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Faïencerie dite des Auges, actuellement exploitation agricole et maisons

Dossier IA52070357 inclus dans Généralités réalisé en 1989

Fiche

Dossiers de synthèse

Appellations dite faïencerie des Auges
Destinations ferme, maison
Parties constituantes non étudiées atelier de fabrication, logement d'ouvriers, logement patronal
Dénominations faïencerie
Aire d'étude et canton Langres - Langres
Adresse Commune : Langres
Lieu-dit : les Augès
Cadastre : 1980 AO 83, 84

Faïencerie fondée en 1758 par Jean-Baptiste Arnout (marque de fondation gravée sur l'un des murs du bâtiment principal : ''P.P. J.-B. ARNOUT 1758''), alors maçon, sur un terrain appartenant à son beau-père. L'aîné des enfants Arnout, Nicolas, prend la tête de la fabrique à la mort de son père, en 1791 jusqu'en 1808. Jean Dubuisson, peintre à la cour, en devient l'amodiataire entre 1804 et septembre 1806, date à laquelle Nicolas Arnout vend finalement la faïencerie à Jean Royer, horloger à Langres, qui en reste propriétaire jusque 1819. Jean Chulliot de Ploosen achète la faïencerie, alors grevée d'hypothèques, en mai 1819. Sous sa direction, jusqu'en 1845, la faïencerie retrouve une certaine prospérité. Des changements interviennent : en 1822, un nouveau four à faïence est construit ; de cette période datent également un bâtiment (aujourd'hui démoli) abritant la serre à fleurs et le bureau du faïencier, un petit bâtiment à usage de magasin annexe, l'agrandissement de la maison d'habitation. En 1845, François Virey-Walck, négociant langrois, achète la faïencerie qui tombe rapidement en faillite. Elle est rachetée le 6 août 1847 par Jean-Baptiste Jacob. La mort de ce dernier, qui intervient en 1853, entraîne la cessation d'activité et la fermeture définitive de la fabrique de faïence. Mise en vente aux enchères, elle ne trouve acquéreur qu'en 1875, avec Charles Marcout qui transforme le site en exploitation agricole. La plupart des structures de la manufacture subsistent en élévation. Depuis le 19 août 1986, la faïencerie est inscrite à l'Inventaire supplémentaire des monuments historiques ; des fouilles archéologiques ont été entreprises de 1987 à 1996. En 2013 (complément d'enquête), les logement patronal (B) et logement d'ouvriers (C) sont utilisés comme habitations. En 1784, la faïencerie occupe 9 ouvriers ; 12 ouvriers en 1808.

Période(s) Principale : 3e quart 18e siècle
Principale : 1er quart 19e siècle
Dates 1758, porte la date
Auteur(s) Auteur : Arnout Jean-Baptiste, maçon, signature

L'ancienne faïencerie des Auges se situe à 1 km environ au sud-est du centre-ville langrois, en bordure de la R.N. 19. Le site de la faïencerie, comprenant les bâtiments de l'usine à faïence, la maison d'habitation, la cour, le jardin potager et le verger, offre une surface de 78 ares (7800 m2). Les fouilles archéologiques ont mis au jour des fosses à terre, le réseau des canalisations d'eau, les bassins de décantation, le gâchoir, la cave à pourrir la terre, la cave à terre, les petite et grande tourneries, la chambre à peinture, la chambre au brun, le four à calciner les métaux (''fournette''), les vestiges d'un autre four (sans doute le four primitif), le desséchoir, le magasin. Subsiste également, dans le bâtiment principal du 18e siècle, le grand four à faïence de 1822, entièrement appareillé, de plan carré et à axe de tirage vertical. Toutes les installations étaient reliées entre elles par des aires de circulation pavées (cf Marcourt, Thevenard, 1989 et 1990). En 2013, la toiture de l'atelier de fabrication (A) se détériore.

Murs pierre
moellon sans chaîne en pierre de taille
Toit tuile mécanique, tuile plate
Étages étage de soubassement, 1 étage carré, étage de comble
Couvrements charpente en bois apparente
Élévations extérieures élévation ordonnancée
Couvertures toit à longs pans
demi-croupe
croupe
États conservations établissement industriel désaffecté, mauvais état
Statut de la propriété propriété privée
Intérêt de l'œuvre à signaler
Protections inscrit MH, 1986/08/19

Annexes

  • LA FAÏENCERIE DES AUGES A LANGRES

    DRAH de Champagne-Ardenne

    LA FAÏENCERIE DES AUGES (inscription à l'Inventaire supplémentaire des Monuments Historiques en date du 16 décembre 1985)

    Historique

    La faïencerie des Auges a fonctionné de 1759 à 1853.

    Elle a été fondée par J.-B. Arnout admodiateur de Joseph Lallement, seigneur d'Aprey, fondateur de la célèbre faïencerie d'Aprey (à 15 km de Langres).

    Elle fut d'abord exploitée par le fondateur à la mort duquel, en 1791, succéda l'un de ses fils, Nicolas Arnout dit l'aîné. Nicolas Arnout donne la faïencerie en location en l'an XIII à Jean Dubuisson, peintre à la Cour Palatine (acte passé devant maître Batonnot, notaire à Langres), qui la vend en 1806 à Jean Royer, horloger, fabricant et marchand de faïence (acte notarié, maître Batonnot à Langres).

