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Beaumont, ancienne grange de Clairvaux

Dossier IA10001324 réalisé en 2015

Fiche

Niché dans une clairière du plateau à 15 km au sud de Clairvaux (ill. IVR21_20152100031NUCA), le territoire de Beaumont est aujourd'hui partagé entre les départements de la Côte-d'Or (partie sud), de l'Aube (partie nord) et de la Haute-Marne (partie est), héritage d'une situation ancienne, à l'articulation des trois grandes principautés locales que furent le comté de Champagne, le duché de Bourgogne et la seigneurie épiscopale langroise (cf. carte du temporel ill. IVR21_20151000530NUCA). Il est de ce fait l'expression même de la marginalité cistercienne.

Ses origines remontent à la fin du XIe siècle ; Beaumont faisait alors partie de la paroisse aujourd'hui disparue de Hesia, relevant de la seigneurie ecclésiastique de Molesme. Puis, à partir de 1126 (date de la première mention dans les archives de Clairvaux), cette terre entra, de donations en donations, dans le temporel (patrimoine foncier) de Clairvaux pour lui appartenir entièrement et devenir l'une de ses six granges primitives vers le milieu du XIIe siècle (première mention en tant que grange en 1159) au point d'entraîner la disparition de l'ancien village. Cette intégration résulte de plusieurs facteurs favorables, notamment le rayonnement et les relations familiales de saint Bernard ainsi que la bienfaisance des évêques de Langres. Poursuivie jusqu'à la fin du XIIIe siècle, l'extension du domaine a largement débordé le cadre de la clairière initiale pour atteindre les finages voisins situés au-delà de la forêt. Les moines ont ainsi été amenés à y créer des fermes-annexes pour administrer les terres nouvellement acquises : la Maison-aux-Convers à Cunfin (10), Nuisement à Lanty-sur-Aube (52) et la Borde-d'Ambre près d'Autricourt (21), toutes trois sous la dépendance de Beaumont, grange-maîtresse.

La grange, autrefois ceinte de murailles, était organisée en deux pôles séparés par le cours d'eau, le Bedan (ill. IVR21_20151000547NUCA) : au sud, l'espace de travail comprenant différents bâtiments d'exploitation dont la grange et la tuilerie qui sont toujours visibles ; au nord, l'espace de résidence avec un grand corps de logis à cour carrée divisé en fonction des usages (repos, alimentation, accueil, chapelle) et de la population (convers, moines et étrangers de passage), dont ne subsiste plus qu'un élément, le bâtiment dit des convers (ill. IVR21_20151000542NUCA). Mais aujourd'hui, Beaumont est surtout remarquable pour sa grange stricto sensu (ill. IVR21_20152100043NUCA et IVR21_20151000539NUCA) de par ses dimensions primitives (39 m de longueur sur 30 m de largeur pour 12 m de hauteur sous faîte), son volume imposant et sa charpente intérieure (ill. IVR21_20151000541NUCA). Bien qu'il ait été amputé de son bas-côté sud, ce bâtiment exceptionnel exprime encore une correspondance étroite entre la quantité estimée de récoltes (sur les 275 ha de la clairière) et sa capacité intérieure de stockage (1200 m2 dans son plan d'origine à six vaisseaux). Enfin, de la tuilerie qui a fonctionné jusqu'à la Révolution nous est parvenue bien que tronquée la halle de séchage des tuiles, située un peu en retrait de la grange (ill. IVR21_20151000543NUCA).

