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Église paroissiale Saint-Martin de Warmeriville

Dossier IA51001238 réalisé en 2015

Fiche

Œuvres contenues

Présentation historique

La construction de l’église primitive détruite pendant la première guerre mondiale remonte au 12e siècle pour ses parties les plus anciennes comme la tour, le chœur et la première travée. Les travaux s'achèvent au 13e siècle avec le chevet L’édifice est ensuite remanié au 16e siècle et reconstruit au 19e siècle. Bâti en forme de croix latine en pierre et craie, l’édifice comprend une nef, deux bas-côtés, un transept surmonté d’une tour de croisée et une abside à 5 pans (Travaux de l’Académie de Reims, vol. 146, 1931-1932). L’église est placée sous le vocable de Saint-Martin dès sa création, d’après le pouillé de 1316 (Cousin-Henrat. Études historiques sur Warmeriville et ses dépendances, Reims, 1900). Dans chacun des bras du transept se situe alors une chapelle, l’une dédiée à la Vierge, l'autre à saint Martin mais également à saint Druon (Cousin-Henrat, op. cit.).

Les sources fournissent peu d’information sur son état antérieur à 1660. Les visites pastorales réalisées à la fin du 17e et pendant le 18e siècle, rapportent régulièrement l'état de l’ancienne église et de son entretien. En 1669, l’église menace ruine, notamment la chapelle Saint-Martin-Saint-Druon, située dans le bras sud du transept, dont les travaux sont financés en 1674 par des religieux de Saint-Thierry (AD Marne. G 252). En 1683, la visite rapporte la reprise d’un arc-boutant de la chapelle du bras nord du transept ; la nef est en mauvais état, ainsi que les bas-côtés : ils ne sont ni voûtés, ni pavés et sans plancher. Malgré leur voûtement, le chœur, le cancel et les chapelles subissent quelques problèmes d’infiltrations d’eau par les couvertures en ardoises. Celles-ci sont réparées en 1687 (Travaux de l’Académie de Reims, op. cit.).

En 1712, la modeste église souffre, comme les églises de Saint-Étienne-sur-Suippe, Selles et Saint-Masmes, du pillage par des bandes armées dirigées par le major Growenstein lors de la guerre de succession d’Espagne (Travaux de l’Académie de Reims, op. cit.). Le 19 avril 1732, la haute et élégante flèche, incendiée par la foudre, s’écroule sur le chœur, ruinant le toit et les chapelles. La proposition de construire un clocher plus petit sans flèche est rejetée par les habitants de Warmeriville, attachés à cette construction de 21 pieds. Les travaux durent 7 à 8 ans, la tour est refaite avec une toiture à pavillon, mais les cloches sont descendues à l’étage inférieur. En 1772, des réparations sont réalisées par un entrepreneur en maçonnerie (Travaux de l’Académie de Reims, op. cit.). En 1774, l’église est considérée comme trop petite pour la communauté.

En 1826, quelques réparations sont faites par l’entrepreneur Victor Griffon (Travaux de l’Académie de Reims, op. cit.). En 1863, des travaux réalisés par l’architecte Reimbeau de Reims comprend : l'allongement de la nef, la construction d'un portail, et une reprise de la façade occidentale à 3 pignons. Elle est percée d’une rosace au-dessus de la porte d’entrée. Les piliers de la nef et les bas-côtés sont élargis, les toitures sont refaites (AD Marne. 2 O 5140). L’édifice perd son caractère d’origine.

En juillet 1914, le conseil approuve la réparation de la toiture de l’église mais les archives n'apportent aucune indication quant à la réalisation de ces travaux (AD Marne. 2 O 5140).

Détruite par les bombardements de la première guerre mondiale, l'église est reconstruite par les architectes parisiens R. Berger et V. Buet, également chargés de la construction de la nouvelle église d’Heutrégiville (IA51001219). Les travaux sont réalisés entre 1926 et 1932, livrant une église dans un style néo-roman, dont le chœur est décoré d'un placage en marbre travertin jaune par M. Lacote-Wary (AD Marne. 2 O 5140).

Les documents d’archives ne fournissent pas d’autres éléments sur d’éventuels travaux entrepris au cours du 20e siècle à nos jours.