    En 1819, la faïencerie est vendue à Jean Nicolas Chuillot de Ploosen, colonel en retraite (acte notarié, maître Jourdheuil à Langres) qui la revend en 1845 à François Virey-Valck, négociant (acte notarié, maître Millot à Langres).

    À la suite de la faillite de François Virey, la faïencerie est vendue aux enchères à J.-B. Jacob, qui l'exploite probablement jusqu'à sa mort en 1853.

    La faïencerie est vendue par les héritiers de Jacob, en 1875, à Charles Marcout qui transforme ''l'usine à faïence" en bâtiment agricole.

    [...]

    Présentation cartographique

    La propriété de la faïencerie des Auges (comprenant les bâtiments de l'usine à faïence, la maison d'habitation, la cour, le jardin potager et le verger) formait déjà en 1806 (selon les actes notariés) et forme encore maintenant une seule enceinte, close de murs d'une superficie de 78 ares.

    [...]

    Description des installations

    Les installations, selon les descriptions des actes notariés et les enseignements des sondages archéologiques consistent en :

    -les canalisations d'eau,

    -les fosses à terre,

    -le gâchoir,

    -le pourrissoir,

    -la cave à terre,

    -les ateliers (grande et petite tournerie),

    -la chambre de peinture,

    -la chambre au brun,

    -le grand four ou four à faïence,

    -le petit four ou four à poterie,

    -le four à calciner les métaux,

    -les magasins,

    -le bureau du faïencier et la serre à fleurs,

    -le desséchoir (soulignés, les éléments visibles actuellement).

    Il convient d'ajouter les vestiges d'un autre four, probablement le four d'origine de la faïencerie, inscrit dans un bâtiment aujourd'hui démoli et adossé au côté sud du grand bâtiment.

    La production

    La production de "grand feu" était très diversifiée : "différentes espèces de fayences, en blanc, en couleur, en terre à feu brune, façon de Rouen, le tout d'assez bonne qualité, mais communes, dont le débit s'est fait dans les provinces de Champagne, de Bourgogne, de Franche-Comté'' (Archives départementales de la Haute-Marne, C 343, 1788, Enquête menée par des députés composant la commission intermédiaire de l'élection de Langres).

    Un inventaire en date du 8 messidor an XIII nous renseigne sur la diversité de cette production :

    -97 moules d'assiettes (plusieurs formes)

    -41 moules de plats (ronds ou ovales)

    -2 moules de plat à barbe

    -13 moules de pots à eau

    -l moule de bacchus

    -l moule d'urinal

    -des moules de salières, bénitiers, saladiers, soupières.

    Les sondages archéologiques ont permis de retrouver :

    1) de nombreux fragments de moules

    -assiettes et plats

    -2 plats à eau

    -pichet

    -anses de soupières et de pichet

    -pipes

    -jambe d'un personnage

    -tête de veau

    -pattes de lion

    -jardinières

    -d'autres fragments de moules divers, non identifiés pour l'instant.

    2) de nombreux tessons de biscuit

    3) des brouillons de décors (fleurs surtout) dessinés sur des morceaux de biscuit

    4) quelques tessons colorés (plat à eau du XVIIIe, bacchus XVIIIe, fragments d'assiettes à décors de fleurs ou de fruits...).

    Le ou les tessoniers proprement dits n'ont pu, à ce jour, être retrouvés.

    5) Le déblaiement du four a également permis de retrouver des éléments de l'appareillage servant au chargement du four (gazettes, piliers, rondeaux, pernettes simples, pernettes pattes de coq, montres), ainsi que trois outils (deux pelles à décendrer et une fourche).

    De ce bref exposé, il ressort qu'il serait du plus grand intérêt d'approfondir toutes les données historiques en cours de recueillement. D'autre part, le site apparait d'une grande richesse : la faïencerie ayant conservé pratiquement intacts tous les éléments nécessaires à l'unité de production (ateliers, fours, caves à entreposer la terre, desséchoir, système d'écoulement des eaux, et même le four primitif dont les vestiges ont été découverts dès 1985). Il apparait nécessaire d'approfondir nos connaissances des technologies de production, d'autant plus que les deux autres célèbres faïenceries de Champagne-Ardenne, celles d'Aprey et des Islettes, ont perdu tout témoin de leur activité passée.

    [...].

Références documentaires

Bibliographie
  • MARCOUT, Renée, THEVENARD, Jean-Jacques. Faïencerie des Auges : Langres, Haute-Marne, France. Langres : D. Guéniot, 1989. Brochure ; 13 pages.

  • ROSEN, Jean (dir.). Faïenceries françaises du Grand-Est. Inventaire : Bourgogne. Champagne-Ardenne (XIVe-XIXe siècle). Paris : Comité des Travaux historiques et scientifiques, 2001. 591 p.

    p. 574-580 : Faïencerie des Auges (52.04)
Périodiques
  • MARCOUT, Renée, THEVENARD, Jean-Jacques. La faïencerie des Auges. Bulletin de la Société historique et archéologique de Langres, 1990, t. XX, n° 301, p. 120-124.

    p. 120-124