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Ancienne collégiale actuellement église paroissiale Notre-Dame

Dossier IA08001465 réalisé en 2012

Fiche

Vocables Notre-Dame
Destinations église paroissiale
Dénominations collégiale
Aire d'étude et canton Ardennes - Carignan
Adresse Commune : Carignan
Adresse : place du Docteur Gairal
Cadastre : 1985 AN 320

L'église Notre-Dame fut endommagée au cours des deux sièges de 1542 et 1552, surtout au cours du second, et elle fut restaurée. Lors de la guerre entre la France et l'Espagne commencée en 1595, elle fut à nouveau ravagée. En 1639, Louis XIII et Richelieu font raser la ville et ravager l'église, sauf un portail que Louis de Pontis, officier de Louis XIII, lui demanda d´épargner car il y trouva les armes de sa maison. L'édifice ne fut restauré qu'à partir de 1661 pour une durée de vingt ans (Louis XIV avait accordé 15000 livres pour ces travaux). En confrontant l'historique et la lecture architecturale de l'édifice on peut avancer que les chapelles nord ainsi que la moitié nord du bras nord du transept doivent dater des alentours de 1500 (la date de 1630 est inscrite au-dessus de l'ancienne porte des Trépassés, après la dernière chapelle). La présence du larmier qui ceinture la base des parties orientales et la forme de la baie du bras sud du transept démontrent une reconstruction de ces parties vraisemblablement après le siège de 1552. Le reste de l'édifice a été entièrement reconstruit à partir de 1661, y compris les voûtements des parties orientales (dont la clé de voûte du chœur porte le armes d´Eugène-Maurice de Savoie). L'église a été détruite aux trois-quarts en 1940 (des traces d'impacts sont encore visibles dans les façades) et reconstruite entre 1945 et 1973 sous la direction de trois architectes en chef des Monuments historiques : Yves-Marie Froidevaux, Robert Renard et Jean Rocard. Un clocher de style néo-gothique construit en 1899 ne fut pas rétabli car il avait trop souffert et on préféra lui substituer l'actuel dans le style du 17e siècle. Le chœur fut réaménagé par Paul Bialais, sculpteur ardennais, selon les directives de Vatican II et les vitraux modernes sont dus à Charles Marq. La première demande de protection eut lieu en 1842 mais elle ne fut classée qu'en 1990 comme chantier de reconstruction exemplaire. Jusqu´à 1789, Carignan appartenait au diocèse de Trèves, puis quelques temps à celui de Metz, et enfin à celui de Reims. Selon certains auteurs, le christianisme aurait été établi à Yvois (ancien nom de Carignan) dès le 3e siècle. La première église, dédiée à la Vierge, s´élevait à l´extérieur des remparts, à gauche de la voie romaine en direction d´Arlon. L´archevêque de Trèves, saint Maximin, visita la ville au 4e siècle, ainsi que saint Martin en 385 ou 386. A cette première église, succéda la collégiale Notre-Dame bâtie au plus tôt dans la seconde moitié du 12e s (en tout cas en 1201 la nouvelle église existait déjà en tant que collégiale consacrée à la Vierge) à l´emplacement actuel. Le chapitre des chanoines fut fondé par le comte de Chiny à une date incertaine, probablement dans le premier tiers du 13e siècle et il subsista jusqu´à la Révolution.

Période(s) Principale : limite 15e siècle 16e siècle
Principale : 3e quart 16e siècle , (?)
Principale : 4e quart 17e siècle
Principale : 2e quart 20e siècle
Secondaire : 2e quart 17e siècle
Dates 1630, porte la date
Auteur(s) Auteur : Renard Robert, architecte, attribution par travaux historiques
Auteur : Rocard Jean,
Jean Rocard (1918 - )

Concours

1955-1956 : École nationale supérieure des Beaux-Arts, architecte diplômé par le Gouvernement en 1949 ; diplômé du Centre d’Études Supérieures d’Histoire et de Conservation des Monuments Anciens.

