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Église paroissiale Saint-Martin

Ensemble du maître-autel

Dossier IM52011085 réalisé en 2006

Fiche

  • Vue d'ensemble.
    Vue d'ensemble.
  • Impression
Dénominations autel, tabernacle, exposition, gradin d'autel, statue
Titres saint Pierre
Vierge à l'Enfant
Bon Pasteur
saint Martin
saint Paul
Anges adorateurs
Numérotation artificielle 11
Aire d'étude et canton Haute-Marne - Poissons
Adresse Commune : Breuvannes-en-Bassigny
Lieu-dit : Colombey-lès-Choiseul
Emplacement dans l'édifice choeur
maître-autel
tabernacle

Le retable situé dans cette église du XVIe siècle (consacrée en 1571 d’après l’abbé Roussel) est attribué de façon certaine à Jean-Baptiste Bouchardon ; Jean Salmon a consulté un marché signé le 15 juin 1705. Il s’agit donc encore d’une œuvre de jeunesse. Toutes les caractéristiques stylistiques de cette période de l’artiste chaumontais se retrouvent ici, avec une profusion de décor et une qualité d’exécution rarement égalées.

Selon l'abbé Salmon, le 28 octobre 1701 Jean-Baptiste Bouchardon a posé sur le grand autel de la paroisse un tabernacle doré qui lui fut payé 1000 livres, somme tirée des deniers de la fabrique par Claude Collié. Ce prix avait été entendu entre Bouchardon et le curé Pierre Bonhon de Saint-André (curé de 1698 à 1701 puis chanoine de Noyon ; l'abbé Roussel le nomme Jean Borthon de Saint-André et le place de 1680 à 1701 à Colombey). L'autel (ou devant d'autel, dans le texte ancien cité par Salmon) fut posé le 15 juin 1705 par Bouchardon, en même temps que la Vierge à l'Enfant et le saint Martin, et il coûta 40 livres.

L'abbé Salmon relate qu'à la suite de la commande du tabernacle, le nouveau curé, Matherot, commanda une Vierge et un saint Martin qui furent posés le 15 juin 1705 et coûtèrent 180 livres.

Ensemble restauré par M. Oliveres d'Autun en 2004.

Période(s) Principale : 1er quart 18e siècle
Dates 1705, daté par source
Auteur(s) Auteur : Bouchardon Jean-Baptiste,
Jean-Baptiste Bouchardon (16 mai 1667 - 1737)

Jean-Baptiste Bouchardon naquit le 16 mai 1667 à Saint-Didier-en-Velay ; il était le fils d’Antoine Bouchardon et de Gabrielle Trinquet. On ne connaît pas sa formation, ni la raison qui l’a poussé à s’installer à Chaumont, probablement aux environs de 1690. Il épousa le 29 octobre 1692 à la basilique Saint-Jean-Baptiste Anne Chéré, fille du maître-coordonnier Joachim Chéré et Anne Jacquin. Le mariage fut célébré par Jean Chéré (frère ou oncle de la jeune fille). Ainsi, Jean-Baptiste Bouchardon entra dans une famille de la petite bourgeoisie chaumontaise assez rapidement. Avait-il des relations, notamment dans le milieu professionnel, pour venir s’installer dans cette région ? Le jeune couple acquiert une maison rue Chaude, dans laquelle il resta. Seize enfants sont baptisés entre 1694 et 1720 à la basilique. Parmi eux, trois connurent une certaine notoriété. Jacquette, l’aînée, naquit le 29 septembre 1694 et ne quitta pas la maison familiale, participant à l’éducation de ses frères et sœurs et surtout, travaillant à l’atelier qu’elle continua à faire fonctionner après la mort de son père. Elle mourut en 1756. Edme (1698-1762), après avoir obtenu le prix de Rome, passa dix ans dans la Ville Eternelle, puis revint à Paris où il fut nommé sculpteur du roi. Son frère, Jacques-Philippe (1711-1753) fut appelé par le roi de Suède, dont il devint le premier sculpteur et directeur de l’Académie de Stockholm. Si sa fille Jacquette travaillait avec Jean-Baptiste Bouchardon, elle n’était pas la seule ; en effet, le sculpteur était entouré d’un atelier dont nous pouvons suivre la composition et l’évolution à travers le livre de raison tenu par Anne Chéré jusqu’à sa mort en 1737, puis par Jacquette. Parmi les divers apprentis et compagnons, il faut distinguer le rôle important du sculpteur Daniel Hansman qui fut un véritable collaborateur. Par ailleurs, Jean-Baptiste Bouchardon travaillait avec deux menuisiers Nicolas Vacherot et Nicolas Brocard, et un peintre Bénigne Lallier, lequel était appelé pour la réalisation de toiles insérées dans les retables.

