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Église priorale Notre-Dame et Sainte-Croix, actuellement église paroissiale Saint-Nicolas

Dossier IA08001508 réalisé en 2011

Fiche

Genre de bénédictins
Vocables Saint-Nicolas
Destinations église paroissiale
Dénominations église
Aire d'étude et canton Ardennes - Rethel
Adresse Commune : Rethel
Adresse : place Anatole France
Cadastre : 2013 AH 54

Un prieuré fut fondé en 1118 par le comte de Rethel, Hugues Ier, et donné à l´abbé de Saint-Remi de Reims qui y plaça des bénédictins pour la desservir (ils y restèrent jusqu´en 1685 et furent ensuite remplacés par trois prêtres séculiers). Cette donation approuvée par les papes Calixte II en 1119, Honoré II en 1127, Eugène III en 1145. Cette église priorale dédiée à Notre-Dame et à Sainte-Croix, comportait trois vaisseaux, celui au sud étant dédié à la paroisse et comportait une chapelle Saint-Nicolas. En 1279, les religieux décidèrent de rebâtir leur nef en rapport et en harmonie avec le nouvel ouvrage du chœur. Il ressort donc de ce passage que le chœur venait d'être rebâti. Par rapport à l'ancienne nef, la nouvelle devait être raccourcie et diminuée, son extrémité, ainsi que l'extrémité du bas-côté sud correspondant à la chapelle Saint-Nicolas étaient destinés à disparaître pour augmenter le terrain du cimetière de la paroisse. Le reste de l´autre bas-côté devait être annexé au prieuré dans toute l´étendue du grenier du prieuré. Le prieur était tenu de réparer à ses frais et de raccorder à la nouvelle nef les parties conservées des anciens bas-côtés. Il était chargé d´élever sur la nef et le chœur une tour de clocher. Mais les travaux ne furent pas exécutés à la lettre : 22 ans après, la tour qui devait être érigée sur la nef et le chœur n'était pas bâtie. Le prieur, du consentement des habitants, la remplaça par une tour élevée à l´entrée de l´église dont la réception eut lieu en mars 1301. En 1313 on décida d'agrandir la partie paroissiale qui était trop exigüe en l'allongeant vers l'est. Vraisemblablement dans la seconde moitié du 15e siècle (en 1440 selon certaines sources) ou vers la fin du 16e siècle, on décida de reconstruire complètement la partie paroissiale en bâtissant une nef aussi importante que celle du prieuré et en la doublant dans la foulée d'un bas-côté. Ces travaux se poursuivirent jusque dans la première moitié du 16e siècle. Ainsi un marché fut passé en février 1511 avec Jesson Bailly, maçon, pour la construction du portail de la façade méridionale. En 1517, un nouveau marché fut passé entre les représentants de l´église et un maçon de Biermes nommé Rambaut le Buz pour des ouvrages de maçonnerie à réaliser avant octobre 1518. Enfin, en 1531 eut lieu un procès-verbal qui constatait que tout était terminé, que le monument avait été remis à neuf et réparé de façon somptueuse. Mais d'autres travaux (probablement mineurs) eurent encore lieu ; ainsi la voûte de la première travée de la nef nord (celle qui supportait le clocher de 1301) portait une inscription commémorant sa réfection en 1536 et l'arc séparant cette travée du reste de la nef celle de 1531. En 1596, l'architecte rémois Guillaume Gentillastre répara des dégâts. Le même architecte aidé de ses confrères Gérard de Paris et Michel Clouet établit en 1599 un devis pour restauration de la tour dont les travaux furent conduits par Rigobert ou Gobert Paris, maître maçon à Mézières. Ces travaux de réparation ne supprimèrent pas complètement les problèmes car en 1602 des pierres tombèrent de la voûte. Aussi, le 2 juin 1607 une transaction fut passée entre Louis de Lorraine, abbé de Saint-Remi, les échevins et habitants de Rethel autorisant ceux-ci à faire démolir la grosse tour à condition d´en faire bâtir une autre. Le 1er juillet 1614 eut lieu la pose de la première pierre de nouvelle tour dans l'axe du bas-côté méridional. L'architecte fut probablement le même que celui du clocher de Mézières, Gobert Paris. Cette tour fut en grande partie bâtie avec la pierre tirée de Semuy et les travaux se terminèrent vers 1650. Elle subit quelques dégâts lors de sièges soutenus par Rethel en 1617, 1652 et 1653. Le prieuré fut supprimé en 1740 et ses revenus furent réunis à ceux de la fabrique. En résumé, l'abside du collatéral nord (ancienne chapelle Saint-Pierre) et la quatrième travée de ce collatéral ainsi qu'une bonne partie de la nef septentrionale datent de la fin du 13e siècle : en réalité, les 3e piliers de la nef et l'abside sont plutôt de la première moitié du 13e siècle ; en vertu de l'acte de 1279, le chœur nord (anciennement sous le vocable de Notre-Dame) venait d'être reconstruit et il date donc 3e quart du 13e siècle. La cinquième travée du collatéral nord comporte quatre chapiteaux de la fin du 12e siècle (remplois ?). La nef sud, son collatéral, le reste du collatéral nord, des voûtes de la nef nord datent de la campagne qui s'est déroulée entre la fin du 15e siècle et 1530 ; certains chapiteaux des parties sud et du collatéral nord comportent d'ailleurs des éléments de style Renaissance, signe d'une réalisation à la fin de cette campagne. Endommagée pendant la Première Guerre mondiale, elle fut restaurée entre 1919 et 1936. Mais elle fut encore plus durement touchée en 1940 : de la paille accumulée pour accueillir les réfugiés dans l´église en 1940, engendra des incendies qui détruisirent les bancs et boiseries, calcinèrent les piliers, les murs et les voûtes qui s'effondrèrent en janvier 1941 ; les travaux de reconstruction commencèrent en 1941 sous la conduite de l'architecte en chef, M. Y-M Froidevaux, et durèrent jusqu'en 1959.