Analyse architecturale et description

L'église s'élève au centre du village de Warmeriville, en face la mairie et jouxte l'école primaire. Les proportions harmonieuses des bas-côtés et de la nef compris dans un plan allongé a laissé tout le loisir aux architectes de réaliser un décor de façade à l'aide des l'appareillage des moellons : l'appareil mixte en pierre s'interrompt à hauteur des fenêtres par un bandeau d'assises régulières. Les ouvertures sont encadrées de pierre de taille régulière, l'arc s'appuyant sur des consoles. Associée à un appui de fenêtre saillant, cette régularité rompt avec l'appareil mixte. Une corniche à modillons et denticules vient souligner le bas de toiture des bas-côtés. Un mince soubassement en meulière donne une assise régulière à l'édifice permettant de rattraper le niveau du sol naturel avec celui de l'église. L'accès latéral sud, donnant sur la Place de l'église, est marqué par un tympan sculpté représentant les attributs de saint Martin dans une mandorle : la mitre avec fanions et la crosse. Ils semblent jaillir d'un fleuve (vagues) et d'une gloire (rayons et nuée). Épousant la forme de l'arc, le vocable de l'église nous est ainsi dévoilé : SANCTUS MARTINUS. La travée centrale de la façade occidentale est en légère saillie, renforçant la hauteur et la verticalité du clocher. L'archivolte est décoré d'un large bandeau avec des entrelacs se déroulant du sommet de l'arc vers les consoles. Celles-ci sont frappées d'une croix sur laquelle repose un drapé. Celui-ci retombe dans un effet trompe-l'œil en faisant des draps plissés sous la console. Aux 2e et 3e niveaux du clocher, des médaillons carrés viennent en saillie, ces mêmes modules sont reproduits dans la partie haute du clocher, réalisant un damier accrochant la lumière de diverses façons. Sur les quatre faces un cadran d'horloge est encadré d'un archivolte retourné, parcourant toutes les faces du dernier niveau.

Après avoir franchi les 4 marches d'accès à l'occident, on pénètre dans le vestibule, supportant la tribune d'orgue. La nef à 3 vaisseaux de 5 travées se déploie en direction de l'est, aboutissant sans franchir de transept à l'abside semi-circulaire du chœur. Au-delà des grandes arcades, s'appuyant sur des piles cylindriques avec chapiteau et tailloir, se développent les vaisseaux latéraux. Ceux-ci sont plafonnés, éclairés par des verrières historiées en plein-cintre. Dans la nef, les ouvertures en plein-cintre en partie haute viennent creuser la voûte en berceau, rythmant ainsi la progression vers le chevet. L'abside est éclairée par une baie d'axe et deux baies latérales en lancettes cintrées. Les mur de l'abside sont parés jusqu'à mi-hauteur de plaque de marbre jaune avec deux tablettes en saillies encastrées.

Les observations faites dans l'église d'Heutrégiville et dans les archives relatives à cette église réalisée par les mêmes architectes, permettent de supposer qu'un décor peint, aujourd'hui masqué par la peinture blanche, devait souligner les arcades et les murs supérieurs de l'abside.

Vocables Saint-Martin
Dénominations église paroissiale
Aire d'étude et canton Marne - Bourgogne
Adresse Commune : Warmeriville
Adresse : place de l'église Saint-Martin
Cadastre : 2014 AC 01 172

L'église actuelle remplace un édifice construit au 12e et 13e siècle, détruit au cours de la première guerre mondiale. Les architectes R. Berger et V. Buet construisent entre 1926 et 1932 une nouvelle église de style néo-roman, en collaboration avec Lacote-Wary, qui signe les décors du chœur.

Période(s) Principale : 12e siècle , daté par travaux historiques , (détruit)
Principale : 13e siècle , daté par travaux historiques , (détruit)
Secondaire : 16e siècle , daté par travaux historiques , (détruit)
Secondaire : 1ère moitié 18e siècle , daté par travaux historiques , (détruit)
Secondaire : 3e quart 19e siècle , daté par source , (détruit)
Principale : 2e quart 20e siècle , daté par source
Dates 1732, daté par travaux historiques
1863, daté par source
1926, daté par source
Auteur(s) Auteur : Reimbeau Louis-Auguste,
Louis-Auguste Reimbeau (1826 - 1865)

REIMBEAU Louis-Auguste (1826-1865). Architecte, dessinateur. Élève de Narcisse Brunette, il fut attaché à Visconti dans la construction du Nouveau Louvre. Il épousa à Rethel en 1854 Gabrielle Joséphine Harmel (1831-1913), fille du filateur de Boulzicourt (Ardennes) et repose au Cimetière du Nord. (http://cths.fr/an/prosopo.php?id=109635).


