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Église paroissiale Saint-Remy

Dossier IA10000455 réalisé en 2003

Fiche

Œuvres contenues

L’église paroissiale Saint-Remy

L’architecture

L’église paroissiale Saint-Remy a probablement été établie au Xe siècle comme le prouvent sa première mention en 1007 et les tombes trouvées en 1986 dans l’emplacement de l’ancien cimetière au sud de l’édifice. Un maigre vestige de l’église romane subsiste dans le bras sud du transept, l’essentiel de l’église ayant été reconstruit au XIVe siècle pour la nef et au XVIe pour le chœur. Une inscription rapporte que la tour fut commencée en 1386. D’une grande simplicité, elle est remarquable par la préservation de sa flèche en charpente d’origine, très élancée. La tour était assez proche de celle de l’ancienne abbaye Saint-Loup, sensiblement contemporain et aujourd’hui détruite, à la différence que, dans cet exemple, les contreforts montaient jusqu’en haut de l’étage des fenêtres.

L’édifice, en mauvais état, a été restauré par l’architecte diocésain Paul Selmersheim, entre 1884 et 1897, en particulier la façade principale. Il a pris soin de préserver des traits inusuels dans la région, comme le pignon à redents qui couronne l’élévation de la travée gauche. En revanche, il a substitué au porche ajouté en 1593, à deux travées et couvert en pavillon, un auvent en bois de son invention. Cette façade fut édifiée vers 1430-1450 et présente des traits flamboyants encore timides comme les archivoltes en accolade des arcs du portail et le tympan divisé en niches, en remplacement des registres horizontaux. Le gothique rayonnant est encore bien marqué dans la rose, centrée autour d’une étoile à cinq branches. Cependant, au sein des pétales qui s’entrecroisent tout autour se niche le motif nouveau de la mouchette (élément de réseau en forme de larme, typique de l’architecture flamboyante).

La nef, les bas-côtés et le chœur

La partie basse de la nef fut reconstruite dans la première moitié du XIVe siècle. On y retrouve l’élévation à deux niveaux et les piles à noyau polygonal de Saint-Jean-au-Marché (IA10000453), modèle qui dérive des supports des bas-côtés du chœur de la cathédrale. Mais contrairement à cet exemple, trois colonnettes au lieu d’une seule reçoivent les voûtes hautes du vaisseau central. Les chapiteaux, très dégradés, ont été refaits pour la plupart lors de la grande restauration dirigée par Paul Selmersheim.

Les voûtes des bas-côtés furent lancées dans le deuxième quart du XVe siècle au moment où étaient élevées les parties hautes du vaisseau central. Ces travaux témoignent de l’évolution de l’architecture dans le profil des moulures, le décor des chapiteaux et surtout dans l’adoption, encore timide, de dessins en courbe et contre-courbe sur le réseau des fenêtres.

La mouluration des ogives de la voûte et le pilier à droite de l’entrée du chœur permettent de dater la croisée du début du XIIIe siècle. Le pilier à gauche fut refait ultérieurement, de manière très soignée : la forme de la base, le remplacement des colonnettes par des moulures prismatiques et la substitution des chapiteaux par un bandeau décoratif le rattachent aux nouvelles formes de support introduites par Florent Bleuet sur le chantier de la cathédrale en 1455-1456.

Le chœur fut reconstruit dans les premières années du XVIe siècle : mention des travaux en 1502 ; allusion aux quatre piliers et au couvrement des chapelles rayonnantes en 1503 ; la date de 1526, gravée sur la voûte de l’abside, marque la fin du chantier. Son parti est identique aux chœurs contemporains de Sainte-Madeleine (IA10000452) et de Saint-Nizier (IA10000459) : les trois chapelles rayonnantes se combinent aux travées du déambulatoire pour former une succession de trois unités de plan hexagonal ; l’élévation est à deux niveaux et les nervures pénètrent directement dans les supports en forme de colonne. Cette ressemblance s’étend jusque dans la façon de dessiner les remplages des baies et de traiter les grandes arcades, aux moulures très développées du côté de l’abside, plus réduites vers le déambulatoire. Le plan de Saint-Remy est le plus régulier des trois. Les voûtes du haut vaisseau sont simples, contrairement aux deux autres chœurs, celle de l’abside ayant la particularité de présenter deux clefs reliées par une branche d’ogive. On ne connaît pas l’auteur de ce chœur, mais comme Jean Gailde travailla à de menues réparation dans la nef entre 1501 et 1503, il est tentant de l’attribuer à ce maître, auteur à peu près certain du chœur de Sainte-Madeleine et créateur de son jubé.La chaire date du XVIIe siècle et provient du couvent de la Visitation.

Vocables Saint-Remy
Dénominations église paroissiale
Aire d'étude et canton Aube - Troyes 1
Adresse Commune : Troyes
Adresse : rue Pithou

Église construite au milieu du 14e siècle. La tour-porche porte la date de 1386. Porte et porche occidentaux de 1593-1594.

Période(s) Principale : milieu 14e siècle
Secondaire : 4e quart 16e siècle
Secondaire : 19e siècle
Dates 1386, daté par travaux historiques, porte la date
1594, daté par travaux historiques

Église à plan en crois latine ; abside à pentagonale garnie de 5 chapelles ; tour-clocher sur le côté sud de la nef à flèche torsadée.

États conservations état moyen

Intérieur relativement sain. Humide dans certaines parties (surtout la sacristie).

Statut de la propriété propriété de la commune
Intérêt de l'œuvre à signaler
Éléments remarquables clocher
Protections classé MH, 1908/04/06
Précisions sur la protection

Eglise Saint-Rémy : classement par arrêté du 6 avril 1908.

Annexes

  • 20031040437NUC : Evêché de Troyes

    20031040436NUC : Evêché de Troyes

    20031040435NUC : Evêché de Troyes

    20031040434NUC : Evêché de Troyes

    20031040433NUC : Evêché de Troyes

    20031040432NUC : Evêché de Troyes

Références documentaires

Bibliographie
  • DUCOURET, Bernard, BOUDON-MACHUEL, Marion, MINOIS, Danielle et al. Les églises de Troyes. Cathédrale, collégiales et églises paroissiales. Châlons-en-Champagne : Région Champagne-Ardenne (Inventaire général) ; Lyon : Lieux Dits, 2013 (Images du patrimoine ; 279).

    p. 154-155