Saulx, Orconté) et enfin à l’extérieur, l’auréole discontinue des domaines les plus éloignés et, pour certains, des plus spécialisés. La bulle du pape Innocent II, émise le 4 janvier 1142 (AD51, 22H2), préfigure cette répartition : à cette date, l’abbaye dispose de 3 granges proches, Trois-Fontaines-la-Grange, Beaulieu et la Houssière (toutes dans un rayon de 3 km) ainsi que des prés plus éloignés à Ponthion, Contrisson et autres biens à Bronne. La suite chronologique des différents diplômes pontificaux confirme ces prémisses. Avant 1147, Trois-Fontaines crée deux autres granges importantes hors forêt : Villiers [-en-Lieu] (52) et beaucoup plus loin Bronne (51-com. Vanault-le-Châtel), seul domaine de Champagne crayeuse destiné aux cultures et à l’exploitation des savarts (AD51, 22H2, bulles d’Eugène III). Le quart de siècle suivant est employé à consolider les acquis, tout en initiant de nouvelles implantations qui accèdent au statut de grange à partir de 1175 : Rancières (51-com. Sermaize-les-Bains) et Bar [-le-Duc] qui fut un domaine polyvalent avant de servir comme relais urbain (AD51, 22H2, bulle d’Alexandre III, 1178), ainsi que le Chêne ou Villers-au-Chêne en 1182 (AD51, 22H2, bulle de Lucius III). Une seconde temporisation entraîna une évolution significative du temporel au tournant du siècle ; comme d’autres abbayes notamment Clairvaux, Trois-Fontaines prit part au courant économique régional en s’implantant dans les salines lorraines à Vic-sur-Seille dès 1200, dans le bassin métallurgique wasséen sur donation comtale de 1171 (AD51, 22H2, bulles d’Innocent III) et dans les villes. Après Bar-le-Duc, l’abbaye poursuivit son implantation urbaine à Vitry-en-Perthois (1193, avec moulins et vignes), à Châlons, où elle reçut entre autres la maison Ridefort (futur refuge) en 1194, à Reims, où elle constitua un domaine immobilier par achat (1219) et legs (1254), dans le quartier archiépiscopal, et encore à Verdun en 1269. L’achat de la maison-refuge de Saint-Dizier s’imposa par proximité et par nécessité en 1416. Ce tournant ne l’empêcha pas de poursuivre le développement local de son temporel en créant de nouvelles granges à Maupas en val de Vière (51-com. Villers-le-Sec) entre 1212 et 1220, et aussi à nouveau dans la forêt abbatiale à la Neuve-Grange (1212). Cette dernière pose le problème des granges créées à l’intérieur même de la terre abbatiale et dont les mentions sont rares ou irrégulières voire contradictoires. Constituées sur un domaine déjà acquis en grande partie ou en totalité, elles n’ont que peu suscité de contestations généralement et sont donc moins visibles. Les bulles n’en citent que 3 sur 6 dans un premier temps (Trois-Fontaines-la Grange, Beaulieu, la Houssière) puis, 70 ans plus tard, une quatrième (Neuve-Grange), que pourtant deux actes de l’évêque de Châlons, Boson, mentionnent avec Lombroie dès 1153-63 (AD51, 22H7). À l’inverse, la Vieille-Grange, a priori plus ancienne, n’apparaît qu’à l'époque moderne, en 1592 et au XVIIIe siècle (Cassini). Enfin, on assiste vers la fin du XIIe siècle à la disparition de la Houssière, qui n’est plus qu’un bois en 1318 (AD51, 22H66) : peut-être fut-elle sacrifiée au profit d’une autre grange comme la Neuve-Grange ou d’autres domaines ruraux déjà exploités, et ne nécessitant donc pas de défrichement ? L’abbaye reçut en effet en l’espace d’une dizaine d’années trois emplacements pour construire une grange à Vauclerc (1225), Écriennes (1227) et Heiltz-le-Hutier (1236). Si seule cette dernière est attestée en 1269, celle d’Écriennes en revanche fut à l’origine de la grange dîmière signalée devant l’église du village en 1569 (AD51, 22H26). Ce mode de gestion seigneurial se généralisa à la suite de la raréfaction des convers et du manque de main d’œuvre, qui amenèrent les moines et bailler leurs terres et à créer autant de censes et fermes intercalaires à l’époque moderne le plus souvent. D’autres domaines médiévaux de moindre importance vinrent compléter un temporel doté de nombreux droits de pâturages, de pêche et autres rentes. Les moines ont possédé des moulins sur les principales rivières, l’Ajot et Vitry sur la Saulx ou encore Frignicourt sur la Marne. Au total, Trois-Fontaines est parvenu à constituer un patrimoine très important, source de sa richesse au XVIIIe siècle encore, s’étendant de la Champagne crayeuse au Barrois, entre Ornain et Marne, englobant de fait tout le Perthois, et cela malgré la proximité d’abbayes telles que Cheminon ou Montiers-en-Argonne dont les temporels furent parfois imbriqués.

