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Église paroissiale Saint-Rémy

Dossier IA52079153 inclus dans Recensement du patrimoine mobilier du département de la Haute-Marne réalisé en 1992

Fiche

  • Vue générale
    Vue générale
  • Impression
Précision dénomination ancienne abbatiale
Vocables Saint-Rémy
Dénominations église paroissiale
Aire d'étude et canton Haute-Marne - Wassy
Adresse Commune : Montier-en-Der
Adresse : 10 place de l'Hôtel de Ville

L'actuelle église paroissiale Saint-Rémy est l'ancienne abbatiale de l'abbaye bénédictine fondée en 673 par saint Berchaire sur des terres données par le roi Childéric II. A la Révolution, l'ancienne église paroissiale de Montier-en-Der, du vocable de Saint-Rémy, fut détruite. Les paroissiens retrouvèrent un lieu de culte dans l'abbatiale inoccupée qui était alors dédiée à Notre-Dame et où ils continuèrent à célébrer leur ancien patron, saint Rémy. L'abbé Adson (960-982) entreprit la reconstruction de l'église qui fut consacrée en 998 (il en subsiste les grandes arcades de la nef). Au cours de la 1ère moitié du 11e siècle, on dota la nef de tribunes et d'un massif antérieur à tours et à la fin 12e on édifia le choeur et la tour de façade qui furent probablement achevés aux alentours de 1200. Au 14e siècle, l'abbé Ferry éleva la chapelle des fonts au nord du choeur. Au début du 16e siècle, l'abbé commendataire François de Dinteville modifia la partie antérieure de l'église (reconstruction de la façade et destruction de sa tour septentrionale) et remplaça les charpentes des tribunes par des voûtes. Une transaction fut passée le 6 février 1556 entre le cardinal Charles de Lorraine, archevêque de Reims et abbé commendataire, et Girard de Hault, procureur des habitants dépendants de l'abbaye pour que ces derniers effectuent 600 charrois pour la réparation de l'église (réfection des flèches des deux clochers de l'abbaye et de leur couverture en ardoise), d'autres travaux comme la démolition des corps de logis en bois de l'abbaye (maisons abbatiales, trésorerie, chantrerie, aumônerie, étables, prévôté) et reconstruire le mur de clôture de l'abbaye avec quatre tours à canonnière, un pont-levis et une herse à l'entrée. En 1773, les bâtiments abbatiaux furent reconstruits puis transformés en haras en 1811 et enfin rasés en 1860. Sous l'impulsion de Prosper Mérimée, le choeur, la chapelle axiale et le déambulatoire furent restaurés par Emile Boeswillwald entre 1851-1855 et 1860-1863. Son fils, Paul-Louis Boeswillwald, reconstruisit la charpente de la nef, brûlée par un incendie en 1893, et les parties supérieures du clocher entre 1896 et 1901. L'édifice fut bombardé et incendié le 14 juin 1940 ce qui entraîna un grand chantier de restauration dès 1941 et la reconstruction quasi-totale de la nef sous la direction de Jacques Laurent, architecte en chef des Monuments Historiques. Cette phase de travaux s'acheva au milieu des années 1950 mais la flèche de la tour ne fut posée qu'en 1982 en suivant les plans de Jean-Baptiste Bouchardon qui l'avait construite au 18e siècle et non ceux de Boeswilwald qui l'avait reconstruite à la fin du 19e siècle. Ancienne abbatiale des moines du Der.

