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Eglise paroissiale Notre-Dame, actuellement basilique Notre-Dame d'Espérance

Dossier IA08001457 réalisé en 2012

Fiche

Vocables Notre-Dame d'Espérance
Destinations basilique
Dénominations église paroissiale
Aire d'étude et canton Ardennes - Charleville-Mézières 1
Adresse Commune : Charleville-Mézières
Lieu-dit : Mézières
Adresse : place de la Basilique
Cadastre : 2013 CD 104

En 1156, le château de Mézières possédait une chapelle sous l´invocation de la Vierge, qui était à la collation de l´abbé de Mouzon. A la fin du 12e siècle, elle fut enrichie d´une prébende pour son chapelain. Au 13e siècle, Mézières se développa ce qui entraina, sans doute à cette époque, l´édification d´une église paroissiale dédiée à la Vierge pour succéder à la chapelle castrale primitive. Le 27 mai 1498, le cardinal Guillaume Briçonnet, archevêque de Reims, accorda au curé de Mézières, Jean Civelli, des indulgences en faveur de ceux qui viendraient visiter l´église pour aider à sa reconstruction. D´après une inscription gravée dans le mur du bas-côté sud, près de la porte qui mène au clocher, la première pierre fut posée le 25 avril 1499. Les comptes de la fabrique conservés permettent de suivre, fait exceptionnel, toutes les étapes de la construction depuis Noël 1500 jusqu´à la fin, en 1615. Le premier maître d´oeuvre se nommait Jean et il commença les travaux par les chapelles du choeur dont la première fut terminée en 1501 ; à la Noël 1500, l´office était célébré et le 27 avril 1501 l´église était dédicacée. Vint ensuite Henri Broyl (1502-1506) qui avait sous ses ordres quatre ouvriers maçons (Pierrot le Grant, Jehan de Reims, Denis, Poncelet Laignel) et deux puis quatre manouvriers (Huart de Thumécourt, Gillesson, porteur, Husson, et Joffrin). La pierre de taille était extraite des carrières de Dom-le-Mesnil, le bois de charpente de la forêt de Gespunsart, les ardoises de Monthermé et Rimogne. Puis vinrent Jean Badou et Jean Evrard (1508), Henri Broyl (1514-1515), Jean d´Attigny (1516-1520), Jean Loizeau (1521), Jean d´Attigny (1524-1547), Jean Loizeau (1559-1567), Nicolas Leprince (1584-1585) et enfin Gobert Paris et Pierre Hermès, qui dirigèrent l´oeuvre jusqu´à la fin des travaux de maçonnerie en 1608. La nouvelle église fut construite sur emplacement de l´ancienne qui fut détruite au fur et à mesure de l´avancement des travaux, ce qui explique certaines particularités du nouvel édifice : chantier très limité, rarement plus de 8-10 hommes en même temps, parties neuves raccordées aux anciennes par des couvertures provisoires de chaume d´où l´étroitesse du vaisseau central. La construction fut menée d´est en ouest : après les chapelles absidiales, dont la dernière fut terminée en 1503, on s´occupa entre 1505 et 1521 des parties à l´est du transept (dernière travée du choeur et son abside, ses bas-côtés et les quatre chapelles s´ouvrant sur ces derniers (Saint-Blaise et Saint-Eloi au nord, Saint Pierre et Saint-Nicolas au sud) ainsi que le bras sud transept, le portail sud et les deux dernières chapelles du bas-côté sud. A cause du siège en 1521 par Charles-Quint, la ville dut payer pour réparer ses fortifications endommagées et le rythme des travaux de l´église fut alors plus lent : on termina le bras nord du transept en 1524, la dernière chapelle du bas-côté nord en 1529, la première travée du choeur et la croisée du transept en 1534, l´avant-dernière chapelle du bas-côté nord en 1536 ; les voûtes des deux dernières travées de la nef furent montées en 1564-1565. En 1570, l´église était inachevée mais eut tout de même lieu la célébration du mariage du roi Charles X et d´Elisabeth d´Autriche. Entre 1597 et 1610, on édifia la tour de la façade occidentale (à rapprocher de celle de Mohon) ce qui est curieux car cela intervint avant le voûtement des deux premières travées de la nef qui ne fut réalisé qu´en 1612 et 1615. Les vitraux primitifs ont été détruits par bombardements prussiens en 1815 (quelques uns subsistaient à l´abside). En 1861, l´architecte rémois Reimbeau construisit la flèche actuelle. Le 31 décembre 1870, des batteries prussiennes envoyèrent 50 projectiles qui enflammèrent le toit de la nef, abattit la flèche du clocher et pulvérisèrent les vitraux et l´autel. En 1918, les allemands prirent les cloches, les orgues et bombardèrent l´édifice le 10 novembre ce qui détruisit les derniers vitraux. Le 7 mai 1944, un bombardement involontaire anglo-américain sur la place de l´église endommagea le mur du grand portail, celui de la tour et détruisit le grand orgue. Le 15 août 1946, une bulle pontificale de Pie XII décerna le titre honorifique de basilique mineure à l´église de Mézières. L'édifice est majoritairement de style gothique flamboyant mais l'escalier antérieur est de style Renaissance et le clocher de style classique.