Comme Cheminon, Trois-Fontaines semble ne pas avoir eu à souffrir des différentes guerres qui se sont succédé du XIVe s. au XVIIe s. Leur situation en clairière au cœur de l’épaisse forêt les a tenues un peu à l’écart des axes de circulation. La Commende y fut introduite en 1536, date à laquelle Louis de Guise, cardinal de Lorraine, reçut le bénéfice de l’abbaye qu’il tint pendant 50 ans. En 1587, un autre Guise, Claude, lui succéda jusqu’en 1608. L’arrivée du 3e commendataire fut marquée par le partage des biens en trois lots : à la part dévolue à la mense conventuelle furent destinés notamment les revenus de toutes les anciennes granges situées sur le territoire abbatial à l’exception de Trois-Fontaines-la-Grange (AD51, 22H10). Même sans destructions, le monastère se dégrada lentement. Le cardinal de Tencin, nommé en 1739 et par ailleurs archevêque d’Embrun, de Lyon et abbé de Vézelay, poursuivit l’œuvre de son prédécesseur, soit non seulement la restauration mais surtout la reconstruction complète du monastère, à laquelle échappa cependant l’église abbatiale, amputée de son chœur et de son transept anciens, qui fut juste ”rhabillée” au goût du jour. Lorsque survint la Révolution, l’abbé commendataire (card. de Bernis) percevait encore annuellement 50 000 £. De même, avec près de 20 000 arpents de forêts rapportant environ 40 000 £ de revenus, Trois-Fontaines figurait toujours parmi les plus riches monastères de la province. Hormis quelques petites parcelles proches du village établi à proximité, la forêt passa à l’État en 1790. La vente de l’abbaye eut lieu le 19 février 1794 ; Jean Royer, boulanger à Vitry l’acquit pour 300 200 £ et la rétrocéda ensuite, faute de pouvoir régler la somme. Il s’agissait très certainement d’un homme de main. Tout devait alors être démoli pour être vendu comme matériaux, sauf l’église en raison du culte paroissial qui y fut introduit en 1777 après destruction de l’ancienne église paroissiale et qui y fut maintenu par la suite. De fait, en à peine 10 ans, il ne restait plus rien des bâtiments conventuels que l’ancienne église abbatiale, menaçant toujours plus ruine.

Histoire architecturale

On ne connaît pas précisément l’état ancien du monastère avant les reconstructions du milieu du XVIIIe siècle. Les documents graphiques contemporains de la période monastique (XVIIIe s.) n’apportent que des représentations symboliques ou stéréotypées (ill. IVR21_20155100240NUCA). Le seul document susceptible de livrer quelque information, tout juste postérieur puisque réalisé le 8 août 1790, est le Plan des bois et finage de l’abbaye de Notre-Dame de Trois-Fontaines (AD51, 22H95), saisi en vue de l’inventaire du domaine (ill. IVR21_20155100241NUCA). Ce dernier est à prendre avec toute la prudence nécessaire en ce qui concerne la restitution des proportions des volumes bâtis : l’abbaye s’inscrit en effet dans un cercle de 3 cm de diamètre seulement et ne peut donc tenir lieu de relevé. On y remarque une importante distorsion spatiale, éloignant démesurément l’église abbatiale de l’ensemble reconstruit. Aussi est-on contraint de se reporter au cadastre de 1833 (AD51, 3P1312/6, section D) si l’on veut tenter une restitution sur une base saine. Grâce aux fouilles effectuées par le père A. Dimier en 1963 et 1964, le plan exact de l’église a été mis au jour (A. Dimier, "Le plan de l’église cistercienne de Trois-Fontaines", Bulletin monumental, t. CXXIII, avril-juin 1965, p. 103-116). D’autres documents, en l’occurrence des rapports d’expertises effectués en 1703 et 1705, viennent apporter d’intéressants compléments au sujet des bâtiments qui existaient encore, en particulier l’ancienne aile des convers qui peut être restituée (85 x 16 m env.) sur la base des mesures prises en 1705 (G. Vilain, "L’abbaye de Trois-Fontaines aux XVIIIe-XIXe siècles", Mémoires de la Société d'agriculture, commerce, sciences et arts du département de la Marne, t. CXII, 1997, p. 189-211). Ainsi connaît-on mieux deux des quatre ailes du carré monastique, qui, une fois mises à l’échelle du relevé cadastral, autorisent quelques hypothèses sur le plan du Trois-Fontaines médiéval. En s’appuyant par ailleurs sur les amorces du bâtiment des moines, mises au jour par A. Dimier dans le prolongement du bras sud du transept, sur l’ancienne porte des convers dans la 2e travée du bas-côté sud de l’église (ouvrant sur la ruelle des convers) (ill. IVR21_20155100256NUCA), et sur l’emplacement du passage transversal du bâtiment des convers (entre le cellier et le réfectoire, dans l’axe de la galerie méridionale du cloître), l’espace du cloître (préau et galeries) devait alors mesurer 45 m de côtés. De ce fait, la restitution schématique de G. Vilain, proposant un préau de la longueur totale de l’aile des convers et sans son aile sud médiévale, s’avère incomplète et crée une certaine confusion en ne distinguant pas bâti médiéval et aménagements modernes au sud de l’église (op. cit., p. 210). Si la longueur totale du bâtiment des convers atteignait 85 m, on ignore en revanche celle du bâtiment des moines comme la disposition du réfectoire.

