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Eglise paroissiale Saint-Hilaire de Sainte-Gemme

Dossier IA51001311 réalisé en 2015

Fiche

Œuvres contenues

  • Statue : Saint Hilaire
  • Fragment de retable (3) : scènes de la vie du Christ
  • Statue : Vierge à l'Enfant et saint Jean Baptiste enfant
  • Ensemble du maître-autel
  • Ensemble de l'autel secondaire de la Vierge
  • Tableau : Annonciation (L')
  • Plaque funéraire de Poncette Fetizon
  • Statue : Vierge à l'Enfant
  • Présentation des objets mobiliers de l'église paroissiale Saint-Hilaire de Sainte-Gemme
  • Porte : vantail (2)
  • Bénitier mural
  • Verrière (7) : verrière ornementale
  • Statue : Saint Sébastien
  • Banc de fidèles
  • Fonts baptismaux

Présentation historique

En 1096 Hugues de Soissons concède les autels de Sainte-Gemme et de La Noue (Aisne) au prieuré clunisois de Saint-Germain-des-Prés à Paris ; ce qui est confirmé par le pape Urbain II. Mais la documentation sur l'histoire du prieuré à Sainte-Gemme est maigre. La date de l'autonomie de ce prieuré par rapport à Saint-Martin n'est pas connue, et ce n'est qu'en 1151 qu'un document mentionne les moines installés à Sainte-Gemme, et cela n'est pas évoqué comme un évènement nouveau. Cependant, l'étude de ces quelques traces permettent de supposer qu'un monastère s'est implanté dans le Tardenois, vers le début du 12e siècle (Cf. Dom Jacques Hourlier, 1963). Il semblerait qu'entre 1225 et 1227 le prieuré a définitivement assis son expansion économique. Jusque là, la "villa" désignée par Urbain II comprend une église, des terres et des maisons ; le vocable est alors celui du toponyme : Sainte-Gemme. La date du changement du vocable en Saint-Hilaire n'est pas connue.

Ainsi, les origines de l'église remontent au 11e siècle, ce que l'on peut confirmer par le volume général de l'église et les vestiges de la peinture murale sur le mur plat du chœur. Cependant, à l'époque gothique flamboyante des ouvertures ont été reprises ou percées. La chapelle sud, selon la tradition orale, communiquait avec les bâtiments conventuels, encore conservés en partie et appartenant à une ferme privée.

L'église appartenait aux Bénédictines sous l'Ancien Régime avant d'être vendue à la Révolution. Une fois rendue au culte, ses murs ainsi que la sacristie auraient été entièrement restaurés au cours du 19e siècle grâce à la générosité de particuliers (état de situation en 1905. AD Marne 7 J 25). Si les archives dépouillées n'apportent aucune information supplémentaire concernant ces travaux, la réfection de la couverture est mise à l'étude en 1868. Cette réparation vraisemblablement urgente est estimée à 350 francs, mais la commune ne dispose d'aucune ressource pour en payer l'exécution. Sollicité à ce sujet, le Conseil de fabrique accepte de participer à hauteur de 200 francs (lettre du Sous-Préfet au Préfet de la Marne, 15 février 1869. AD Marne 2 O 3726). La suite donnée à cette affaire demeure inconnue.

En 1900, la commune projette de réparer le clocher et la croix, mais les travaux sont estimés à plus de 6700 francs alors qu'elle ne peut en fournir que 85, en cumulant les budgets de 1900 et 1901 (délibération du Conseil municipal, 24 juin 1900. AD Marne 2 O 3726). Consultée pour étudier ce dossier, la Commission des bâtiments civils argue le fait que « l’État ne fait pas de travaux aux édifices paroissiaux, mais aide seulement à en faire, dans la proportion du quart environ de la dépense. Il n'a pas, en effet, à se substituer à la fabrique et à la commune dans une charge qui leur incombe ». Aussi, compte tenu de l'urgence, elle conseille à la municipalité « d'appliquer les ressources disponibles à la réfection de la toiture, puis ensuite de scinder l'exécution des travaux intérieurs au fur et à mesure des ressources » rapport de la Commission des bâtiments civils, 13 août 1900. AD Marne 2 O 3726).