Période(s) Principale : 4e quart 15e siècle
Principale : 16e siècle
Principale : 1er quart 17e siècle
Secondaire : 3e quart 19e siècle
Dates 1499, daté par travaux historiques
Auteur(s) Auteur : Badou Jean, maître d'oeuvre, attribution par travaux historiques
Auteur : Evrard Jean, maître d'oeuvre, attribution par travaux historiques
Auteur : Broyl Henri, maître d'oeuvre, attribution par travaux historiques
Auteur : Attigny Jean d', maître d'oeuvre, attribution par travaux historiques
Auteur : Loizeau Jean, maître d'oeuvre, attribution par travaux historiques
Auteur : Leprince Nicolas, maître d'oeuvre, attribution par travaux historiques
Auteur : Hermès Pierre, maître d'oeuvre, attribution par travaux historiques
Auteur : Paris Rigobert ou Gobert, maître d'oeuvre, attribution par travaux historiques
Auteur : Reimbeau Louis-Auguste,
Louis-Auguste Reimbeau (1826 - 1865)

REIMBEAU Louis-Auguste (1826-1865). Architecte, dessinateur. Élève de Narcisse Brunette, il fut attaché à Visconti dans la construction du Nouveau Louvre. Il épousa à Rethel en 1854 Gabrielle Joséphine Harmel (1831-1913), fille du filateur de Boulzicourt (Ardennes) et repose au Cimetière du Nord. (http://cths.fr/an/prosopo.php?id=109635).


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architecte, attribution par travaux historiques