Cette équipe atteste d’une activité importante, qui se confirme par la liste des réalisations qui sont connues et attribuées. Sa production est diversifiée, car il fut aussi nommé architecte en 1709, puis maître-architecte en 1713. Il participait à l’expertise, à l’entretien et aux réparations des bâtiments existants (églises d’Andelot, de Chaumont, Monthier-en-Der ou abbaye de Longuay…, couvents des Carmélites, des Ursulines, du Val des Ecoliers de Chaumont…) ; il construisit des maisons (Chaumont, Boulancourt, Poulangy…) et des châteaux (Trémilly, Juzennecourt, Chamarandes, Autreville…). En 1716, il réalisa un projet d’hôpital et manufacture de la ville de Chaumont, connu par des dessins (musée d’art et d’histoire de Chaumont) lequel sera réalisé par l’architecte Langrois Forgeot après sa mort.

Son activité de sculpteur fut tout aussi diverse : statuaires pour les parcs des châteaux de Scey-sur-Saône, de Saint-Michel, d’Ollans, de Chamarandes… Les monuments funéraires sont connus par les dessins : Claude-François Jehannin, Pierre de Ponset et son épouse Marguerite de Choiseul, Claude Fyot de la Marche. Mais c’est le mobilier liturgique le plus important en nombre : statuaires (églises de Ricey-Bas, Brottes, Roôcourt-la-Côte, Montsaon, Choignes…), chaires à prêcher (Andelot, Chaumont, Vigny) et banc d’œuvre de la basilique Saint-Jean-Baptiste de Chaumont.

Les retables, par l’importance de la décoration sculptée et statuaire et aussi pour la composition architecturale nécessaire à leur élaboration, bénéficièrent de la double compétence de l’artiste chaumontais. Ils sont bien connus ; quinze nous sont parvenus intégralement : églises d’Andelot, Arrentières, Bas-sur-Aube, Braux-le-Châtel, Buxières-les-Froncles, basilique Saint-Jean-Baptiste de Chaumont, hôpital de Chaumont, Saint-Aignan au faubourg de Reclancourt, Clefmont, Colombey-les-Choiseul, Fresnes-sur-Apance, Landreville, Loches, Mussey-sur-Seine, Saint-Urbain. D’autres ont eu une histoire plus mouvementée ; ainsi, ils n’existent plus que sous forme lacunaire : abbaye des Ursulines et abbaye des Carmélites de Chaumont, églises de Cirfontaine-en-Azois, Fontette, Montier-en-Der et Neuville-sur-Seine.

Les réalisations de cet artiste sont aujourd’hui assez bien connues. Sa production abondante, dont une grande partie a été conservée, résulte d’une cinquantaine d’années d’activité, qui s’achève avec sa mort le 15 janvier 1742.


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architecte, sculpteur

L’autel-tombeau, un des rares conservés de l’œuvre de Bouchardon, est décoré d’un Agneau, encadré de rinceaux d’une grande finesse et élégance, selon une composition parfaitement symétrique. Il supporte un tabernacle à ailes comme à Saint-Urbain et à Mussey-sur-Marne, mais ici, l’abondance des éléments décoratifs et la magnificence des parements entièrement dorés à la feuille en font un élément exceptionnel. Reposant sur un socle élevé décoré de deux angelots tenant un médaillon dans lequel s’inscrit un calice surmonté d’une hostie, le tabernacle, en avancée, est relié aux ailes par des courbes concaves ; il est surmonté, pour l’exposition du Saint-Sacrement, d’un second niveau terminé par une imposante coupole à nervures. Des faisceaux de colonnettes cannelées avec chapiteau corinthien scandent aux deux niveaux les différentes travées. Les niches décorées d’élégantes coquilles abritent des statuettes - Vierge à l’Enfant, saint Martin en évêque, saint Pierre et saint Paul - ; le Bon Pasteur est représenté sur la porte du tabernacle. Des anges adorateurs, huit au total, prolongent la verticalité des colonnes.

