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Filature et tissage de laine Wagner et Marsan, puis Collet-Varenne, puis L. et H. Collet, puis S.A. des filatures et tissages de Reims, actuellement immeubles d'habitation

Dossier IA51000217 inclus dans Généralités réalisé en 1992
Précision dénomination filature de laine
Appellations dite filature Wagner et Marsan, puis Collet-Varenne, puis L. et H. Collet, puis S.A. des filatures et tissages de Reims
Destinations immeuble à logements
Dénominations filature, tissage
Aire d'étude et canton Marne - Reims 6
Adresse Commune : Reims
Adresse : 13 boulevard Saint-Marceaux
Cadastre : 1974 CK 17

La société Wagner et Marsan fait construire une filature et un tissage de laine vers 1855 sur les plans de l'architecte A. Gosset. Cette usine est ensuite exploitée par la famille Collet jusqu'en 1914, date à laquelle elle est totalement détruite, puis reconstruite vers 1920. Entre les deux guerres, la société anonyme des filatures et tissages de Reims reprend l'affaire, qui périclite définitivement vers 1970. L'usine est totalement détruite quelques années plus tard pour laisser place à des immeubles d'habitation. En 1914, cette usine dispose de 15 000 broches de filature et de 440 métiers à tisser. 3 générateurs de 500 m2 de chauffe et une machine à vapeur de la maison Dujardin et Cie de Lille actionnent alors ce matériel. L. et H. Collet emploient 500 ouvriers, dont la moitié ont plus de 30 ans de présence en 1914.

Période(s) Principale : 3e quart 19e siècle , (détruit)
Principale : 1er quart 20e siècle , (détruit)
Auteur(s) Auteur : Gosset Alphonse,
Alphonse Gosset (9 mai 1835 - 11 novembre 1914)

Né dans une famille d'architectes, il est formé par son père Pierre-Louis Gosset (1802-1875), qui fut aussi adjoint au Maire de Reims, et Charles-Auguste Questel. Il intègre l'Ecole Nationale des Beaux-Arts à Paris de 1856-1861, où il obtient la Médaille de Construction et de Rendu. Marié à Augustine Francart, ils eurent une fille qui épousa l'architecte Max Sainsaulieu qui reprit le cabinet d'architecte de son beau père et un fils son fils, qui lui-même architecte avec qui il collabora de 1906 à 1914.


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architecte,
Énergies énergie thermique
énergie électrique
États conservations détruit, désaffecté
Statut de la propriété propriété privée

Annexes

  • TURGAN. Les grandes usines. Etudes industrielles en France et à l´étranger. Reims, tissus de laine. Paris : 1868, extr. p. 121-133 :

    L´établissement le plus récent, et dans le quel sont employés les outils les plus nouveaux, est la grande usine construite par M. Gosset, pour la Compagnie dont MM. Wagner et Marsan sont les gérants. Le capital de cette Compagnie a été formé par actions de 1.000 francs, souscrites facilement dans Reims. Déjà les capitaux fractionnés s'étaient trouvés pour l´usine Villeminot-Huard, Victor Rogelet, et pour le peignage Fortel-Villeminot, dont nous parlerons bientôt.

    C´est là pour nous l´indice de la prospérité continue et de l´excellent esprit du groupe Rémois ; il est bien peu de centres industriels dans lesquels la création d´un établissement colossal, muni des inventions les plus récentes, ne semblerait pas menacer toutes les fabriques similaires et dont l´organisation ne serait pas arrêtée à tout prix par les craintes plus ou moins fondées des fabricants d´un même produit.

    Reims, au contraire, loin d´employer leur influence dans ce sens, ces fabricants eux-mêmes n´hésitent pas à fournir leurs conseils et leurs capitaux ; ceux-là même que leur âge et leurs habitudes passées sembleraient rendre sinon hostiles, au moins indifférents, quand bien même ils ne croient pas au succès, donnent volontiers leur argent parce qu´ils trouvent que de tels établissements sont un honneur pour leur ville, et une source féconde d´expériences pour leur industrie.

