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Filature de laine Buirette-Gaulard, puis fonderie de bronze dite Le Bronze Industriel

Dossier IA51000174 inclus dans Généralités réalisé en 1988

Fiche

Dossiers de synthèse

Précision dénomination filature de laine
fonderie de bronze
Appellations dite filature Buirette-Gaulard, puis fonderie Le Bronze Industriel
Destinations fonderie
Parties constituantes non étudiées atelier de fabrication, bureau, cour, enclos
Dénominations filature
Aire d'étude et canton Marne - Argonne Suippe et Vesle
Hydrographies Suippe la
Adresse Commune : Suippes
Adresse : avenue du Général Leclerc
Cadastre : 1970 AC 289

La première filature Buirette-Gaulard de 1824, transformée en 1868, fabrique des fils de laine pour bonneterie. En 1914, elle comprend trois ateliers, dont une teinturerie moderne construite en 1880 au lieu-dit La Carpière. A cette époque, les métiers sont transportés à Angers (49) et le service commercial transféré à Troyes (10). Détruite pendant la Première Guerre mondiale, cette usine est reconstruite vers 1920. Fermé en 1960, l'établissement est repris en 1962 par l'entreprise Le Bronze Industriel, qui fabrique des tubes en bronze (fabrication par centrifugation et coulée continue à la fin des années 1980). Lors du complément d'enquête, en 2013, cette usine apparaît toujours en activité. Pas de modification de l'ensemble. L'usine emploie 180 à 200 ouvriers en 1887, 270 en 1931 et 360 en 1988.

Période(s) Principale : 1er quart 19e siècle , (détruit)
Principale : 3e quart 19e siècle , (détruit)
Principale : 4e quart 19e siècle , (détruit)
Principale : 1er quart 20e siècle
Dates 1824, daté par source
1868, daté par source
1880, daté par source

Les bureaux forment un avant-corps percé de baies en plein cintre et surmonté d'une horloge faisant face à l'entrée. Un décor en brique et des pilastres semblant soutenir un fronton ont été appliqués à l'entrée de l'atelier de fabrication et donnent un air monumental à une usine dont le patron était puissant à Suippes. Les pignons donnant sur la rue sont en pierre meulière et percés de baies à arc segmentaire qui atténuent la monotonie de la façade des ateliers.

Murs brique
meulière
béton
enduit
moellon
parpaing de béton
Toit ardoise, tuile mécanique, béton en couverture, verre en couverture
Étages 1 étage carré
Couvrements charpente métallique apparente
Élévations extérieures élévation à travées
Couvertures toit à longs pans
toit bombé
toit polygonal
lanterneau
Énergies énergie hydraulique
énergie thermique
énergie électrique
Typologies baie rectangulaire, arc plein cintre, arc segmentaire
Statut de la propriété propriété privée
Intérêt de l'œuvre à signaler
Éléments remarquables atelier de fabrication

Annexes

  • Extr. de : SCHAYE Paul-Adrien. Les filatures et peignage Buirette-Gaulard Fils à Suippes. Paris : [S.d], p. 3-12 :

    1914. VOICI L'ENNEMI

    Le 3 septembre 1914, les Allemands entraient à Suippes, et l'un des lieutenants du prince de Wurtemberg y installait son quartier général. En même temps que lui s'abattaient sur la petite ville manufacturière, les auxiliaires habituels des armées du kaiser. Ils étaient organisés supérieurement pour le pillage et la destruction des forces industrielles de la nation française. Les usines de Suippes étaient aussitôt occupées et leur inventaire fait. La filature Buirette-Gaulard leur apparut comme une excellente proie, et la maison du maire, M. Léon Buirette, comme un logement exceptionnel. L'ennemi s'y installait comme chez lui. Seulement, il y fit ce qu'il n'aurait pas fait chez lui ; il commença par déménager le linge et les objets de valeur.

    Le 13 septembre 1914, dix jours après, les Allemands se retiraient de Suippes, sous la poussée des armées françaises victorieuses sur la Marne. Ils allaient se terrer à Souain, à quelques kilomètres au nord dans les environs de la ferme Navarin.

    Mais avant de partir, en remerciement de l'hospitalité qu'il s'était offerte à lui-même, le prince allemand faisait mettre le feu à la maison du maire, et défendait, en la ''protégeant'' par sept sentinelles, qu'on y portât secours. Auparavant, le pillage du matériel avait été systématiquement organisé, on avait en hâte démoli ce qu'on avait pu de la filature, le feu détruisait la teinturerie dont il ne restait que des décombres, et comme l'ironie allemande sévissait alors de tout son poids, quelqu'un d'eux emmenait les chiens de garde de l'usine en épinglant sur leur niche une carte de visite avec ces mots : ''Plus de maison, pas besoin de chiens''.

    1914-1918. LA GUERRE

    Et pendant cinq années, Suippes fut bombardée, harcelée, atteinte pierre par pierre, criblée d'éclats, démolie en gros et en détail. Pas une cahute qui ne reçût l'atteinte du canon. Ils achevaient à courte distance leur oeuvre de destruction. Les filatures Buirette-Gaulard n'étaient plus qu'une ruine. Au 14 juillet 1918, lors de leur immense effort contre le front Gouraud, contre lequel ils devaient s'écraser, ils s'acharnèrent. Deux mois plus tard, ils étaient bousculés au delà de la Py, et leur retraite se précipitait.

    Ils laissaient un pays démoli et une grande usine qui ressemblait à toutes celles de la vallée de la Suippe, des fermes tordues, des pierres chancelantes, des machines hors d'usage.