Période(s) Principale : 13e siècle
Principale : 14e siècle
Principale : 10e siècle
Principale : limite 12e siècle 13e siècle
Secondaire : milieu 19e siècle
Secondaire : milieu 20e siècle
Secondaire : 4e quart 20e siècle
Dates 1982, daté par source
Auteur(s) Auteur : Bouchardon Jean-Baptiste
Jean-Baptiste Bouchardon (16 mai 1667 - 1737)

Jean-Baptiste Bouchardon naquit le 16 mai 1667 à Saint-Didier-en-Velay ; il était le fils d’Antoine Bouchardon et de Gabrielle Trinquet. On ne connaît pas sa formation, ni la raison qui l’a poussé à s’installer à Chaumont, probablement aux environs de 1690. Il épousa le 29 octobre 1692 à la basilique Saint-Jean-Baptiste Anne Chéré, fille du maître-coordonnier Joachim Chéré et Anne Jacquin. Le mariage fut célébré par Jean Chéré (frère ou oncle de la jeune fille). Ainsi, Jean-Baptiste Bouchardon entra dans une famille de la petite bourgeoisie chaumontaise assez rapidement. Avait-il des relations, notamment dans le milieu professionnel, pour venir s’installer dans cette région ? Le jeune couple acquiert une maison rue Chaude, dans laquelle il resta. Seize enfants sont baptisés entre 1694 et 1720 à la basilique. Parmi eux, trois connurent une certaine notoriété. Jacquette, l’aînée, naquit le 29 septembre 1694 et ne quitta pas la maison familiale, participant à l’éducation de ses frères et sœurs et surtout, travaillant à l’atelier qu’elle continua à faire fonctionner après la mort de son père. Elle mourut en 1756. Edme (1698-1762), après avoir obtenu le prix de Rome, passa dix ans dans la Ville Eternelle, puis revint à Paris où il fut nommé sculpteur du roi. Son frère, Jacques-Philippe (1711-1753) fut appelé par le roi de Suède, dont il devint le premier sculpteur et directeur de l’Académie de Stockholm. Si sa fille Jacquette travaillait avec Jean-Baptiste Bouchardon, elle n’était pas la seule ; en effet, le sculpteur était entouré d’un atelier dont nous pouvons suivre la composition et l’évolution à travers le livre de raison tenu par Anne Chéré jusqu’à sa mort en 1737, puis par Jacquette. Parmi les divers apprentis et compagnons, il faut distinguer le rôle important du sculpteur Daniel Hansman qui fut un véritable collaborateur. Par ailleurs, Jean-Baptiste Bouchardon travaillait avec deux menuisiers Nicolas Vacherot et Nicolas Brocard, et un peintre Bénigne Lallier, lequel était appelé pour la réalisation de toiles insérées dans les retables.

Cette équipe atteste d’une activité importante, qui se confirme par la liste des réalisations qui sont connues et attribuées. Sa production est diversifiée, car il fut aussi nommé architecte en 1709, puis maître-architecte en 1713. Il participait à l’expertise, à l’entretien et aux réparations des bâtiments existants (églises d’Andelot, de Chaumont, Monthier-en-Der ou abbaye de Longuay…, couvents des Carmélites, des Ursulines, du Val des Ecoliers de Chaumont…) ; il construisit des maisons (Chaumont, Boulancourt, Poulangy…) et des châteaux (Trémilly, Juzennecourt, Chamarandes, Autreville…). En 1716, il réalisa un projet d’hôpital et manufacture de la ville de Chaumont, connu par des dessins (musée d’art et d’histoire de Chaumont) lequel sera réalisé par l’architecte Langrois Forgeot après sa mort.

Son activité de sculpteur fut tout aussi diverse : statuaires pour les parcs des châteaux de Scey-sur-Saône, de Saint-Michel, d’Ollans, de Chamarandes… Les monuments funéraires sont connus par les dessins : Claude-François Jehannin, Pierre de Ponset et son épouse Marguerite de Choiseul, Claude Fyot de la Marche. Mais c’est le mobilier liturgique le plus important en nombre : statuaires (églises de Ricey-Bas, Brottes, Roôcourt-la-Côte, Montsaon, Choignes…), chaires à prêcher (Andelot, Chaumont, Vigny) et banc d’œuvre de la basilique Saint-Jean-Baptiste de Chaumont.

