Logo =Inventaire Général du Patrimoine Culturel - Retour à l'accueil

Etablissement de vins de champagne Mercier

Dossier IA51000376 inclus dans Généralités réalisé en 1988

Fiche

Dossiers de synthèse

Précision dénomination établissement de vins de champagne
Appellations dit établissement vinicole Mercier
Parties constituantes non étudiées logement patronal, magasin industriel, atelier de fabrication, cuvage, cave de vieillissement
Dénominations établissement vinicole
Aire d'étude et canton Marne - Épernay 1
Adresse Commune : Épernay
Adresse : 68-72 avenue de Champagne
Cadastre : 1987 AM 5 à 7, 27 ; AL 16

Créée en 1858, la marque de champagne Mercier est exploitée dans des bâtiments édifiés en 1871 sur les plans de l'architecte Cugnot. L'établissement comprend une vingtaine de kilomètres de galeries caves ; une partie est reconstruite en 1912 à la suite d'un incendie. L'usine est rachetée en 1970 par Moët-Hennessy, qui en poursuit l'exploitation lors de l'enquête initiale de 1988. En 2012 (complément d'enquête), la Maison Eugène Mercier occupe toujours le site. Pas de modification de l'ensemble. Archives déposées aux archives départementales.

Période(s) Principale : 3e quart 19e siècle
Principale : 1er quart 20e siècle
Dates 1871, daté par travaux historiques
1912, daté par travaux historiques
Auteur(s) Auteur : Cugnot Désiré, architecte, attribution par travaux historiques

Site desservi par embranchement ferroviaire. Etablissement composé de travées alignées le long de la voie de chemin de fer Paris-Strasbourg. Il comprend 18 km de galeries de caves. De nouveaux bâtiments d'accueil (ensemble D) ont été construits à l'entrée du site, au 68 avenue de Champagne.

Murs meulière
calcaire
brique
enduit
pierre de taille
Toit tuile mécanique, béton en couverture
Étages 1 étage carré, étage de comble
Couvrements charpente en bois apparente
Élévations extérieures élévation ordonnancée
Couvertures terrasse
toit à longs pans
croupe
Énergies énergie électrique
Typologies arc plein-cintre, arc segmentaire, oculus
Statut de la propriété propriété privée

Annexes

  • CHAMPAGNE MERCIER. Epernay

    HISTORIQUE

    Réunion de cinq marques sous le nom de l´union des propriétaires en 1858. L´établissement Mercier et Cie s´installe rue de la Côte Legris à Epernay en 1858.

    En 1869, E. Mercier commence à acheter divers terrains dans la partie colline du mont Bernon, faubourg de la Folie, afin de s´agrandir. C´est une localisation qui permet de profiter de la nouvelle ligne de chemin de fer Paris-Strasbourg (1848), de la route numéro 3 vers l´Allemagne et de la voie d´eau navigable jusqu´à Paris. E. Mercier choisit par ailleurs ce site pour la nature du sol propice au creusement des caves. La seule construction importante lors de son installation demeure le château dit de Pékin appartenant alors à la maison de Champagne Abelé.

    E. Mercier fait appel à des architectes locaux, Cugnot et Marcy, pour la construction de son établissement. Un premier projet jugé trop traditionnel (caveaux superposés communiquant par des ouvertures pratiquées dans le sol) est refusé.

    En 1871 commence le creusement des caves sur un plan régulier (30 galeries parallèles coupées par trois autres, le tout sur un niveau), les galeries étant directement reliées à la voie ferrée par un tronçon privé.

    Dans les années qui suivent, E. Mercier achète plusieurs bâtiments situés faubourg de la Folie aux numéros 76, 78, 80, 74, 82, 84 (appartements, pressoirs et vendangeoirs, celliers et caves).

