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Arlette - Heurtebise, ancienne grange de Boulancourt

Dossier IA10001318 réalisé en 2015

Fiche

Comme la ferme de la Devise par rapport à la la grange de Taillebois, Heurtebise (10-com. Arsonval) procède d'un démembrement de la grange médiévale d'Arlette (10- id.). Ce domaine, le plus méridional de l’abbaye avec son pied-à-terre à Bar-sur-Aube, fut le seul à relever du diocèse de Langres (cf. carte du temporel ill. IVR21_20155200600NUCA). Contrairement à ce qu’affirmait A. Roserot (Dict. hist. Champ. mérid., p. 27), Arlette ne figure pas dans la bulle pontificale d’Adrien IV de 1155 (AD52, 3H1). L’abbé Lalore fait allusion à une pancarte de l’évêque de Langres (copiée dans le cartulaire) dans laquelle furent consignées toutes les donations notamment en prés et en vignes, ayant entraîné la création de la grange. Les donateurs appartiennent tous à la petite noblesse locale (Arsonval, Montier, Bar). Si Boulancourt bénéficie là de remises de dîmes par Pierre d’Éclance vers le milieu du XIIe siècle (1139-63), puis par l’évêque de Langres, Gautier, en 1171 —signe que des convers cultivent déjà des terres audit lieu depuis quelque temps—, Arlette n’est mentionnée pour la première fois en tant que grange qu’en 1173, dans la bulle du pape Alexandre III : grangiam de Arleta com terris, partis, silves et decimis (AD52, 3H1). La localisation de cette grange n’est pas due au hasard des donations mais plutôt à la recherche d’un domaine viticole de qualité ; les vignes, qui étaient réparties sur les meilleurs versants d’Arsonval (Orme, Vignes Blanches), étaient au nombre de quatre, d’importance très inégale. Lahore a relevé que celle ”à l’Orme” avaient une contenance « de 100 hommes » (= 100 ouvrées ?)(Ch. Lalore, "Cartulaire de l’abbaye de Boulancourt de l’ancien diocèse de Troyes", Mémoires de la Société d'agriculture, sciences et arts du département de l'Aube, t. 33, 1869, p. 54). La grange était située au fond de l’étroit vallon homonyme, à l’abri du plateau boisé. Le ruisseau a permis d’établir une retenue et d’y faire tourner un moulin. On ne sait quand cette grange a été détruite mais Lalhore signale qu’en 1536, d’après le cartulaire, « on a rebâti trois granges à neuf, à Froide-Fontaine, une autre au Désert, qui avait été brûlée ; deux moulins neufs, une grange et étable à Arlette » (Lalore, op. cit., p. 27). Lors du partage de 1692 (AD52, 3H10), ne sont plus mentionnés que le gagnage de Hurtebise, le moulin d’Arlette et les vignes d’Arsonval, tous attribués à la mense abbatiale. Il semble que la grange n’existe plus, bien qu’A. Roserot affirme d’après un auteur local qu’Arlette « était un lieu encore habité en 1765 (op. cit., p. 28). Étant donné que la carte de Cassini ne l’indique pas alors même que les levés de la feuille ”Troyes” ont été exécutés entre 1758 et 1760, il faut sans doute entendre par ”lieu” le moulin qui, lui, pouvait être encore habité. La ferme de Heurtebise en revanche était à cette époque bel et bien habitée et exploitée. Elle devint même le siège de l’exploitation après la destruction d’Arlette. Son origine remonte à l’année 1514, lorsque la terre dite ”de Hurtebise”, située sur le plateau au-dessus d’Arlette et comprenant environ 300 journaux fut donnée à bail à Jean Baudot de Bar-sur-Aube. Il est dit que « le preneur aura la place appelée d’ancienneté cloz d’Arlette, et il sera tenu de bâtir là une maison et une grange à trois traiz avec des appendiz à côté, dans 6 ans ; il aura droit d’usage sur les biens du gagnage d’Arlette. » (Lalore, op. cit., p. 83). Le cas de figure est assez similaire à celui de Taillebois / la Devise, car il y a eu un temps coexistence des deux fermes, avant que la nouvelle ne survive à l’ancienne. Heurtebise est toujours exploitée (ill. IVR21_20151000409NUCA). La ferme actuelle est composée comme au XIXe siècle de deux grands corps de bâtiments parallèles, reliés par de plus petites ailes (dont l’habitation du XXe s. au nord) et délimitant une grande cour rectangulaire. Les nombreuses adjonctions postérieures et restructurations internes gênent considérablement l’analyse du bâtiment principal : la grande grange (aile sud-ouest) longue de 50 mètres, avec son toit à deux pans couvert de tuiles plates. Il est difficile d’établir un lien avec le bâtiment édifié avant 1520.