TITRES ET FONCTIONS

Architecte des Monuments Historiques du Pas-de-Calais en 1949, Architecte des Bâtiments de France en 1951 et conseiller technique de !’Éducation nationale. Il est nommé Architecte en Chef des Monuments Historiques (1957-1983), chargé des Ardennes (1957-1983), de la Meuse (1971-1983), de la Meurthe-et-Moselle (1973- 1980) et de la Marne (1973-1983).

PRINCIPAUX OUVRAGES

Dans le Pas-de-Calais (62), !’Hôtel de Ville, les places et la Cathédrale d’Arras ; les Cathédrales de Boulogne-sur-Mer et de St-Omer. Dans les Ardennes (08). la Place ducale à Charleville-Mézières, le château et la Ville de Sedan, les remparts de Rocroi. Dans la Meuse (55), la basilique d’Avioth ; les églises St-Étienne à Bar-le-Duc et à Revigny-sur- Ornain ; !’Hôtel de Ville, la Cathédrale, le palais et le musée de la Princerie à Verdun. Dans la Marne (51), la place Foch, !’Hôtel de Ville, la Cathédrale, la bibliothèque de Châlons-sur-Marne ; l’Hôte l de Ville, l’ancien collège, l’église St-Jacques de Reims. Dans la Moselle (54), la Chartreuse de Bosserville ; les places, la Cathédrale de Nancy, la Cathédrale de Toul.

DISTINCTIONS

Chevalier des Arts et Lettres (1970). Chevalier de !’Ordre national du Mérite (1974).


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architecte, attribution par travaux historiques
Auteur : Marq Charles,
Charles Marq

Charles Marq, né en 1923 à Paris, rencontre Brigitte Simon en 1926, et l'épouse en 1949. Bien que ne connaissant rien à l’art du vitrail il reprend avec elle l'atelier de son père, Jacques Simon. Il a par la suite réalisé de nombreux vitraux avec des artistes comme Braque, Ubac ou Poliakoff et il réalisera tous les vitraux de Chagall jusqu'en 1985. Il est nommé Conservateur du Musée National du Message Biblique Marc Chagall à Nice en 1972 et se consacre essentiellement à son œuvre personnelle à partir de 1982. Il sera exposé régulièrement à partir des années 70 par la Galerie Jacob à Paris.


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maître verrier, attribution par travaux historiques
Auteur : Bialais Paul,
Paul Bialais (1926 - 2004)

Sculpteur ardennais et professeur aux Beaux-arts à Versailles. Site : http://paulbialais.free.fr/


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sculpteur, attribution par travaux historiques
Auteur : Froidevaux Yves-Marie,
Yves-Marie Froidevaux

Architecte en chef.


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architecte, attribution par travaux historiques

L'église Notre-Dame est implantée au centre du village et est orientée au nord-est. Elle présente un plan allongé. La nef à trois vaisseaux de cinq travées est suivie par un transept saillant uniquement au nord. Le choeur se compose d'une travée droite et d'une abside à trois pans ; la travée droite est encadrée par deux tribunes, donnant l'impression, à l'extérieur, d'un transept double. La tourelle d'escalier polygonale est adossée au bras nord du transept. L'édifice est entièrement élevé en pierre de taille calcaire en moyen et grand appareil. Les faces intérieures des murs sont enduites et le sol est couvert de dalles calcaire excepté celui du choeur qui reçoit des dalles de marbre noir. L'édifice ne comporte qu'un seul niveau percé de larges baies en arc brisé aux parties orientales, de baies à remplage gothique flamboyant aux chapelles nord et de grandes baies en anse-de-panier au collatéral sud. La façade principale comporte un portail à linteau droit mouluré surmonté par un grand oculus. L'ancien portail des Trépassés se compose d'une porte (obturée) en plein-cintre, encadrée par des baies géminées étroites, et surmontée par un fronton brisé à volutes rentrantes dont le centre est occupé par une niche. Les volumes intérieurs sont entièrement voûtés d'ogives à pénétration. L'ensemble des couvertures de l'édifice est en ardoise. Le vaisseau central de la nef, la travée droite du choeur et les bras du transept sont couverts de toits à longs pans brisés (à croupe brisée du côté ouest de la nef), l'abside par une croupe polygonale brisée, les collatéraux de toits en appentis à croupe, la sacristie par une croupe polygonale, le clocher de la croisée et la tourelle d'escalier d'une flèche polygonale peu élancée et le clocher principal par un dôme polygonal surmonté d'un lanternon couvert de même.