En dépit de rares informations relatives à son fonctionnement, Beaumont apparaît bien comme une grange polyvalente type, associant cultures et herbages. Les terres labourables ont occupé très tôt la quasi totalité de la clairière, soumise vraisemblablement au cycle de l'assolement triennal, combinant blés d'hiver, de printemps et jachère régénérante. En conséquence, les troupeaux étaient la plupart du temps menés en pâturages itinérants dans les forêts et les herbages des prairies et fonds de vallées humides voisines (Aube, Ource). La préservation de la forêt témoigne aussi des aptitudes des moines à gérer un milieu pourtant très convoité pour ses multiples ressources (bois d'œuvre et de chauffage, combustible pour le four tuilier, espace de cueillette et de pâturage du bétail). Cette sylviculture avisée vient rappeler que les cisterciens ont bien plus protégé leur environnement forestier qu'ils ne l'ont défriché.

Les moines et convers de Clairvaux sont parvenus ici à un équilibre spatial entre terres labourables, pâturages et forêts, assurant ainsi la transmission d'un patrimoine cohérent en accord avec les potentialités du terroir. Incontestablement, la grange de Beaumont, restaurée par ses propriétaires, fait figure aujourd'hui de véritable conservatoire du paysage cistercien (Wissenberg, 2007).

Genre de cisterciens
Appellations Beaumont
Destinations grange monastique, ferme
Dénominations grange monastique
Aire d'étude et canton Essoyes
Adresse Commune : Cunfin
Lieu-dit : Ferme de Beaumont
Adresse : D 45
Cadastre : 1996 C 14-15 partie nord sur la commune de Cunfin (10) ; 2016 OA 963-964 partie sud sur la commune de Riel-les-Eaux (21)

Niché dans une clairière du plateau à 15 km au sud de Clairvaux (ill. IVR21_20152100031NUCA), le territoire de Beaumont est aujourd'hui partagé entre les départements de la Côte-d'Or (partie sud), de l'Aube (partie nord) et de la Haute-Marne (partie est), héritage d'une situation ancienne, à l'articulation des trois grandes principautés locales que furent le comté de Champagne, le duché de Bourgogne et la seigneurie épiscopale langroise (cf. carte du temporel ill. IVR21_20151000530NUCA). Il est de ce fait l'expression même de la marginalité cistercienne.

Ses origines remontent à la fin du XIe siècle ; Beaumont faisait alors partie de la paroisse aujourd'hui disparue de Hesia, relevant de la seigneurie ecclésiastique de Molesme. Puis, à partir de 1126 (date de la première mention dans les archives de Clairvaux), cette terre entra, de donations en donations, dans le temporel (patrimoine foncier) de Clairvaux pour lui appartenir entièrement et devenir l'une de ses six granges primitives vers le milieu du XIIe siècle (première mention en tant que grange en 1159) au point d'entraîner la disparition de l'ancien village. Cette intégration résulte de plusieurs facteurs favorables, notamment le rayonnement et les relations familiales de saint Bernard ainsi que la bienfaisance des évêques de Langres. Poursuivie jusqu'à la fin du XIIIe siècle, l'extension du domaine a largement débordé le cadre de la clairière initiale pour atteindre les finages voisins situés au-delà de la forêt. Les moines ont ainsi été amenés à y créer des fermes-annexes pour administrer les terres nouvellement acquises : la Maison-aux-Convers à Cunfin (10), Nuisement à Lanty-sur-Aube (52) et la Borde-d'Ambre près d'Autricourt (21), toutes trois sous la dépendance de Beaumont, grange-maîtresse.

La grange, autrefois ceinte de murailles, était organisée en deux pôles séparés par le cours d'eau, le Bedan (ill. IVR21_20151000547NUCA) : au sud, l'espace de travail comprenant différents bâtiments d'exploitation dont la grange et la tuilerie qui sont toujours visibles ; au nord, l'espace de résidence avec un grand corps de logis à cour carrée divisé en fonction des usages (repos, alimentation, accueil, chapelle) et de la population (convers, moines et étrangers de passage), dont ne subsiste plus qu'un élément, le bâtiment dit des convers (ill. IVR21_20151000542NUCA). Mais aujourd'hui, Beaumont est surtout remarquable pour sa grange stricto sensu (ill. IVR21_20152100043NUCA et IVR21_20151000539NUCA) de par ses dimensions primitives (39 m de longueur sur 30 m de largeur pour 12 m de hauteur sous faîte), son volume imposant et sa charpente intérieure (ill. IVR21_20151000541NUCA). Bien qu'il ait été amputé de son bas-côté sud, ce bâtiment exceptionnel exprime encore une correspondance étroite entre la quantité estimée de récoltes (sur les 275 ha de la clairière) et sa capacité intérieure de stockage (1200 m2 dans son plan d'origine à six vaisseaux). Enfin, de la tuilerie qui a fonctionné jusqu'à la Révolution nous est parvenue bien que tronquée la halle de séchage des tuiles, située un peu en retrait de la grange (ill. IVR21_20151000543NUCA).