Période(s) Principale : 2e moitié 12e siècle
Principale : 3e quart 13e siècle
Principale : limite 13e siècle 14e siècle
Principale : 1er quart 17e siècle
Principale : limite 15e siècle 16e siècle
Principale : 2e quart 16e siècle
Principale : 1er quart 17e siècle
Secondaire : 1ère moitié 20e siècle
Dates 1279, daté par travaux historiques
1536, porte la date
Auteur(s) Auteur : Bailly Jesson, maître maçon, attribution par travaux historiques
Auteur : Paris Rigobert ou Gobert, maître maçon, (?), attribution par travaux historiques
Auteur : Le Buz Rambaut, maître maçon, attribution par travaux historiques
Auteur : Gentillastre Guillaume, architecte, attribution par travaux historiques
Auteur : Paris Gérard de, architecte, attribution par travaux historiques
Auteur : Clouet Michel, architecte, attribution par travaux historiques
Auteur : Froidevaux Yves-Marie,
Yves-Marie Froidevaux

Architecte en chef.


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architecte, attribution par travaux historiques

L'église Saint-Nicolas est implantée au centre de la villle, sur la colline qui la domine. Elle présente un plan allongé à deux nefs de quatre travées et deux collatéraux chacune accompagnée d'un collatéral : celui au nord à cinq travées et abside hemicirculaire et celui au sud à quatre travées ; le choeur septentrional se compose d'une travée droite et d'une abside hemicirculaire et le choeur méridional de deux travées droites et d'une abside à trois pans. La sacristie est située dans l'angle du collatéral sud et du choeur. L'imposante tour de clocher est accolée à la façade occidentale du collatéral sud. Présence d'une crypte sous la sacristie. L'ensemble de l'édifice est bâti en pierre de taille (de Semuy pour la tour) en moyen appareil et la sacristie en pierre de taille pour les chaînes d'angle et en brique pour le remplissage. Les sols des nefs, des collatéraux et du choeur nord sont couverts de tomettes et celui du choeur sud de dalles de calcaire. Les murs des deux absides septentrionales sont percés de baies en arc brisé, celles du choeur comportant des remplages du premier âge gothique, et les parties sud de vastes baies à remplages flamboyants. Les nefs et leurs collatéraux comportent des arcades en arc brisé à chapiteaux sculptés supportant des voûtes d'ogives dont certaines à liernes et tiercerons. Le mur sud de la seconde travée du collatéral sud comporte un portail très développé composé ainsi : une double porte séparée par un pilier central surmontée par un tympan ajouré, l'ensemble étant inclu sous des voussures prismatiques reposant sur des ébrasements à nervures et bases de même mouluration ; les voussures se terminent par un gâble à niche centrale incorporé dans une balustrade ; cet ensemble est lui-même surmonté, en arrière-plan, par une grand rose flamboyante et est encadré par deux tourelles d'escalier en vis demi-hors-oeuvre ; et la rose est surmontée par un pignon décoré d'un haut-relief. La haute tour du clocher présente trois niveaux : le rez-de-chaussée de la face sud accueille un portail à porte en plein-cintre à clé en bossages moulurés un-sur-deux surmonté par un fronton cintré brisé à volutes