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Angoulaincourt (Lavilleneuve), ancienne grange de Morimond

Dossier IA52001019 réalisé en 2015

Fiche

Désignée comme terre en 1147, Angoulaincourt (ou les Anglecourts, 52-com. Lavilleneuve) est mentionnée comme grange en 1157 dans une donation de Renard de Choiseul, in extremis (H. Flammarion, Recueil des chartes de l’abbaye de Morimond au XIIe siècle, ARTEM / Brepols, Turnhout, 2014, n°23), puis en 1163 dans la bulle confirmative d’Alexandre III (Flammarion, n°39). Il s’agit donc de l’un des plus anciens domaines de Morimond. Elle a été constituée sur la base des donations des sires de Clefmont et de Choiseul, consignées dans la grande pancarte de l’évêque de Langres Geoffroy, en 1144 (id., n°5) et de beaucoup d’autres. Wichard, frère du seigneur de Clefmont, met fin à ses contestations et abandonne la terre d’Angoulaincourt en 1168 (id., n°55). En 1176 encore, Gérard de Cuves abandonne tous ses droits au finage d’Angoulaincourt, un pré entre le finage et la voie romaine (juxta veterem stratam), l’usage des bois de Damphal et la vaine pâture dans sa terre (id., n°78). En 1178 enfin, le vicomte de Clefmont Rénier cesse à son tour ses contestations sur une partie du territoire (id., n°97). Avant l'absorption en 1393 de l’abbaye de moniales de Belfays et de ses biens, dont Chézoy elle-même ancienne abbaye, Angoulaincourt était une grange un peu isolée du reste du temporel morimondais, à une petite dizaine de kilomètres à l'ouest (cf. carte du temporel ill. IVR21_20155200635NUCA). En admettant que la commune actuelle soit l’héritage du ressort seigneurial des moines, la localisation de l’ancienne grange (en lieu et place du village) paraît singulière car excentrée dans son territoire. C’est peut-être le résultat de l’incorporation de l’importante terre allodiale de Choes, que l’abbaye reçut de Renard de Choiseul en 1157 (cf. plus haut), et qui était située à 1 km en aval de la grange en rive gauche de la Meuse (lieux-dits les Choux, cf. section A2 du cadastre de Lavilleneuve, AD52, 3P2/278/3). Une fois rattachée à Angoulaincourt, cette terre agrandit considérablement les possessions de la grange, contra donc B. Chauvin qui assimile Choes à Chézoy pourtant éloignée de près de 8 km au sud et dont la localisation ne correspond pas aux termes de l’acte (B. Chauvin, "Chézoy, abbaye féminine intégrée par Morimond à Belfays (vers 1165)", Les Cahiers Haut-Marnais, n°196-199, p. 111). De ce fait, le territoire grangier à son apogée atteignit les 500 ha de superficie. Aussi, pour répondre sans doute à la crise de recrutement de main d'œuvre converse, les moines de Morimond ont-ils "sacrifié" leur grange en s'associant au comte de Champagne, alors en quête de points d'appui (à partir de Montigny et Coiffy) dans sa marche vers l'est, pour la transformer en villeneuve. L'opération a été engagée en 1310 et conclue en 1312, répartissant les profits par moitié entre le comte et l'abbé. La grange stricto sensu devint la halle de la villeneuve (d’après Ch. Higounet, Défrichements et villeneuves du Bassin Parisien, 1990, p. 139). Il est possible aussi que la chapelle de la grange, qui dût exister pour compenser la distance à l’abbaye, servit à l’érection de l’église de la future paroisse d’Angoulaincourt, rebaptisée pour l’occasion Lavilleneuve-en-Angoulaincourt. Les moines ne conservèrent sur place que quelques terres et prés (32 ha) et autres attributs seigneuriaux tels que bois (60 ha), moulin et étangs. Ils y installèrent bientôt leur maison seigneuriale, identique à quelques détails près à celle de Levécourt Tous ces biens sont précisément localisés sur la planche n°33 de l’Atlas Naudin (AD52, 8H73). Avec les chaussées d’étangs, cette bâtisse massive, au toit à quatre longs pans (XVIIIe s.), est le dernier souvenir de la présence des moines à Lavilleneuve (ill. IVR21_20155200169NUCA).