En dépit de rares informations relatives à son fonctionnement, Beaumont apparaît bien comme une grange polyvalente type, associant cultures et herbages. Les terres labourables ont occupé très tôt la quasi totalité de la clairière, soumise vraisemblablement au cycle de l'assolement triennal, combinant blés d'hiver, de printemps et jachère régénérante. En conséquence, les troupeaux étaient la plupart du temps menés en pâturages itinérants dans les forêts et les herbages des prairies et fonds de vallées humides voisines (Aube, Ource). La préservation de la forêt témoigne aussi des aptitudes des moines à gérer un milieu pourtant très convoité pour ses multiples ressources (bois d'œuvre et de chauffage, combustible pour le four tuilier, espace de cueillette et de pâturage du bétail). Cette sylviculture avisée vient rappeler que les cisterciens ont bien plus protégé leur environnement forestier qu'ils ne l'ont défriché.

Les moines et convers de Clairvaux sont parvenus ici à un équilibre spatial entre terres labourables, pâturages et forêts, assurant ainsi la transmission d'un patrimoine cohérent en accord avec les potentialités du terroir. Incontestablement, la grange de Beaumont, restaurée par ses propriétaires, fait figure aujourd'hui de véritable conservatoire du paysage cistercien (Wissenberg, 2007).

Période(s) Principale : 17e siècle , (?)

La grange, autrefois ceinte de murailles, était organisée en deux pôles séparés par le cours d'eau, le Bedan (ill. IVR21_20151000547NUCA) : au sud, l'espace de travail comprenant différents bâtiments d'exploitation dont la grange et la tuilerie qui sont toujours visibles ; au nord, l'espace de résidence avec un grand corps de logis à cour carrée divisé en fonction des usages (repos, alimentation, accueil, chapelle) et de la population (convers, moines et étrangers de passage), dont ne subsiste plus qu'un élément, le bâtiment dit des convers (ill. IVR21_20151000542NUCA). Mais aujourd'hui, Beaumont est surtout remarquable pour sa grange stricto sensu (ill. IVR21_20152100043NUCA et IVR21_20151000539NUCA) de par ses dimensions primitives (39 m de longueur sur 30 m de largeur pour 12 m de hauteur sous faîte), son volume imposant et sa charpente intérieure (ill. IVR21_20151000541NUCA). Bien qu'il ait été amputé de son bas-côté sud, ce bâtiment exceptionnel exprime encore une correspondance étroite entre la quantité estimée de récoltes (sur les 275 ha de la clairière) et sa capacité intérieure de stockage (1200 m2 dans son plan d'origine à six vaisseaux). Enfin, de la tuilerie qui a fonctionné jusqu'à la Révolution nous est parvenue bien que tronquée la halle de séchage des tuiles, située un peu en retrait de la grange (ill. IVR21_20151000543NUCA).

Murs calcaire moellon enduit partiel
Toit tuile plate
Plans plan rectangulaire régulier
Couvrements charpente en bois apparente
Couvertures toit à deux pans demi-croupe
(c) Région Grand Est - Inventaire général (c) Région Grand Est - Inventaire général - WISSENBERG Christophe
Christophe WISSENBERG

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