Genre de cisterciens
Appellations Heurtebise
Destinations grange monastique, ferme
Parties constituantes non étudiées ferme
Dénominations grange monastique, ferme
Aire d'étude et canton Bar-sur-Aube
Adresse Commune : Arsonval
Lieu-dit : Heurtebise
Adresse : D 113
Cadastre : 2016 WA 15

Comme la ferme de la Devise par rapport à la la grange de Taillebois, Heurtebise (10-com. Arsonval) procède d'un démembrement de la grange médiévale d'Arlette (10- id.). Ce domaine, le plus méridional de l’abbaye avec son pied-à-terre à Bar-sur-Aube, fut le seul à relever du diocèse de Langres (cf. carte du temporel ill. IVR21_20155200600NUCA). Contrairement à ce qu’affirmait A. Roserot (Dict. hist. Champ. mérid., p. 27), Arlette ne figure pas dans la bulle pontificale d’Adrien IV de 1155 (AD52, 3H1). L’abbé Lalore fait allusion à une pancarte de l’évêque de Langres (copiée dans le cartulaire) dans laquelle furent consignées toutes les donations notamment en prés et en vignes, ayant entraîné la création de la grange. Les donateurs appartiennent tous à la petite noblesse locale (Arsonval, Montier, Bar). Si Boulancourt bénéficie là de remises de dîmes par Pierre d’Éclance vers le milieu du XIIe siècle (1139-63), puis par l’évêque de Langres, Gautier, en 1171 —signe que des convers cultivent déjà des terres audit lieu depuis quelque temps—, Arlette n’est mentionnée pour la première fois en tant que grange qu’en 1173, dans la bulle du pape Alexandre III : grangiam de Arleta com terris, partis, silves et decimis (AD52, 3H1). La localisation de cette grange n’est pas due au hasard des donations mais plutôt à la recherche d’un domaine viticole de qualité ; les vignes, qui étaient réparties sur les meilleurs versants d’Arsonval (Orme, Vignes Blanches), étaient au nombre de quatre, d’importance très inégale. Lahore a relevé que celle ”à l’Orme” avaient une contenance « de 100 hommes » (= 100 ouvrées ?)(Ch. Lalore, "Cartulaire de l’abbaye de Boulancourt de l’ancien diocèse de Troyes", Mémoires de la Société d'agriculture, sciences et arts du département de l'Aube, t. 33, 1869, p. 54). La grange était située au fond de l’étroit vallon homonyme, à l’abri du plateau boisé. Le ruisseau a permis d’établir une retenue et d’y faire tourner un moulin. On ne sait quand cette grange a été détruite mais Lalhore signale qu’en 1536, d’après le cartulaire, « on a rebâti trois granges à neuf, à Froide-Fontaine, une autre au Désert, qui avait été brûlée ; deux moulins neufs, une grange et étable à Arlette » (Lalore, op. cit., p. 27). Lors du partage de 1692 (AD52, 3H10), ne sont plus mentionnés que le gagnage de Hurtebise, le moulin d’Arlette et les vignes d’Arsonval, tous attribués à la mense abbatiale. Il semble que la grange n’existe plus, bien qu’A. Roserot affirme d’après un auteur local qu’Arlette « était un lieu encore habité en 1765 (op. cit., p. 28). Étant donné que la carte de Cassini ne l’indique pas alors même que les levés de la feuille ”Troyes” ont été exécutés entre 1758 et 1760, il faut sans doute entendre par ”lieu” le moulin qui, lui, pouvait être encore habité. La ferme de Heurtebise en revanche était à cette époque bel et bien habitée et exploitée. Elle devint même le siège de l’exploitation après la destruction d’Arlette. Son origine remonte à l’année 1514, lorsque la terre dite ”de Hurtebise”, située sur le plateau au-dessus d’Arlette et comprenant environ 300 journaux fut donnée à bail à Jean Baudot de Bar-sur-Aube. Il est dit que « le preneur aura la place appelée d’ancienneté cloz d’Arlette, et il sera tenu de bâtir là une maison et une grange à trois traiz avec des appendiz à côté, dans 6 ans ; il aura droit d’usage sur les biens du gagnage d’Arlette. » (Lalore, op. cit., p. 83). Le cas de figure est assez similaire à celui de Taillebois / la Devise, car il y a eu un temps coexistence des deux fermes, avant que la nouvelle ne survive à l’ancienne. Heurtebise est toujours exploitée (ill. IVR21_20151000409NUCA).

Période(s) Principale : 19e siècle , (?)

La ferme actuelle d'Heurtebise est composée comme au XIXe siècle de deux grands corps de bâtiments parallèles, reliés par de plus petites ailes (dont l’habitation du XXe s. au nord) et délimitant une grande cour rectangulaire. Les nombreuses adjonctions postérieures et restructurations internes gênent considérablement l’analyse du bâtiment principal : la grande grange (aile sud-ouest) longue de 50 mètres, avec son toit à deux pans couvert de tuiles plates. Il est difficile d’établir un lien avec le bâtiment édifié avant 1520.

Murs calcaire moellon enduit partiel
brique maçonnerie
béton parpaing de béton crépi
Toit tuile plate, tuile mécanique
Couvertures toit à longs pans pignon découvert
(c) Région Grand Est - Inventaire général (c) Région Grand Est - Inventaire général - WISSENBERG Christophe
Christophe WISSENBERG

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