L'église Notre-Dame d'Espérance est implantée au centre de l'ancienne ville fortifiée de Mézières. Elle présente un plan en croix latine. La nef est à cinq vaisseaux de quatre travées ; la première travée du vaisseau central est occupée par une tribune d'orgue et est surmontée par l'imposante tour du clocher. Le transept n'est pas saillant ; le bras sud comporte un porche auquel on accède, frontalement, par un escalier dont les deux volées se rejoignent à un repos d'où débute une volée droite et, latéralement, par des volées droites. Le choeur se compose de deux travées droites, encadrées par des collatéraux et des chapelles latérales, ainsi que d'une abside à trois pans. Le chevet se termine par trois chapelles hexagonales qui encadrent l'abside chacune sur l'une de leur face. Un escalier en vis hors-oeuvre est campé dans l'angle formé par la dernière chapelle du collatéral nord du choeur et par la première chapelle du chevet ; un second escalier en vis, dans oeuvre, est situé dans le pilier antérieur sud du clocher. Les murs sont élevés en pierre de taille de Dom-le-Mesnil en différentes hauteurs d'assises. Les sols sont couverts de larges dalles de calcaire. Les murs sont percés de larges baies en arc brisé à remplage flamboyant. Les portails latéraux comportent deux portes à pilier central sous un tympan ajouré, l'ensemble étant compris sous des voussures en arc brisé se terminant par un gâble. Le clocher présente trois niveaux avec les trois ordres ; la porte occidentale Renaissance en plein-cintre à entablement dorique est surmontée par une tribune ouverte. Les volumes intérieurs sont couverts de voûtes d'ogives (celles du vaisseau central de la nef sont à liernes et tiercerons et clés pendantes très développées). Les arcades des collatéraux de la nef et celles du choeur reposent sur des colonnes à pénétration tandis que celles du vaisseau central sont à piliers composés également à pénétration. La couverture de l'édifice est en ardoise. Le vaisseau central de la nef et les travées droites du choeur sont couverts de toits à longs pans, les collatéraux de terrasses en bitume, les bras du transept de toits à longs pans à pignons découverts, l'abside par une croupe polygonale, le clocher par une flèche carrée surmontée d'un lanterneau à dôme polygonal puis d'un second lanterneau à flèche polygonale.

Murs calcaire
pierre de taille
grand appareil
moyen appareil
petit appareil
Toit ardoise, bitume
Plans plan allongé
Étages 5 vaisseaux
Couvrements voûte d'ogives
voûte de type complexe
Élévations extérieures élévation ordonnancée
Couvertures terrasse
toit à longs pans
flèche carrée
flèche polygonale
dôme polygonal
toit polygonal
croupe polygonale
pignon découvert
Escaliers escalier dans-oeuvre : escalier en vis, en maçonnerie
escalier hors-oeuvre : escalier en vis, en maçonnerie
États conservations inégal suivant les parties
Techniques vitrail
sculpture
Représentations ordre dorique ordre corinthien ordre ionique

Vaste édifice du gothique flamboyant érigé assez rapidement entre 1499 et 1615 et dont les phases de construction sont exceptionnellement documentées.

Statut de la propriété propriété de la commune
Intérêt de l'œuvre à signaler
Éléments remarquables choeur, nef, clocher, voûte, escalier, portail
Protections classé MH, 1910/10/18
Précisions sur la protection

Basilique Notre-Dame : classement par arrêté du 18 octobre 1910.

Références documentaires

Documents d'archives
  • Archives départementales des Ardennes, Clergé séculier, G.

    42
  • Archives départementales des Ardennes, archives concernant les restaurations des édifices classés, provenant de la préfecture, service du ministère de l´instruction publique et des beaux arts, 4 T.

    Archives départementales des Ardennes, Charleville-Mézières : 4 T
Documents figurés
  • Archives départementales des Ardennes, Archives entrées par voies extraordinaires, 1 J.

    127 Archives départementales des Ardennes, Charleville-Mézières : 1 J
  • Archives départementales des Ardennes, Archives entrées par voies extraordinaires, 1 J.

    127 Archives départementales des Ardennes, Charleville-Mézières : 1 J
Bibliographie
  • JADART, Henri, DEMAISON, Louis. Les inscriptions commémoratives de la construction d´églises dans la région rémoise et ardennaise, Xe-XVIIe siècles. Caen : 1899. n.p.

    pp. 18-19
  • MANCEAU, Henri. Charleville-Mézières (Charleville, Etion, Mézières, Mohon, Montcy-Saint-Pierre). Charleville-Mézières : impr. P. Anciaux & Cie, 1967. 76 p.

    pp. 32 ; 38
  • Dictionnaire des églises de France. Volume 5 : Champagne, Flandre, Artois, Picardie. Paris : Robert Laffont, 1969. 144 p.

    p. 81
  • COLLIN, Hubert. Les églises anciennes des Ardennes. Editions de l´O.D.T. des Ardennes, 1969. 178 p.

