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Église paroissiale Saint-Etienne

Dossier PA00079268 inclus dans Recensement du patrimoine mobilier du département de la Haute-Marne réalisé en 2005

Fiche

  • Chevet : vue est
    Chevet : vue est
  • Impression

Dossiers de synthèse

Vocables Saint-Etienne
Dénominations église paroissiale
Aire d'étude et canton Haute-Marne - Vignory
Hydrographies Rigollot Le); Ribévaux
Adresse Commune : Vignory

Vignory apparaît dans les archives de l'abbaye de Luxeuil dès le début du 9e siècle, lorsque le fisc royal du lieu ainsi que les églises qui en dépendaient furent concédés par Charlemagne au monastère colombanien. Il ne reste cependant aucun vestige de l'époque carolingienne dans l'église actuelle, dont la construction, qui remonte au milieu du XIe siècle, l'inscrit dans le mouvement de fondations seigneuriales liées à la phase d'expansion de la féodalité. En 1032, Gui, premier sire de Vignory connu, créa auprès de son château un collège de chanoines et entreprit d'édifier une église à leur intention. C'est du moins ce qui ressort d'une charte par laquelle son fils Roger substitua à cette communauté de chanoines une communauté de moines bénédictins et donna la cella de Vignory, avec son église nouvellement construite, à l'abbaye Saint-Bénigne de Dijon. Cette église, placée sous le vocable de Saint-Etienne, fut dédicacée par Hardouin, évêque de Langres, à une date qu'on peut situer entre 1050 et 1057. L'examen de l'édifice révèle l'existence de deux campagnes de construction. La première, qu'il convient sans doute d'attribuer à Gui, concerne la nef, dont les trois vaisseaux sont couverts d'une charpente. Au cours de la seconde s'éleva le choeur à déambulatoire et chapelles rayonnantes, reflet de l'ambition de son fils Roger qui, lorsqu'il décida d'appeler à Vignory des moines bénédictins, dut aussi envisager d'amplifier le projet de son père. L'étude archéologique de la priorale est toutefois rendue délicate par l'importance des restaurations effectuées à partir de 1844 par Emile Boeswilwald, à la demande de Mérimée. Ce dernier, frappé lors d'une visite à Vignory par l'aspect carolingien de l'édifice et soucieux non seulement de le conserver, mais d'en faire valoir le caractère représentatif par une restitution des parties disparues, obtint en effet que l'administration des Monuments historiques consacrât aux travaux des crédits considérables. La façade occidentale et les premières travées de la nef furent entièrement reconstruites, tout comme l'arc-diaphragme ajouré d'une claire-voie qui sépare la nef du choeur. Les reprises furent également importantes au chevet, à l'intérieur (arcatures du déambulatoire), mais surtout à l'extérieur, où ne subsistent guère de traces de l'appareil primitif. Pour importantes qu'elles aient été, ces restaurations ne semblent cependant pas avoir altéré le parti d'ensemble, à l'exception peut-être du choeur dont certaines dispositions apparaissent comme atypiques. Avec ses trois vaisseaux charpentés, la nef de Vignory prolonge la tradition des basiliques du haut Moyen Age. En revanche, son architecte fit preuve d'originalité pour le traitement de l'élévation. Certes, il resta fidèle aux vastes surfaces murales inarticulées qui étaient de règle depuis le début de l'architecture chrétienne d'Occident et qui, en cette première moitié du 11e siècle, conservaient encore la faveur de nombre de constructeurs. Mais, en intercalant entre les grandes-arcades à piliers carrés et les fenêtres-hautes à simple ébrasement un niveau d'ouvertures donnant sur les combles des bas-côtés, il participait aux expériences sur les élévations à trois niveau qui devaient prendre une grande importance dans les nefs romanes. A Vignory, ces ouvertures sur comble, constituées de baies jumelles séparées par des piliers carrés, sont presque aussi hautes que les grandes-arcades. Le mur se trouve ainsi allégé, tandis que la superposition stricte des grandes-arcades, des baies géminées et des fenêtres-hautes contribue à renforcer les rythmes de l'élévation. La sculpture, par ailleurs, commence à jouer un certain rôle, qu'il s'agisse des impostes ceinturant les piliers des grandes-arcades, décorées de motifs géométriques ou figurés, ou des chapiteaux des baies sous comble, qui constituent l'un des premiers essais de sculpture monumentale de la Champagne romane et ont, à ce titre, justement retenu l'attention. Les corbeilles de ces chapiteaux sont caractérisées par un épannelage aux volumes géométriques formant de vigoureux contrastes entre la partie inférieure, de plan circulaire, et la partie supérieure, de plan carré. Le répertoire ornemental est très stylisé, et le relief reste superficiel. L'église de Vignory est dépourvue de transept, ce qui est surprenant associé à un choeur à déambulatoire et chapelles rayonnantes. Les deux travées du choeur, séparées de la nef par un arc-diaphragme, avaient peut-être été primitivement destinées à être couvertes d'une tour-lanterne qui, en dépit de l'absence du transept, aurait suggéré un effet de croisée. Mais le projet ne semble pas avoir été mené à terme. Le déambulatoire à trois chapelles rayonnantes est du plus haut intérêt pour l'histoire de l'architecture romane. Il est en effet, avec celui de Saint-Savin-sur-Gartempe (Vienne), l'un des plus anciens témoignages de ce type de chevet à être entièrement conservé en élévation. Alors qu'à Saint-Philibert de Tournus, à Saint-Aignan d'Orléans ou à la cathédrale d'Auxerre, seules les parties basses appartiennent au début du 11e siècle, on peut observer à Vignory une organisation spatiale et une hiérarchisation des volumes de l'ensemble de la construction. L'architecte semble avoir privilégié le traitement de l'intérieur de l'édifice au détriment de l'extérieur, où les larges courbes des chapelles, du déambulatoire et de l'abside se succèdent sans respiration ; seules quelques petites fenêtres interrompent, dans la zone inférieure, le plein des murs. A l'intérieur de cette enveloppe austère règne, par contraste, une certaine richesse plastique. Comme beaucoup d'architectes de son temps, celui de Vignory a été sensible au jeu des arcatures aveugles (arcature basse dans le déambulatoire, arcature enveloppant les fenêtres dans la chapelle d'axe), ainsi qu'aux colonnettes en délit (encadrement des fenêtres et de l'entrée de la chapelle d'axe). Il adopta par ailleurs, pour l'implantation des supports du rond-point, une solution rare dans l'architecture romane, avec un pilier rectangulaire situé dans l'axe des chapelles et une colonne dans celui des fenêtres ouvertes entre les chapelles. Cette disposition, qui était rendue possible par la présence, dans le déambulatoire, d'une voûte en berceau annulaire dépourvue de doubleaux, sera ultérieurement abandonnée au profit de rythmes établissant - comme c'était le cas dans d'autres édifices de la même génération, voire de la génération précédente - des correspondances structurelles plus évidentes entre arcades du rond-point et entrées des chapelles. De même, l'alternance entre piliers et colonnes ne devait guère, à cet emplacement du moins, rencontrer de succès dans les monuments plus tardifs. Les chapiteaux des colonnes de l'hémicycle sont sculptés de couples de lions affrontés appartenant davantage au monde roman que les motifs stylisés de la nef.