    Il achète le château de Pékin en 1873, ainsi qu´un autre immeuble à François Abelé de Müller :

    4E 16285, Acte de vente d´une maison de maître avec dépendances, deux grands celliers, caves et terrains à Epernay, le 30 décembre 1873 par M. Abelé de Muller à M. E. Mercier :

    ''Cette propriété connue sous le nom de Mont St Joseph ou Pékin est située sur le territoire d´Epernay, lieu dit Croix des Bouchers, prend entrée par une grille sur la route nationale de Paris à Strasbourg. Elle comprend en face de la grille.

    Une maison de maître consistant au rez de chaussée en trois places servant de salle à manger, chapelle et bureau, cuisine à la suite avec placards, lieux d´aisances, vestibule dans lequel prend un escalier conduisant à la distribution des bouches de chaleur du calorifère et l´escalier conduisant au premier étage, grande salle à manger, deux salons, et une place à feu à la suite servant de serre.

    Au premier étage est un vestibule dans lequel prend l´escalier conduisant au deuxième étage, quatre chambres à droite servant de vestiaire et chambres à coucher, à gauche corridor donnant entrée à trois places servant de chambres à coucher et cabinets de toilette.

    Au deuxième étage, est une lingerie avec placards dans l´un desquels se trouve une horloge, chambre de domestiques.

    Un petit cellier sous ce bâtiment au nord et autour de ces bâtiments jardins et terrains dessinés à l´anglaise dans lesquels se trouvent une pièce d´eau et une machine à vapeur servant à monter l´eau nécessaire pour arroser et pour les besoins de l´habitation.

    A gauche de la grille, le long de la route, un logement pour le concierge, comprenant cinq places au rez de chaussée avec chambres et greniers au dessus.

    Un cellier à la suite servant à l´emballage des vins, prenant entrée sur la route et bas celliers ; couloir sous le cellier auquel aboutit une entrée de cave.

    A droite le long de la route, bâtiment comprenant : une buanderie, entrée de caves, chambres de domestiques au dessus, cellier prenant entrée sur la route séparée de ce bâtiment par un espace de terrain planté en bosquets, autre bâtiment ensuite servant de logement au maître tonnelier comprenant une place au rez de chaussée, trois autres au premier étage auquel on accède par un escalier, grenier au dessus.

    Le tout d´une contenance superficielle de quatre hectares trente cinq ares dix huit centiares, clos de murs''.

    La château comportait déjà les installations nécessaires au négoce de vin de champagne puisqu´on y trouvait des entrepôts, des pressoirs, des celliers de dégorgement et d´expédition, ainsi que des caves creusées sur le même niveau que celles d´E. Mercier.

    Il installe au château de Pékin le siège social de sa maison de champagne, délaissant les locaux de la rue de la Côte Legris. En 1878, les bureaux s´installent au 75 avenue de Champagne laissant le château de Pékin.

    Il continue divers travaux : creusement de caves de 1871 à 1877 et construction de celliers de 1871 à 1880. Plusieurs photographies datées des années 1880 permettent d´avoir une vision très précise de la disposition des bâtiments.

    En 1886, E. Mercier procède à l´installation d´une machine à vapeur pour l´alimentation en électricité de la société. Il fait édifier une cheminée qui sera détruite en 1947 et fait percer spécialement une galerie afin d´accumuler de l´eau pour le fonctionnement de la machine. L´électricité sert pour éclairer les caves et à entraîner tout un réseau de courroies faisant fonctionner les premières machines à rincer les bouteilles et les tireuses.

    Il fait installer également un ascenseur dans le bâtiment des bureaux situé au 75 de la rue du Commerce qui permet de descendre aux caves. La machine à vapeur fonctionnera jusqu´en 1904, date à laquelle l´électricité proviendra d´une société d´électricité privée.

    En 1904, E. Mercier fait construire le pavillon Mercier dans lequel sont aménagés d´autres accès aux caves. Ces ascenseurs seront démontés en 1922 car les cages pas suffisamment isolées faisaient remonter au niveau des bureaux de l´humidité.

    En 1911, l´architecte Hennequin conçoit l´aménagement de nouveaux bureaux (AD Marne : 17J 180).

