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Basilique Saint-Jean-Baptiste

Ensemble de l'autel du Sacré-Coeur de Jésus

Dossier IM52002963 réalisé en 2007

Fiche

  • Vue d'ensemble.
    Vue d'ensemble.
  • Impression
Dénominations autel, plate-forme d'autel, gradin d'autel, retable, tableau d'autel, statue
Titres Le Sacré-Coeur de Jésus
Saint Augustin
Sainte Ursule
Appellations du Sacré-Coeur
Aire d'étude et canton Haute-Marne - Chaumont 1
Adresse Commune : Chaumont
Adresse : rue Saint Jean
Emplacement dans l'édifice déambulatoire
3e chapelle sud

Chapelle érigée par le chanoine Malingre (1532), autrefois consacrée à la Charité (en 1666) et à saint Jean-Baptiste. Les familles alliées par mariage aux Malingre (de Grand, Gousset, Perret, Guyot) y furent inhumés. À la suite des apparitions de Marguerite-Marie Alacocque à Paray-le-Monial en 1673, elle fut consacrée au Sacré-Coeur.

Le tableau d'autel

Le tableau porte la date de 1698. Au 19e siècle (attesté jusqu'en 1933), il aurait orné le retable de la chapelle Sainte-Thérèse (autrefois Saint-Jean-l'Evangéliste). A cette époque, un tableau de même sujet (l'inventaire de 1906 donne le titre suivant Anges en adoration) attribué à Alphonse Giroux (peintre du 18e siècle), et dont la localisation est actuellement inconnue, aurait occupé le retable de la chapelle du Sacré-Coeur.

Les statues

Les statues proviennent de la chapelle du couvent des Ursulines fondé en 1618, dont les bâtiments furent rachetés par le département et connurent plusieurs affectations. Elles en décoraient le retable du maître-autel, situées plus exactement entre les colonnes latérales du retable, dont il existe deux projets dessinés (1712) conservés au musée d'art et d'histoire de Langres. Les éléments de cet ensemble, d'abord rachetés en 1792 pour un montant de 30 livres par la ville de Chaumont à l'instigation de son maire Laloy, furent démembrés en 1834 et dispersés en plusieurs endroits de la ville (église paroissiale, chapelle des Jésuites, musée, fontaine). Les deux statues furent déposées dans l'une des chapelle du déambulatoire en 1837. Cette commande fut capitale pour l'artiste, tant par son ampleur que par le matériau utilisé. La chapelle elle-même, bénite le 20 mai 1628, a été édifiée sur ses plans. Lorsqu'il réalisa ce projet, Jean-Baptiste Bouchardon, alors âgé de 45 ans, était depuis peu Architecte de la Ville de Chaumont en charge de l'entretien des bâtiments publics et des travaux d'urbanisme. Le projet élaboré pour les Ursulines témoigne de la persévérance et de la popularité en province au 18e siècle de la formule du grand retable architecturé (haut de 13 mètres et large de plus de 7 mètres) traité comme une façade-monument où tous les regards devaient converger.

Période(s) Principale : 19e siècle
Principale : 4e quart 17e siècle , porte la date
Principale : 1er quart 18e siècle
Dates 1698, porte la date
1712
Lieu de provenance Commune : Chaumont
Édifice ou site : Couvent des Ursulines
Auteur(s) Auteur : auteur inconnu
Auteur : Bouchardon Jean-Baptiste
Jean-Baptiste Bouchardon (16 mai 1667 - 1737)