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architecte, attribution par source
Auteur : Berger R.,
R. Berger

Avec V. Huet, architecte parisien intervenu dans la Marne lors de la période de reconstruction. Ils ont été chargé de la construction des églises d'Heutrégiville et de Warmeriville.


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architecte, attribution par source
Auteur : Lacote-Wary,
Lacote-Wary

Entrepreneur de la reconstruction.


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entrepreneur, attribution par source
Auteur : Huet V.,
V. Huet

Avec R. Berger, architectes parisiens intervenus dans la Marne lors de la période de reconstruction. Ils ont été chargé de la construction des églises d'Heutrégiville et de Warmeriville.


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architecte, attribution par source

L'église est un édifice de plan allongé. Un clocher porche surplombe la façade occidentale, créant un vestibule à l'entrée de la nef. Le vaisseau central de celle-ci, à deux niveaux d'élévation et profond de 5 travées, s'ouvre au nord et au sud par de grandes arcades en plein-cintre sur des collatéraux. Les baies des trois vaisseaux sont en plein cintre, occupées par des verrières historiées et colorées. De part et d'autre du vestibule, se trouve la chapelle des fonts au sud, l'accès à la chaufferie, à la tribune d'orgue et au clocher au nord. Sans transept, l'église est terminée à l'est par un chevet semi-circulaire, flanqué de part et d'autre de deux annexes : la sacristie au sud, un débarras au nord. La nef est voûtée en berceau à lunettes sans arc doubleau, et l'abside en cul-de-four.

Murs pierre appareil mixte
meulière moyen appareil
Toit tuile mécanique, tuile plate
Plans plan allongé
Étages 3 vaisseaux
Couvrements voûte en berceau plein-cintre, à lunettes
cul-de-four
plafond
Couvertures toit à longs pans croupe polygonale
appentis
noue
toit en pavillon
Escaliers escalier tournant à retours, en charpente
États conservations bon état
Techniques sculpture
Représentations ornement géométrique croix entrelacs draperie denticule crosse mitre
Précision représentations

Le décor sculpté de l'église est localisé sur les façades extérieures : arc et archivolte de l'entrée occidentale, face ouest du clocher et dernier niveau sur les 4 faces, tympan de l'accès latéral sud. Le parement de l'église en appareil irrégulier constitue en lui-même un décor, en alternant avec une assise régulière sous et entre les ouvertures (façades nord et sud). Un jeu plus complexe de parement est réalisé au dernier niveau du clocher, réalisant un damier de surfaces planes et brutes. Sous la gouttière des toitures des bas-côtés, une corniche moulurée avec denticules fait un renforcement horizontal. Au-dessus de l'entré sud, le tympan sculpté porte le nom du vocable en archivolte, et représente les attributs de saint Martin : la mitre avec fanions et la crosse. Enfin, le portail occidental est décoré sur l'archivolte d'entrelacs, retombant sur une console représentant un croix avec un drapé, et dessous un drap plissé.

À l'intérieur, les piles de la nef sont coiffées de chapiteau à corbeille, au décor simple de bandes. Les murs de l'abside du chœur sont revêtus de plaques de marbre de travertin jaune. Aujourd'hui, les murs de la nef peints en blanc cachent sans doute un décor peint, à l'image de ce qui existait à Heutrégiville (IA51001219).

Statut de la propriété propriété de la commune

Références documentaires

Documents d'archives
  • Archives Départementales de la Marne, Châlons-en-Champagne. Série G : G 258. Doyenné de Lavannes : paroisse de Bazancourt et Pomacle son annexe. (1765-1791).

    Archives départementales de la Marne, Reims : G 258
  • AD Marne. Série G : 2 G 1641. Réparations de l'église. (1649-1751).

    Archives départementales de la Marne, Reims : 2 G 1641
  • AD Marne. Série O : 2 O 5140. Restauration (1866) ; reconstruction (1925) ; travaux divers (1932). (1862-1932).

    Archives départementales de la Marne, Châlons-en-Champagne : 2 O 5140
Documents figurés
  • Plan et élévation de l'église de Warmeriville telle qu'elle étoit avant l'incendie de la flèche / Auteur inconnu. [s.d.]. 1 dessin : encre, lavis. 1 repro. numérique. (AD Marne. 2 G 1641/53).

