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Église paroissiale Sainte-Marie-Madeleine de Heutrégiville

Dossier IA51001219 réalisé en 2015

L’église des origines, du Moyen-Âge à la période moderne

L'église Sainte-Marie-Madeleine était connue pour être, avec celles de Lavannes (IA51001221) et de Bourgogne (IA51001209), l'un des exemples les plus remarquables de l'architecture gothique de l'arrondissement de Reims (Travaux de l'Académie de Reims, vol. 122, 1907). Le premier édifice remonte au 13e siècle, il a été détruit totalement au cours de la première guerre mondiale.

Archives et publications fournissent une description fort complète de son état avant la destruction. D’après les visites de 1883 et 1904, l’église est élevée sur un tertre et entourée de murs ; elle est composée d’une nef à 3 travées et deux bas-côtés, d’un transept avec une tour sur la croisée, d’une abside flanquée de 2 chapelles. Alors que les murs sont en craie, les contreforts et autres éléments de construction sont en pierre. Les dalles de pavement proviennent de la carrière d’Heutrégiville. Par ailleurs, les dimensions montrent l’ampleur de l’édifice : 24,70 m de longueur, 14,20 m de largeur, 10 m de hauteur sous clé de voûte et 32 m jusqu’au sommet du clocher (Givelet, Répertoire archéologique, ... vol. 146, 1931-1932).

Charles Givelet étudie par le détail l'allure de l'édifice gothique, qui ne manquait ni de grandeur, ni de qualité esthétique. Il fait une analyse poussée des différents espaces et éléments constitutifs, et nous renvoyons à son article pour l'ensemble de ces détails. Les visites pastorales de la fin du 17e et du 18e siècle permettent de se faire une idée l'état du bâtiment et de son entretien à cette époque. Selon la visite du doyenné de Lavannes en 1683 et 1774, l’église est entièrement voûtée et pavée, en bon état, à l’exception des vitres de la nef (AD Marne. G 258). En 1686, des réparations effectuées au chœur et au cancel sont financées par les habitants.

De la Révolution à la première guerre mondiale

Après la Révolution française, l’édifice est abandonné quelque temps. En 1805, la commune dépense 4 000 frs pour la réparation du chevet. En 1817, l’église est fortement délabrée, les murs lézardés, les voûtes crevassées. Des problèmes de solidité apparaissent sur les contreforts, la tour du clocher risque de s’effondrer. Des réparations urgentes ont lieu en 1825.

Dans la première moitié du 19e siècle, la tour menace ruine, comme le mentionne l’architecte Durand dans un rapport de 1838 : « monument du 13e siècle, bien complet, à préserver d’une ruine prochaine ». La tour est alors rebâtie pour une somme de 11900 frs en 1853 sur le modèle de l’ancienne, avec l’ajout d’un beffroi et d’une cloche, sous la direction de M. Tortrat, architecte. Certains éléments, telles les colonnettes, sont remployés, d’autres comme les chapiteaux sont renouvelés (Givelet, Répertoire archéologique, ... , vol. 146, 1931-1932). L’ajout de la sacristie moderne date de 1862. Une inscription donne sa date de construction : « Cette sacristie fut érigée par M. Bosc, curé d’Heutrégiville, et bâtie par Libert en 1862 ainsi que la restauration des voûtes et tout l’intérieur de l’église ». Par ailleurs, une autre inscription gravée à la demande de l’abbé Bosc en 1859 est située au-dessus de l’arc du transept : « DOM / HOC TEMP. AEDIF. FUIT / ANN. INCAR. MCCLXXV ».

D’autres travaux sont effectués en 1898 par l’architecte M. Boësch de Reims (AD Marne. 2 O 2231).

L’église de la reconstruction

Après la première guerre mondiale, l’église est totalement ruinée. Un nouvel édifice de style néo-roman est construit en 1926 sur son emplacement par les architectes parisiens R. Berger et V. Buet (AD Marne. 2 O 2231), également chargés de la construction de la nouvelle église de Warmeriville. La date est portée en façade. Le nom des architectes et entrepreneurs est inscrit sur le côté nord du clocher, dans le bandeau inférieur : R. BERGER ET V. BUET / ARCHITECTES D.P.L.G. // LIETOUT ET SES FILS / ENTREPRENEURS. La riche ornementation des façades a été réalisée par le sculpteur Antoine Simon (AD Marne. 2 O 2231). Des motifs géométriques formés de damiers alternant carrés de brique, pierre taillée en diamant, rond et pierre brute, couvrent la façade occidentale, le clocher, la nef, les bas-côtés et le chevet. Une large frise à feuilles d’acanthes se répète sur toutes les façades à l’exception de celles du clocher. Le portail occidental est encadré de voussures avec claveaux à feuillage et boules, claveaux lisses, claveaux en torsade et en T, et à billettes. La corniche du clocher est composée de denticules, billettes et dents-de-scies. L’encadrement de toutes les baies est formé de billettes, perles, oves et dards.