Seul vestige de l’abbaye ancienne, l’église abbatiale mesurait 70 m sur 40 au transept et comptait 3 vaisseaux de 8 travées dont les 4 premières sont toujours debout (ill. IVR21_20155100410NUCA). Elle se terminait à l’est par un petit chevet plat et carré de 6 m sur 6, selon la tradition dite bernardine (ill. IVR21_20155100255NUCA). D'après A. Dimier, elle aurait été construite de 1160 à 1190. Les bras du transept comptaient chacun trois chapelles à l’instar de Clairvaux II, en version réduite. Le vaisseau central voûté d’ogives se caractérisait par une élévation à deux niveaux, de grandes arcades surmontées de modestes fenêtres hautes, tandis que les bas-côtés étaient couverts en berceaux transversaux (ill. IVR21_20155100244NUCA), à la manière de Fontenay (21). La façade occidentale présente encore aujourd’hui un ordonnancement à trois niveaux, d’une grande simplicité et typique des monuments cisterciens contemporains : un portail plein cintre à trois voussures dépourvues de décor est surmonté d’une rangée de trois grandes fenêtres identiques, qu’une rosace disparue couronnait, le tout encadré par deux puissants contreforts à double larmier (celui du sud dissimulant l’accès aux combles) (ill. IVR21_20155100243NUCA). Cette église fut réduite d’une dizaine de mètres lors des interventions du XVIIIe siècle (ill. IVR21_20155100245NUCA) : le transept et le chœur du XIIe siècle furent démolis au profit d’un nouveau chœur semi-circulaire (à chevet polygonal) se terminant à hauteur de l’ancienne croisée, qui fut mis au jour lors des fouilles de 1963-64. Les parties subsistantes de l’édifice, sans être structurellement modifiées, furent l’objet d’un rhabillage décoratif au goût du jour. Ainsi, les ogives, arêtes et rouleaux d’arcs, bandeaux et autres corniches furent systématiquement retaillés en frises à motifs d’oves et rosettes notamment, et les doubleaux de section carrée ornés de décors à caissons. Tous les anciens supports —chapiteaux, consoles et culots du plus à feuilles d’eau et crochets— ont alors été supprimés (sauf à hauteur de l’ancien sanctuaire, cf. ill. IVR21_20155100247NUCA) et remplacés par de nouveaux de style corinthien en incrustation. Des plaques de marbre furent appliquées sur les murs (A. Dimier, "Trois-Fontaines, abbaye cistercienne", Mémoires de la Société d'agriculture, commerce, sciences et arts du département de la Marne, t. LXXX, 1965, p. 49).

