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Fabrique de métiers pour bonneterie, filature de coton et usine de bonneterie des frères Poron, puis Poron frères, fils et Mortier, puis Poron S.A., puis Absorba-Poron, actuellement hôtels

Dossier IA10000259 inclus dans Généralités réalisé en 1986

Fiche

Dossiers de synthèse

Précision dénomination usine de métiers de bonneterie
filature de coton
Appellations dite usine de matériel d'équipement industriel des frères Poron, puis Poron frères, fils et Mortier, puis Poron S.A., puis Absorba-Poron
Destinations immeuble de bureaux, hôtel
Parties constituantes non étudiées atelier de fabrication, salle des machines, conciergerie, passerelle
Dénominations usine de matériel d'équipement industriel, filature, usine de bonneterie
Aire d'étude et canton Aube - Troyes 5
Adresse Commune : Troyes
Adresse : 11 rue des Bas-Trévois
Cadastre : 1983 CE 271

Les frères Charles et Armand Poron, associés depuis 1853, créent sous le Second Empire, quelque temps après l'achat d'un vaste terrain en 1858, une fabrique de métiers pour bonneterie 7-11 rue des Bas-Trévois, à laquelle ils ajoutent une filature de coton cardé vers 1872 (qui comptera 8000 broches 6 ans plus tard), puis une usine de bonneterie vers 1880. Léon, Henri et Jules Poron, associés à leur neveu Mortier depuis 1876 (formant la maison Poron frères, fils et Mortier), font construire une seconde filature au 37 rue des Bas-Trévois (IA10000318), puis achètent une usine de teinturerie au 10 rue des Bas-Trévois, déjà détruite en 1986 (date de l'enquête initiale). La raison sociale devient Poron S.A. en 1898. La fabrication de métiers du système Paget a lieu jusqu'en 1915, mais d'autres types de métiers à bonneterie seront produits jusqu'en 1970. Depuis 1957, la S.A. Poron contrôle les établissements Herbin (IA10000260) situés rue des Martyrs de la Résistance. En 1976, la raison sociale devient Absorba-Poron et le site de la rue des Bas-Trévois ferme ses portes vers 1990, procédant à de nombreuses destructions de bâtiments jusqu'en 1995. Lors de l'enquête initiale, l'activité continue toujours sur le site de la rue des Martyrs de la Résistance. En 2013 (complément d'enquête), le site du 11 rue des Bas-Trévois est détruit. Il abrite désormais deux hôtels (hôtel Ibis et hôtel Mercure, ce dernier semble avoir ouvert ses portes en 2000), et a vu l'ouverture de la rue Camille Claudel. Vers 1880, la société Poron possède une école et une cité ouvrière à proximité immédiate des usines, la cité Poron, consistant en 8 habitations. Vers 1960, elle emploie environ 2000 personnes et dispose de nombreuses institutions sociales.

Période(s) Principale : 2e moitié 19e siècle

Description en 1986 (enquête initiale) des bâtiments subsistants donnant sur la rue des Bas-Trévois : il s'agit de deux ateliers symétriques, dont l'un a un étage de soubassement et deux étages carrés et l'autre un étage de soubassement, un étage carré et un étage de comble. Ils sont élevés en brique et pans de bois, ont leurs façades enduites percées de larges baies. L'entrée est encadrée par deux conciergeries à un étage carré, élevées en brique, et couvertes d'un toit à longs pans avec croupes en ardoise. A l'ouest se trouve une salle des machines en rez-de-chaussée en brique, couverte d'un toit à longs pan en ciment amiante. Dans la partie postérieure de l'usine se trouvaient des ateliers en briques et pan de fer et d'autres en rez-de-chaussée élevés en moellons. Au sud de l'ensemble se trouvaient d'imposants ateliers de fabrication dont le rez-de-chaussée était en moellons et les deux étages carrés enduits. En 2013, des vestiges de la bonneterie sont visibles dans l'hôtel Mercure. Les façades ont été enduites. La salle des machines et les conciergeries ont été conservées. Le reste du site est détruit.

Murs calcaire
brique
enduit
moellon
pan de fer
pan de bois
Toit tuile mécanique, ardoise, verre en couverture, ciment amiante en couverture
Étages étage de soubassement, 2 étages carrés
Couvertures toit à longs pans
shed
lanterneau
croupe
Énergies énergie thermique
énergie électrique
produite sur place
achetée
États conservations détruit après inventaire
Statut de la propriété propriété privée

Annexes

  • Historique. Extrait de : Etablissements Poron. Troyes. [S.d.]. [N.p.]

