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collégiale, Église Saint-Urbain

Dossier IA10000457 réalisé en 2003

Fiche

Œuvres contenues

La collégiale Saint-Urbain

L'architecture

Jacques Pantaléon, fils d’un modeste savetier de Troyes, monta sur le trône papal en 1261 sous le nom d’Urbain IV et décida alors de fonder une collégiale, pourvue d’un chapitre de douze chanoines, à l’emplacement de sa maison natale. Les travaux, commencés par le chœur, sont en cours en avril 1263. Après la mort d’Urbain IV, en octobre 1264, son neveu, le cardinal Ancher, assura la poursuite du chantier. En 1266, le chœur étant achevé et les parties basses du reste de l’édifice élevées, une consécration était prévue le 25 mai. Mais l’abbesse de Notre-Dame-aux-Nonnains, craignant le pouvoir de cet établissement dépendant directement de la papauté et enserré dans son territoire, fit saccager le chantier. Un incendie des combles, d’origine incertaine, suivit cet événement. Après la réparation des dégâts, la construction reprit vers 1267-1270 par l’édification de la partie haute du transept et de ses deux porches. A la mort du cardinal Ancher en 1286, seuls les bas-côtés de la dernière travée de la nef étaient voûtés et c’est vraisemblablement pour la consécration de 1389 qu’on les acheva par la mise en place des grandes arcades et des voûtes des deux premières travées. La pose d’une superstructure provisoire en pan de bois permit de sursoir à l’édification des parties hautes du vaisseau central. Devenue église paroissiale après la Révolution, on songeait dès 1839 à achever la nef. Paul Selmersheim, architecte diocésain, s’en chargea de 1893 à 1905, après avoir entièrement restauré le chœur et le transept de 1876 à 1886. En revanche, la restitution de la flèche en bois sur la croisée, démontée en 1761, resta à l’état de projet (la flèche était sans doute prévue dès l’origine, mais sa première mention remonte à1389). En mai 1901, l’édifice reçut la dépouille d’Urbain IV puis fut érigé au rang de basilique mineure en 1964.

Le parti d’ensemble de Saint-Urbain est remarquable par sa cohérence et sa parfaite symétrie : deux escaliers à la jonction du chœur et des absidioles ; deux autres aux angles de la façade occidentale prévus vraisemblablement pour desservir des tours jamais élevées ; une flèche sur la croisée ; deux porches identiques prolongeant les portails du transept non saillant. Les deux annexes à la jonction de la partie principale du chœur et des absidioles – sacristie à droite, trésor à gauche – furent ajoutées postérieurement à la construction, puis totalement refaites par Selmersheim. L’abside, contrebutée par de minces contreforts, est entièrement ajourée par deux rangées de fenêtres, celles du bas étant placées à l’aplomb extérieur du soubassement, celles du haut au nu intérieur du mur, ménageant ainsi une coursière entre les deux. Au sommet des fenêtres hautes, un gâble ajouré et suspendu aux contreforts s’aligne de nouveau au nu extérieur et soutient une coursière, d’un effet très aérien, longeant la naissance du toit. Les fenêtres hautes des travées droites sont placées à mi-épaisseur du mur et les gables qui les couronnent ne sont plus détachés du mur. Cette partie est contrebutée par des arcs-boutants, célèbres pour leur minceur inhabituelle. Tout aussi surprenants sont les « échafaudages » de pierre qui maintiennent les porches du transept, système qui a permis de remplacer les supports habituels par de fines colonnes desquelles se dégagent de simples moulures toriques pour recevoir les branches d’ogives. Ces porches protègent chacun deux portails dont les gables ajourés se fondent dans le remplage des fenêtres. Au-dessus des porches, les fenêtres hautes reprennent la même composition que celles du chœur. Le porche qui s’étire le long de la façade ouest, construit au XIXe siècle, était prévu dès l’origine ainsi qu’en témoignaient les pierres d’attente des voûtes. Il abrite trois portails du XIIIe siècle, dont le principal présente un grand tympan sculpté, figurant le Jugement dernier, composé à la manière vitrail comme au grand portail, contemporain, de la cathédrale de Sens. La similitude avec le vitrail est encore plus prégnante au revers, puisque le même thème traité différemment y est repris en peinture.

