Logo =Inventaire Général du Patrimoine Culturel - Retour à l'accueil
Église paroissiale Saint Louvent

Ensemble du maître-autel (autel, tabernacle, 2 statues, ciborium)

Dossier IM52011476 réalisé en 2006

Fiche

  • Vue d'ensemble.
    Vue d'ensemble.
  • Impression

Voir

Dénominations autel, tabernacle, statue, ciborium
Titres
Numérotation artificielle 11
Aire d'étude et canton Haute-Marne - Bologne
Adresse Commune : Andelot-Blancheville
Lieu-dit : Andelot
Emplacement dans l'édifice sanctuaire

En 1723, des travaux importants sont entrepris à l’église d’Andelot ; Jean-Baptiste Bouchardon est appelé comme architecte, mais il ne réalise que la chaire à prêcher et le retable. Le projet de ce dernier est connu par un dessin daté 1723 (collection du musée d’art et d’histoire de Chaumont). Si les grandes lignes de celui-ci sont conservées, des modifications relativement importantes ont été apportées : l’abandon du panneau central cintré supprime également l’entablement au-dessus, créant une architecture beaucoup plus légère. Ainsi, disparaît l’iconographie de ce relief représentant dans la partie supérieure la colombe du Saint-Esprit avec ses rayons, accompagnée d’une nuée et en dessous, les deux angelots tenant une suspense eucharistique. Cette représentation de tradition bénédictine n’est pas habituelle dans une église de village, ce qui explique probablement son abandon. On peut s’interroger sur l’influence subie ici par Jean-Baptiste Bouchardon. Les statues de saint Louvent et saint Jean l’évangéliste étoffent latéralement la composition et les éléments décoratifs s’enrichissent. La composition d’ensemble reprend celle que le Bernin réalise en 1665 pour l’église du Val-de-Grâce à Paris et qui se répand à travers la France.

Période(s) Principale : 1ère moitié 18e siècle
Auteur(s) Auteur : Bouchardon Jean-Baptiste
Jean-Baptiste Bouchardon (16 mai 1667 - 1737)

Jean-Baptiste Bouchardon naquit le 16 mai 1667 à Saint-Didier-en-Velay ; il était le fils d’Antoine Bouchardon et de Gabrielle Trinquet. On ne connaît pas sa formation, ni la raison qui l’a poussé à s’installer à Chaumont, probablement aux environs de 1690. Il épousa le 29 octobre 1692 à la basilique Saint-Jean-Baptiste Anne Chéré, fille du maître-coordonnier Joachim Chéré et Anne Jacquin. Le mariage fut célébré par Jean Chéré (frère ou oncle de la jeune fille). Ainsi, Jean-Baptiste Bouchardon entra dans une famille de la petite bourgeoisie chaumontaise assez rapidement. Avait-il des relations, notamment dans le milieu professionnel, pour venir s’installer dans cette région ? Le jeune couple acquiert une maison rue Chaude, dans laquelle il resta. Seize enfants sont baptisés entre 1694 et 1720 à la basilique. Parmi eux, trois connurent une certaine notoriété. Jacquette, l’aînée, naquit le 29 septembre 1694 et ne quitta pas la maison familiale, participant à l’éducation de ses frères et sœurs et surtout, travaillant à l’atelier qu’elle continua à faire fonctionner après la mort de son père. Elle mourut en 1756. Edme (1698-1762), après avoir obtenu le prix de Rome, passa dix ans dans la Ville Eternelle, puis revint à Paris où il fut nommé sculpteur du roi. Son frère, Jacques-Philippe (1711-1753) fut appelé par le roi de Suède, dont il devint le premier sculpteur et directeur de l’Académie de Stockholm. Si sa fille Jacquette travaillait avec Jean-Baptiste Bouchardon, elle n’était pas la seule ; en effet, le sculpteur était entouré d’un atelier dont nous pouvons suivre la composition et l’évolution à travers le livre de raison tenu par Anne Chéré jusqu’à sa mort en 1737, puis par Jacquette. Parmi les divers apprentis et compagnons, il faut distinguer le rôle important du sculpteur Daniel Hansman qui fut un véritable collaborateur. Par ailleurs, Jean-Baptiste Bouchardon travaillait avec deux menuisiers Nicolas Vacherot et Nicolas Brocard, et un peintre Bénigne Lallier, lequel était appelé pour la réalisation de toiles insérées dans les retables.