L’ensemble conventuel fut donc profondément affecté par le programme de reconstruction qui s’étala du début du XVIIIe siècle (notamment de l’incendie de 1703, cf. Vilain, op. cit., p. 190) aux années 1737-1741 : si l’église fut partiellement épargnée, on ne sait ce qu’il advint précisément des autres ailes. Le plan de 1790 (ill. IVR21_20155100241NUCA) indique encore un carré complet, sans qu’il soit possible de dire s’il s’agit de bâtiments nouveaux ou pas. Le nouveau quartier des hôtes avait été édifié à la place de l’ancienne aile du réfectoire. Pour le reste, les anciennes parties saillantes des ailes orientale et occidentale furent détruites pour laisser place au nouveau programme architectural et urbanistique, articulé sur la perspective prolongeant l’axe SW-NE de la route d’accès jusqu’au fond du vallon de la Bruxenelle, aménagé en parc d’agrément. L’élément majeur est sans aucun doute le grand portail concave (ill. IVR21_20155100104NUCA), orné de pilastres à chapiteaux corinthiens, sommé d’une terrasse à balustrade agrémentée de grands vases d’où émergent des bouquets de fleurs (Dimier, op. cit. B.M., 1965). Prolongé de part et d’autre par divers bâtiments accolés sans étage, le revers droit observe le même ordonnancement malgré les fenêtres et ouvre sur la cour d’honneur que ferment latéralement des murs scandés de pilastres surmontés des pots à feu, interrompus aux quatre angles par une porte en plein cintre (quelquefois murée). On retrouve côté est le même décor sur le mur d’une galerie de cinq mètres de haut, reliant deux pavillons, et surmontée d’une terrasse à balustrade et pots à feu. On franchit cette galerie par un nouveau portail monumental en plein cintre sommé d’un fronton triangulaire à décor de fleurs entourant les armes de l’abbaye, d’azur à une fontaine d’argent à trois jets d’eau (ill. IVR21_20155100248NUCA), fronton lui-même surmonté d’une Vierge à l’Enfant. Une fois entré dans l’ancien espace conventuel, dont les bâtiments démolis ont fait place à un grand parc, se découvre à droite et à gauche la galerie proprement dite comportant dix arcades en plein cintre, ouvertes sur le parc, correspondant à autant de travées voûtées d’arêtes. Les deux bâtiments, que relie la galerie, ont échappé à la démolition d’un ensemble qui dessinait deux ailes parallèles, longues de 60 mètres environ, avec retours se faisant face et qui fermait donc une seconde cour. Le bâtiment sud avec son toit d’ardoise brisé en pavillon (avec lucarnes éclairant l’étage sous comble) a été réduit de moitié et ne forme plus qu’un L. L’aile nord a été détruite à l’exception du pavillon nord, son ancien retour ouest. C’est pour édifier cet ensemble que le bâtiment des convers médiéval fut détruit, en particulier sa moitié sud (réfectoire) qui s’étendait à l’emplacement de ce pavillon nord et de la galerie. Le rez-de-chaussée du pavillon sud, voûté d’arêtes comme la galerie, abrite aujourd’hui le petit musée lapidaire où sont présentées diverses pièces parmi lesquelles de nombreux fragments de carreaux vernissés. Au-delà, vers l’est, s’étend le parc qui a conservé sa statuaire du XVIIIe notamment à proximité du bassin où arrivent les eaux de la Bruxenelle après avoir traversé l’espace monastique en cours souterrain (ill. IVR21_20155100403NUCA).

Genre de cisterciens
Vocables Notre-Dame
Destinations abbaye, château
Parties constituantes non étudiées château
Dénominations abbaye
Aire d'étude et canton Thiéblemont-Farémont
Adresse Commune : Trois-Fontaines-l'Abbaye
Lieu-dit : Le Village
Adresse : place du Château
Cadastre : 2016 AC 28 à 31, 118 les ruines de l'église abbatiale sont comprises dans la parcelle 29
Adresse

