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Château du Grand Jardin

Ensemble de 2 statues : la Justice et la Tempérance

Dossier IM52009731 réalisé en 2006

Fiche

Ce monument funéraire se trouvait avant la Révolution au "Château-haut" de Joinville dans la chapelle dites des Princes de la collégiale castrale Saint-Laurent, érigée sous les auspices de Claude de Lorraine lui-même, aux côtés d'autres sépultures de membres de la maison de Lorraine-Vaudémont et des sires de Joinville. Par la volonté de la duchesse douairière et de ses fils, le projet de monument fut confié au Primatice ou à son atelier. Sa réalisation en 1552, soit deux ans à peine après la mort du duc, est attribuée selon les historiens à Dominique Florentin ou à Jean Le Roux dit Picart, qui utilisèrent essentiellement l'albâtre pour les sculptures.

Un dessin, du XVIIe siècle, de la collection François-Roger de Gaignières permet de se faire une idée de la configuration initiale du monument. Aux étages inférieur et supérieur reposaient les époux figurant respectivement sous la forme de gisants et de priants richement vêtus, selon une formule en usage das les tombeaux des rois de France, tels ceux de Louis XII et François Ier à Saint-Denis. Le niveau inférieur formant chapelle était orné de reliefs. Dans les tympans surmontant les gisants se détachaient en haut-relief les trois vertus théologales de la Charité, de l'Espérance et de la Foi, associées à une représentation de l'Abondance.

Évaluées à "six pieds", soit 198 cm, quatre cariatides, représentant les vertus cardinales de la Tempérance, de la Justice, de la Force et de la Prudence formaient une sorte de portique sur le devant du tombeau, adossées aux piliers qui soutenaient le niveau supérieur. Leur modèle direct semblent être les cariatides exécutées par Jean Goujon au Louvre. Dans le premier projet du Primatice, les cariatides acquièrent une monumentalité particulière et une grande liberté de mouvement, car elles ne devaient être adossées à aucun pilier. Leurs regards tournés vers l'intérieur du monument matérialisent en quelque sorte une absence, celle du couple défunt promis à la vie éternelle. Seules parvenues jusqu'à nous, les statues de la Tempérance (qui tenait une aiguière dont il ne reste plus que l'anse et de l'autre main une coupe) et de la Justice (la main droite s'appuie sur une épée, la gauche devait porter le fléau d'une balance), présentent des formes plantureuses et un déhanchement qui met en valeur les plis savants de leur vêtement. Le bas-relief représentant à l'antique le Triomphe du duc ornait la face principale du sarcophage, tandis que sur les faces latérales étaient figurées la prise d'une ville et une bataille. Ces thèmes sont à rapprocher des décors extérieurs du château du Grand Jardin.

Les nombreuses descriptions anciennes du tombeau témoignent de la renommées de ce monument : "il fut d'abord la merveille de son temps, comme il l'est encore à présent, et sera toujours à l'avenir le ravissement de tous les yeux qui le verront" (Pierre-Paul Fournier, Histoire de la maison de Guise). Le tombeau fut détruit sous la Révolution, en même temps que le "château haut" et ses éléments vendus et dispersés entre Joinville, les musées de Chaumont et du Louvre. Certains éléments ont définitivement disparu, tels que les gisants ou les deux cariatides de la Force et de la Prudence exposées au XIXe siècle aux intempéries à l'hospice de Joinville. Les deux cariatides subsistantes, vestiges majeurs de ce monument funéraire, sont aujourd'hui propriété de la ville de Joinville.

Dénominations statue
Titres Tempérance
Justice
Aire d'étude et canton Haute-Marne - Joinville
Adresse Commune : Joinville

Ces deux statues proviennent du monument funéraire de Claude de Lorraine (1er duc de Guise, mort en 1550) et de sa femme Antoinette de Bourbon (morte en 1583) qui se trouvaient jusqu'à la Révolution dans la chapelle des Princes de la collégiale Saint-Laurent du château haut de Joinville. D'après les comptes de l'époque d’exécution, ces œuvres ont été exécutées en 1552 d'après des dessins du Primatice (1504 - 1570), par Dominique Florentin et peut-être plus sûrement Jean Picard dit Le Roux.

Le tombeau est détruit à la Révolution, comme l'ensemble du château haut et de la collégiale Saint-Laurent. Certains de ses éléments sont vendus et dispersés entre Joinville et les musées de Chaumont et du Louvre. D'autres éléments ont disparu. Les statues de la Force et de la Prudence, qui formaient un ensemble avec la Justice et la Tempérance, ont été conservées à l'hospice de Joinville jusqu'au XIXe siècle, mais ont été irrémédiablement dégradées par les intempéries.

La Justice et la Tempérance étaient installées à l'hôtel de ville de Joinville, jusqu'à leur restauration en 2007 pour l'exposition consacrée au Primatice au musée du Louvre. Elles sont depuis conservées au château du Grand Jardin.

Période(s) Principale : milieu 16e siècle
Dates 1552, daté par source
Stade de création
Auteur(s) Auteur : Picard Jean, dit(e) Jean Le Roux, sculpteur, attribution par travaux historiques
Auteur de la source figurée : Primaticcio Francesco, dit(e) le Primatice,
Francesco Primaticcio , dit(e) le Primatice (1504 - 1570)
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auteur du modèle, dessinateur, attribution par source
Auteur : Del Barbiere Domenico, dit(e) Dominique Florentin,
Domenico Del Barbiere , dit(e) Dominique Florentin
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sculpteur, (?), attribution par travaux historiques

Ensemble de deux statues en albâtre représentant en pied les vertus cardinales de la Justice et de la Tempérance. Elles formaient à l'origine un ensemble avec la Force et la Prudence, aujourd'hui disparues.

Catégories sculpture
Matériaux albâtre
Précision dimensions

h = 195 ; la = 60 ; pr = 50

Iconographies tempérance
justice
Précision représentations

La Tempérance tenait à l'origine une aiguière dont il ne reste que l'anse et une coupe aujourd'hui disparue. La Justice s'appuie avec sa main droite sur une épée. Elle devait tenir le fléau d'une balance dans sa main gauche.

Repéré par H. Ronot.

Statut de la propriété propriété de la commune
Protections classé au titre objet, 1894/08/01
Précisions sur la protection

Statues en marbre blanc, provenant du tombeau de Claude de Lorraine, 01-08-1894.