supérieures rentrantes ; l'ensemble est présenté sous un fronton triangulaire et un entablement dorique supportés par deux colonnes doriques ; le niveau intermédiaire aveugle est de style ionique et le niveau de la chambre des cloches est de style corinthien. La couverture de l'ensemble de l'édifice est en ardoise. Les deux nefs sont couvertes de toits à longs pans, la dernière travée du collatéral sud par un toit à longs pans à pignons découverts, le collatéral sud et une travée du collatéral nord par un toit à longs pans à croupe, le reste du collatéral nord par un toit en appentis, les tourelles d'escalier par des flèches en pierre, la première travée de la nef septentrionale et le clocher par un toit en pavillon (celui du clocher est surmonté par un lanternon).

Murs calcaire
brique
pierre de taille
moyen appareil
pierre avec brique en remplissage
Toit ardoise, pierre en couverture
Plans plan allongé
Étages 4 vaisseaux
Couvrements voûte d'ogives
Couvertures toit à longs pans
appentis
pignon découvert
croupe
croupe polygonale
Escaliers escalier demi-hors-oeuvre : escalier en vis, en maçonnerie
États conservations bon état, restauré, inégal suivant les parties
Techniques vitrail
sculpture
Représentations crochet feuillage armoiries homme ordre dorique ordre ionique ordre corinthien
Précision représentations

Chapiteaux à crochet et feuillages dans le collatéral, la nef et le choeur nord ; chapiteaux feuillagés avec quelques personnages dont certains tiennent des blasons aux parties sud.

Remarquable édifice comportant des parties de la fin du 13e siècle et d'autres de la fin du 15e et du début du 16e siècle dont un portail commencé en 1511. Clocher débuté en 1514. Classement précisé par certificat du 17 ; 01 ; 1924.

Statut de la propriété propriété de la commune
Intérêt de l'œuvre à signaler
Éléments remarquables nef, choeur, clocher, portail
Protections classé MH, 1840
Précisions sur la protection

Eglise Saint-Nicolas : classement par liste de 1840.

Références documentaires

Documents d'archives
  • Archives départementales des Ardennes, archives concernant les restaurations des édifices classés, provenant de la préfecture, service du ministère de l´instruction publique et des beaux arts, 4 T.

    Archives départementales des Ardennes, Charleville-Mézières : 4 T
Bibliographie
  • JADART, Henri. Les Eglises du diocèse de Reims, aperçu de leur intérêt historique et artistique. Reims : imp. Coopérative, 1877. 72 p.

    p. 8
  • JADART, Henri, DEMAISON, Louis. Les inscriptions commémoratives de la construction d´églises dans la région rémoise et ardennaise, Xe-XVIIe siècles. Caen : 1899. n.p.

    pp. 24-27
  • Dictionnaire des églises de France. Volume 5 : Champagne, Flandre, Artois, Picardie. Paris : Robert Laffont, 1969. 144 p.

    p. 105
  • MANCEAU, Henri. Charleville-Mézières (Charleville, Etion, Mézières, Mohon, Montcy-Saint-Pierre). Charleville-Mézières : impr. P. Anciaux & Cie, 1967. 76 p.

    p. 55
  • COLLIN, Hubert. Les églises anciennes des Ardennes. Editions de l´O.D.T. des Ardennes, 1969. 178 p.

    pp. 118-124
  • BONNAUD-DELAMARE, Roger. Saint-Nicolas, église de Rethel. Edition CDT Ardennes, 1975. 172p.

