Logo =Inventaire Général du Patrimoine Culturel - Retour à l'accueil
Église paroissiale Saint-Corneille et Saint-Cyprien

Ensemble du maître-autel

Dossier IM10009081 réalisé en 2003

Fiche

  • Vue d'ensemble.
    Vue d'ensemble.
  • Impression

Voir

  • Panneaux peints d'autel (3) : Saint Corneille, saint Cyprien
Dénominations retable, tabernacle
Numérotation artificielle 5
Aire d'étude et canton Aube - Bar-sur-Seine
Adresse Commune : Fontette
Emplacement dans l'édifice choeur

D’après Alphonse Roserot, un marché est passé le 4 janvier 1732 avec le menuisier Nicolas Vacherot et l’ornementaliste Daniel Hansman. Jean-Baptiste Bouchardon fait deux dessins datés 1738 (pourquoi cet écart de dates, alors que l’on peut imaginer que le projet a précédé le marché ?),l’un conservé au musée d’art et d’histoire de Chaumont, l’autre au musée des beaux-arts de Dijon. Si la disposition générale est la même dans les deux cas – autel-tombeau droit, retable adossé composé de trois travées au panneau central de chacune destiné à recevoir un tableau,–, de nombreux éléments divergent : colonnes ou pilastres, consoles ou crédences, entablement ou cartouche, exposition surmontant le tabernacle ou reposant, comme à Clefmont, sur le gradin.

Période(s) Principale : 18e siècle
Auteur(s) Auteur : Bouchardon Jean-Baptiste
Jean-Baptiste Bouchardon (16 mai 1667 - 1737)

Jean-Baptiste Bouchardon naquit le 16 mai 1667 à Saint-Didier-en-Velay ; il était le fils d’Antoine Bouchardon et de Gabrielle Trinquet. On ne connaît pas sa formation, ni la raison qui l’a poussé à s’installer à Chaumont, probablement aux environs de 1690. Il épousa le 29 octobre 1692 à la basilique Saint-Jean-Baptiste Anne Chéré, fille du maître-coordonnier Joachim Chéré et Anne Jacquin. Le mariage fut célébré par Jean Chéré (frère ou oncle de la jeune fille). Ainsi, Jean-Baptiste Bouchardon entra dans une famille de la petite bourgeoisie chaumontaise assez rapidement. Avait-il des relations, notamment dans le milieu professionnel, pour venir s’installer dans cette région ? Le jeune couple acquiert une maison rue Chaude, dans laquelle il resta. Seize enfants sont baptisés entre 1694 et 1720 à la basilique. Parmi eux, trois connurent une certaine notoriété. Jacquette, l’aînée, naquit le 29 septembre 1694 et ne quitta pas la maison familiale, participant à l’éducation de ses frères et sœurs et surtout, travaillant à l’atelier qu’elle continua à faire fonctionner après la mort de son père. Elle mourut en 1756. Edme (1698-1762), après avoir obtenu le prix de Rome, passa dix ans dans la Ville Eternelle, puis revint à Paris où il fut nommé sculpteur du roi. Son frère, Jacques-Philippe (1711-1753) fut appelé par le roi de Suède, dont il devint le premier sculpteur et directeur de l’Académie de Stockholm. Si sa fille Jacquette travaillait avec Jean-Baptiste Bouchardon, elle n’était pas la seule ; en effet, le sculpteur était entouré d’un atelier dont nous pouvons suivre la composition et l’évolution à travers le livre de raison tenu par Anne Chéré jusqu’à sa mort en 1737, puis par Jacquette. Parmi les divers apprentis et compagnons, il faut distinguer le rôle important du sculpteur Daniel Hansman qui fut un véritable collaborateur. Par ailleurs, Jean-Baptiste Bouchardon travaillait avec deux menuisiers Nicolas Vacherot et Nicolas Brocard, et un peintre Bénigne Lallier, lequel était appelé pour la réalisation de toiles insérées dans les retables.

Cette équipe atteste d’une activité importante, qui se confirme par la liste des réalisations qui sont connues et attribuées. Sa production est diversifiée, car il fut aussi nommé architecte en 1709, puis maître-architecte en 1713. Il participait à l’expertise, à l’entretien et aux réparations des bâtiments existants (églises d’Andelot, de Chaumont, Monthier-en-Der ou abbaye de Longuay…, couvents des Carmélites, des Ursulines, du Val des Ecoliers de Chaumont…) ; il construisit des maisons (Chaumont, Boulancourt, Poulangy…) et des châteaux (Trémilly, Juzennecourt, Chamarandes, Autreville…). En 1716, il réalisa un projet d’hôpital et manufacture de la ville de Chaumont, connu par des dessins (musée d’art et d’histoire de Chaumont) lequel sera réalisé par l’architecte Langrois Forgeot après sa mort.

