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Eglise paroissiale de Saint-Martin de Jonquery

Dossier IA51001297 réalisé en 2015

Présentation historique

La construction de l’église remonte au 12e siècle, comme en témoignent les chapiteaux et les tailloirs de la croisée et du mur nord de la nef. Si elle est trouvée en bon état lors de la visite pastorale de 1739, en 1742 elle présente un délabrement avancé : le pavé est à reprendre tant à la nef qu’au chœur et transept ; par ailleurs l’arc triomphal est « panché » et les murs de la chapelle sud menacent de s’écrouler ; « La voute de l'autre chapelle s'entrouvre en plusieurs endroits, les murs s'écartent, les fondements des [1 mot] de la nef s'écroulent par le pied, de même que le pignon du grand portail qui s'éjette considérablement et menacent ruine. Quant aux couvertures de toute l'église, nous avons pensé en bon état, le cimetière est ouvert en plusieurs endroits, et la petite porte de l'église est hors d'état de servir. » (AD Marne, G254 : visite de l’église de Joncry du 16 avril 1742). Les travaux de restauration ont été réalisés, puisque le questionnaire de 1790 indique qu’aucune réparation n’est à prévoir au chœur et au pavé et que tout est en bon état. L’état du sol semble avoir été le point faible constant de l’édifice, puisque les visites pastorales de 1698, 1739, 1742 et 1756 relatent la nécessité de le reprendre. Il semble qu’au 19e siècle des travaux réguliers d’entretien aient été réalisés ; les cloches fêlées sont refondues en 1878 (AD Marne, 2 0 2328).

Bombardée en 1918 lors de la retraite des Allemands, l’église est classée par arrêté ministériel du 20 août 1919 (AD Marne, 4 T 36). Les travaux de restauration sont engagés dès octobre de la même année, sous la férule de l’ACMH André Ventre qui va les diriger jusqu’en 1926. A. Guéritte prend ensuite la relève jusqu’à l’achèvement des travaux en 1936. L’église est placée en un point bas de l’agglomération et se trouve exposée à une humidité permanente, aggravée en saison humide, provoquant une inondation du dallage de la nef (MAP, 81-51-0077-144). D’importants travaux de drainage sont programmés en 1981 pour assainir l’ensemble (STAP, Classeur de travaux sur monuments historiques).

Contrairement à ce qu’avancent les architectes des monuments historiques au lendemain de la première guerre mondiale, le problème de submersion récurrente de l’église par les eaux du ruisseau tout proche n’est pas le fait unique des travaux conduits par les Allemands lors de leur occupation du site entre 1914 et 1918. Les études menées par le STAP en 1981 (UDAP, Classeur de travaux sur monuments historiques ) montre que l’édifice est placé en un point bas de l’agglomération et est de fait exposé à une humidité permanente. L’église est bordée sur les côtés Nord, Sud, Est d’un fossé qui draine les eaux provenant du talus derrière l’abside. Ces fossés ont été aménagés en 1935 (MAP, 81-51-0077-144). À un niveau légèrement inférieur, un autre fossé rejoint le premier à quelques mètres du portail ; l’ensemble se déverse dans le ruisseau qui passe le long de la rue de la Barbe aux Cannes et sous la rue de la Bourgeoisie. Le sol de la nef se trouve au ras du fil d’eau et par endroits sous celui-ci. Il semble que les Allemands aient tenté de minimiser le phénomène, constaté régulièrement à la période moderne. En 1981, les travaux programmés visent à accélérer l’évacuation de l’eau en abaissant le niveau du ruisseau, qui sera curé sur 200 mètres ; à abaisser le niveau de l’eau captée derrière l’église et l’éloigner du pied des murs ; l’amélioration des drains existant aide cette accélération.

Analyse architecturale et description

Cette église en maçonnerie de pierre et de moellons se situe au centre d’un hameau, dans un environnement aéré où coule un ruisseau. Elle s’organise selon un plan en croix latine, composé d’une nef, d’un transept n’ayant conservé que sa croisée et son bras gauche au nord et d’un chevet plat.

La nef se compose d’un vaisseau unique se développant sur 3 travées éclairées par des baies en plein cintre ouvertes dans des arcs brisés murés témoignant de l’existence révolue de bas-côtés ayant flanqués le vaisseau. La nef est couverte par une charpente en bois en carène lambrissée et est pavée de pierres taillées et de tomettes.

Un arc triomphal brisé ouvre sur la croisée du transept présentant une voûte d’ogive retombant sur des colonnettes adossées. Le bras gauche du transept est éclairé par deux baies et est couvert par un plancher haut lambrissé. L’arc brisé correspondant à l’ancien bras droit du transept a été muré et percé d’une baie.

Le chœur est éclairé par une baie d’axe et par deux baies latérales. Il est couvert par une voûte d’ogive retombant sur des colonnettes adossées.