A l’intérieur, le chœur porte le principe de l’architecture gothique au maximum de ses possibilités : des supports réduits à d’étroits faisceaux de colonnettes ; des baies prenant tout l’espace disponible en largeur et en hauteur. Si une distinction subsiste entre les minces ogives et les arcs doubleaux dans le vaisseau central, elle disparaît dans les chapelles latérales. La position avancée des fenêtres basses de l’abside, décrite à l’extérieure, a permis de ménager une coursière au devant à l’intérieur. Cette dernière est fermée par une arcature dont les piliers menus sont dans la continuité des meneaux des fenêtres hautes, assurant ainsi l’unité de l’ensemble. Les arcatures sont simplement constituées d’une suite d’arcs trilobé sauf sur le premier pan à gauche où elle se complique de cercles recoupés par les meneaux, jeu de lignes entrecroisées qu’on retrouve sur les portails du transept et qui deviendra si à la mode dans l’architecture gothique flamboyante. Sur la deuxième travée droite du chœur, les fenêtres basses sont remplacées en partie par une ouverture donnant sur les chapelles latérales, ornée d’un remplage de part et d’autre, et en partie par un mur plein sur lequel est sculpté le dessin du remplage. La présence des escaliers explique ce traitement qui s’observe aussi dans les fenêtres hautes.

Vocables Saint-Urbain
Dénominations collégiale
Aire d'étude et canton Aube - Troyes 1
Adresse Commune : Troyes
Adresse : place Vernier

Édifice fondé en 1262 par le pape Urbain IV, de son nom Jacques Pantaléon, né à Troyes en 1185, élu pape le 4 septembre 1261. Urbain IV était fils d'un cordonnier, dont l'échoppe s'élevait sur l'emplacement de l'église actuelle. La construction était déjà avancée quand Urbain IV mourut à Pérouse, le 2 octobre 1264. Son neveu, un autre troyen, le cardinal Pantaléon Ancher, se chargea de continuer son oeuvre. Choeur achevé en 1266, mais les travaux sont suspendus la même année, avec la mort du Cardinal Ancher. On abrita le grand portail et la grande nef inachevée d'une charpente couverte en tuiles ; on vendit le terrain situé autour de l'église, où ne tardèrent pas à s'élever de nombreuses maisons et cet état de choses dura jusqu'au début du 20e siècle. Église consacrée en 1389. Reprise des travaux et consolidations en 1850 et de 1876 à 1886. Depuis 1895 et jusqu'au début du 20e siècle (?), achèvement de l'édifice. Cf.Morel-Payen, Troyes et l'Aube.

Période(s) Principale : 4e quart 13e siècle
Secondaire : 4e quart 14e siècle
Secondaire : 4e quart 19e siècle
Secondaire : 20e siècle
Auteur(s) Auteur : Cardinal Ancher, maître de l'oeuvre,
Personnalité : pape Urbain IV, commanditaire, attribution par source

Voir Morel-Payen Lucien, Troyes et l'Aube, 1929, pp. 57-59.

États conservations bon état

Edifice sain et entretenu.

Statut de la propriété propriété de la commune
Protections classé MH, 1840
Précisions sur la protection

Eglise Saint-Urbain : classement par liste de 1840. 18/04/1914 (J.O.).

Annexes

  • 20031040555NUC : Evêché de Troyes

    20031040554NUC : Evêché de Troyes

    20031040553NUC : Evêché de Troyes

    20031040552NUC : Evêché de Troyes

    20031040551NUC : Evêché de Troyes

    20031040550NUC : Evêché de Troyes

    20031040549NUC : Evêché de Troyes

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    20031040544NUC : Evêché de Troyes

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    20031040540NUC : Evêché de Troyes

    20031040539NUC : Evêché de Troyes

    20031040538NUC : Evêché de Troyes

    20031040537NUC : Evêché de Troyes

    20031040536NUC : Evêché de Troyes

    20031040535NUC : Evêché de Troyes

    20031040534NUC : Evêché de Troyes

    20031040533NUC : Evêché de Troyes

    20031040532NUC : Evêché de Troyes

Références documentaires

Bibliographie
  • DUCOURET, Bernard, BOUDON-MACHUEL, Marion, MINOIS, Danielle et al. Les églises de Troyes. Cathédrale, collégiales et églises paroissiales. Châlons-en-Champagne : Région Champagne-Ardenne (Inventaire général) ; Lyon : Lieux Dits, 2013 (Images du patrimoine ; 279).

    p. 10, 31, 72-75