Logo =Inventaire Général du Patrimoine Culturel - Retour à l'accueil

Etablissement de vins de champagne de Ayala

Dossier IA51000344 inclus dans Généralités réalisé en 1996

Fiche

Dossiers de synthèse

Précision dénomination établissement de vins de champagne
Appellations dit établissement vinicole de Ayala
Parties constituantes non étudiées bureau, cuvage, atelier de fabrication, chai, chaufferie
Dénominations établissement vinicole
Aire d'étude et canton Marne - Épernay 1
Hydrographies Marne la
Adresse Commune : Ay
Adresse : 2 boulevard du Nord
Cadastre : 1980 C 1388

En 1850, Edmond Louis de Ayala, fils d'un vice-consul colombien, est accueilli à Mareuil-sur-Ay par un ami de son père, le vicomte de Mareuil, dont il épouse la nièce en 1858. Par ce mariage, il devient possesseur du château d'Ay et de vignobles à Ay et Mareuil. La maison de champagne De Ayala est établie sous le Second Empire : les locaux sont construits boulevard du Nord dans les années 1850. L'établissement est agrandi vers 1870 par l'architecte Thiérot qui édifia également les établissements Louis Roederer (IA51000306) et Veuve Clicquot (IA51000340). En 1911, la révolte des vignerons ravage l'établissement ; le cellier est saboté et incendié au cours de l'émeute du 12 avril. Bien assurés auprès d'une société d'assurance de Roubaix, une grande partie des bâtiments est reconstruite, entre octobre 1911 et 1913, par l'entreprise Demay (selon les renseignements donnés par le directeur en place en 1996, lors de l'enquête initiale), sur les plans de l'architecte local Cugnot qui travailla à la reconstruction des celliers Mercier à Epernay (IA51000376). La crise économique des années 1930 est fatale à la maison Ayala, érigée en société anonyme depuis 1922. Les trois neveux d'Edmond, qui dirigent alors l'affaire, sont contraints de vendre leurs parts au banquier anglais Guiness. L'établissement est finalement repris par le champenois René Chayoux en 1937, qui avait acquis la maison Montebello (IA51000378) un an auparavant. Depuis 2005, la maison Ayala est la propriété de la société familiale Jacques Bollinger.

Période(s) Principale : 3e quart 19e siècle , (détruit)
Principale : 1er quart 20e siècle
Dates 1911, daté par source
Auteur(s) Auteur : Thiérot Edouard,
Edouard Thiérot (18 avril 1823 - )

Architecte.


Cliquer pour effectuer une recherche sur cette personne.
architecte, attribution par source
Auteur : Cugnot Désiré, architecte, attribution par source
Auteur : Demay frères, entrepreneur, attribution par source

L'établissement, encastré dans la colline, est implanté sur ancienne carrière de craie. L'entrée du site se fait boulevard du Nord. Les bâtiments sont organisés autour d'une cour au centre de laquelle se situe le cuvage constitué d'un étage de soubassement, d'un rez-de-chaussée surélevé (un foudre en chêne y est conservé), d'un étage carré couvert d'une terrasse ; un escalier tournant en béton dessert chacun des niveaux. La partie centrale en saillie de ce bâtiment, reconstruit sur les fondations du précédent, rappelle le cellier Mumm à Reims (IA51000299). Au nord du cuvage, les anciens bâtiments de la rincerie sont construits de la même manière que ce dernier. Au sud-ouest du cuvage, les bureaux comportent un étage de soubassement et un étage carré couvert en terrasse. Elevé en brique, avec chaines d'angle, soubassements, corniche et balustrade en pierre de taille, le bâtiment est desservi par un escalier en fer-à-cheval. A l'ouest, les anciens ateliers et l'ancienne chaufferie, en pierre meulière et encadrements de brique, donnent sur la rue qui ceinture le cuvage par l'intermédiaire de huit ouvertures en plein-cintre. Ces espaces sont couverts de verrières. Le bureau, le cuvage et l'entrée de cave ont des façades ordonnancées, rythmées par l'alternance de la brique et de la pierre de taille. La balustrade surmontant le toit en terrasse des bureaux et du cuvage, l'escalier symétrique donnant accès aux bureaux, ainsi que les nombreuses courbes des baies ou du muret précédant l'entrée du cuvage, adoucissent la structure massive des principaux bâtiments.

