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Collégiale Saint-Vivent, actuellement église parossiale Saint-Vivent

Dossier IA08001534 réalisé en 2012

Fiche

Vocables Saint-Vivent
Destinations église paroissiale
Dénominations collégiale
Aire d'étude et canton Ardennes - Bogny-sur-Meuse
Adresse Commune : Bogny-sur-Meuse
Lieu-dit : Braux
Adresse : place Danton
Cadastre : 2013 AE 437

Le chœur, le transept et la chapelle orientée du bras nord avec son annexe la reliant au chœur (une disposition similaire existait au sud) semblent se conformer au schéma et à la morphologie des édifices mosans du 11e siècle (Saint-Pierre de Xhignesse en Belgique par exemple). Certaines parties minimes de la nef pourraient remonter à une époque très ancienne (carolingienne ? ou bien 11e siècle comme les parties orientales) : l'extrados de la dernière arcade du mur sud montre la présence d'un arc outrepassé (forme que l'on retrouve aux arcs de communication avec le transept) qui devait correspondre à une arcade plus étroite, et le mur nord présente des petites parties d'opus piscatum dans les écoinçons des arcades ; les arcades ont donc été remaniées (peut-être au 18e siècle quand furent reconstruits les collatéraux) et les parties supérieures des murs complètement reconstruites car en 1698 elles présentaient encore des fenêtres hautes qui venaient d'être ré-ouvertes. Vers 1200, le transept fut voûté d'ogives et au 14e ou au 15e siècle on perça les fenêtres à remplage latérales du chœur et on voûta la première travée de ce dernier. En 1775, fut construite la tour de façade en avant de l'ancienne façade qui présentait un narthex à deux tours latérales dont il ne subsiste plus que la base (primitivement les tours abritaient, au nord, la prison du chapitre et un petit oratoire, et au sud, deux pièces dont l´une sert aujourd’hui de chapelle). Saint Vivent fut le 9e archevêque de Reims et décéda en 394. En 837, l'archevêque Ebbon fit translater son corps de l'église Saint-Nicaise de Reims à l´église Saint-Pierre-aux-Liens de Braux qu'il fit bâtir et qui devint un lieu de pèlerinage. L'Archevêque Hincmar (851-882) voyant les miracles opérés par saint Vivent donna des biens à l'église et y plaça douze chanoines vivant en collège. L'église de Braux devint un réduit pour se défendre pendant les guerres du 16e siècle : en 1528 elle soutint ainsi un siège de six heures puis brûla ; nouvel incendie en 1537 allumé par les protestants de Sedan, puis, en 1554, par les espagnols. A l´occasion de travaux menés en 1698, l'édifice perdit une grande partie de son aspect médiéval : destruction du jubé, rénovation complète du chœur et agrandissement de fenêtres. Pendant l'été 1808 l'église se portait très mal : la grande sacristie nord s´effondra en mutilant les meubles et en écrasant un autre bâtiment ayant servi à la justice du Chapitre ; le conseil de fabrique décida ensuite de démolir le cloître et le cimetière des chanoines au milieu du cloître.

Période(s) Principale : 9e siècle , (?)
Principale : 11e siècle
Principale : 18e siècle , (?)
Principale : 4e quart 18e siècle
Secondaire : limite 12e siècle 13e siècle
Secondaire : 14e siècle , (?)
Dates 1775, daté par travaux historiques

L'église Saint-Vivent est implantée au centre de la ville et est orientée au nord-est. Elle présente un plan en croix latine. La nef comporte trois vaisseaux à trois travées ; elle est précédée par un espace intermédiaire (l'ancien narthex) qui se compose de la chapelle des fonts, au nord, d'un espace de circulation, au sud, et d'une partie centrale occupée par la tribune d'orgue ; cette partie est elle-même précédée par un massif occidental du 18e siècle comprenant un clocher, au centre, encadré par une chapelle et l'escalier d'accès aux niveaux supérieurs, au sud, et par une partie local technique, au nord. Le transept est saillant et son bras nord présente une chapelle orientée qui communique avec le choeur par le biais d'un petit vestibule ; le bras sud (qui comportait à l'origine le même schéma) reçoit maintenant la sacristie. Le choeur se compose d'une travée droite et d'une abside hemicirculaire. Le massif occidental est élevé en moellons de quartzite et de schiste avec chaîne d'angle et encadrements en pierre de Dom-le-Mesnil ; le reste de l'édifice comporte des baies et corniches en calcaire jaune et la maçonnerie est recouverte d'un crépi moucheté. Les faces intérieures des murs sont enduites excepté le vaissseau central qui est à pierres apparentes et joints ciment. Le sol du choeur est couvert d'un damier de marbre noir veiné blanc et rouge veiné et celui du reste de l'édifice a reçu des carreaux à motifs polychromes. Les murs de la nef sont percés de vastes baies en plein-cintre, les bras du transept et la travée droite du choeur de baies en plein-cintre de plus petites dimensions situées au sommet des murs et l'abside de baies en arc brisé à remplage. La façade occidentale comporte un portail en plein-cintre à agrafe encadré par deux pilastres toscans soutenant un entablement et un fronton triangulaire ; il est surmonté par une niche à fronton incurvé et est encadré par deux niveaux de baies en anse-de-panier. L'abside comporte extérieurement un niveau de hautes arcatures aveugles au rez-de-chaussée surmonté par un second niveau beaucoup moins haut. La croisée et le bras nord du transept ainsi que la travée droite du choeur sont voûtés d'ogives, l'abside par un cul-de-four, la chapelle orientée et les deux espaces dans le prolongement des collatéraux sont voûtés d'arêtes, le bras sud du transept et les collatéraux sont plafonnés et le vaisseau central reçoit un plafond à la française. La nef comporte trois arcades en plein-cintre et les arcs faisant communiquer les collatéraux aux bras du transept sont outrepassés. La couverture de l'édifice est en ardoise. La nef, la travée droite du choeur sont couverts d'un toit à longs pans, les bras du transept et les parties latérales du massif occidental de toits à longs pans à croupe, la chapelle orientée et la sacristie de toits en appentis, l'abside par une croupe polygonale et le clocher par un dôme polygonal surmonté par un lanternon à dôme polygonal.