Jean-Baptiste Bouchardon naquit le 16 mai 1667 à Saint-Didier-en-Velay ; il était le fils d’Antoine Bouchardon et de Gabrielle Trinquet. On ne connaît pas sa formation, ni la raison qui l’a poussé à s’installer à Chaumont, probablement aux environs de 1690. Il épousa le 29 octobre 1692 à la basilique Saint-Jean-Baptiste Anne Chéré, fille du maître-coordonnier Joachim Chéré et Anne Jacquin. Le mariage fut célébré par Jean Chéré (frère ou oncle de la jeune fille). Ainsi, Jean-Baptiste Bouchardon entra dans une famille de la petite bourgeoisie chaumontaise assez rapidement. Avait-il des relations, notamment dans le milieu professionnel, pour venir s’installer dans cette région ? Le jeune couple acquiert une maison rue Chaude, dans laquelle il resta. Seize enfants sont baptisés entre 1694 et 1720 à la basilique. Parmi eux, trois connurent une certaine notoriété. Jacquette, l’aînée, naquit le 29 septembre 1694 et ne quitta pas la maison familiale, participant à l’éducation de ses frères et sœurs et surtout, travaillant à l’atelier qu’elle continua à faire fonctionner après la mort de son père. Elle mourut en 1756. Edme (1698-1762), après avoir obtenu le prix de Rome, passa dix ans dans la Ville Eternelle, puis revint à Paris où il fut nommé sculpteur du roi. Son frère, Jacques-Philippe (1711-1753) fut appelé par le roi de Suède, dont il devint le premier sculpteur et directeur de l’Académie de Stockholm. Si sa fille Jacquette travaillait avec Jean-Baptiste Bouchardon, elle n’était pas la seule ; en effet, le sculpteur était entouré d’un atelier dont nous pouvons suivre la composition et l’évolution à travers le livre de raison tenu par Anne Chéré jusqu’à sa mort en 1737, puis par Jacquette. Parmi les divers apprentis et compagnons, il faut distinguer le rôle important du sculpteur Daniel Hansman qui fut un véritable collaborateur. Par ailleurs, Jean-Baptiste Bouchardon travaillait avec deux menuisiers Nicolas Vacherot et Nicolas Brocard, et un peintre Bénigne Lallier, lequel était appelé pour la réalisation de toiles insérées dans les retables.

Cette équipe atteste d’une activité importante, qui se confirme par la liste des réalisations qui sont connues et attribuées. Sa production est diversifiée, car il fut aussi nommé architecte en 1709, puis maître-architecte en 1713. Il participait à l’expertise, à l’entretien et aux réparations des bâtiments existants (églises d’Andelot, de Chaumont, Monthier-en-Der ou abbaye de Longuay…, couvents des Carmélites, des Ursulines, du Val des Ecoliers de Chaumont…) ; il construisit des maisons (Chaumont, Boulancourt, Poulangy…) et des châteaux (Trémilly, Juzennecourt, Chamarandes, Autreville…). En 1716, il réalisa un projet d’hôpital et manufacture de la ville de Chaumont, connu par des dessins (musée d’art et d’histoire de Chaumont) lequel sera réalisé par l’architecte Langrois Forgeot après sa mort.

Son activité de sculpteur fut tout aussi diverse : statuaires pour les parcs des châteaux de Scey-sur-Saône, de Saint-Michel, d’Ollans, de Chamarandes… Les monuments funéraires sont connus par les dessins : Claude-François Jehannin, Pierre de Ponset et son épouse Marguerite de Choiseul, Claude Fyot de la Marche. Mais c’est le mobilier liturgique le plus important en nombre : statuaires (églises de Ricey-Bas, Brottes, Roôcourt-la-Côte, Montsaon, Choignes…), chaires à prêcher (Andelot, Chaumont, Vigny) et banc d’œuvre de la basilique Saint-Jean-Baptiste de Chaumont.

Les retables, par l’importance de la décoration sculptée et statuaire et aussi pour la composition architecturale nécessaire à leur élaboration, bénéficièrent de la double compétence de l’artiste chaumontais. Ils sont bien connus ; quinze nous sont parvenus intégralement : églises d’Andelot, Arrentières, Bas-sur-Aube, Braux-le-Châtel, Buxières-les-Froncles, basilique Saint-Jean-Baptiste de Chaumont, hôpital de Chaumont, Saint-Aignan au faubourg de Reclancourt, Clefmont, Colombey-les-Choiseul, Fresnes-sur-Apance, Landreville, Loches, Mussey-sur-Seine, Saint-Urbain. D’autres ont eu une histoire plus mouvementée ; ainsi, ils n’existent plus que sous forme lacunaire : abbaye des Ursulines et abbaye des Carmélites de Chaumont, églises de Cirfontaine-en-Azois, Fontette, Montier-en-Der et Neuville-sur-Seine.

Les réalisations de cet artiste sont aujourd’hui assez bien connues. Sa production abondante, dont une grande partie a été conservée, résulte d’une cinquantaine d’années d’activité, qui s’achève avec sa mort le 15 janvier 1742.


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Décor rapporté sur le gradin d'autel.

Tableau d'autel : deux lés verticaux.

