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Église paroissiale Sainte-Madeleine

Dossier IA10000452 réalisé en 2003

Fiche

Œuvres contenues

L’église paroissiale Sainte-Madeleine

L’architecture

La création de la riche paroisse Sainte-Madeleine, mentionnée pour la première fois en 1157, fut directement liée au développement des foires et du quartier marchand. Elle constitua une succursale de Saint-Remy jusqu’à la Révolution. La construction de l’église remonte à la fin du XIIe siècle : commencée par le chœur et le bras sud, elle s’est poursuivie par la nef, puis s’est achevée par le bras nord au début du XIIIe siècle. Bâtie en matériaux de mauvaise qualité et minée par les excavations funéraires (les riches bourgeois de la paroisse y élisaient volontiers leur dernière demeure), elle dut être restaurée à plusieurs reprises, et notamment de 1861 à 1878, par Fléchey et Bailly, architectes de la ville, qui suivirent les recommandations de l’architecte parisien Henri Labrouste. Lors de cette dernière intervention, des pans de mur entiers ont été remontés (en particulier dans la nef et le côté occidental du bras nord), les voûtes hautes jadis en maçonnerie furent refaites en bois et plâtre par souci d’allègement des supports tandis que la modénature et la sculpture étaient en majeure partie remplacées. Les architectes prirent soin toutefois de reproduire exactement les éléments antérieurs et réalisèrent à cet effet une importante série de moulages.

L’édifice présentait primitivement un plan en croix grecque, le tout bordé de bas-côtés. Une flèche en charpente, sans doute postérieure, marquait la croisée du transept. Démolie en 1876-1877, sa base subsiste. D’après les éléments encore en place, le chœur comportait deux travées et son vaisseau central était couvert d’une voûte sexpartite comme la nef et les bras du transept, mais sa terminaison orientale, mur droit ou abside, n’est pas connue. A la fin du XVe siècle, les angles rentrants entre les bas-côtés en appentis de la nef et du transept furent comblés par une chapelle couverte d’un toit en pavillon (la chapelle de gauche était en cours d’édification en 1495-1496). La façade principale, affaiblie de l’intérieur par la tribune du grand orgue établie en 1540 par Martin de Vaulx, fut refaite en 1778-1780. D’une grande sobriété – le rez-de-chaussée formant soubassement à l’étage rythmé par un ordre toscan – elle se distingue par la savante stéréotomie (art de la taille de la pierre) de son portail : l’appareillage en éventail du tympan se développe en panache sur la voussure.

L’élévation intérieure est à trois niveaux : grandes arcades, triforium et fenêtres hautes. Deux particularités, exceptionnelles dans la région mais qui deviendront courantes en Bourgogne au XIIIe siècle, sont à souligner : la hauteur inhabituelle du triforium par rapport aux autres niveaux et la coursière régnant au-devant des fenêtres hautes (les ouvertures à travers les piliers ont été murées par la suite). Dans le chœur, partie la plus ancienne qui s’étend à la première travée orientale du bras nord (à droite de l’image), le triforium est faux, se réduisant à trois arcades plaquées contre le mur et une seule fenêtre au lieu de deux ouvre le troisième niveau. Dans les autres travées, le passage est interrompu par les piliers, l’entrée se faisant, pour chaque travée, par une porte ouvrant sur les combles des bas-côtés. Une succession de petites voûtes en berceau transversaux les couvrent, se traduisant sur les arcs par un premier rouleau en plein cintre alors que le deuxième est brisé. Au revers de la façade principale – dans son agencement primitif – et de celle du bras nord, la baie du troisième niveau est triple et la coursière au-devant, couverte de petites voûtes d’ogives – solution très rare – est délimitée par cinq arcs d’une grande élégance. Les bas-côtés ont conservé leurs voûtes d’ogives d’origine, très bombées.

Le chœur, le déambulatoire et les chapelles rayonnantes

A la fin du XVe siècle, la paroisse de la Madeleine était habitée principalement par des gens de robe issus des principales familles de marchands. La taille de l’église étant devenue sans doute insuffisante, il fut décidé de construire un chœur plus vaste, sous la direction de Jehan Gailde, maître d’œuvre qui jouissait alors dans la ville d’une certaine réputation et qui était probablement l’auteur des plans. Principalement grâce aux verrières, on sait que le que le chantier, bien avancé en 1501 (baie haute portant cette date), se poursuivit jusqu’en 1506. La première travée du chœur fut conservée mais sa voûte refaite. On reconstruisit la deuxième et on la prolongea par une abside à déambulatoire et trois chapelles rayonnantes. L’originalité du plan consiste dans la fusion du déambulatoire et des chapelles en des entités hexagonales couvertes d’une voûte au dessin étoilé. Le système est incomplet à gauche où il fallait ménager l’espace rectangulaire de la sacristie et d’une chapelle attenante, dont l’édification est probablement contemporaine du chœur. Un tel parti procure une admirable continuité au mur vitré délimitant les chapelles qui semble épouser le déambulatoire en ondulant.