Les retables, par l’importance de la décoration sculptée et statuaire et aussi pour la composition architecturale nécessaire à leur élaboration, bénéficièrent de la double compétence de l’artiste chaumontais. Ils sont bien connus ; quinze nous sont parvenus intégralement : églises d’Andelot, Arrentières, Bas-sur-Aube, Braux-le-Châtel, Buxières-les-Froncles, basilique Saint-Jean-Baptiste de Chaumont, hôpital de Chaumont, Saint-Aignan au faubourg de Reclancourt, Clefmont, Colombey-les-Choiseul, Fresnes-sur-Apance, Landreville, Loches, Mussey-sur-Seine, Saint-Urbain. D’autres ont eu une histoire plus mouvementée ; ainsi, ils n’existent plus que sous forme lacunaire : abbaye des Ursulines et abbaye des Carmélites de Chaumont, églises de Cirfontaine-en-Azois, Fontette, Montier-en-Der et Neuville-sur-Seine.

Les réalisations de cet artiste sont aujourd’hui assez bien connues. Sa production abondante, dont une grande partie a été conservée, résulte d’une cinquantaine d’années d’activité, qui s’achève avec sa mort le 15 janvier 1742.


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Auteur : Boeswillwald Emile
Auteur : Boeswilwald Paul-Louis, architecte, attribution par source

Edifice à plan allongé. La nef est à trois vaisseaux de huit travées : le vaisseau central est couvert par une charpente apparente et les bas-côtés de voûtes d'ogives. Les bas-côtés sont surmontés par un triforium lambrissé s'ouvrant sur le vaisseau central par des baies géminées. Le vaisseau central se prolonge à l'ouest d'une travée supplémentaire (occupée par la tribune d'orgue). Le flanc sud de cette dernière accueille la tour du clocher en pierre couronnée par une partie supérieure charpentée (couverte d'ardoise) terminée par une flèche carrée surmontée d'un lanterneau. Les trois vaisseaux de la nef sont couverts de toits individuels. Le choeur se compose d'une travée droite suivie par une abside à cinq pans :la première travée est couverte à moitié par une voûte d'ogives à trois quartiers et l'autre moitié de cette travée avec le reste du choeur sont couverts par d'une voûte d'ogives à huit quartiers. L'étage est également occupé par un triforium voûté d'ogives s'ouvrant par des baies à double colonnes. Le choeur est ceinturé par un déambulatoire voûté d'ogives s'ouvrant sur cinq chapelles rayonnantes : quatre sont composées d'une travée droite suivie d'une abside à trois pans et sont couvertes d'une voûte d'ogives à six quartiers ; la chapelle axiale est plus développée puisqu'elle comporte une travée droite supplémentaire et est couverte d'une voûte d'ogives à huit quartiers. Le flanc nord des deux dernières travées de la nef et de la première travée du choeur est accosté par la chapelle des fonts composée de deux travées droites et d'une abside à trois pans. La sacristie à plusieurs salles voûtées d'ogives est accolée à cette chapelle. La façade occidentale, la tour du clocher et le choeur sont en pierre de taille et la nef est enduite. Nef prolongée par le choeur et abside entourée d'un déambulatoire sur lequel s'ouvrent cinq chapelles absidiales. Nef couverte d'une charpente apparente. Collatéraux couverts au nord de voûtes sur croisée d'ogives (17e siècle) et au sud d'un plafond de bois.

Murs calcaire enduit
pierre de taille

Toit tuile plate, ardoise
Plans plan allongé
Étages 3 vaisseaux
Couvrements voûte d'ogives
charpente en bois apparente
Couvertures flèche carrée croupe polygonale
toit à longs pans croupe ronde
Escaliers escalier intérieur
États conservations bon état
Techniques sculpture
vitrail
Représentations crochet tête humaine
Précision représentations

Chapiteaux à crochet et culots ornés de têtes humaines dans le choeur. Vitraux de l'abside par Max Ingrand et la nef par Louis-René Petit.

18/04/1914 (J.O.).

Statut de la propriété propriété de la commune, Bien qu'en grande partie renconstruite, la nef présente l'aspect rare d'un édifice de la fin du 10e siècle. Remarquable élévation du choeur des alentours de 1200 à quatre niveaux.
Intérêt de l'œuvre à signaler
Protections classé MH, 1862
Précisions sur la protection

Eglise : classement par liste de 1862.