Catégories menuiserie, peinture, sculpture
Structures élévation, galbé pilastre, 2
Matériaux bois, taillé, mouluré, monochrome, doré, décor dans la masse, décor rapporté
toile, support, peinture à l'huile
calcaire, taillé, peint faux or
Mesures h : 585.0
la : 373.0
pr : 95.0
h : 172.0
la : 110.5
h : 186.0
la : 101.0
pr : 38.0
Précision dimensions

Autel et retable : h = 585 ; la = 373 ; pr = 95 ; Tableau d'autel : h = 172 ; la = 110,5 ; Statues : h = 186 ; la = 101 ; pr = 38

Iconographies Christ en croix
Les instruments de la Passion
pot à feu
volute
monogramme
Sacré-Coeur
saint Augustin
sainte Ursule
Précision représentations

Autel : monogramme : IHS (sur le devant).

Tableau d'autel : en référence aux apparitions de Marguerite-Marie Alacocque à Paray-le-Monial (1673). Culte qui se développe dans la seconde moitié du 18e siècle. Louis XVI consacra le royaume de France au Sacré-Coeur (1791-1792).

Statues :

- Sainte Ursule : représentée tenant un coeur enflammé, attribut inhabituel.

- Saint Augustin : costume d'évêque, crosse, livre.

Inscriptions & marques inscription concernant l'iconographie
date
Précision inscriptions

Tableau d'autel :

Inscription en bas (socle) et sur le phylactère ; transcription : COR SACRATISSIMUM ET ADORANDUM IESU HOMINIS / DEI CUI SOLI CUM DEO PATRE ET SPIRITU SANTO / DEBETUR HONOR 1698. Phylactère : HIC EST COR DILECTISSIMI FILII MEI IN QUO / MIHI BENE COMPLACUI (Voici le coeur de mon Fils aimé en qui je me suis bien complu).

États conservations oeuvre infestée
altération de l'épaisseur de la matière
oeuvre restaurée
surpeint
Précision état de conservation

Tableau d'autel : craquelures d'âge.

Cadre : bois attaqué par les insectes, usure de la dorure.

Statues : redorées et encrassées. Poignet droit de sainte Ursule brisé.

Statut de la propriété propriété de la commune
Protections classé au titre objet, 1970/01/06
classé au titre objet, 1971/03/04
inscrit au titre objet, 2008/01/17
Précisions sur la protection

Le Sacré-Coeur de Jésus Christ, toile, 1698, 06-01-1970.

Sainte Gertrude, statue, pierre dorée, 18e siècle, 04-03-1971.

Chapelle du Sacré Coeur : statue de Saint Augustin, 17-01-2008.

Références documentaires

Bibliographie
  • JOLIBOIS, Emile. Histoire de la ville de Chaumont (Haute-Marne) . Chaumont : Ch. Cavaniol, 1856.

    p. 390
  • t. I. Dijon : Bernigaud et Privat, 1933.

    p. 161, 164
  • GODARD, Léon. Histoire et tableau de l'église St-Jean-Baptiste de Chaumont. Chaumont : Ch. Cavaniol, 1848.

    p. 169-169, 172
  • LAMONTRE-DELERUE, Geneviève. La basilique Saint-Jean-Baptiste de Chaumont, guide. Langres : Dominique Guéniot, 1998.

    p. 49
  • METTRIER, Charles. Saint-Jean-Baptiste de Chaumont, la paroisse, l'église. Chaumont : impr. Andriot-Moissonnier, 1911.

    p. 56, 58
  • RONOT, Henry. Les églises de Chaumont. Paris : Editions du Cerf, 1949. (Coll. Nefs et Clochers).

    p. 10
  • RONOT, Henry. Jean-Baptiste Bouchardon architecte et sculpteur. Dijon : Faton, 2002.

    p. 138-145
  • ROSEROT, Alphonse. Jean-Baptiste Bouchardon, sculpteur et architecte à Chaumont-en-Bassigny (1667-1742) . Paris : E. Plon-Nourrit et Cie, 1894.

    p. 26-29
  • Inventaire général, ADAGP, coll. Itinéraire du patrimoine n°293, 2005.

    p. 39-44 Service régional de l'inventaire de Champagne-Ardenne
  • FRANCE. Inventaire général du patrimoine culturel. La basilique Saint-Jean-Baptiste de Chaumont. Réd. Pierre Sesmat, Hélène Billat ; photogr. Patrice Thomas. Châlons-en-Champagne : Région Champagne-Ardenne ; Lyon : Lieux Dits, 2009. 64 p. (Parcours du patrimoine ; 341).

    p. 44-45 Service régional de l'inventaire de Champagne-Ardenne : IFG 7/341
Périodiques
  • BIZET, Albert. Le couvent des Ursulines. Annales de la Société d'Histoire, d'archéologie et des Beaux-arts de Chaumont, avril 1895, t. 1.

    p.110