Le vaisseau central présente deux niveaux, grandes arcades sur colonnes – système qui deviendra très en vogue en Champagne méridionale dans les années suivantes – et fenêtres hautes relativement réduite au-dessus d’un mur nu (le cordon de séparation en bois est un ajout postérieur). Les nervures des voûtes reprennent le dessin étoilé des parties basses, seul élément décoratif dans cet ensemble où toutes les moulures des arcs et des voûtes pénètrent directement dans les supports. Les dernières recherches ont pointé la grande ressemblance de ce chœur avec celui de Saint-Pierre de Coutances (Manche), un peu antérieur (vers 1493), dont Jehan Gailde a très bien pu voir le projet. Le dessin des remplages des fenêtres est particulier à l’auteur et connaîtra un grand succès : il complique ses compositions par la division des soufflets (motif en forme cœur) en mouchettes (motifs en forme de flamme), et les mouchettes en mouchettes secondaires, faisant parfois rayonner l’ensemble autour d’un point central.

Vocables Sainte-Madeleine
Dénominations église paroissiale
Aire d'étude et canton Aube - Troyes 1
Adresse Commune : Troyes
Adresse : rue de la Madeleine

Cette église fut jadis succursale de Saint-Rémi. L'église mentionnée en 1157 a été reconstruite vers 1200 pour la nef, le transept et la première travée de chœur, vers 1500 pour le chœur. L'hypothèse récemment soutenue, selon laquelle l'église de 1200 avait un plan en croix grecque, encore reconnaissable dans l'état actuel, s'appuie sur le fait que le courte nef, buttant sur la rue, n'aurait pu être allongée. Le projet du chœur est attribué sans preuve à Jean Gailde, l'auteur du jubé. En 1519 on procédait à la consécration des autels. La tour-clocher flanquant la nef a été commencée en 1535 par Nicolas Mauvoisin sur un projet de Nicolas Cordonnier ; elle a été achevée à partir de 1548 par Jean et Girard Faulchot. Le portail du bras droit a été élevé en 1550 par Jean Rousseau : il ouvrait sur le cimetière, dont on a conservé la porte sur rue, œuvre de Martin de Vaulx datée de 1525 (on y voit la salamandre de François Ier). La façade date de la fin du 17e siècle. Mal bâtie, l'église a été plusieurs fois restaurée : en 1609, en 1778, et surtout de 1868 à 1878 par l'architecte Fléchey : celui-ci a en particulier refait entièrement, à l'imitation de l'élévation droite, l'élévation gauche du vaisseau central, qui avait été classicisée par les restaurations des 17e et 18e siècles ; il a refait en bois les voûtes du vaisseau central et repris le bras gauche.

Période(s) Principale : limite 12e siècle 13e siècle
Secondaire : limite 15e siècle 16e siècle
Secondaire : 17e siècle
Secondaire : 18e siècle
Secondaire : 19e siècle
Dates 1535, daté par travaux historiques, daté par source
1550, daté par travaux historiques
1609, daté par travaux historiques
1778, daté par travaux historiques
1878, daté par travaux historiques
Auteur(s) Auteur : Mauvoisin Nicolas, Faulchot Jean et Girard, Rousseau Jean, Fléchey,
Mauvoisin Nicolas, Faulchot Jean et Girard, Rousseau Jean, Fléchey
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architecte, attribution par source

Église à plan allongé ; déambulatoire et 3 chapelles dont celle du nord tronquée par le prolongement du bas-côtés nord du chœur  ; abside à 3 pans ; chœur à 2 travées accompagné de bas-côtés doubles ; nef à 2 travées et bas-côtés doubles ; tour-clocher dans l'angle sud-ouest.

États conservations inégal suivant les parties, remanié

Fragilités au niveau de certaines voûtes. Toîture non entretenue (mousses). Sacristie confinée, pas assez arérée. 18/04/1914 (J.O.).

Statut de la propriété propriété de la commune
Intérêt de l'œuvre à signaler
Protections classé MH, 1840
Précisions sur la protection

Eglise : classement par liste de 1840.

Références documentaires

Bibliographie
  • DUCOURET, Bernard, BOUDON-MACHUEL, Marion, MINOIS, Danielle et al. Les églises de Troyes. Cathédrale, collégiales et églises paroissiales. Châlons-en-Champagne : Région Champagne-Ardenne (Inventaire général) ; Lyon : Lieux Dits, 2013 (Images du patrimoine ; 279).

    p. 8, 90-93