Fondée en octobre 1118, quelques mois après Preuilly et Bonnevaux, 5e et 6e filles de Cîteaux, Trois-Fontaines (51-com. Trois-Fontaines-l’Abbaye) est l'une des plus anciennes abbayes cisterciennes. Un groupe de moines avec à sa tête Roger, premier abbé, fut envoyé par saint Bernard en forêt de Luiz, aux confins des diocèses de Châlons et de Toul sur la frontière d’Empire. La fondation de la première fille de Clairvaux fut préparée dès 1116. Avec l’aide de son ami Guillaume de Champeaux, évêque de Châlons, l’abbé de Clairvaux reçut une partie de la forêt, que le comte de Champagne Hugues Ier venait de partager, pour y construire un monastère. À cet effet, Bernard se fit remettre peu après par l’abbaye Saint-Pierre-aux-Monts l’alleu de Lombroie, un lieu humide à la source de la Bruxenelle, que l’on nommait alors localement Trois-Fontaines (ill. IVR21_20155100403NUCA). Grâce à l’impulsion donnée par saint Bernard et au concours de nombreux bienfaiteurs souvent de haut rang, parmi lesquels les évêques de Châlons, les comtes de Champagne (propriétaires de la forêt), de Bar et de Flandres et nombre de leurs vassaux, l’abbaye prospéra assez rapidement au point de fonder à son tour La Chalade dès 1128, Orval en 1132, Haute-Fontaine en 1136, sa voisine Cheminon en 1138, Montiers-en-Argonne et Châtillon en 1144, sans même parler des lointaines fondations hongroises. Trois-Fontaines, qui fut à la tête de dix filles en 1235, compta dans ses rangs plusieurs moines importants comme le claravallien Hugues de Châlons, qui, après un court abbatiat de 3 ans, devint cardinal-évêque d’Ostie en 1150, ou encore Aubri, le célèbre chroniqueur du XIIIe siècle, mort en 1251. Fort de ses soutiens, Trois-Fontaines devint un monastère important, qui étendit son temporel de part et d’autre de la frontière d’Empire, profitant ainsi de libéralités concurrentes. Néanmoins, avec une douzaine de granges, la Champagne fut de loin la terre d’accueil privilégiée des principaux pôles structurants, contre deux seulement en Barrois (cf. carte du temporel ill. IVR21_20155100249NUCA). La morphologie de ce temporel n’est d’ailleurs pas sans rappeler celui de Cheminon : les deux abbayes éloignées de 5 km à peine se partagèrent leur espace commun, soit le plateau interfluve d’entre Marne et Saulx, d’où une progression globalement linéaire d’est en ouest dans un premier temps, que Trois-Fontaines outrepassa bientôt. Trois ensembles distincts ont successivement pris forme : le noyau initial autour de l’abbaye en forêt, la première couronne outre-forêt suivant certaines vallées (Saulx, Orconté) et enfin à l’extérieur, l’auréole discontinue des domaines les plus éloignés et, pour certains, des plus spécialisés. La bulle du pape Innocent II, émise le 4 janvier 1142 (AD51, 22H2), préfigure cette répartition : à cette date, l’abbaye dispose de 3 granges proches, Trois-Fontaines-la-Grange, Beaulieu et la Houssière (toutes dans un rayon de 3 km) ainsi que des prés plus éloignés à Ponthion, Contrisson et autres biens à Bronne. La suite chronologique des différents diplômes pontificaux confirme ces prémisses. Avant 1147, Trois-Fontaines crée deux autres granges importantes hors forêt : Villiers [-en-Lieu] (52) et beaucoup plus loin Bronne (51-com. Vanault-le-Châtel), seul domaine de Champagne crayeuse destiné aux cultures et à l’exploitation des savarts (AD51, 22H2, bulles d’Eugène III). Le quart de siècle suivant est employé à consolider les acquis, tout en initiant de nouvelles implantations qui accèdent au statut de grange à partir de 1175 : Rancières (51-com. Sermaize-les-Bains) et Bar [-le-Duc] qui fut un domaine polyvalent avant de servir comme relais urbain (AD51, 22H2, bulle d’Alexandre III, 1178), ainsi que le Chêne ou Villers-au-Chêne en 1182 (AD51, 22H2, bulle de Lucius III). Une seconde temporisation entraîna une évolution significative du temporel au tournant du siècle ; comme d’autres abbayes notamment Clairvaux, Trois-Fontaines prit part au courant économique régional en s’implantant dans les salines lorraines à Vic-sur-Seille dès 1200, dans le bassin métallurgique wasséen sur donation comtale de 1171 (AD51, 22H2, bulles d’Innocent III) et dans les villes. Après Bar-le-Duc, l’abbaye poursuivit son implantation urbaine à Vitry-en-Perthois (1193, avec moulins et vignes), à Châlons, où elle reçut entre autres la maison Ridefort (futur refuge) en 1194, à Reims, où elle constitua un domaine immobilier par achat (1219) et legs (1254), dans le quartier archiépiscopal, et encore à Verdun en 1269. L’achat de la maison-refuge de Saint-Dizier s’imposa par proximité et par nécessité en 1416. Ce tournant ne l’empêcha pas de poursuivre le développement local de son temporel en créant de nouvelles granges à Maupas en val de Vière (51-com. Villers-le-Sec) entre 1212 et 1220, et aussi à nouveau dans la forêt abbatiale à la Neuve-Grange (1212). Cette dernière pose le problème des granges créées à l’intérieur même de la terre abbatiale et dont les mentions sont rares ou irrégulières voire contradictoires. Constituées sur un domaine déjà acquis en grande partie ou en totalité, elles n’ont que peu suscité de contestations généralement et sont donc moins visibles. Les bulles n’en citent que 3 sur 6 dans un premier temps (Trois-Fontaines-la Grange, Beaulieu, la Houssière) puis, 70 ans plus tard, une quatrième (Neuve-Grange), que pourtant deux actes de l’évêque de Châlons, Boson, mentionnent avec Lombroie dès 1153-63 (AD51, 22H7). À l’inverse, la Vieille-Grange, a priori plus ancienne, n’apparaît qu’à l'époque moderne, en 1592 et au XVIIIe siècle (Cassini). Enfin, on assiste vers la fin du XIIe siècle à la disparition de la Houssière, qui n’est plus qu’un bois en 1318 (AD51, 22H66) : peut-être fut-elle sacrifiée au profit d’une autre grange comme la Neuve-Grange ou d’autres domaines ruraux déjà exploités, et ne nécessitant donc pas de défrichement ? L’abbaye reçut en effet en l’espace d’une dizaine d’années trois emplacements pour construire une grange à Vauclerc (1225), Écriennes (1227) et Heiltz-le-Hutier (1236). Si seule cette dernière est attestée en 1269, celle d’Écriennes en revanche fut à l’origine de la grange dîmière signalée devant l’église du village en 1569 (AD51, 22H26). Ce mode de gestion seigneurial se généralisa à la suite de la raréfaction des convers et du manque de main d’œuvre, qui amenèrent les moines et bailler leurs terres et à créer autant de censes et fermes intercalaires à l’époque moderne le plus souvent. D’autres domaines médiévaux de moindre importance vinrent compléter un temporel doté de nombreux droits de pâturages, de pêche et autres rentes. Les moines ont possédé des moulins sur les principales rivières, l’Ajot et Vitry sur la Saulx ou encore Frignicourt sur la Marne. Au total, Trois-Fontaines est parvenu à constituer un patrimoine très important, source de sa richesse au XVIIIe siècle encore, s’étendant de la Champagne crayeuse au Barrois, entre Ornain et Marne, englobant de fait tout le Perthois, et cela malgré la proximité d’abbayes telles que Cheminon ou Montiers-en-Argonne dont les temporels furent parfois imbriqués.