    Archives départementales de la Marne, Châlons-en-Champagne : 2 G 1641/53
  • Plan de l'église de Warmeriville / Auteur inconnu, avant 1863. 1 dessin : en noir : crayon. 1 repro. numérique. (BM Reims Carnegie. BMR 74-432).

    Bibliothèque municipale Carnegie, Reims : BMR 74-432
  • Ensemble de plans pour le 2e projet de la nouvelle église / R. Berger et V. Huet, 1925. 8 plans : en noir. 1:50 ; 1:20 (AD Marne. 2 O 5140).

    Archives départementales de la Marne, Châlons-en-Champagne : 2 O 5140
  • Warmeriville, église : dessins de chapiteaux, griffes et fonts baptismaux / Abbé Alfred Chevallier. [19e]. 3 dessins : en noir. Photo. inv. Jacques Philippot (reproduction). 3 photogr. pos. : n. et b. (BM Reims Carnegie. CHG 13).

    Bibliothèque municipale Carnegie, Reims : CHG 13
  • Vues de l'église de Warmeriville / Abbé Chevallier, 19e. 2 dessins : en noir : crayon. 2 repro. numériques. (BM Reims Carnegie. BMR 74-430 ; BMR 74-431).

    Bibliothèque municipale Carnegie, Reims : BMR 74-430 ; BMR 74-431
  • Église : vestiges de guerre, abri / Léon Doucet, s. d. 3 photogr. nég. : support verre : n. et b. (Médiathèque de l'architecture et du patrimoine. MH0066236-MH0066238).

    Médiathèque de l’architecture et du patrimoine : MH0066236 ; MH0066237 ; MH0066238
Bibliographie
  • GIVELET, Charles. Répertoire archéologique de l'arrondissement de Reims. Vol. 146. L. Michaud, 1931-1932.

    p. 235-268
  • COUSIN-HENRAT. Étude historique sur Warmeriville et ses dépendances. Reims : Monce. 1900.

(c) Région Champagne-Ardenne - Inventaire général (c) Région Champagne-Ardenne - Inventaire général ; (c) Ministère de la culture et de la communication ; (c) Conseil général de la Marne - Dujon-Attali Caroline
Caroline Dujon-Attali

Chercheur indépendant, membre du groupement Art2 Conseil pour le Recensement des églises de la Marne et de leur patrimoine mobilier, lot 1 : arrondissement de Reims hors ville de Reims (2015-2017).


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- Dandel Elisabeth
Elisabeth Dandel

Chercheur indépendant, gérante de l'agence Art2 Conseil, mandataire du groupement composé de Raphaëlle Rivière, Caroline Dujon-Attali, Frederike Mulot, puis de Matthieu Couchet, Michèle Robin-Clerc et Marlène Koll, pour la mission de Recensement des églises de la Marne et de leur patrimoine mobilier, lot 1 : arrondissement de Reims, hors ville de Reims (2015-2017).

Elle est mandataire du groupement composé de Raphaëlle Rivière, Pol Vendeville, Marlène Koll, Florence Bruny, Clotilde Redon, Céline Berrette, Sarah Rambaud pour le lot 2 : arrondissement d'Epernay (2017-2019) ; et du lot 6 : ville de Reims (2017-2018).


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- Mulot Frederike
Frederike Mulot

Chercheur indépendant, membre du groupement Art2 Conseil pour le Recensement des églises de la Marne et de leur patrimoine mobilier, lot 1 : arrondissement de Reims hors ville de Reims (2015-2017).


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- Rivière Raphaëlle
Raphaëlle Rivière (1985 - )

Chercheur indépendant, gérante de l'agence Akhesen, membre du groupement Art2 Conseil composé de Caroline Dujon-Attali, Frederike Mulot, puis de Matthieu Couchet, Michèle Robin-Clerc et Marlène Koll, pour la mission de Recensement des églises de la Marne et de leur patrimoine mobilier, lot 1 : arrondissement de Reims, hors ville de Reims (2015-2017).

Elle est co-traitante du groupement composé de Elisabeth Dandel, Pol Vendeville, Marlène Koll, Florence Bruny, Clotilde Redon, Céline Berrette, Sarah Rambaud pour le lot 2 : arrondissement d'Epernay (2017-2019) ; et du lot 6 : ville de Reims (2017-2018).


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