    Nous insistons sur ce point, parce que nous voudrions voir cet exemple suivi dans toutes nos grandes villes de fabrication, et surtout à Paris, où tant de capitaux inactifs ou mal employés trouveraient de si beau revenus en vivifiant nos industries nationales.

    L´usine Wagner et Marsan est placée hors de la ville dans des terrains propres aux constructions modernes qui demandent beaucoup d´espace ; au rez-de chaussée sur un même plan. A peu de distance, sont les magasins généraux de M. Luzzani, à côté se construit la filature de laine de MM. Lelarge et Augé. Quand, pour la première fois au commencement de l´année, nous avons visité l´établissement Wagner et Marsan, la filature et le tissage commençaient à peine à s´installer, aujourd´hui ils sont en pleine activité ; le peignage n´est pas encore monté.

    L´usine entière forme une seule salle, sur une étendue de 6.000 mètres carrés ; elle a été exécutée par M. Gosset, architecte de beaucoup de talent, qui venait d´obtenir, dans un concours récent, la construction d´un nouveau théâtre que se donne la ville de Reims.

    MM. Wagner et Marsan ont étudié les nécessités de la fabrication qu´ils devaient loger, ils se sont rendu compte de ses besoins, et M. Gosset est arrivé à faire une excellente construction industrielle, au prix de 33 fr. le mètre superficiel, y compris la plus-value de deux larges sous-sols parfaitement éclairés et ventilés ; les dispositions sont telles que tout est prévu dans le cas où l´on serait forcé d´agrandir indéfiniment la surface.

    Le mur extérieur est fait en briques de terre crue, soutenues par des chaines de briques en terre cuites ; la façade présente une série de pignons percés d'une fenêtre en oeil-de-boeuf et surmontés d'un cordon ornementé de dessins de briques. M. Gosset a cherché à relever de son mieux l´apparence toute industrielle de ces bâtiments, et il a réussi à leur donner un aspect sinon architectural, au moins propre et net, comme doit être un atelier. Le sol de l´usine est une aire en ciment Portland, mélangé de grève de Boulogne-sur-Mer ; la hauteur sous les poutres est de 4 mètres 80, les combles sont dressés en fermettes de planches de sapin comme chez M. Holden, les espaces intelligemment ménagés, donnent largement accès à la lumière, et des calfeutrements minutieux maintiennent une température égale ; la couverture est en tuiles, et les eaux des chéneaux descendent par quelques-unes des colonnes de fonte servant de support ; elles sont recueillies par un aqueduc.

    M. Gosset a tiré bon parti de ces colonnes de fonte pour la ventilation des sous-sols, dont l´air vicié s´élève par le vide des tubes creux qui portent les combles et débouchent au-dessus des chéneaux ; le renouvellement de l´air peut être activé par la chaleur des brûleurs de gaz qui éclairent le sous-sol aux heures où le jour ne pénètre plus assez vite par les dalles de verre qui leur servent de plafond. Tout le travail des sous-sols se fait au moyen de wagonnets et de monte-charge.

    L´appareil moteur est contenu dans un petit pavillon spécial surmonté d´une cheminée à double enveloppe dans sa partie inférieure : c´est par cette double enveloppe que s´élève au dehors l´air des ateliers recueilli par un drainage souterrain qui aboutit à un carneau collecteur adjacent à celui de fumée. En été on peut faire communiquer les canaux de ventilation avec le puits pour rafraîchir l´air des ateliers ; en hiver, ces mêmes conduits peuvent amener de l´air chaud. L´air extérieur entre dans la salle par son propre poids, au moyen d´une multitude de petites cheminées placées dans les combles.

    Le tirage est fait avec grand soin et comprend jusqu´à dix qualités différentes.

    Les peigneuses sont des machines Tavernier dont la première est en voie d´installation.