Le chantier a probablement été ajourné puisqu'en 1912, l'architecte Marlé présente un projet de réfection du clocher et d'une partie du toit de l'église dont la dépense s'élève à 2500 francs. Le Conseil municipal vote une somme de 1800 francs et sollicite une subvention de 700 francs de la part du département, « vu que la commune est sans ressources et écrasée de charge, et que d'autre part elle n'a jamais sollicité aucune subvention » (délibération du Conseil municipal, 15 août 1912. AD Marne 2 O 3726). Un mois plus tard, le Préfet rappelle au Sous-Préfet que « dans sa séance du 10 mai 1910, le Conseil Général de la Marne a décidé, vu le nombre de demandes, de ne plus accorder aucune subvention pour l'entretien et la réparation des églises » (minute préfectorale, 10 septembre 1912. AD Marne 2 O 3726). Aussi, face à l'urgence, la municipalité décide de contracter un crédit additionnel l'année suivante et met les travaux en adjudication dès le mois de septembre. Le marché est remporté par Lucien Borinzet, entrepreneur de couverture à Sainte-Gemme, avec un rabais de 10 % (procès-verbal d'adjudication des travaux, 7 septembre 1913. AD Marne 2 O 3726).

En juillet 1918, l'artillerie française détruit partiellement la toiture et les murs de l'église, mais la sacristie ainsi que les trois autels sont totalement perdus (état de l'église dressé le 1er novembre 1919. AD Marne 7 J 26). L'absence d'archives relatives aux réparations des dommages de guerre ne permet pas de suivre la progression du chantier confié aux architectes Laruelle et Félix. Néanmoins, plusieurs bordereaux des mémoires acquittés entre décembre 1922 et août 1923 montrent que les travaux ont coûté plus de 56 000 francs et furent exécutés par cinq entrepreneurs distincts : M. Delionnet (maître d'ouvrage principal), Lucien Borinzet, M. Thaireau, M. Picart et M. Cadot.

Description et analyse architecturale

Cette église en maçonnerie de pierre de taille et en moellons se situe dans un tissu urbain dense, entouré d’anciens bâtiments conventuels, pour certains en mitoyenneté.

L’église possède un plan basilical à transept composé d’un clocher porche qui ouvre sur une nef se composant d’un vaisseau central asymétrique flanqué par deux bas-côtés. Le vaisseau central est couvert par un plafond en plâtre, alors que les bas-côtés sont couverts par un plancher haut lambrissé. L’entrée occidentale est équipée d’un tambour maçonné supportant une tribune. Au sud de l’entrée, des menuiseries masquent l’accès à l’escalier montant au beffroi.

Au nord, six arcs brisés séparent le vaisseau central du bas-côté éclairé par deux baies et accessible directement par une entrée latérale ayant la forme d’un arc en plein cintre mouluré. La baie de la dernière travée du bas-côté nord présente un remplage de style gothique flamboyant.

Au sud, quatre grands arcs brisés séparent le vaisseau central du bas-côté sud éclairé par trois baies libres.

Saillant, le bras nord du transept abrite une chapelle mariale éclairée par une baie à remplages gothique flamboyant et couverte par une croisée d’ogives. Il donne accès à la sacristie hors œuvre adossé au mur occidental.

Non saillant, le bras sud du transept est éclairé par une grande baie libre et est couvert par un plancher haut lambrissé. Le mur oriental du bras sud du transept présente un arc brisé muré témoignant d’un ancien passage vers un bâtiment.

Le chœur occupe la travée de la croisée du transept, séparée de la nef par une marche. Cette travée présente un niveau de fenêtres hautes murées au-dessus des arcs brisés latéraux, témoignant de profondes transformations de cet espace occupé par le chœur. Un retable architecturé est adossé au mur d’axe aveugle du chœur.

Les élévations extérieures sont animées par les pierres de taille et les moellons apparents. Les élévations sont également rythmées par les baies maçonnées et par les contreforts contrebutant l’édifice. Les couvertures sont réalisées en tuiles plates, à l’exception de celles du clocher dont le beffroi et la toiture pyramidale sont recouverts d’ardoise.

Flanquée par des contreforts, la façade occidentale accueille une entrée encadrée par un arc surbaissé mouluré couronné par un arc en accolade plat orné de pinacles. Ce portail est surmonté par un larmier et par un oculus à remplage trilobé de style gothique rayonnant éclairant le vaisseau principal de la nef. Une horloge est installée sur la partie supérieure du pignon.