Le retable de Colombey-lès-Choiseul appartient avec ceux de Saint-Urbain et de Mussey-sur-Marne à la première génération des œuvres de cette catégorie réalisées par Bouchardon, du type des tabernacles à ailes et exposition. Par le mouvement de ses figures et le jeu de ses courbes, il est encore très baroque d’esprit. En 2004, une restauration lui a rendu son éclat originel.

Cinq statuettes : saint Pierre, Vierge à l'enfant, Bon Pasteur, saint Martin et saint Paul et quatre anges adorateurs composent le retable.

Comme à l’église d’Andelot, deux grandes statues en pierre flanquent de part et d’autre le retable, donnant aussi un développement horizontal à la composition. A gauche, une Vierge à l’Enfant retient un large pan de son manteau, créant ainsi un harmonieux mouvement de drapé. L’Enfant Jésus se présente comme un bébé joufflu et potelé, au regard grave. A droite, saint Martin en évêque tient un livre, lève la main droite pour bénir et esquisse un mouvement de la jambe, que souligne le vêtement. Les deux statues se présentent actuellement badigeonnées de blanc ; une discrète carnation des visages et une bordure dorée sur les vêtements viennent relever le ton pierre du vêtement. Une étude serait nécessaire pour connaître leur aspect original : polychromie ou dorure.

Catégories menuiserie, sculpture
Matériaux bois, peint, doré, décor rapporté, décor dans la masse, décor en relief, polychrome

Mesures h : 385.0
la : 305.0
pr : 138.0
h : 37.0
h : 1880.0
la : 66.0
Iconographies Agneau mystique
ange
calice
hostie
Précision représentations

La porte du tabernacle inférieur est ornée de deux anges portant un médaillon un calice et la sainte hostie ; le devant d'autel représente l'Agneau mystique.

États conservations manque
Précision état de conservation

Il manque quelques éléments du décor rapporté, de la dorure à chacun et le bras senestre à saint Pierre, le bras dexre à la Vierge à l'enfant, les deux mains à saint Martin et des ailes, des mains ou pieds aux anges ; trous de vers.

Repéré par H. Ronot. Aucun cliché mentionné dans le pré-inventaire.

Statut de la propriété propriété de la commune
Intérêt de l'œuvre À signaler
Protections classé au titre objet, 1908/04/02
Précisions sur la protection

Autel attribué à J.-B. Bouchardon, + 1762, 02-04-1908.

Références documentaires

Bibliographie
  • FRANCE. Inventaire général du patrimoine culturel. Les retables de Jean-Baptiste Bouchardon. Réd. Marie-Agnès Sonrier ; photogr. Yamina Sabki ; Jacques Philippot. Châlons-en-Champagne : Région Champagne-Ardenne, Département de la Haute-Marne ; Lyon : Lieux Dits, 2005. 80 p. (Itinéraires du patrimoine ; 293).

    p.53-56 Service régional de l'inventaire de Champagne-Ardenne : IFG 7/293
  • RONOT, Henry. Jean-Baptiste Bouchardon architecte et sculpteur. Dijon : Faton, 2002.

    p.134-136
Périodiques
  • L'autel de l'église de Colombey-les-Choiseul. Jean Salmon. Cahiers haut-marnais, 1950, n° 23.

    p. 140 Service régional de l'inventaire de Champagne-Ardenne : HMA 7/5
(c) Ministère de la culture et de la communication ; (c) Région Champagne-Ardenne - Inventaire général (c) Région Champagne-Ardenne - Inventaire général ; (c) Conseil départemental de la Haute-Marne (c) Conseil départemental de la Haute-Marne - Decrock Bruno - Marasi Julien - Léclapart Carole
Carole Léclapart , né(e) Dominé (30/12/1967 - )

service régional de l'inventaire, documentaliste.


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