L’église comporte trois vaisseaux à 4 travées, sans transept. Le chevet est à 5 pans. Le clocher construit en façade occidentale est accessible par un escalier extérieur. Le plan de l’église est allongé, sur 2 niveaux d’élévation. La nef et les bas-côtés sont séparés par des piliers. Le vaisseau central est en berceau, les bas-côtés couverts de plafonds. L’abside est en cul-de-four. Une tribune est située au-dessus de l’entrée, la sacristie est en partie basse du chevet. Le vaisseau central et les collatéraux sont éclairés par des baies en demi-lune, le chœur par 2 baies en plein-cintre.

Les documents d’archives fournissent aucun autre élément sur d’éventuels travaux entrepris au cours du 20e siècle à nos jours.

Vocables Sainte-Marie-Madeleine
Dénominations église paroissiale
Aire d'étude et canton Marne - Bourgogne
Adresse Commune : Heutrégiville
Adresse : rue de l'église
Cadastre : 2014 C 02 396

L'église médiévale est détruite en totalité en 1914-1918. Le nouvel édifice de style néo-roman est construit en 1926 sur son emplacement par les architectes parisiens R. Berger et V. Buet, également chargés de la construction de la nouvelle église de Warmeriville. La date est portée en façade. Le nom des architectes et entrepreneurs est inscrit sur le côté nord du clocher, dans le bandeau inférieur : R. BERGER ET V. BUET / ARCHITECTES D.P.L.G. // LIETOUT ET SES FILS / ENTREPRENEURS. L’ornementation des façades a été réalisée par le sculpteur Antoine Simon.

Période(s) Principale : 13e siècle , daté par travaux historiques , (détruit)
Secondaire : 4e quart 17e siècle , daté par source , (détruit)
Secondaire : 1er quart 19e siècle , daté par source , (détruit)
Secondaire : 2e moitié 19e siècle , daté par source , (détruit)
Principale : 2e quart 20e siècle , porte la date
Dates 1200, daté par travaux historiques
1275, daté par travaux historiques
1686, daté par source
1805, daté par source
1853, daté par source
1862, daté par source
1898, daté par source
1926, porte la date
Auteur(s) Auteur : Berger R.,
R. Berger

Avec V. Huet, architecte parisien intervenu dans la Marne lors de la période de reconstruction. Ils ont été chargé de la construction des églises d'Heutrégiville et de Warmeriville.


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architecte, signature
Auteur : Lietout et fils,
Lietout et fils

Entrepreneur de la reconstruction.


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entrepreneur, signature
Auteur : Simon Antoine, sculpteur, signature
Auteur : Buet V.
V. Buet

Architecte de la Reconstruction.


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L’église est construite en pierre de taille, moellon, meulière et brique. Elle comporte trois vaisseaux à 4 travées, sans transept. Le chevet est à 5 pans. L'accès au clocher construit en façade occidentale est extérieur. Le plan de l’église est allongé, sur 2 niveaux d’élévation. Le vaisseau central, couvert en berceau et les bas-côtés, plafonnés, sont séparés par des piliers. L’abside est en cul-de-four. Une tribune est située au-dessus de l’entrée, la sacristie est en partie basse du chevet.

Le vaisseau central et les collatéraux sont éclairés par des baies en demi-lune, le chœur par 2 baies en plein-cintre. Les toits en ardoise sont en appentis à l’exception de celui du clocher, en flèche, et de la nef, à longs-pans.

Murs pierre pierre de taille
pierre moellon
terre brique et pierre en damier
meulière
Toit ardoise
Plans plan allongé
Étages 3 vaisseaux
Couvrements voûte en berceau plein-cintre
plafond
cul-de-four
Couvertures toit à longs pans pignon découvert
croupe polygonale
appentis
flèche carrée
Escaliers escalier dans-oeuvre : escalier tournant à retours, en charpente
États conservations bon état
Techniques sculpture
ferronnerie
maçonnerie
Représentations ornement géométrique ornement végétal croix damier pointe de diamant cercle acanthe feuillage billette torsade denticule dent de scie perle ove
Précision représentations

L’ornementation est riche. Des motifs géométriques formés de damiers alternant carrés de brique, pierre taillée en diamant, cercle et pierre brute couvrent la façade occidentale, le clocher, la nef, les bas-côtés et le chevet. Une large frise à feuilles d’acanthes se répète sur toutes les façades à l’exception de celles du clocher. Le portail occidental est encadré de voussures avec claveaux à feuillage et boules, claveaux lisses, claveaux en torsade et en T, et à billettes. La corniche du clocher est composée de denticules, billettes et dents de scies. L’encadrement de toutes les baies est formé de billettes, perles, d’oves et de dards.