Références documentaires

Documents d'archives
  • AD Haute-Marne. 7 H 170. Transactions diverses, 1556-16e siècle.

    Archives départementales de la Haute-Marne, Chamarande-Choignes
  • AD Haute-Marne. 2 O 2314. Eglise, presbytère, cimetière, 1807-1891.

    Archives départementales de la Haute-Marne, Chamarande-Choignes
  • AD Haute-Marne. 1 Fi 749. Gravures reçues en don en 2001. Eglise de Montier-en-Der : façade latérale restaurée par Emile Boeswillwald (0,45 mx 0,63 m), s.d..

    Archives départementales de la Haute-Marne, Chamarande-Choignes
  • AD Haute-Marne. 1 Fi Gravures reçues en don en 2001. Eglise de Montier-en-Der : coupe latérale par Emile Boeswillwald (0,44 m x 0,63 m), s.d..

  • AD Haute-Marne. 6 Fi 207 ; 209 ; 213-216 ; 480-500. Documents figurés de la collection Jules Barotte

    Archives départementales de la Haute-Marne, Chamarande-Choignes
  • AD Haute-Marne. 8Fi 332-7. Montier-en-Der : choeur de l'église : carte postale.

    Archives départementales de la Haute-Marne, Chamarande-Choignes
  • AD Haute-Marne. 8 Fi 332-9. Montier-en-Der : chevet de l'église : carte postale.

    Archives départementales de la Haute-Marne, Chamarande-Choignes
  • AD Haute-Marne. 8 Fi 332-25-32. Montier-en-Der : église : carte postale.

    Archives départementales de la Haute-Marne, Chamarande-Choignes
Bibliographie
  • ROUSSEL, Charles. Le diocèse de Langres : histoire et statistique. Langres, 1875, tome II.

    p.550-553
  • KOPPE, B. Die frühromanische Emporenbasilika in Montier-en-Der. Neue erkenntnisse. Sarrebruck, 1990.

  • PEROUSE DE MONTCLOS, Jean-Marie (dir.). Guide du patrimoine en Champagne-Ardenne. Paris : Hachette, 1995.

    p.229-232
  • POISSON, G. Montier-en-Der, église préromane et romane. Paris X-Nanterre : Mémoire de maîtrise, 1984, 2 tomes.

  • DELHUMEAU, Herveline. les campagnes de reconstruction fin XIIe début XIIIe siècles dans l'ancienne abbatiale de Montier-en-Der. Thèse de IIIe cycle. Paris : Université de Paris IV, 1985.

  • PRACHE, Anne. Les constructions gothiques de l'ancienne église abbatiale de Montier-en-Der. In [Colloque. Montier-en-Der.1998]. Langres, 2000.

    p.433-443
  • BARRAL I ALTET, X. La nef pré-romane de Montier-en-Der. In [Actes du colloque international d'histoire. Montier-en-Der.1998]. Les moines du Der. 673-1790. Langres, 2000.

    p.389-409
  • BRAUN, Suzanne. Architecture et sculpture romanes en Champagne-Ardenne. S.l. : Editions Créer, 2008.

  • RONOT, Henri. Champagne romane. La-Pierre-qui-Vire, 1981.

    p.287-293
Périodiques
  • RAVAUX, Jean-Pierre. La date de la nef de l'église abbatiale de Montier-en-Der. Cahiers haut-marnais, 1975, n° 122, p. 111-125.

(c) Ministère de la culture (c) Ministère de la culture ; (c) Région Champagne-Ardenne - Inventaire général (c) Région Champagne-Ardenne - Inventaire général ; (c) Conseil départemental de la Haute-Marne (c) Conseil départemental de la Haute-Marne - Decrock Bruno - Bennani Maya - Griot François - Léclapart Carole
Carole Léclapart , né(e) Dominé (30/12/1967 - )

service régional de l'inventaire, documentaliste.


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