Murs calcaire
pierre de taille
moyen appareil
grand appareil
Toit ardoise
Plans plan allongé
Étages 3 vaisseaux
Couvrements voûte d'ogives
Couvertures toit à longs pans brisés
toit à longs pans
dôme polygonal
flèche polygonale
croupe brisée
Escaliers escalier dans-oeuvre : escalier droit
États conservations bon état
Techniques peinture
Représentations armoiries
Précision représentations

Clé de voûte du choeur aux armes d´Eugène-Maurice de Savoie qui a fait reconstruire la collégiale au 17e.

Ancienne collégiale ; I : 01 03 1926 (arrêté), aux 3/4 démolie en 1940, reconstruite de 1958 à 1973.

Statut de la propriété propriété de la commune
Intérêt de l'œuvre à signaler
Protections classé MH, 1990/04/10
Précisions sur la protection

Eglise (cad. AN 320) : classement par arrêté du 10 avril 1990.

Références documentaires

Documents d'archives
  • Archives départementales des Ardennes, Clergé séculier, G.

    24 ; 36 à 41
Bibliographie
  • COLLIN, Hubert. Les églises anciennes des Ardennes. Editions de l´O.D.T. des Ardennes, 1969. 178 p.

    pp. 36 ; 39
  • HUBERT, Jean. Département des Ardennes : dictionnaire historique et géographique . Paris : Res universis, 1991. 512 p. Fac-similé de l´édition de 1855, Géographie historique du département des Ardennes.

    p. 379
  • GABER, Stéphane. Yvois-Carignan dans le comté de Chiny. Terres ardennaises, n° 31, juin 1990.

    pp. 40-45
  • MARBY, Jean-Pierre. Les édifices cultuels catholiques d´après l´enquête épiscopale de 1919. In [Exposition. Charleville-Mézières, Archives Départementales des Ardennes. 1994]. Les Ardennes durant la Grande Guerre (1914-1918) . Charleville-Mézières : SOPAIC, 1994, p. 275-290.

    pp. 276-277 ; 282-286
  • GABER, Stéphane. Le chapitre et l´église collégiale Notre-Dame d´Yvois-Carignan. Histoire et guide du visiteur. Carignan : Cercle Historique et Artistique Yvoisien, 2004. 72 p.

Périodiques
  • COLLINET, P., BOURGIGNAT, H. Inscriptions de cloches ardennaises . Revue d'Ardenne et d'Argonne , mars-avril 1895, n°3.

    p. 105
  • NOEL, Albert Dom. Les paroisses du doyenné de Carignan, d´après un registre de visite de 1570 . Revue historique ardennaise , 1896, tome III.

    pp. 99-101
  • MANCEAU, Henri. Grandeurs et misères des vieilles pierres ardennaises : le pays de Carignan. L'automobilisme ardennais, novembre-décembre 1955, n°105.

    pp. 11-13
  • COLLIN, Hubert (dir.). Dictionnaire historique des communes des Ardennes. Boutancourt, Carignan, Ecordal, Fagnon, Hautes-Rivières, Revin, Rocroi. Revue historique ardennaise, année 1977, tome XII.

    pp. 177-190
  • COISTIA, Michel. Paul Bialais. Sculpteur. Une vie en quête de beauté 1926-2004. Terres ardennaises, avril 2006, n°94, p. 25-29.

    pp. 25-29