    Le 25 juillet 1912, un grave incendie se déclare dans l´un des celliers situé le long de la voie de chemin de fer. On trouvait dans ce cellier, au rez-de-chaussée, le chantier d´habillage, au 1er étage, un magasin où on entreposait toutes les étiquettes et les objets publicitaires et un grenier rempli de paille pour l´emballage des bouteilles. Les ateliers de ferblanterie, de serrurerie, de mécanique, de menuiserie et d´étiquetage des celliers adjacents ont également été détruits.

    Les différents locaux industriels : emballage, marquage des caisses, magasins d´approvisionnement, bouchonnerie avec séchoir à vapeur, celliers pour manipulations diverses, tonnellerie ont été reconstruits à l´identique en ciment armé dès 1912 par l´architecte Cugnot. Un mémoire des travaux permet de voir l´avancement du chantier (AD Marne : 17J 170) : 1912, travaux aux celliers sur le chemin de fer, au cellier n°2 avec bureau, à la comptabilité sur la rue du Commerce, aux nouveaux bureaux (façade sur rue). D´avril à mai 1913, couverture en ciment volcanique des nouveaux celliers.

    L´architecte P. Hennequin travaille à la réorganisation des celliers d´emballage. Des dossiers de mai et juin 1947 contiennent les plans des nouvelles chaînes d´emballage et la localisation des machines depuis le lavage des bouteilles jusqu´à l´emballage et la mise en caisses (AD Marne : 17J 181).

    Durant l´année 1954, les établissements E. Mercier décident d´entreprendre la démolition des grilles et des murs clôturant les immeubles situés aux 71 et 73 de l´avenue de Champagne afin de renouveler l´accès aux caves. L´architecte consulté est M. Turbil de Laon (AD Marne : 17J 171).

Références documentaires

Documents d'archives
  • AD Marne : Fi. Iconographie.

    Archives départementales de la Marne, Châlons-en-Champagne : Fi
  • AD Marne : 27J. Archives de l'entreprise Mercier.

    Archives départementales de la Marne, Châlons-en-Champagne : 27J
  • Archives privées Moët-Hennessy. Documents divers.

Bibliographie
  • ALVES, Gilles. Le patrimoine de l'industrie alimentaire. Les données de l'inventaire en Champagne-Ardenne. In ASSOCIATION POUR LE PATRIMOINE INDUSTRIEL EN CHAMPAGNE-ARDENNE, DOREL-FERRE Gracia (dir.). Le patrimoine industriel de l'agro-alimentaire en Champagne-Ardenne et ailleurs : Actes du colloque de l'APIC (Reims, 7-8 novembre 1998). Reims : SCEREN-CRDP Champagne-Ardenne, 2000, nouvelle éd. 2004. (Patrimoine ressources), p. 9-19.

    p. 9-19
  • BLIN, Maurice (dir.), CLAUSE, Georges, GLATRE, Eric (rédac.). Le champagne, trois siècles d'histoire. Paris : Stock, 1997. 205 p.

    p. 96
  • CRESTIN-BILLET, Frédérique. Vins de Champagne. Les grandes maisons de Champagne. [Grenoble] : Glénat, 1991. 159 pages.

    Maison Mercier, p. 78-83
  • CRESTIN-BILLET, Frédérique. La naissance d'une grande maison de champagne : Eugène Mercier, ou l'audace d'un titan. [Paris] : Calmann-Lévy, 1996. 216 p.

  • GONGUET, B. Etude historique et architecturale sur les caves de champagne du groupe Moët-Hennessy. [S.l.], 1984. 115 pages.

  • MICHEL, P. Epernay pas à pas. Editions Horvath, 1984. 195 pages.

    p. 55
  • PEROUSE DE MONTCLOS, J.-M. (sous la dir.). Guide du patrimoine de Champagne-Ardenne. Paris : Hachette, 1995. 432 pages.

    p. 178