Murs meulière
calcaire
brique
enduit
pierre de taille
béton armé
Toit béton en couverture, verre en couverture
Étages étage de soubassement, rez-de-chaussée surélevé, 1 étage carré
Élévations extérieures élévation ordonnancée
Couvertures terrasse
toit à longs pans
Escaliers escalier intérieur, escalier tournant
escalier de distribution extérieur, escalier en fer-à-cheval, en maçonnerie
Énergies énergie thermique
énergie électrique
Typologies baie rectangulaire, arc plein cintre, arc en anse de panier, arc segmentaire, oculus
États conservations bon état, remanié
Statut de la propriété propriété privée
Intérêt de l'œuvre à signaler
Éléments remarquables bureau

Annexes

  • CHAMPAGNE AYALA. Ay

    HISTORIQUE

    1850, Raphaël Edmond Louis de Ayala arrive de Colombie, son pays natal. Il est accueilli au château de Mareuil-sur-Aÿ par l'un des amis de son père, le Vicomte de Mareuil. Celui-ci l'initie au commerce du vin.

    Raphaël Edmond de Ayala épouse Berthe d'Albrecht, la nièce du Vicomte de Mareuil. Le château d'Aÿ et ses vignobles sont dans la corbeille de mariage.

    Raphaël Edmond de Ayala commence par diriger la société de champagne fondée par le Vicomte de Mareuil. On le retrouve administrateur de la maison de champagne Albrecht le 9 août 1861 (AD Marne : 4E 25258). Par contre, un acte du 1er janvier 1867 mentionne que Raphaël Edmond de Ayala passe une procuration au nom de la société Ayala Albrecht d'Ay pour recouvrement (AD Marne : 4E 25258). Il est parvenu entre temps à s'associer avec le Vicomte de Mareuil. Ils achètent au fur et à mesure des terrains, des vignes et des immeubles sur la commune d'Ay.

    La société prend de l'ampleur parvenant dès cette époque à exporter sa production jusqu'en Amérique du Sud et au Moyen Orient (1865, procuration pour vendre au Chili et en Egypte).

    Le 31 mai 1870, Raphaël Edmond laisse la direction de la maison Ayala d'Albrecht, après accord du Vicomte de Mareuil, son associé, à Fernand Ramire Louis Gonzague de Ayala (AD Marne : 4E 25258).

    Le 12 avril 1888, Jean Joseph Durand Comte de Mareuil vend des immeubles lieux dits le Château d'Ay, sis à Ay, rue de la Charte, numéro 3, et un corps de bâtiment situé en face, moyennant 300.000 F (AD Marne : 4E 1910).

    La société occupait un ensemble de locaux situé boulevard du Nord. Il comprenait divers bâtiments : celliers, caves, ateliers, salle des machines, bureaux, conciergerie. Ces constructions avaient été construites vers 1850-1860 en brique et pierre et couverture en tuiles mécaniques.

    1911, la révolte des vignerons ravagea la société Ayala. La totalité des bâtiments situés boulevard du Nord fut détruite.

    L'ensemble des installations a été reconstruit dès 1913 sur le même emplacement, boulevard du Nord. Le nouveau site industriel fut conçu de manière rationnelle, autour d'un immense cellier adossé à flanc de coteaux. Les plans des constructions ont été réalisés par l'architecte local Cugnot qui travailla à la reconstruction des celliers Mercier à Epernay, détruits par l'incendie de 1912.

    Victor, Henry et Louis de Ayala succédant à leur père créent une société anonyme en 1922.

    La Première Guerre et la crise économique de 1934 provoque la chute de la société. Les frères Ayala sont contraints de vendre la totalité de leurs actions à un banquier anglais Guiness.

    En 1937, Ayala est racheté par un champenois René Chayoux (1891-1969) qui venait d'acquérir la maison de champagne Montebello un an auparavant.

Références documentaires

Bibliographie
  • BLIN, Maurice (dir.), CLAUSE, Georges, GLATRE, Eric (rédac.). Le champagne, trois siècles d'histoire. Paris : Stock, 1997. 205 p.

    p. 97
  • CRESTIN-BILLET, Frédérique. Vins de Champagne. Les grandes maisons de Champagne. [Grenoble] : Glénat, 1991. 159 pages.

    Maison Ayala, p. 20-23