    1824-1914. CE QU'AVAIT ETE LA FILATURE

    Elle était née, cette filature Buirette-Gaulard, en 1824. M. Buirette père l'avait transformée dès 1868. La rivière suffisait alors à lui donner sa force de 12 HP, mais les métiers les plus perfectionnés pour l'époque firent vite sa réputation. Le patron avait la hardiesse qu'il fallait pour rechercher les machines nouvelles et les adapter aux besoins nouveaux. Ses ouvriers devinrent vite ses collaborateurs. On l'aimait pour le feu sacré qu'il apportait à son oeuvre. A la veille de la guerre, la petite installation de 1868 avait fait place à trois usines, dont une teinturerie modèle, mille ouvriers y travaillaient, et les fils de M. Buirette-Gaulard, MM. Léon et Paul Buirette, venaient de transformer leur affaire en une société anonyme prospère, au capital de 4 millions, produisant, avec deux machines à vapeur de 300 HP, 1.200.000 kilos de laine filée dont la réputation était exceptionnelle.

    1919. LA RESURRECTION

    M. Paul Buirette avait été mobilisé jusqu'au dernier jour. M. Léon Buirette, au prix de difficultés inouïes, était parvenu à sauver du bombardement ce qu'il avait pu. Des embryons de métiers furent transportés à Angers, où la société Buirette-Gaulard montait en hâte une seconde usine, tandis que son service commercial se transportait à Troyes. Les rares collaborateurs de la direction qui n'étaient pas partis aux armées, se dévouaient à l'oeuvre de résurrection de la filature. Et dès l'armistice, avant que les autres industriels de la région eussent même essayé de reprendre leur existence, les ateliers de Suippes se remontaient, les murs se relevaient, les hangars éventrés devenaient des salles spacieuses où peu à peu apparaissaient des métiers nouveaux... Quelques difficultés cependant surgissaient qui semblaient insurmontables : celle de la main-d'oeuvre et celle du logement.

    Retrouver des ouvriers, les faire revenir dans Suippes en ruines, tel était le problème. L'attachement des anciens compagnons de la maison Buirette-Gaulard était légendaire. Avant la guerre, cinquante d'entre eux comptaient plus de trente ans de service à la filature. Mais ils s'en étaient allés. Parmi les vieux, beaucoup avaient été atteints par l'âge. Parmi les jeunes, combien dormaient leur dernier sommeil sous la terre de Champagne ou d'Argonne... Le métier d'ouvrier de filature est fait de spécialités qui demandent de longues années d'apprentissage.

    Et d'ailleurs, si on en retrouvait comment les loger ?

    La société Buirette-Gaulard résolut d'abord cette question. Des maisons provisoires, du modèle officiel, s'édifièrent rapidement. Mais au lieu de les placer en groupe, elles furent espacées, dans un site dégagé, afin de permettre à chaque famille de cultiver un potager abondant. On commença de creuser des puits. Les maisons se composent de trois chambres et d'une pièce commune qui sert de cuisine et salle à manger. Elles sont suffisamment protégées contre le froid. Un grenier coiffé de tôles ondulées les défend contre la chaleur. Provisoires, elles peuvent au besoin rester définitives. Leur loyer est infime. Elles ont trouvé preneurs bien vite.

    En même temps, l'usine devient école d'apprentissage. Il faut avant tout faire l'éducation professionnelle des artisans de demain. La perfection des machines employées facilite le tâche de chacun. Mais les fileurs, les doubleuses et les pelotonneuses, pour ne parler que de ceux-là, doivent acquérir une habilité qui s'obtient après plusieurs années de travail.

Références documentaires

Documents d'archives
  • AD Marne : Fi. Iconographie.

    Archives départementales de la Marne, Châlons-en-Champagne : Fi
  • AD Marne : 186M 11. Enquête, par commune, sur le nombre des manufactures, usines ou ateliers à moteur mécanique (hydraulique ou à vapeur) et à feu continu, et sur le nombre des fabriques occupant vingt ouvriers au minimum. 1869.

    Archives départementales de la Marne, Châlons-en-Champagne : 186M 11
  • AD Marne : 186M 16. Rapports sur le situation industrielle et commerciale du département. 1881-1882.

    Archives départementales de la Marne, Châlons-en-Champagne : 186M 16
  • AD Marne : 186M 19. Rapports sur le situation industrielle et commerciale du département. 1886-1887.

    Archives départementales de la Marne, Châlons-en-Champagne : 186M 19
  • AD Marne : 186M 20. Rapports sur la situation industrielle et commerciale du département. Tableaux, par commune, fournis en exécution de la circulaire du 25 mars 1885. 1888-1895.

    Archives départementales de la Marne, Châlons-en-Champagne : 186M 20
  • AD Marne : 31X 507. Logements insalubres, établissements insalubres, dangereux ou incommodes. Suippes. Buirette-Gaulard (teinturerie, 1880).

    Archives départementales de la Marne, Châlons-en-Champagne : 31X 507
Bibliographie
  • Le Bronze industriel à Suippes. [S.d.] 2 pages.

  • CLAUSE, Georges. La Marne autrefois. Ed. Hovarth, 1982. 183 pages.

    p. 31
  • DENIS, A. Recherches historiques sur la petite ville de Suippes ; notes et documents inédits. Annuaire de la Marne. Châlons-sur-Marne, 1873-1874.

  • OGEE, P.-A. Reims et le pays rémois à l'exposition universelle. Reims : Imprimerie A. Lagarde, 1879. 227 pages.

  • SCHAYE, Paul-Adrien. Les filatures et peignage Buirette-Gaulard Fils à Suippes. Paris, [s.d.]. In 4°, 16 p. (AD Marne : Chp 15843).

Périodiques
  • Le Monde Illustré, 25 septembre 1920.