    Cette machine se compose de deux parties principales :

    1. L´appareil d´alimentation,

    2. L´organe peigneur.

    L´appareil d´alimentation consiste en deux cylindres cannelés entre lesquels viennent s´engager les rubans de laine qui ont été préalablement cardés et étirés. A la suite se trouve une série de barrettes munies d´aiguilles, et se mouvant comme dans les gills à vis, mais par intermittence, ainsi que les cylindres alimentaires. Une pince s´approche des barrettes, saisit la mèche qui dépasse la dernière barrette et la détache de l´appareil alimentaire. A ce moment la pince s´ouvre, et un peigne, dit transmetteur, enlève la mèche que reçoit l´appareil peigneur.

    Cet organe se compose d´un anneau circulaire animé d´un mouvement de rotation qui se produit dans un plan horizontal. Sur l´anneau sont fixées plusieurs rangées d´aiguilles de hauteurs différentes, et disposées verticalement. La mèche est déposée par le cylindre transmetteur sur les aiguilles, en sorte que la partie saisie par les mâchoires de la pince se trouve engagée entre les aiguilles ; le reste de la mèche dépassant les aiguilles est enfoncé dans leur intervalle à mesure que s´effectue le trajet avec le peigne circulaire ; ce dernier peut être chauffé au gaz ou à la vapeur. Les filaments sont couchés au moyen d´un appareil faisant office de ventilateur, de manière à pouvoir être saisis par une paire de cylindres cannelés disposés tangentiellement à la circonférence du peigne circulaire. Les rubans qui restent suspendus en dehors du peigne sont ainsi enlevés par les cylindres et constituent la laine peignée. Les filaments trop courts qui restent engagés dans les aiguilles, ainsi que les boutons, donnent le produit appelé blousse. Ils sont dégagés au moyen de petits plans inclinés en métal, insérés entre les rangées d´aiguilles ; une paire de cylindres les enlève complètement.

    Les métiers de filature sont des self-actings de 1.000 broches du système Villeminot, construits par Stehelin ; six de ces grands métiers plus deux autres de 500 broches filent la laine qui doit être tissée par 200 métiers ; les machines accessoires, telles que : ourdissoirs, et machines à encoller sont placées entre la filature et le tissage. Tout à fait à l´extrémité, et placées le long des fenêtres, sont les rentrayeuses, les épinceteuses, les tables pour l´examen et le pliage des pièces.

    MM. Wagner et Marsan ont apporté divers perfectionnements aux machines à filer et à tisser. La première de ces modifications leur permet de faire sur les machines de préparation des bobines deux plus longues que celles obtenues avec l´ancien système. Les nouvelles bobines contenant plus du double de laine restent plus longtemps sur le métier à filer et procurent une économie de temps évalués à 70/0.

    Dans la méthode actuelle, outre l´inconvénient de contenir moins de laine, les bobines cylindriques ont encore celui de se mal dérouler. Le fil quitte avec saccade les bases du cylindre, cet effet rend intermittent le mouvement rotatoire, ce qui produit une irrégularité de tension sur les rubans de préparation et finalement des différences de numéros.

    Hubner a fait disparaître cette difficulté en substituant ces bobines cylindro-coniques aux précédentes, alors plus de secousses dans le développement du fil ; mais beaucoup trop petites, ces bobines placées comme précédemment sur le même axe, produisaient infiniment plus de déchet.

    En disposant les bobines cylindro-coniques en quinconces, MM. Wagner et Marsan ont trouvé le moyen de placer sur leur machines des bobines deux fois plus longues et pouvant par conséquent recevoir plus du double de laine, de là l´économie de temps obtenue. Ce système permet de profiter des avantages dus aux procédés précédents et d´en éviter les inconvénients.

    La seconde modification due à MM. Wagner et Marsan se rapporte à la transmission du mouvement aux broches de self-acting. On sait que ces broches sont commandées ordinairement, ou par des cordes ou par des engrenages. Ces deux modes ont leur mauvais côtés. Dans le premier, qui est aussi le plus ancien et le plus généralement employé, la propriété hygrométrique des cordes en coton les rendant susceptibles d´extension ou de retrait, il en résulte que ces cordes exercent sur les noix faisant corps avec les broches une pression variable qui influe sur la torsion en l´irrégularisant. Le fileur, il est vrai, peut y remédier ; mais il est enclin à négliger une opération qui augmente la force à vaincre.

