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Dénominations autel
Titres Institution du Rosaire

Numérotation artificielle 5
Aire d'étude et canton Aube - Bar-sur-Seine
Adresse Commune : Neuville-sur-Seine
Emplacement dans l'édifice chapelle sud

D’après Alphonse Roserot, un marché fut passé le 25 juillet 1729 par Bouchardon avec Nicolas Michelet, vicaire de Neuville-sous-Gié-sur-Seine, Jean-Baptiste Recodin, avocat au Parlement, bailli de Gyé-sur-Seine, Pierre Didier et Jean Guyot, marguilliers. Un dessin, aujourd’hui perdu, représentait deux retables d’autel destinés aux collatéraux : le panneau central de celui de droite était occupé par un tableau du Rosaire, celui de gauche, par un tableau figurant la mort de saint Joseph. A cela s’ajoutait une « niche pour exposer le Saint Sacrement ». Dimension et prix sont indiqués : « ils auront seize pieds cinq pouces de haut et quatorze pieds sept pouces de large, seront en bois de chêne, livrables au moins d’août 1730. Prix : 1150 livres ».

Période(s) Principale : 1ère moitié 18e siècle
Principale : 19e siècle
Auteur(s) Auteur : Bouchardon Jean-Baptiste
Jean-Baptiste Bouchardon (16 mai 1667 - 1737)

Jean-Baptiste Bouchardon naquit le 16 mai 1667 à Saint-Didier-en-Velay ; il était le fils d’Antoine Bouchardon et de Gabrielle Trinquet. On ne connaît pas sa formation, ni la raison qui l’a poussé à s’installer à Chaumont, probablement aux environs de 1690. Il épousa le 29 octobre 1692 à la basilique Saint-Jean-Baptiste Anne Chéré, fille du maître-coordonnier Joachim Chéré et Anne Jacquin. Le mariage fut célébré par Jean Chéré (frère ou oncle de la jeune fille). Ainsi, Jean-Baptiste Bouchardon entra dans une famille de la petite bourgeoisie chaumontaise assez rapidement. Avait-il des relations, notamment dans le milieu professionnel, pour venir s’installer dans cette région ? Le jeune couple acquiert une maison rue Chaude, dans laquelle il resta. Seize enfants sont baptisés entre 1694 et 1720 à la basilique. Parmi eux, trois connurent une certaine notoriété. Jacquette, l’aînée, naquit le 29 septembre 1694 et ne quitta pas la maison familiale, participant à l’éducation de ses frères et sœurs et surtout, travaillant à l’atelier qu’elle continua à faire fonctionner après la mort de son père. Elle mourut en 1756. Edme (1698-1762), après avoir obtenu le prix de Rome, passa dix ans dans la Ville Eternelle, puis revint à Paris où il fut nommé sculpteur du roi. Son frère, Jacques-Philippe (1711-1753) fut appelé par le roi de Suède, dont il devint le premier sculpteur et directeur de l’Académie de Stockholm. Si sa fille Jacquette travaillait avec Jean-Baptiste Bouchardon, elle n’était pas la seule ; en effet, le sculpteur était entouré d’un atelier dont nous pouvons suivre la composition et l’évolution à travers le livre de raison tenu par Anne Chéré jusqu’à sa mort en 1737, puis par Jacquette. Parmi les divers apprentis et compagnons, il faut distinguer le rôle important du sculpteur Daniel Hansman qui fut un véritable collaborateur. Par ailleurs, Jean-Baptiste Bouchardon travaillait avec deux menuisiers Nicolas Vacherot et Nicolas Brocard, et un peintre Bénigne Lallier, lequel était appelé pour la réalisation de toiles insérées dans les retables.

Cette équipe atteste d’une activité importante, qui se confirme par la liste des réalisations qui sont connues et attribuées. Sa production est diversifiée, car il fut aussi nommé architecte en 1709, puis maître-architecte en 1713. Il participait à l’expertise, à l’entretien et aux réparations des bâtiments existants (églises d’Andelot, de Chaumont, Monthier-en-Der ou abbaye de Longuay…, couvents des Carmélites, des Ursulines, du Val des Ecoliers de Chaumont…) ; il construisit des maisons (Chaumont, Boulancourt, Poulangy…) et des châteaux (Trémilly, Juzennecourt, Chamarandes, Autreville…). En 1716, il réalisa un projet d’hôpital et manufacture de la ville de Chaumont, connu par des dessins (musée d’art et d’histoire de Chaumont) lequel sera réalisé par l’architecte Langrois Forgeot après sa mort.