Comme Cheminon, Trois-Fontaines semble ne pas avoir eu à souffrir des différentes guerres qui se sont succédé du XIVe s. au XVIIe s. Leur situation en clairière au cœur de l’épaisse forêt les a tenues un peu à l’écart des axes de circulation. La Commende y fut introduite en 1536, date à laquelle Louis de Guise, cardinal de Lorraine, reçut le bénéfice de l’abbaye qu’il tint pendant 50 ans. En 1587, un autre Guise, Claude, lui succéda jusqu’en 1608. L’arrivée du 3e commendataire fut marquée par le partage des biens en trois lots : à la part dévolue à la mense conventuelle furent destinés notamment les revenus de toutes les anciennes granges situées sur le territoire abbatial à l’exception de Trois-Fontaines-la-Grange (AD51, 22H10). Même sans destructions, le monastère se dégrada lentement. Le cardinal de Tencin, nommé en 1739 et par ailleurs archevêque d’Embrun, de Lyon et abbé de Vézelay, poursuivit l’œuvre de son prédécesseur, soit non seulement la restauration mais surtout la reconstruction complète du monastère, à laquelle échappa cependant l’église abbatiale, amputée de son chœur et de son transept anciens, qui fut juste ”rhabillée” au goût du jour. Lorsque survint la Révolution, l’abbé commendataire (card. de Bernis) percevait encore annuellement 50 000 £. De même, avec près de 20 000 arpents de forêts rapportant environ 40 000 £ de revenus, Trois-Fontaines figurait toujours parmi les plus riches monastères de la province. Hormis quelques petites parcelles proches du village établi à proximité, la forêt passa à l’État en 1790. La vente de l’abbaye eut lieu le 19 février 1794 ; Jean Royer, boulanger à Vitry l’acquit pour 300 200 £ et la rétrocéda ensuite, faute de pouvoir régler la somme. Il s’agissait très certainement d’un homme de main. Tout devait alors être démoli pour être vendu comme matériaux, sauf l’église en raison du culte paroissial qui y fut introduit en 1777 après destruction de l’ancienne église paroissiale et qui y fut maintenu par la suite. De fait, en à peine 10 ans, il ne restait plus rien des bâtiments conventuels que l’ancienne église abbatiale, menaçant toujours plus ruine.