Période(s) Principale : 11e siècle
Principale : 12e siècle
Principale : 15e siècle
Principale : 16e siècle
Principale : 19e siècle
Auteur(s) Personnalité : Boeswilwald Emile, architecte

Eglise à plan allongé ; nef à trois vaisseaux et neuf travées ; bas-côtés sud ouvert sur cinq chapelles ; choeur à deux travées et abside voutée en cul-de-four ; déambulatoire couvert d'un berceau annulaire et s'ouvrant sur trois chapelles rayonnantes ; clocher sur la première travée nord du déambulatoire. L'élévation de la nef est à trois niveaux : arcades-basses, claire-voie, fenêtres-hautes. Nef couverte d'un toit à longs pans en tuiles plates ; bas-côtés, choeur et déambulatoire couverts en tuiles creuses ; clocher couvert en bardeaux. L'abside, le déambulatoire et les chapelles rayonnantes sont couvertes de tuiles creuses posées sur des toitures hémi-circulaires à faible pente. Le clocher est surmonté d'une flècle polygonale très pentue et couverte de bardeaux, le tout masquant une coupole octogonale en tuf. Les chapelles du bas-côté sud possèdent des toits en pavillon en tuiles plates. Les bas-côtés ont des toits à simple pan, faiblement inclinés et couverts de tuiles creuses. La façade, le mur externe du bas-côté sud et de la base du faux-clocher, les parties basses de l'intérieur de l'édifice sont en calcaire de moyen appareil ; les parements externes et internes des chapelles rayonnantes et internes de la nef en partie haute sont en moellons calcaire et enduits à la chaux.

Murs calcaire
enduit
crépi moucheté
pierre de taille
moellon
grand appareil
Toit tuile creuse, tuile plate, calcaire en couverture, bardeau
Plans plan allongé
Étages 3 vaisseaux
Couvrements cul-de-four
voûte d'arêtes
voûte d'ogives
voûte en berceau
voûte en pendentifs
charpente en bois apparente
Couvertures toit à longs pans
flèche polygonale
toit en pavillon
Escaliers escalier hors-oeuvre, escalier en vis avec jour, en maçonnerie
États conservations restauré, remanié, bon état, inégal suivant les parties, humidité, traces d'humidité, moisissures
Techniques peinture
sculpture
Représentations scène orientale représentation non figurative ornement géométrique billette losange cercle dent de scie rinceau ornement végétal oiseau griffon lion tête humaine personnages
Précision représentations

Un petit fragment de peinture murale subsiste dans la nef au niveau d'un tailloir de la claire-voie sud. Les chapiteaux et tailloirs de la nef sont ornés de figures géométriques, de motifs végétaux stylisés, d'animaux (oies, salamandres), d'animaux fantastiques (licorne, griffon), de têtes humaines et de deux orants. Les deux chapiteaux de l'abside représentent des lions affrontés (au nord) et des griffons parmi des végétaux (au sud).

18 ; 04 ; 1914 (J.O.).

Statut de la propriété propriété de la commune
Intérêt de l'œuvre à signaler
Protections classé MH, 1846
Précisions sur la protection

Eglise : classement par liste de 1846.