Les élévations extérieures sont animées par les éléments de structure et de chaînages réalisés en pierre de taille contrastant avec le remplissage des murs en moellons et en meulières laissés apparents. Les arcs brisés murés de la nef rythment les élévations de la nef, de même que les baies maçonnées et les contreforts contrebutant le transept et le chevet. Ce dernier présente des corbeaux moulurés soutenant sa toiture à deux pans en tuiles.

La façade occidentale présente un portail d’accès composé d’un arc surbaissé avec un tympan muré, surmonté par une baie en plein cintre maçonnée et par une petite baie murée sur le pignon du toit. L’ensemble des couvertures est réalisé en tuiles. La croisée est surmontée d’un clocher en pierre et moellons composé d’un beffroi de plan carré couvert par un toit à deux pans reposant sur des corbeaux saillants.

Vocables Saint-Martin
Destinations église paroissiale
Dénominations église paroissiale
Aire d'étude et canton Marne - Dormans-Paysages de Champagne
Adresse Commune : Jonquery
Cadastre : 2014 AB 77

L'église a pour noyau la croisée romane et les piliers de la nef donnant autrefois sur des bas-côtés. En témoignent les chapiteaux du 13e siècle conservés dans le chevet et la croisée. Le chevet et le bras nord du transept sont des constructions entre le 15e et le 17e siècle. Les premiers documents d’archives parlant de la structure de l’église, construite au 12e siècle, remontent seulement à la fin du 17e siècle ; érigée dans un point bas de l’agglomération, à proximité immédiate du ruisseau de Jonquery alimentant l’écluse du moulin construit quelques mètres en contrebas, l’église Saint-Martin est régulièrement submergée et de ce fait se détériore rapidement et régulièrement. Restaurée entre 1742 et 1790, elle connaît un entretien régulier au 19e siècle. Bombardée en 1918, elle est reconstruite à l’identique entre 1919 et 1936. D’importants travaux d’assainissement conduits en 1981 semblent avoir amélioré la question de l’humidité.

Période(s) Principale : 12e siècle , daté par travaux historiques
Secondaire : 2e quart 20e siècle , daté par travaux historiques
Auteur(s) Auteur : Ventre André
André Ventre (1874 - 1951)

Il est nommé architecte des Monuments historiques en 1905. D'abord chargé de la Saône-et-Loire, entre 1906 et 1915, puis de la Marne et de la Haute-Marne en 1915, il est nommé dans la Meuse en 1917 et de Vincennes. Il va participer à la restauration de la cathédrale de Verdun et des villages alentour.

En 1929 il est chargé du déplacement de l'hôtel de Massa des Champs-Élysées au 38 de la rue du Faubourg-Saint-Jacques.

Il fut un des architectes de la Compagnie des chemins de fer de l'Ouest, mais son œuvre la plus célèbre reste le monument de la Tranchée des baïonnettes, érigé en 1920 près de Verdun. Pour l'architecture ferroviaire, André Ventre fut partisan du type gare-pont, c'est-à-dire une gare édifiée au-dessus, ou à côté des rails, mais en hauteur, ceci pour permettre aux usagers et au personnel de rejoindre les voies par un hall situé au-dessus des voies2.Il réalise la décoration de monuments parisiens à l'occasion de funérailles nationales comme celles de Paul Painlevé le 12 mai 1932 à Notre-Dame de Paris et au Panthéon de Paris.

Il prend sa retraite en 1941.


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Auteur : Guéritte Armand
Armand Guéritte (1879 - 1940)

Architecte en chef des Monuments historiques, intervenant dans la Marne après la première guerre mondiale. Diplômé de l'Ecole des Beaux-Arts de Tours.


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Cette église en maçonnerie de pierre et de moellons s’organise selon un plan en croix latine, composé d’une nef, d’un transept n’ayant conservé que sa croisée et son bras gauche au nord et d’un chevet plat. La nef est couverte par une charpente en bois en carène lambrissée. La croisée et le chœur sont couverts par des croisées d’ogives. La croisée est surmontée par un clocher constitué d’un beffroi maçonné.

Murs pierre moellon
pierre pierre de taille
meulière moellon
Toit tuile plate
Plans plan allongé
Étages 1 vaisseau, étage de comble
Couvrements plafond
voûte d'ogives
Élévations extérieures élévation à travées
Couvertures toit en bâtière pignon découvert
toit à longs pans pignon couvert
États conservations mauvais état
Techniques sculpture
Représentations feuillage
Précision représentations

Dans le chœur et la croisée du transept, certains murs, colonnes et chapiteaux présentent des traces de polychromie rouge et bleue. Le chœur contient un lavabo et une niche maçonnés.

Les colonnes supportant la retombée des ogives dans la croisée et le chœur présentent des chapiteaux décorés de motifs végétaux stylisés.

Les chapiteaux des piliers centraux des baies du beffroi sont moulurés ou décorés de motifs végétaux stylisés.