Période(s) Principale : 2e moitié 12e siècle, milieu 18e siècle

Histoire architecturale

On ne connaît pas précisément l’état ancien du monastère avant les reconstructions du milieu du XVIIIe siècle. Les documents graphiques contemporains de la période monastique (XVIIIe s.) n’apportent que des représentations symboliques ou stéréotypées (ill. IVR21_20155100240NUCA). Le seul document susceptible de livrer quelque information, tout juste postérieur puisque réalisé le 8 août 1790, est le Plan des bois et finage de l’abbaye de Notre-Dame de Trois-Fontaines (AD51, 22H95), saisi en vue de l’inventaire du domaine (ill. IVR21_20155100241NUCA). Ce dernier est à prendre avec toute la prudence nécessaire en ce qui concerne la restitution des proportions des volumes bâtis : l’abbaye s’inscrit en effet dans un cercle de 3 cm de diamètre seulement et ne peut donc tenir lieu de relevé. On y remarque une importante distorsion spatiale, éloignant démesurément l’église abbatiale de l’ensemble reconstruit. Aussi est-on contraint de se reporter au cadastre de 1833 (AD51, 3P1312/6, section D) si l’on veut tenter une restitution sur une base saine. Grâce aux fouilles effectuées par le père A. Dimier en 1963 et 1964, le plan exact de l’église a été mis au jour (A. Dimier, "Le plan de l’église cistercienne de Trois-Fontaines", Bulletin monumental, t. CXXIII, avril-juin 1965, p. 103-116). D’autres documents, en l’occurrence des rapports d’expertises effectués en 1703 et 1705, viennent apporter d’intéressants compléments au sujet des bâtiments qui existaient encore, en particulier l’ancienne aile des convers qui peut être restituée (85 x 16 m env.) sur la base des mesures prises en 1705 (G. Vilain, "L’abbaye de Trois-Fontaines aux XVIIIe-XIXe siècles", Mémoires de la Société d'agriculture, commerce, sciences et arts du département de la Marne, t. CXII, 1997, p. 189-211). Ainsi connaît-on mieux deux des quatre ailes du carré monastique, qui, une fois mises à l’échelle du relevé cadastral, autorisent quelques hypothèses sur le plan du Trois-Fontaines médiéval. En s’appuyant par ailleurs sur les amorces du bâtiment des moines, mises au jour par A. Dimier dans le prolongement du bras sud du transept, sur l’ancienne porte des convers dans la 2e travée du bas-côté sud de l’église (ouvrant sur la ruelle des convers) (ill. IVR21_20155100256NUCA), et sur l’emplacement du passage transversal du bâtiment des convers (entre le cellier et le réfectoire, dans l’axe de la galerie méridionale du cloître), l’espace du cloître (préau et galeries) devait alors mesurer 45 m de côtés. De ce fait, la restitution schématique de G. Vilain, proposant un préau de la longueur totale de l’aile des convers et sans son aile sud médiévale, s’avère incomplète et crée une certaine confusion en ne distinguant pas bâti médiéval et aménagements modernes au sud de l’église (op. cit., p. 210). Si la longueur totale du bâtiment des convers atteignait 85 m, on ignore en revanche celle du bâtiment des moines comme la disposition du réfectoire.

Seul vestige de l’abbaye ancienne, l’église abbatiale mesurait 70 m sur 40 au transept et comptait 3 vaisseaux de 8 travées dont les 4 premières sont toujours debout (ill. IVR21_20155100410NUCA). Elle se terminait à l’est par un petit chevet plat et carré de 6 m sur 6, selon la tradition dite bernardine (ill. IVR21_20155100255NUCA). D'après A. Dimier, elle aurait été construite de 1160 à 1190. Les bras du transept comptaient chacun trois chapelles à l’instar de Clairvaux II, en version réduite. Le vaisseau central voûté d’ogives se caractérisait par une élévation à deux niveaux, de grandes arcades surmontées de modestes fenêtres hautes, tandis que les bas-côtés étaient couverts en berceaux transversaux (ill. IVR21_20155100244NUCA), à la manière de Fontenay (21). La façade occidentale présente encore aujourd’hui un ordonnancement à trois niveaux, d’une grande simplicité et typique des monuments cisterciens contemporains : un portail plein cintre à trois voussures dépourvues de décor est surmonté d’une rangée de trois grandes fenêtres identiques, qu’une rosace disparue couronnait, le tout encadré par deux puissants contreforts à double larmier (celui du sud dissimulant l’accès aux combles) (ill. IVR21_20155100243NUCA). Cette église fut réduite d’une dizaine de mètres lors des interventions du XVIIIe siècle (ill. IVR21_20155100245NUCA) : le transept et le chœur du XIIe siècle furent démolis au profit d’un nouveau chœur semi-circulaire (à chevet polygonal) se terminant à hauteur de l’ancienne croisée, qui fut mis au jour lors des fouilles de 1963-64. Les parties subsistantes de l’édifice, sans être structurellement modifiées, furent l’objet d’un rhabillage décoratif au goût du jour. Ainsi, les ogives, arêtes et rouleaux d’arcs, bandeaux et autres corniches furent systématiquement retaillés en frises à motifs d’oves et rosettes notamment, et les doubleaux de section carrée ornés de décors à caissons. Tous les anciens supports —chapiteaux, consoles et culots du plus à feuilles d’eau et crochets— ont alors été supprimés (sauf à hauteur de l’ancien sanctuaire, cf. ill. IVR21_20155100247NUCA) et remplacés par de nouveaux de style corinthien en incrustation. Des plaques de marbre furent appliquées sur les murs (A. Dimier, "Trois-Fontaines, abbaye cistercienne", Mémoires de la Société d'agriculture, commerce, sciences et arts du département de la Marne, t. LXXX, 1965, p. 49).