Statut de la propriété propriété de la commune
Intérêt de l'œuvre à signaler

Références documentaires

Documents d'archives
  • Archives Départementales de la Marne, Châlons-en-Champagne. Série G : G 258. Doyenné de Lavannes : paroisse de Bazancourt et Pomacle son annexe. (1765-1791).

    Archives départementales de la Marne, Reims : G 258
  • AD Marne. Série O : 2 O 2231. Réparations (1843) ; reconstruction du clocher (1862) ; travaux à l’église (1883) ; reconstruction de l’église (1924). (1843-1926).

    Archives départementales de la Marne, Châlons-en-Champagne : 2 O 2231
Documents figurés
  • AD Marne. Série J : 7 J 6. Organisation territoriale du diocèse. Cartes postales des églises du diocèse de Reims. (1914-1920).

    Archives départementales de la Marne, Reims : 7 J 6
  • Heutrégiville, église : plan, élévations/ Abbé Alfred Chevallier. [19e]. 5 dessins : en noir. Photo. inv. Jacques Philippot (reproduction). 5 photogr. pos. : n. et b. (BM Reims Carnegie. CHG 13)

    Bibliothèque municipale Carnegie, Reims : CHG 13
  • Vues extérieure et intérieures / Beausseron, avant 1914. 3 photogr. nég. : support verre : n. et b. (Médiathèque de l'architecture et du patrimoine. MH0065092 ; MH0065093 ; MH0065096).

    Médiathèque de l’architecture et du patrimoine : MH0065092 ; MH0065093 ; MH0065096
  • Église d'Heutrégiville : vues de l'extérieur / Jacques Philippot, 2000. 4 photogr. pos. : n. et b. (SRI. Classeur vert).

    Service régional de l'inventaire de Champagne-Ardenne : Classeur vert
  • Vues de la nouvelle église d'Heutrégiville / A. Wilmet, s.d. 2 cartes postales. Tirage mécanique (BM Reims Carnegie. BMR 63-398 ; BMR 63-399).

    Bibliothèque municipale Carnegie, Reims : BMR 63-398 ; BMR 63-399
Bibliographie
  • GIVELET, Charles. Répertoire archéologique de l'arrondissement de Reims. Vol. 146. L. Michaud, 1931-1932.

    p. 13-33
(c) Région Champagne-Ardenne - Inventaire général (c) Région Champagne-Ardenne - Inventaire général ; (c) Ministère de la culture et de la communication ; (c) Conseil général de la Marne - Dujon-Attali Caroline
Caroline Dujon-Attali

Chercheur indépendant, membre du groupement Art2 Conseil pour le Recensement des églises de la Marne et de leur patrimoine mobilier, lot 1 : arrondissement de Reims hors ville de Reims (2015-2017).


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- Dandel Elisabeth
Elisabeth Dandel

Chercheur indépendant, gérante de l'agence Art2 Conseil, mandataire du groupement composé de Raphaëlle Rivière, Caroline Dujon-Attali, Frederike Mulot, puis de Matthieu Couchet, Michèle Robin-Clerc et Marlène Koll, pour la mission de Recensement des églises de la Marne et de leur patrimoine mobilier, lot 1 : arrondissement de Reims, hors ville de Reims (2015-2017).

Elle est mandataire du groupement composé de Raphaëlle Rivière, Pol Vendeville, Marlène Koll, Florence Bruny, Clotilde Redon, Céline Berrette, Sarah Rambaud pour le lot 2 : arrondissement d'Epernay (2017-2019) ; et du lot 6 : ville de Reims (2017-2018).


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Frederike Mulot

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Raphaëlle Rivière (1985 - )

Chercheur indépendant, gérante de l'agence Akhesen, membre du groupement Art2 Conseil composé de Caroline Dujon-Attali, Frederike Mulot, puis de Matthieu Couchet, Michèle Robin-Clerc et Marlène Koll, pour la mission de Recensement des églises de la Marne et de leur patrimoine mobilier, lot 1 : arrondissement de Reims, hors ville de Reims (2015-2017).

Elle est co-traitante du groupement composé de Elisabeth Dandel, Pol Vendeville, Marlène Koll, Florence Bruny, Clotilde Redon, Céline Berrette, Sarah Rambaud pour le lot 2 : arrondissement d'Epernay (2017-2019) ; et du lot 6 : ville de Reims (2017-2018).


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