Vocables Saint-Hilaire
Destinations église paroissiale
Dénominations église paroissiale
Aire d'étude et canton Marne - Dormans-Paysages de Champagne
Adresse Commune : Sainte-Gemme
Cadastre : 2014 AB 119

Ce prieuré appartenant à l'ordre clunisien existerait depuis le 11e siècle. Au milieu du 13e siècle, il aurait atteint son expansion maximale. Des ouvertures ainsi que le portail occidental attestent de reprises au cours du 14e siècle dans le style gothique. Il était alors placé sous le vocable de Sainte-Gemme.

Les archives relatives à cette église placée sous le vocable de Saint-Hilaire à une période qui nous reste inconnue, n'offrent qu'un aperçu très lacunaire de son histoire contemporaine. Vendue à la Révolution puis rendue au culte, elle aurait bénéficié d'une restauration complète au 19e siècle. Sa toiture est refaite vers 1913 par l'architecte Marlé, avant que l'édifice ne soit lourdement touché en 1918. Les travaux de réparation ont lieu de 1922 à 1923 sous la direction des architectes Laruelle et Félix, mais le déroulement du chantier n'est pas renseigné.

Les anciens bâtiments conventuels ont été conservés, jouxtant au sud et à l'est l'église.

Période(s) Principale : 11e siècle , daté par travaux historiques , (?)
Principale : 14e siècle , (?)
Secondaire : 19e siècle, 1er quart 20e siècle , daté par source
Auteur(s) Auteur : Laruelle Alexandre,
Alexandre Laruelle (1876 - )

Né en 1876 à Créteil (Val-de-Marne), habite Dormans (Marne). Il est associé avec Jacques Felix, architecte-expert dans la Coopérative de Reconstruction (Reuil, Orguigny, Villers, Montigny), dont le bureau est à Reuil. Ils signent le monument aux morts de Ville-en-Tardenois, devis soumis en 1922, livraison en 1924 (IA51000570).


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architecte, attribution par source

Cette église en maçonnerie de pierre possède un plan basilical à transept composé d’un clocher porche qui ouvre sur une nef se composant d’un vaisseau central flanqué par deux bas-côtés. Le vaisseau central est couvert par un plafond, alors que les bas-côtés sont couverts par un plancher haut lambrissé. Le bras nord du transept abrite une chapelle mariale couverte par une croisée d’ogives. Le bras sud du transept est couvert par un plancher haut lambrissé. Le chœur occupe la travée aveugle de la croisée du transept, séparée de la nef par une marche.

Murs pierre pierre de taille enduit partiel
pierre moellon enduit partiel
Toit ardoise
Plans plan en croix latine
Étages 3 vaisseaux
Couvrements plafond
Élévations extérieures élévation à travées
Couvertures toit en bâtière pignon couvert
États conservations mauvais état
Techniques sculpture
peinture
Précision représentations

Les sols de la nef et du chœur présentent des carreaux de ciment peints.

Suite à la dépose de la toile peinte ornant le centre du retable architecturé du chœur, un décor peint polychrome a été dégagé, présentant une frise de rinceaux rouges sur un fond jaune et la représentation d’une paire de pieds humains évoquant la présence d’une fresque ancienne historiée sur le mur de fond du chœur.

Les piliers soutenant l’arc du portail muré du bras sud du transept sont sculptés de motifs végétaux stylisés.

Les culots soutenant la voûte d’ogives du bras nord du transept sont ornés de moulures sculptées.

Les baies sont équipées de verrières polychromes présentant un décor géométrique stylisé.

Les piliers nord de la nef présentent des impostes moulurées et des vestiges d’un décor de joints peints polychromes.

Statut de la propriété propriété de la commune

Références documentaires

Documents d'archives
  • AD Marne. Série G : G 1852. Archives ecclésiastiques. Eglises et fabriques paroissiales (1777-1794).

    Archives départementales de la Marne, Châlons-en-Champagne : G 1852
  • AD Marne. Série J : 7 J 25. Enquêtes paroissiales. Tableau de l'état des paroisses des archiprêtrés de Notre-Dame de Reims. (1905).

    Archives départementales de la Marne, Reims : 7 J 25
  • Archives Départementales de la Marne, Châlons-en-Champagne. Série J : 7 J 26. Enquêtes paroissiales. Tableau de l'état des paroisses des archiprêtrés de Notre-Dame de Reims. (1919).