    Le second mode donne une torsion régulière, seulement il a pour obstacle la dilatation ou la contraction sur les métaux par les changements de température. Cette simple mention, pour être appréciée, demande les éclaircissements dans lesquels nous allons entrer.

    Supposons un arbre en acier de neuf mètres de longueur fixé à l´une de ses extrémités. Le coefficient de dilatation linéaire pour l´acier est de 0m000,010,796. Si, comme cela se produit dans tous les ateliers, la température de 0° est exposée à passer à + 30° selon les différentes saisons, et si la friction vient encore ajouter 10°, l´écart se trouvera entre 0° et + 40°, et la tige atteindra en longueur un maximum de développement représenté par : 0,000,010,796 x 9 x 40 = 0m0039, c'est-à-dire près de 4mm.

    Supposons encore que, de distance en distance, cet arbre porte des engrenages vissés afin qu´il puisse les entraîner dans sa rotation. En conséquence de la dilatation de leur moteur, il est évident que ces engrenages seront poussés en un sens déterminé par l´extrémité fixe de l´arbre sur lequel ils sont montés, et comme ils engrènent dans des pignons adhérents aux broches, ces engrenages s´approcheront ou s´éloigneront de leurs pignons respectifs. Dans le premier cas, frottement exagéré ; dans le second, suppression de mouvement pour les broches.

    Pour éviter ce double inconvénient, il faudrait que la force dilatante agit sur une étendue assez peu considérable pour que son effet fût moindre que la hauteur d´une dent d´engrenage, laquelle dent ne quitterait plus l´aile de son pignon. C´est le résultat obtenu par le système de MM. Wagner et Marsan.

    Avec leurs emmanchements, les arbres employés jusqu´alors peuvent être considérés comme formés d´une seule pièce entre les molécules de laquelle s´établit la puissance du calorique ; l´extrémité libre en subit donc forcément l´influence dans les proportions que nous venons de calculer ; mais en divisant l´arbre, cette puissance calorifique n´agit plus que sur chacune des parties indépendantes, si ces dernières sont de 1m, par exemple, on aura : 0,000,010,796 x 40 = 0,000mm43

    Ou moins de 1/2m, et de plus, si le point fixe se trouve au centre de l´arbre diminué, cette force expansive agissant latéralement réduira de moitié son effet partagé entre les deux extrémités, c'est-à-dire qu´elle deviendra presque nulle [...] ; 1/8 si l´arbre avait 0m5.

    C´est pour arriver à ces résultats qu´ont été modifiés les emmanchements. Au lieu de leur laisser la forme ancienne, on leur donne un nouvel ajustage moins serré qui permet à leurs extrémités de céder à la dilatation compensatrice puisqu´elle agit en sens opposé, car l´une des branches entre dans une douille venue de fonte, l´autre branche entre aussi dans une autre douille venue de fonte avec un plateau percé de trois trous destinés à recevoir trois goujons rivés aux engrenages qui entraînent le plateau avec son arbre. Les goujons sont libres dans les orifices dans plateaux, sans quoi l´appareil serait hors d´état de remédier à la dilatation. L´arbre composé remplace donc avantageusement l´arbre simple. Ce nouveau système, récemment breveté, est appliqué aux self-actings de mille broches de l´usine.

    Les grands métiers ne sont possibles d´après MM. Wagner et Marsan qu´au moyen de ce procédé, car l´effet utile est annihilé dans l´ancien ajustement par les pertes de temps qu´occasionnent les engrènements et les dégrènements quand la dilatation a rapproché ou éloigné les pignons des engrenages.

    Le perfectionnement qui a rapport au tissage s´applique sur le tendeur de tissus.

    On désigne sous le nom de temple ou templet, l´organe qui sert à maintenir le tissu à la largeur des fils de chaîne passés dans la harnais.