Cette équipe atteste d’une activité importante, qui se confirme par la liste des réalisations qui sont connues et attribuées. Sa production est diversifiée, car il fut aussi nommé architecte en 1709, puis maître-architecte en 1713. Il participait à l’expertise, à l’entretien et aux réparations des bâtiments existants (églises d’Andelot, de Chaumont, Monthier-en-Der ou abbaye de Longuay…, couvents des Carmélites, des Ursulines, du Val des Ecoliers de Chaumont…) ; il construisit des maisons (Chaumont, Boulancourt, Poulangy…) et des châteaux (Trémilly, Juzennecourt, Chamarandes, Autreville…). En 1716, il réalisa un projet d’hôpital et manufacture de la ville de Chaumont, connu par des dessins (musée d’art et d’histoire de Chaumont) lequel sera réalisé par l’architecte Langrois Forgeot après sa mort.

Son activité de sculpteur fut tout aussi diverse : statuaires pour les parcs des châteaux de Scey-sur-Saône, de Saint-Michel, d’Ollans, de Chamarandes… Les monuments funéraires sont connus par les dessins : Claude-François Jehannin, Pierre de Ponset et son épouse Marguerite de Choiseul, Claude Fyot de la Marche. Mais c’est le mobilier liturgique le plus important en nombre : statuaires (églises de Ricey-Bas, Brottes, Roôcourt-la-Côte, Montsaon, Choignes…), chaires à prêcher (Andelot, Chaumont, Vigny) et banc d’œuvre de la basilique Saint-Jean-Baptiste de Chaumont.

Les retables, par l’importance de la décoration sculptée et statuaire et aussi pour la composition architecturale nécessaire à leur élaboration, bénéficièrent de la double compétence de l’artiste chaumontais. Ils sont bien connus ; quinze nous sont parvenus intégralement : églises d’Andelot, Arrentières, Bas-sur-Aube, Braux-le-Châtel, Buxières-les-Froncles, basilique Saint-Jean-Baptiste de Chaumont, hôpital de Chaumont, Saint-Aignan au faubourg de Reclancourt, Clefmont, Colombey-les-Choiseul, Fresnes-sur-Apance, Landreville, Loches, Mussey-sur-Seine, Saint-Urbain. D’autres ont eu une histoire plus mouvementée ; ainsi, ils n’existent plus que sous forme lacunaire : abbaye des Ursulines et abbaye des Carmélites de Chaumont, églises de Cirfontaine-en-Azois, Fontette, Montier-en-Der et Neuville-sur-Seine.

Les réalisations de cet artiste sont aujourd’hui assez bien connues. Sa production abondante, dont une grande partie a été conservée, résulte d’une cinquantaine d’années d’activité, qui s’achève avec sa mort le 15 janvier 1742.


Cliquer pour effectuer une recherche sur cette personne.