Son activité de sculpteur fut tout aussi diverse : statuaires pour les parcs des châteaux de Scey-sur-Saône, de Saint-Michel, d’Ollans, de Chamarandes… Les monuments funéraires sont connus par les dessins : Claude-François Jehannin, Pierre de Ponset et son épouse Marguerite de Choiseul, Claude Fyot de la Marche. Mais c’est le mobilier liturgique le plus important en nombre : statuaires (églises de Ricey-Bas, Brottes, Roôcourt-la-Côte, Montsaon, Choignes…), chaires à prêcher (Andelot, Chaumont, Vigny) et banc d’œuvre de la basilique Saint-Jean-Baptiste de Chaumont.

Les retables, par l’importance de la décoration sculptée et statuaire et aussi pour la composition architecturale nécessaire à leur élaboration, bénéficièrent de la double compétence de l’artiste chaumontais. Ils sont bien connus ; quinze nous sont parvenus intégralement : églises d’Andelot, Arrentières, Bas-sur-Aube, Braux-le-Châtel, Buxières-les-Froncles, basilique Saint-Jean-Baptiste de Chaumont, hôpital de Chaumont, Saint-Aignan au faubourg de Reclancourt, Clefmont, Colombey-les-Choiseul, Fresnes-sur-Apance, Landreville, Loches, Mussey-sur-Seine, Saint-Urbain. D’autres ont eu une histoire plus mouvementée ; ainsi, ils n’existent plus que sous forme lacunaire : abbaye des Ursulines et abbaye des Carmélites de Chaumont, églises de Cirfontaine-en-Azois, Fontette, Montier-en-Der et Neuville-sur-Seine.

Les réalisations de cet artiste sont aujourd’hui assez bien connues. Sa production abondante, dont une grande partie a été conservée, résulte d’une cinquantaine d’années d’activité, qui s’achève avec sa mort le 15 janvier 1742.


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Les deux retables adossés sont bien encore en place et correspondent à l’iconographie décrite ; mais les deux tabernacles et l’un au moins des autels sont le fruit de réaménagements du XIXe siècle. Les peintures sur toile sont peut-être de Bénigne Lallier, avec qui le sculpteur avait l’habitude de travailler. Elles sont d’une exécution assez naïve, en particulier celle de la mort de saint Joseph, dont la composition maladroite semble indiquer que le peintre n’a pas eu de modèle à sa disposition. Les pilastres surmontés de chapiteaux composites supportent un entablement qui s’arrondit au centre. De chaque côté, des volutes amortissent la composition. Les motifs décoratifs reprennent le schéma habituel à Jean-Baptiste Bouchardon, mais une certaine sécheresse d’exécution en a fait contester l’attribution à l’artiste. Le retable du Rosaire est aujourd’hui recouvert d’une peinture grise et les reliefs décoratifs sont dorés. Une étude stratigraphique permettrait de connaître la polychromie d’origine.

Catégories peinture
Matériaux toile, support, peinture à l'huile
Mesures h : 350.0
la : 160.0
h : 700.0
la : 415.0
Iconographies saint Dominique, sainte Catherine de Sienne, chapelet
Vierge
États conservations humidité
Statut de la propriété propriété de la commune
Intérêt de l'œuvre À signaler

Références documentaires

Bibliographie
  • FRANCE. Inventaire général du patrimoine culturel. Les retables de Jean-Baptiste Bouchardon. Réd. Marie-Agnès Sonrier ; photogr. Yamina Sabki ; Jacques Philippot. Châlons-en-Champagne : Région Champagne-Ardenne, Département de la Haute-Marne ; Lyon : Lieux Dits, 2005. 80 p. (Itinéraires du patrimoine ; 293).

    p.72 Service régional de l'inventaire de Champagne-Ardenne : IFG 7/293
  • RONOT, Henry. Jean-Baptiste Bouchardon architecte et sculpteur. Dijon : Faton, 2002.

    p.152-153
(c) Ministère de la culture (c) Ministère de la culture ; (c) Région Champagne-Ardenne - Inventaire général (c) Région Champagne-Ardenne - Inventaire général ; (c) Conseil départemental de l'Aube (c) Conseil départemental de l'Aube - Caumont de Mesquita Raphaële - Decrock Bruno - Léclapart Carole
Carole Léclapart , né(e) Dominé (30/12/1967 - )

service régional de l'inventaire, documentaliste.


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