    pp. 43-47
  • HUBERT, Jean. Département des Ardennes : dictionnaire historique et géographique . Paris : Res universis, 1991. 512 p. Fac-similé de l´édition de 1855, Géographie historique du département des Ardennes.

    pp. 183-187
  • MARBY, Jean-Pierre. Les édifices cultuels catholiques d´après l´enquête épiscopale de 1919. In [Exposition. Charleville-Mézières, Archives Départementales des Ardennes. 1994]. Les Ardennes durant la Grande Guerre (1914-1918) . Charleville-Mézières : SOPAIC, 1994, p. 275-290.

    pp. 278-280
  • PEROUSE DE MONTCLOS, Jean-Marie (dir.). Le guide du patrimoine de Champagne-Ardenne. Paris : 1995. 432 p.

    pp. 146-148
  • MAUDHUY, Roger. Charleville-Mézières et ses alentours, des origines à nos jours. Nouzonville : Ed. Les cerises aux loups, 2000. 230 p.

    pp. 89 ; 98
  • [Exposition. Charleville-Mézières, Archives Départementales des Ardennes, 2004]. Images de verre, images de guerre. Les vitraux commémoratifs des trois guerres dans les églises des Ardennes. Réd. Jean-Pierre Marby. Charleville-Mézières : Impr. SOPAIC, 2006. 60 p.

    cahier 2, p. 27-29 ; cahier 3, p. 40
Périodiques
  • PELLERIN. Excursion dans la vallée de la Meuse, de Charleville à Givet. Almanach Matot-Braine, année 1875.

    p. 41
  • MENU, Henri. Mélanges d´épigraphie ardennaise . Bulletin monumental , 1893, vol. 58. 41 p.

    p. 32
  • JADART, Henri. Les inscriptions de l´église de Mézières. Revue historique ardennaise, 1894, tome I.

    pp. 37-38
  • COLLINET P., BOURGUIGNAT H. Excursions épigraphiques, de Mézières à Signy-l'Abbaye. Revue d'Ardenne et d'Argonne, janvier-février 1895, n°2.

    p. 48
  • JADART, Henri. Le vitrail de Puiseux et autres anciens vitraux des églises du département des Ardennes. Revue historique ardennaise, 1900, tome VII.

    p. 328
  • SECHERET A. Relevé de construction dans les églises de Mézières. Revue d'Ardenne et d'Argonne, 1900-1901, n°8.

    p. 31
  • GOFFART, N. Notice sur Mézières et environs : mémoires ou remarques sur l'origine ou antiquité des villes et citadelle de Mézières. Almanach Matot-Braine, année 1907.

    pp. 97-138
  • Bulletin du Diocèse de Reims, 1893.

    samedi 9 septembre 1922, n°18, pp. 177-179
  • Les inscriptions de l´église de Mézières. Nouvelle Revue de Champagne et de Brie, 1925-1926.

    pp. 75-76
  • GILMER, André. Ardennes françaises, Mézières : l'église Notre-Dame, l'hôtel de la Préfecture, la porte de Bourgogne, le square Bayard, façade de l'ancienne chapelle Sainte-Barbe à la Citadelle. L'automobilisme ardennais, décembre 1938-janvier 1939, n°48, p. 5-11.

    pp. 5-11
  • POULIN, Augustin. L'église Notre-Dame. Le Rimbaldien, automne 1948, n°13.

    pp. 20-26
  • SIBERTIN-BLANC, Marc. L'église primitive Notre-Dame. Le Rimbaldien, automne 1948, n°13.

    pp. 27-29
  • MANCEAU, Henri. Mézières, an 1500. L'automobilisme ardennais, mai-juin 1961, n°138.

    p. 19
  • CARRET, Marie-Hélène. L´église Notre-Dame de l´Espérance de Mézières. Terres ardennaises, décembre 2000, n°73.

    pp. 1-10
  • PRUVOT, Agnès. Les vitraux de René Dürrbach à la Basilique de Mézières. Terres ardennaises, octobre 2005, n°92.

    p. 27