L’ensemble conventuel fut donc profondément affecté par le programme de reconstruction qui s’étala du début du XVIIIe siècle (notamment de l’incendie de 1703, cf. Vilain, op. cit., p. 190) aux années 1737-1741 : si l’église fut partiellement épargnée, on ne sait ce qu’il advint précisément des autres ailes. Le plan de 1790 (ill. IVR21_20155100241NUCA) indique encore un carré complet, sans qu’il soit possible de dire s’il s’agit de bâtiments nouveaux ou pas. Le nouveau quartier des hôtes avait été édifié à la place de l’ancienne aile du réfectoire. Pour le reste, les anciennes parties saillantes des ailes orientale et occidentale furent détruites pour laisser place au nouveau programme architectural et urbanistique, articulé sur la perspective prolongeant l’axe SW-NE de la route d’accès jusqu’au fond du vallon de la Bruxenelle, aménagé en parc d’agrément. L’élément majeur est sans aucun doute le grand portail concave (ill. IVR21_20155100104NUCA), orné de pilastres à chapiteaux corinthiens, sommé d’une terrasse à balustrade agrémentée de grands vases d’où émergent des bouquets de fleurs (Dimier, op. cit. B.M., 1965). Prolongé de part et d’autre par divers bâtiments accolés sans étage, le revers droit observe le même ordonnancement malgré les fenêtres et ouvre sur la cour d’honneur que ferment latéralement des murs scandés de pilastres surmontés des pots à feu, interrompus aux quatre angles par une porte en plein cintre (quelquefois murée). On retrouve côté est le même décor sur le mur d’une galerie de cinq mètres de haut, reliant deux pavillons, et surmontée d’une terrasse à balustrade et pots à feu. On franchit cette galerie par un nouveau portail monumental en plein cintre sommé d’un fronton triangulaire à décor de fleurs entourant les armes de l’abbaye, d’azur à une fontaine d’argent à trois jets d’eau (ill. IVR21_20155100248NUCA), fronton lui-même surmonté d’une Vierge à l’Enfant. Une fois entré dans l’ancien espace conventuel, dont les bâtiments démolis ont fait place à un grand parc, se découvre à droite et à gauche la galerie proprement dite comportant dix arcades en plein cintre, ouvertes sur le parc, correspondant à autant de travées voûtées d’arêtes. Les deux bâtiments, que relie la galerie, ont échappé à la démolition d’un ensemble qui dessinait deux ailes parallèles, longues de 60 mètres environ, avec retours se faisant face et qui fermait donc une seconde cour. Le bâtiment sud avec son toit d’ardoise brisé en pavillon (avec lucarnes éclairant l’étage sous comble) a été réduit de moitié et ne forme plus qu’un L. L’aile nord a été détruite à l’exception du pavillon nord, son ancien retour ouest. C’est pour édifier cet ensemble que le bâtiment des convers médiéval fut détruit, en particulier sa moitié sud (réfectoire) qui s’étendait à l’emplacement de ce pavillon nord et de la galerie. Le rez-de-chaussée du pavillon sud, voûté d’arêtes comme la galerie, abrite aujourd’hui le petit musée lapidaire où sont présentées diverses pièces parmi lesquelles de nombreux fragments de carreaux vernissés. Au-delà, vers l’est, s’étend le parc qui a conservé sa statuaire du XVIIIe notamment à proximité du bassin où arrivent les eaux de la Bruxenelle après avoir traversé l’espace monastique en cours souterrain (ill. IVR21_20155100403NUCA).

Murs grès grand appareil
Toit ardoise, tuile plate
Étages 1 étage carré, étage de comble
Couvrements voûte en berceau plein-cintre
voûte en berceau brisé
Couvertures toit à plusieurs pans brisés croupe brisée
toit à longs pans croupe ronde
toit à longs pans croupe
terrasse

Annexes

  • Bibliographie

    AUBERGER, Jean-Baptiste, L'unanimité cistercienne primitive : mythe ou réalité ?, Cîteaux : studia et documenta, vol. III, Cîteaux / Editions Sine Parvulos, Achel, 1987

    AUBERT, Marcel et MAILLÉ, Marquise de, L’architecture cistercienne en France, 2 vol.,Vanoest, Paris, 1947 (2e éd)

    BAQUIAS, Jacqueline, "L'abbaye de Trois-Fontaines", Bulletin de la Société Historique et Archéologique de Langres, t. XX, II-1992, n° 307, p. 409-414

    BARTHÉLEMY, Édouard de, Essai sur les abbayes du département de la Marne, Séances et travaux de l'Académie de Reims. Reims, 1853 [Trois-Fontaines : p. 34-36]

    BARTHÉLEMY, Édouard de, Diocèse ancien de Châlons-sur-Marne. Histoire et monuments, Paris, 1861, t. I, p. 164-167 et 360 ; t. II, p. 113

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    DIMIER, Anselme, "Le plan de l’église cistercienne de Trois-Fontaines", Bulletin monumental, t. CXXIII, avril-juin 1965, p. 103-116

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