    La maison fondée le 17 septembre 1816, par Jean-Baptiste Poron-Saussier, fils d'un drapier de Château-Thierry, fut d'abord consacrée au négoce de bonneterie en gros et installée à Troyes, 132, rue Notre-Dame (l'actuelle rue Emile-Zola).

    A cette époque, ce négoce consistait à vendre aux nombreux artisans installés dans les environs de Troyes de la laine et du coton leur permettant de fabriquer des articles de bonneterie sur des métiers à main, et à acheter les produits ainsi réalisés pour les proposer à la clientèle des grossistes. Peu à peu d'ailleurs, tous ces artisans devinrent des façonniers et la maison Poron se chargea de la centralisation de ces opérations, en même temps qu'elle commença elle-même la fabrication d'articles de bonneterie.

    Le 1er décembre 1853, les fils de Jean-Baptiste Poron : Amand et Charles, reprennent la maison de commerce et forment entre eux une société en nom collectif sous l'appellation Poron Frères.

    Ils ajoutèrent à leur activité de bonnetiers en gros la construction de matériel de bonneterie, d'abord en important, en 1856, de nouveaux métiers à bas fabriqués en Angleterre, puis en les construisant eux-mêmes et en leur apportant de très nombreux perfectionnements.

    Pour faire face au développement de cette nouvelle branche, ils achetèrent, le 13 juillet 1858, 9, rue des Bas-Trévois au lieu-dit ''L'Ecrevisse'', près d'un des canaux de dérivation de la Seine, des immeubles et un vaste terrain et ils y transportèrent le siège de la Société.

    En 1876, ils associèrent leurs enfants Léon, Henri et Jules Poron et leur neveu Auguste Mortier à leur affaire et formèrent ensemble la société en nom collectif Poron Frères Fils et Mortier. Ils donnèrent alors un grand développement à la maison, en particulier dans la construction de métiers Cotton puis de métiers Standard pour la fabrication des bas, et dans ce but ils firent l'acquisition, non loin de leur siège social, rue de Madagascar, d'une fonderie.

    Un peu plus tard, ils achetèrent des terrains, 37, rue des Bas-Trévois, où ils construisirent une filature de coton cardé de 15.000 broches environ.

    En 1890, Charles et Amand Poron prennent la décision de se retirer, leur fils Henri Poron reprend à son compte la fonderie et Auguste Mortier quitte la société qui se continue à partir de ce moment-là entre les cousins germains Léon et Jules Poron. Ceux-ci achètent en 1895 la Teinturerie de Troyes, située 10bis, rue des Bas-Trévois, qu'ils développèrent de façon importante et où ils installèrent des ateliers pour leur nouvelle branche de tissage et de la confection de sous-vêtements.

    En 1898, la Société se transforme en Société anonyme où se trouveront réunis Jules Poron, son fils Jean Poron et son neveu André Barthélemy, et Léon Poron et ses fils Bernard et René. Cette société se transforma en Société à Responsabilité limitée en 1926 et de nouveau en Société anonyme en février 1957.

Références documentaires

Documents d'archives
  • AD Aube : 8 Fi. Iconographie.

    Archives départementales de l'Aube, Troyes : 8 Fi
  • AD Aube : M 1322. Etablissements insalubres, incommodes ou dangereux. Demandes, autorisations, refus. 1881-1882.

    Archives départementales de l'Aube, Troyes : M 1322
Bibliographie
  • Etablissements Poron. Troyes. [S.d.]. [N.p.].

  • [Exposition. Troyes : Musée de la Bonneterie. 1989]. 400e anniversaire du métier à tricoter, 1589-1989 : Les constructeurs aubois. Exposition, Musée de la Bonneterie, Troyes (1er juin-20 novembre 1989). Troyes : Ed. des Musées de Troyes, 1989. 68 p.

    p. 32-33
  • HUMBERT, Jean-Louis. Les établissements de bonneterie à Troyes (1870-1914). Troyes : C.D.D.P, 1995. 80 p.

    p. 27-28
  • PORON S.A. Historique et descriptif des activités de l'établissement Poron à Troyes, [s.d.]. Reproduit dans le dossier documentaire inventaire (10 illustrations).

Périodiques
  • DOUINE, Ernest. L'exposition universelle de 1778 et les industriels exposants du département de l'Aube. Annuaire de l'Aube, 1879, 2e partie, p. 79-112.

    p. 79-112
  • HUMBERT, Jean-Louis. Les établissements de la bonneterie à Troyes (1870-1914). Un patrimoine industriel à sauvegarder. La Vie en Champagne, avril-juin 1996, n° 6 [nouvelle série], p. 15-21.

    p. 18