Genre de cisterciens
Appellations Angoulaincourt, Les Anglecourts, Lavilleneuve-en-Angoulaincourt, Lavilleneuve
Destinations grange monastique, village
Parties constituantes non étudiées village
Dénominations grange monastique
Aire d'étude et canton Val-de-Meuse
Adresse Commune : Lavilleneuve
Lieu-dit : Le Village
Cadastre : 1986 D toutes parcelles maison seigneuriale de Morimond : parcelles 274-275

Désignée comme terre en 1147, Angoulaincourt (ou les Anglecourts, 52-com. Lavilleneuve) est mentionnée comme grange en 1157 dans une donation de Renard de Choiseul, in extremis (H. Flammarion, Recueil des chartes de l’abbaye de Morimond au XIIe siècle, ARTEM / Brepols, Turnhout, 2014, n°23), puis en 1163 dans la bulle confirmative d’Alexandre III (Flammarion, n°39). Il s’agit donc de l’un des plus anciens domaines de Morimond. Elle a été constituée sur la base des donations des sires de Clefmont et de Choiseul, consignées dans la grande pancarte de l’évêque de Langres Geoffroy, en 1144 (id., n°5) et de beaucoup d’autres. Wichard, frère du seigneur de Clefmont, met fin à ses contestations et abandonne la terre d’Angoulaincourt en 1168 (id., n°55). En 1176 encore, Gérard de Cuves abandonne tous ses droits au finage d’Angoulaincourt, un pré entre le finage et la voie romaine (juxta veterem stratam), l’usage des bois de Damphal et la vaine pâture dans sa terre (id., n°78). En 1178 enfin, le vicomte de Clefmont Rénier cesse à son tour ses contestations sur une partie du territoire (id., n°97). Avant l'absorption en 1393 de l’abbaye de moniales de Belfays et de ses biens, dont Chézoy elle-même ancienne abbaye, Angoulaincourt était une grange un peu isolée du reste du temporel morimondais, à une petite dizaine de kilomètres à l'ouest (cf. carte du temporel ill. IVR21_20155200635NUCA). En admettant que la commune actuelle soit l’héritage du ressort seigneurial des moines, la localisation de l’ancienne grange (en lieu et place du village) paraît singulière car excentrée dans son territoire. C’est peut-être le résultat de l’incorporation de l’importante terre allodiale de Choes, que l’abbaye reçut de Renard de Choiseul en 1157 (cf. plus haut), et qui était située à 1 km en aval de la grange en rive gauche de la Meuse (lieux-dits les Choux, cf. section A2 du cadastre de Lavilleneuve, AD52, 3P2/278/3). Une fois rattachée à Angoulaincourt, cette terre agrandit considérablement les possessions de la grange, contra donc B. Chauvin qui assimile Choes à Chézoy pourtant éloignée de près de 8 km au sud et dont la localisation ne correspond pas aux termes de l’acte (B. Chauvin, "Chézoy, abbaye féminine intégrée par Morimond à Belfays (vers 1165)", Les Cahiers Haut-Marnais, n°196-199, p. 111). De ce fait, le territoire grangier à son apogée atteignit les 500 ha de superficie. Aussi, pour répondre sans doute à la crise de recrutement de main d'œuvre converse, les moines de Morimond ont-ils "sacrifié" leur grange en s'associant au comte de Champagne, alors en quête de points d'appui (à partir de Montigny et Coiffy) dans sa marche vers l'est, pour la transformer en villeneuve. L'opération a été engagée en 1310 et conclue en 1312, répartissant les profits par moitié entre le comte et l'abbé. La grange stricto sensu devint la halle de la villeneuve (d’après Ch. Higounet, Défrichements et villeneuves du Bassin Parisien, 1990, p. 139). Il est possible aussi que la chapelle de la grange, qui dût exister pour compenser la distance à l’abbaye, servit à l’érection de l’église de la future paroisse d’Angoulaincourt, rebaptisée pour l’occasion Lavilleneuve-en-Angoulaincourt. Les moines ne conservèrent sur place que quelques terres et prés (32 ha) et autres attributs seigneuriaux tels que bois (60 ha), moulin et étangs. Ils y installèrent bientôt leur maison seigneuriale. Tous ces biens sont précisément localisés sur la planche n°33 de l’Atlas Naudin (AD52, 8H73).

Période(s) Principale : 18e siècle

À l’occasion de la fondation de Lavilleneuve-en-Angoulaincourt en 1312, les moines installèrent leur maison seigneuriale, identique à quelques détails près à celle de Levécourt Tous ces biens sont précisément localisés sur la planche n°33 de l’Atlas Naudin (AD52, 8H73). Avec les chaussées d’étangs, cette bâtisse massive, au toit à quatre longs pans (XVIIIe s.), est le dernier souvenir de la présence des moines à Lavilleneuve (ill. IVR21_20155200169NUCA).

Murs grès moellon crépi
Toit tuile mécanique
Plans plan rectangulaire régulier
Couvertures toit à deux pans croupe
(c) Région Grand Est - Inventaire général (c) Région Grand Est - Inventaire général - WISSENBERG Christophe
Christophe WISSENBERG

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