    Archives départementales de la Marne, Reims : 7 J 26
  • AD Marne. Série O : 2 O 3726. Sainte-Gemme, église : restauration de l’église (1869) ; refonte de la petite cloche (1896) ; réfection du clocher et d’une partie du toit de l’église (1913) (1814-1923).

    Archives départementales de la Marne, Châlons-en-Champagne : 2 O 3726
  • AD Marne. Série T : 4 T 50. Beaux-arts : monuments historiques, objets d'art, fouilles (1908).

    Archives départementales de la Marne, Châlons-en-Champagne : 4 T 50
Documents figurés
  • [L'église] / [s. n.]. [s. d.]. 3 impr. photoméc. n. et b. (cartes postales). (BM Reims. CXXIV-3830-3832).

    Bibliothèque municipale Carnegie, Reims : CXXIV-3830-3832
  • Pèlerinage Marne Sainte-Gemme. Sainte-Gemme, bas-relief ancien, source Ste-Gemme, autel du pèlerinage, [vue extérieure de l'église] / Anonyme. [s. l.] ; [s. d.]. 1 impr. photoméc. : n. et b. (AD Marne. 1338 W 26).

    Archives départementales de la Marne, Reims : 1338 W 26
  • Vue diverses extérieures et intérieures / Genuys, C. (photographe), 1914 (avant). 3 négatifs noir et blanc ; gélatino-bromure ; support verre (MAP. MH0026806 ; MH0026807 ; MH0026808).

    Médiathèque de l’architecture et du patrimoine : MH0026806 ; MH0026807 ; MH0026808
  • Pélerinage de Sainte-Gemme, l'église vue de la rue / [s. n.], [s. d.]. 1 impress. photoméc. n. et b. (BMR Carnégie. CXXIV-3830).

    Bibliothèque municipale Carnegie, Reims : CXXIV-3830
  • Eglise du pèlerinage de Sainte-Gemme, XIIIe siècle / [s. n.], [s. d.]. 1 impress. photoméc. n. et b. (BMR Carnégie. CXXIV-3832).

    Bibliothèque municipale Carnegie, Reims : CXXIV-3832
Périodiques
  • HOURLIER, Jacques. Sainte-Gemme et le prieuré Sainte-Gemme dans le Tardenois. Mémoires de la société d'agriculture, commerce, sciences et arts du département de la Marne, Tome 78, Année 1963, p. 36-54.

(c) Région Champagne-Ardenne - Inventaire général (c) Région Champagne-Ardenne - Inventaire général ; (c) Ministère de la culture et de la communication ; (c) Conseil général de la Marne - Dandel Elisabeth
Elisabeth Dandel

Chercheur indépendant, gérante de l'agence Art2 Conseil, mandataire du groupement composé de Raphaëlle Rivière, Caroline Dujon-Attali, Frederike Mulot, puis de Matthieu Couchet, Michèle Robin-Clerc et Marlène Koll, pour la mission de Recensement des églises de la Marne et de leur patrimoine mobilier, lot 1 : arrondissement de Reims, hors ville de Reims (2015-2017).

Elle est mandataire du groupement composé de Raphaëlle Rivière, Pol Vendeville, Marlène Koll, Florence Bruny, Clotilde Redon, Céline Berrette, Sarah Rambaud pour le lot 2 : arrondissement d'Epernay (2017-2019) ; et du lot 6 : ville de Reims (2017-2018).


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- Rivière Raphaëlle
Raphaëlle Rivière (1985 - )

Chercheur indépendant, gérante de l'agence Akhesen, membre du groupement Art2 Conseil composé de Caroline Dujon-Attali, Frederike Mulot, puis de Matthieu Couchet, Michèle Robin-Clerc et Marlène Koll, pour la mission de Recensement des églises de la Marne et de leur patrimoine mobilier, lot 1 : arrondissement de Reims, hors ville de Reims (2015-2017).

Elle est co-traitante du groupement composé de Elisabeth Dandel, Pol Vendeville, Marlène Koll, Florence Bruny, Clotilde Redon, Céline Berrette, Sarah Rambaud pour le lot 2 : arrondissement d'Epernay (2017-2019) ; et du lot 6 : ville de Reims (2017-2018).


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