Murs calcaire
quartzite
schiste
enduit
crépi moucheté
moellon
Toit ardoise
Plans plan en croix latine
Étages 3 vaisseaux
Couvrements plafond
voûte d'ogives
voûte d'arêtes
cul-de-four
Couvertures toit à longs pans
appentis
dôme polygonal
croupe
croupe polygonale
Escaliers escalier intérieur : escalier tournant, en charpente
États conservations bon état
Techniques vitrail
sculpture
Représentations crochet
Précision représentations

Chapiteaux à crochet au transept.

Transept et choeur du 11e siècle dans le style des édifices mosans.

Statut de la propriété propriété de la commune
Intérêt de l'œuvre à signaler
Éléments remarquables choeur, transept
Protections inscrit MH, 1963/08/23
Précisions sur la protection

Eglise de Braux, y compris la crypte (cad. 236) : inscription par arrêté du 23 août 1963.

Références documentaires

Bibliographie
  • COLLIN, Hubert. Les églises anciennes des Ardennes. Editions de l´O.D.T. des Ardennes, 1969. 178 p.

    pp. 31-32
  • COLLIN, Hubert. Les églises rurales romanes du pays de Reims et des Ardennes. Les Cahiers d´Etudes Ardennaises, 1974, n°8, Charleville-Mézières, 158 p.

    p. 75
  • BERTRAND, Patrice. Recherche sur l´architecture romane de la vallée de la Meuse : Molhain, Braux, Laval-Dieu. Mémoire d´histoire de l´art. Paris : 1979. 187 p.

    pp. 2 ;10
  • LANOTTE, André. Ardenne, terre d´églises en marge. Trésors d´Ardenne : art religieux et croyances populaires en Ardenne et Luxembourg. Musée en Piconrue, 1987, p. 19 à 54.

    p. 30
  • HUBERT, Jean. Département des Ardennes : dictionnaire historique et géographique . Paris : Res universis, 1991. 512 p. Fac-similé de l´édition de 1855, Géographie historique du département des Ardennes.

    p. 202
  • PEROUSE DE MONTCLOS, Jean-Marie (dir.). Le guide du patrimoine de Champagne-Ardenne. Paris : 1995. 432 p.

    p. 111
  • MARBY, Jean-Pierre. Les édifices cultuels catholiques d´après l´enquête épiscopale de 1919. In [Exposition. Charleville-Mézières, Archives Départementales des Ardennes. 1994]. Les Ardennes durant la Grande Guerre (1914-1918) . Charleville-Mézières : SOPAIC, 1994, p. 275-290.

    pp. 285-286
  • MAUDHUY, Roger. Bogny-sur-Meuse : entre labeurs et légendes en cartes postales anciennes. Nouzonville : Ed. Les cerises aux loups, 2001. 80 p.

    pp. 3-5
Périodiques
  • HUBERT, Jean. Statistique monumentale du diocèse de Reims. Département des Ardennes. II. Monuments historiques proprement dit. Travaux de l´Académie impériale de Reims, 1852-1853, tome 17.

    pp. 219-220
  • PELLERIN. Excursion dans la vallée de la Meuse, de Charleville à Givet. Almanach Matot-Braine, année 1875.

    p. 46
  • MANCEAU Henri. L´église romane de Braux, les fresques de Monthermé et de Braux. L´Automobilisme ardennais, n°99, novembre-décembre 1954.

    pp. 9-13
  • DARCQ, Gérard, LAMBERT, Pol. Un mémoire sur le vitrail ardennais. En guise de préface. Etudes ardennaises, 1957, n°10.

    pp. 29-34
  • MANCEAU, Henri. L´église de Monthermé. Etat des recherches et des restaurations. Etudes ardennaises, 1962, n°31.

    pp. 25-29
  • BERTRAND, Patrice. L´ancienne collégiale Saint-Pierre et Saint Vivent de Braux. Revue Historique Ardennaise, 1983, tome XVIII.

    pp. 28-30