  • HUBERT, Jean. Département des Ardennes : dictionnaire historique et géographique . Paris : Res universis, 1991. 512 p. Fac-similé de l´édition de 1855, Géographie historique du département des Ardennes.

    pp. 293 ; 298
  • BERTRAND, Patrice. L´architecture religieuse. La première moitié du 17e siècle dans le territoire actuel du département des Ardennes. Charleville-Mézières : Archives Départementales des Ardennes, 1992, p. 111-124.

    p. 112
  • MARBY, Jean-Pierre. Les édifices cultuels catholiques d´après l´enquête épiscopale de 1919. In [Exposition. Charleville-Mézières, Archives Départementales des Ardennes. 1994]. Les Ardennes durant la Grande Guerre (1914-1918) . Charleville-Mézières : SOPAIC, 1994, p. 275-290.

    pp. 275-290
  • PEROUSE DE MONTCLOS, Jean-Marie (dir.). Le guide du patrimoine de Champagne-Ardenne. Paris : 1995. 432 p.

    pp. 308-310
  • JOLIBOIS, Emile. Histoire de la ville de Rethel depuis son origine jusqu´à la Révolution. 2002. 294 p. Fac-similé de l´édition originale de 1847.

  • [Exposition. Charleville-Mézières, Archives Départementales des Ardennes, 2004]. Images de verre, images de guerre. Les vitraux commémoratifs des trois guerres dans les églises des Ardennes. Réd. Jean-Pierre Marby. Charleville-Mézières : Impr. SOPAIC, 2006. 60 p.

    cahier 2, pp. 16 ; 27-29 ; 36
Périodiques
  • Reconstruction du clocher de l´église de Rethel. Almanach Matot-Braine, année 1869.

    pp. 95-98
  • MERCIER, N. L'église de Rethel pendant la Révolution. Almanach Matot-Braine. Reims, année 1871.

    pp. 109-115
  • Bulletin du Diocèse de Reims, 1893.

    samedi 7 février 1891, n°6, p. 66 ; samedi 20 mars 1920, n°6, pp. 43-44 . 10 novembre 1956, n°23, pp. 272-273 ; 14 avril 1962, n°15, pp. 190-192
  • DEMAISON, Louis, JADART, Henri. Monographie de l´église de Rethel. Revue historique ardennaise, 1899, tome VI, p. 57-150.

  • JADART, Henri. Le vitrail de Puiseux et autres anciens vitraux des églises du département des Ardennes. Revue historique ardennaise, 1900, tome VII.

    p. 330
  • BAUDON, Albert. Notes relatives à quelques travaux d´art exécutés à Rethel au 16e et 17e siècle. Almanach Matot-Braine, année 1902.

    pp. 117-122
  • BAUDON, Albert. Excursion dans la vallée de l´Aisne. De Vouziers à Asfeld. Almanach Matot-Braine, année 1902.

    pp. 238-242
  • ROBERT, Gaston. Le prieuré de Rethel en 1411. Revue historique ardennaise, 1908, tome XV.

    pp. 212-213
  • JADART, Henri. Cadrans solaires. Légendes et devises horaires à Reims, dans la Région, en France. Département des Ardennes. Almanach Matot-Braine, année 1911.

    p. 301
  • BAUDON, A. Les carrières de Semuy et les travaux de Rethel au 17e siècle. Nouvelle Revue de Champagne et de Brie, 1925-1926.

    pp. 120-124
  • COURCELLES, Gérard. Autres richesses touristiques ardennaises : les zones champenoise et axonienne. L'automobilisme ardennais, décembre 1938-janvier 1939, n°48.

    p. 30
  • MARBY, Jean-Pierre. Une ancienne inscription du XVIIIe en l´honneur d´un curé doyen de Rethel-Mazarin. Terres ardennaises, octobre 2000, n°72.

    pp. 25-26