Le retable architecturé s’inscrit dans un chœur gothique polygonal ; la lumière entre généreusement par les baies et se diffuse à travers les colonnes du portique. Le retable en bois est peint en faux-marbre de couleur grise et rose, certaines parties dorées mettent en valeur la finesse des bas-reliefs et les chapiteaux. La polychromie n’est pas celle d’origine ; seule une étude permettrait de connaître les dispositions d’origine. L’autel s’orne d’un pélican, image du père nourricier et symbole du Christ qui a donné son sang pour le salut des hommes ; le panneau central a été refait, alors que les chutes de feuillages de chaque côté sont bien de Jean-Baptiste Bouchardon. Il est surmonté d’un gradin, dont la partie centrale en saillie contient des reliques parmi un décor de paperolles et supporte le tabernacle ; la porte présente en bas-relief un ciboire, illustration très concrète de sa fonction. Afin de souligner le caractère particulièrement sacré, deux anges agenouillés, situés en retrait, se penchent sur le lieu de conservation de l’eucharistie. La qualité d’exécution de ces deux sculptures est indéniable, même si quelques mutilations sont à déplorer. Aujourd’hui, badigeonnées de blanc, on aperçoit par transparence des nuances qui laissent supposer qu’à l’origine, elles n’avaient peut-être pas cet aspect. Leur disposition sur une planche raccordée à l’ensemble de façon précaire pose la question de leur localisation initiale. Le dessin de 1723 présente deux anges dans la partie supérieure, qui n’ont manifestement pas leur place sur l’entablement réalisé. Les deux anges terminés avant la modification du projet ont-ils alors été placés ainsi ?De chaque côté de l’autel, se tiennent deux figures monumentales. Saint Louvent, à qui est dédiée l’église, est habillé en prêtre, avec l’étole autour du cou ; il tient la palme du martyr, puisqu’il fut décapité sur ordre de la reine Brunehaut en 584. Saint Jean l’Evangéliste est représenté avec une coupe d’où sort un serpent ; c’est l’illustration de l’épreuve imposée par le grand prêtre de Diane, dont l’apôtre est sorti victorieux : Jean boit sans dommage un breuvage empoisonné avec des serpents venimeux. Les visages, particulièrement anguleux pour saint Louvent, très réaliste dans le traitement de la barbe pour saint Jean l’Evangéliste, relèvent de l’art du portrait. Bien que différents, les drapés des vêtements sont très étudiés et suggèrent, tout comme les attitudes des personnages, le mouvement.

Catégories menuiserie, sculpture
Matériaux bois, taillé, peint, faux marbre, décor dans la masse
Précision dimensions

h = 640 ; la = 441 ; pr = 130

Iconographies ange
pélican
ciboire
Précision représentations

La porte du tabernacle est ornée d'un ciboire et le devant d'autel d'un pélican ; des putti sortent de l'entablement ; des rinceaux sculptés dans la masse ornent les gradins, les socles des colonnes ainsi que les parties latérales du tabernacle et de l'autel.

Inscriptions & marques inscription
Précision inscriptions

Sur le petit reliquaire sous le tabernacle, transcription : SANCTORUM MARTYRUM TREVIRENUM. Sur la table d'autel, du côté dextre, transcription : C. BOUTIER.

États conservations surpeint
oeuvre modifiée
manque
Précision état de conservation

Le panneau central de l'autel a été refait. Il manque les deux bras aux deux anges.

Repéré par H. Ronot.

Statut de la propriété propriété de la commune (?)
Intérêt de l'œuvre À signaler
Protections classé au titre objet, 1971/03/04
Précisions sur la protection

Maître-autel et son baldaquin, bois sculpté, première moitié du 18e siècle, 04-03-1971.

Références documentaires

Bibliographie
  • FRANCE. Inventaire général du patrimoine culturel. Les retables de Jean-Baptiste Bouchardon. Réd. Marie-Agnès Sonrier ; photogr. Yamina Sabki ; Jacques Philippot. Châlons-en-Champagne : Région Champagne-Ardenne, Département de la Haute-Marne ; Lyon : Lieux Dits, 2005. 80 p. (Itinéraires du patrimoine ; 293).

    p.25-28 Service régional de l'inventaire de Champagne-Ardenne : IFG 7/293
  • RONOT, Henry. Jean-Baptiste Bouchardon architecte et sculpteur. Dijon : Faton, 2002.

    p.123-127
(c) Ministère de la culture et de la communication ; (c) Région Champagne-Ardenne - Inventaire général (c) Région Champagne-Ardenne - Inventaire général ; (c) Conseil départemental de la Haute-Marne (c) Conseil départemental de la Haute-Marne - Decrock Bruno - Marasi Julien - Léclapart Carole
Carole Léclapart , né(e) Dominé (30/12/1967 - )

service régional de l'inventaire, documentaliste.


Cliquer pour effectuer une recherche sur cette personne.