Son activité de sculpteur fut tout aussi diverse : statuaires pour les parcs des châteaux de Scey-sur-Saône, de Saint-Michel, d’Ollans, de Chamarandes… Les monuments funéraires sont connus par les dessins : Claude-François Jehannin, Pierre de Ponset et son épouse Marguerite de Choiseul, Claude Fyot de la Marche. Mais c’est le mobilier liturgique le plus important en nombre : statuaires (églises de Ricey-Bas, Brottes, Roôcourt-la-Côte, Montsaon, Choignes…), chaires à prêcher (Andelot, Chaumont, Vigny) et banc d’œuvre de la basilique Saint-Jean-Baptiste de Chaumont.

Les retables, par l’importance de la décoration sculptée et statuaire et aussi pour la composition architecturale nécessaire à leur élaboration, bénéficièrent de la double compétence de l’artiste chaumontais. Ils sont bien connus ; quinze nous sont parvenus intégralement : églises d’Andelot, Arrentières, Bas-sur-Aube, Braux-le-Châtel, Buxières-les-Froncles, basilique Saint-Jean-Baptiste de Chaumont, hôpital de Chaumont, Saint-Aignan au faubourg de Reclancourt, Clefmont, Colombey-les-Choiseul, Fresnes-sur-Apance, Landreville, Loches, Mussey-sur-Seine, Saint-Urbain. D’autres ont eu une histoire plus mouvementée ; ainsi, ils n’existent plus que sous forme lacunaire : abbaye des Ursulines et abbaye des Carmélites de Chaumont, églises de Cirfontaine-en-Azois, Fontette, Montier-en-Der et Neuville-sur-Seine.

Les réalisations de cet artiste sont aujourd’hui assez bien connues. Sa production abondante, dont une grande partie a été conservée, résulte d’une cinquantaine d’années d’activité, qui s’achève avec sa mort le 15 janvier 1742.


Cliquer pour effectuer une recherche sur cette personne.

C’est le premier projet qui a été réalisé. Malheureusement, aujourd’hui le retable a été considérablement dénaturé : l’autel et les crédences ont disparu, le tabernacle démonté est conservé dans la sacristie ; quant au dais, il a lui aussi disparu. Le tabernacle porte bien la marque de l’artiste chaumontais : porte ornée de l’Agneau avec les instruments de la Passion, côtés convexes décorés de deux bustes ; en mauvais état, il est actuellement menacé. Les trois peintures, sur panneaux de bois de forme cintrée, représentent à droite saint Corneille coiffé de la tiare, gauche saint Cyprien, évêque de Carthage, deux saints associés par la tradition puisqu’ils meurent le même jour ; au centre, une nuée d’anges entoure le symbole de la Trinité et surmonte un panneau actuellement vide, que dissimulait sans doute en doute en partie à l’origine le développement du tabernacle et de l’exposition. On peut supposer que les peintures sont dues à Bénigne Lallier,collaborateur de l’atelier de Jean-Baptiste Bouchardon. Elles sont séparées par des colonnes à fût cannelé surmontées de chapiteaux corinthiens. L’entablement s’incurve dans la partie médiane où prend place un groupe d’angelots ; les côtés sont surmontés de cartouches. Contrairement aux nombreux retables entièrement dorés de cet artiste, celui-ci conserve peu d’éléments de cette nature au profit de faux-marbre. Cette solution, moins onéreuse, correspondait probablement aux possibilités financières de la paroisse (peut-être ne faut-il pas aller trop loin dans ce sens : les retables entièrement dorés sont toujours de dimensions modestes, posés – ou paraissant posés – sur l’autel ; pour les retables adossés couvrant tout ou la majeure partie du mur du chevet, la dorure se limite toujours – me semble-t-il – aux chapiteaux,baguettes, chutes, etc.). Une étude des polychromies permettrait de connaître les dispositions d’origine.

Si le tabernacle a fait l’objet d’un travail assez soigné, il n’en est pas de même des chapiteaux corinthiens. Jean-Baptiste Bouchardon n’a manifestement pas réalisé lui-même ces éléments.

Catégories menuiserie
Matériaux bois, peint
Mesures h : 500.0
la : 430.0
Statut de la propriété propriété de la commune
Intérêt de l'œuvre À signaler

Références documentaires

Bibliographie
  • FRANCE. Inventaire général du patrimoine culturel. Les retables de Jean-Baptiste Bouchardon. Réd. Marie-Agnès Sonrier ; photogr. Yamina Sabki ; Jacques Philippot. Châlons-en-Champagne : Région Champagne-Ardenne, Département de la Haute-Marne ; Lyon : Lieux Dits, 2005. 80 p. (Itinéraires du patrimoine ; 293).

    p.56-58 Service régional de l'inventaire de Champagne-Ardenne : IFG 7/293
  • RONOT, Henry. Jean-Baptiste Bouchardon architecte et sculpteur. Dijon : Faton, 2002.

    p.161-165
(c) Ministère de la culture (c) Ministère de la culture ; (c) Région Champagne-Ardenne - Inventaire général (c) Région Champagne-Ardenne - Inventaire général ; (c) Conseil départemental de l'Aube (c) Conseil départemental de l'Aube - Griot François - Decrock Bruno - Léclapart Carole
Carole Léclapart , né(e) Dominé (30/12/1967 - )

service régional de l'inventaire, documentaliste.


Cliquer pour effectuer une recherche sur cette personne.