Statut de la propriété propriété de la commune
Protections classé MH, 1919/08/20
Précisions sur la protection

Classée en totalité par arrêté du 20 août 1920.

Références documentaires

Documents d'archives
  • AD Marne. Série G : G 254. État des paroisses, visites des églises. Doyenné de la Montagne. (1512-1789).

    Archives départementales de la Marne, Reims : G 254
  • AD Marne. Série O : 2 O 2328. Jonquery, église. (1875-1931).

    Archives départementales de la Marne, Châlons-en-Champagne : 2 O 2328
  • AD Marne. Série T : 4 T 36. Beaux-arts : monuments historiques, objets d’art, fouilles (1919-1953).

    Archives départementales de la Marne, Châlons-en-Champagne : 4 T 36
  • MAP. 0081/051/0077. Correspondance : demande de réfection de l'escalier de l'église (1951) ; réparation des dommages de guerre (1919-1926) ; restauration, assainissement et entretien de l'édifice (1919-1936).

    Médiathèque de l’architecture et du patrimoine : 0081/051/0077
  • Unité départementale de l'architecture et du patrimoine, Marne. Sans cote. Dossiers des communes avec édifice protégé : éléments administratifs et suivis de travaux anciens. (1956-2015).

    Unité départementale de l'architecture et du patrimoine, Marne : sans cote
  • Unité départementale de l'architecture et du patrimoine, Marne. Sans cote. Diapositives et photographies couleurs, vrac et classement par ordre alphabétique de communes. (1950-2000).

    Unité départementale de l'architecture et du patrimoine, Marne : sans cote
Documents figurés
  • Plan / [s. n.]. Sans échelle. [s. d.]. Papier ; Lavis, encre, tirage. (MAP. 0082/051/2010/47483).

    Médiathèque de l’architecture et du patrimoine : 0082/051/2010/47483
  • Reprises des murs extérieurs, attachement n°3 / Entreprise Hory, 1930. Echelle : 1 :50. Tirage de plan, couleur (MAP. 0081/051/0077).

    Médiathèque de l’architecture et du patrimoine : 0081/051/0077
  • Eglise de Jonquery, revers et caniveaux d'assainissement au pourtour de l'édifice / Guéritte, Herbé, 1932. Echelle : [1 : 100]. 2 tirages de plan (MAP. 0081/051/0077).

    Médiathèque de l’architecture et du patrimoine : 0081/051/0077
  • Charpente de l'église de Jonquery, [coupe, élévation et vue en perspective] / Guéritte, 1933. 3 tirages de plan (MAP. 0081/051/0077).

    Médiathèque de l’architecture et du patrimoine : 0081/051/0077
  • Plan de situation / [s. n.], [s. d.]. Echelle : [1 : 100]. Tirage de plan (UDAP, Marne. Dossiers des communes avec édifice protégé).

    Unité départementale de l'architecture et du patrimoine, Marne : sans cote
  • [Eglise de Jonquery. Vues diverses] / [s. n.]. [s. d.]. 2 photogr. pos. : n. b. contrecollées sur carton (MAP. 1998/034/0022).

    Médiathèque de l’architecture et du patrimoine : 1998/034/0022
  • Photographies de Michel André, 1966 / Michel André, architecte des monuments historiques. 1966. Photogr. pos. : n. et b. (Unité départementale de l'architecture et du patrimoine, Marne. Classeurs de photographies. Sans cote).

    Unité départementale de l'architecture et du patrimoine, Marne : sans cote
Bibliographie
  • TOURTEBATTE, Philippe (coord.). Promenade dans l'art roman en Champagne : découverte des églises de la Vallée de l'Ardre et de ses environs. Parc naturel régional de la Montagne de Reims : 2001.

(c) Région Champagne-Ardenne - Inventaire général (c) Région Champagne-Ardenne - Inventaire général ; (c) Ministère de la culture et de la communication ; (c) Conseil général de la Marne - Rivière Raphaëlle
Raphaëlle Rivière (1985 - )

Chercheur indépendant, gérante de l'agence Akhesen, membre du groupement Art2 Conseil composé de Caroline Dujon-Attali, Frederike Mulot, puis de Matthieu Couchet, Michèle Robin-Clerc et Marlène Koll, pour la mission de Recensement des églises de la Marne et de leur patrimoine mobilier, lot 1 : arrondissement de Reims, hors ville de Reims (2015-2017).

Elle est co-traitante du groupement composé de Elisabeth Dandel, Pol Vendeville, Marlène Koll, Florence Bruny, Clotilde Redon, Céline Berrette, Sarah Rambaud pour le lot 2 : arrondissement d'Epernay (2017-2019) ; et du lot 6 : ville de Reims (2017-2018).


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- Couchet Matthieu
Matthieu Couchet

Chercheur indépendant, membre du groupement Art2 Conseil pour le Recensement des églises de la Marne et de leur patrimoine mobilier, lot 1 : arrondissement de Reims hors ville de Reims (2015-2017).


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