    Le plus répandu jusqu´à ce jour, celui qui a donné les meilleurs résultats, se compose d´une molette armée sur sa partie conique d´aiguilles entre lesquelles s´engage la lisière ; mobile sur un axe fixe, sa rotation s´effectue par l´appel du tissu.

    Mais la tension transversale de ce dernier, exerçant une pression considérable sur la molette, détermine un frottement (de cette dernière sur son axe) qui parfois est supérieur à la puissance de l´appel. De là, intermittence dans le mouvement de la molette, et, par conséquent, des galons, des ruptures de fils, des arrachures aux lisières.

    En fixant la molette sur un axe dont les extrémités coniques s´engagent dans des crapaudines de même forme, MM. Wagner et Marsan déterminent le maximum de régularité de rotation puisqu'ils obtiennent le frottement maximum, et suppriment ainsi les inconvénients signalés plus haut.

    MM. Wagner et Marsan ont obtenu un brevet de quinze années pour cette disposition.

    Le matériel de l'usine est composée de :

    FILATURE

    1 machine à deux étirages, 18 peignes par derrière, 3 peignes par devant

    1 machine à deux étirages, 12 peignes par derrière, 4 peignes par devant

    1 bobinoir à un tirage dit machine de chute 16 cannelles par devant

    1 bobinoir à un tirage dit machine de chute 30 cannelles par devant

    1 bobinoir à un tirage dit machine de chute 40 cannelles par devant

    1 bobinoir à un tirage dit machine de chute 60 cannelles par devant

    1 bobinoir à un tirage dit machine de chute 60 cannelles par devant

    2 bobinoirs avant finisseurs 50 cannelles par devant

    3 bobinoirs finisseurs 50 cannelles par devant

    1 self-acting de 460 broches

    1 self-acting de 500 broches

    6 self-actings de 1.000 broches

    TISSAGE

    1 bobinoir à 100 cannelles

    2 ourdissoirs

    3 encolleuses, système Fassin

    2 machines à nouer

    200 métiers à tisser

    6 machines à épinceter

    1 machine à épeutir

    1 machine à glacer

    Le mouvement est donné par des machines horizontales de 200 chevaux ; la vapeur est fournie par trois générateurs ayant chacun quatre réchauffeurs et trois bouilleurs ; la façade des générateurs est ouverte largement à l´air libre ; des colonnes de fonte assez écartées pour ne pas gêner les chauffeurs, supportent le construction qui les met à l´abri. Ce système nous a paru plus logique et plus naturel que le mode généralement usité qui consiste à enfermer dans des soutes profondes et étouffées, les ouvriers chargés de la conduite des foyers ; on rend aussi le tirage beaucoup plus intense.

    L´eau est fournie par un puits du système Donnet, de Lyon, dont la théorie encore nouvelle consiste à appliquer la pompe au milieu d´un diaphragme hermétique, le puits lui-même tout entier subirait l´aspiration et l´eau filtrerait avec abondance au travers des parois mettant en grand danger de sécheresse les puits environnants. Ce système de Donnet n´est pas encore monté.

    Le personnel de l´usine est composé d´un gérant qui y habite ; d´un ingénieur chargé des études pour les améliorations, de la direction et la réparation du matériel ; de deux directeurs, l´un pour la filature, l´autre pour le tissage ; (le peignage est encore à monter) ; d´un caissier-comptable, d´un chef-mécanicien, d´un garde-magasins.

    Ce dernier reçoit la laine peignée, l´emmagasine dans un des sous-sols, la délivre à la filature. Il reçoit également les fils rangés dans des caisses placées en un sous-sol ad hoc avant d´être distribués au tissage. Il tient les livres relatifs à la manutention des laines peignées et filées, à l´entrée et à la sortie de toutes les fournitures. Il a sous ses ordres deux manoeuvres et deux ouvrières ; les premiers manipulent les laines, les dernières mettent dans les boîtes pochets et cannettes.

    Le chef mécanicien est chargé de la surveillance des machines à vapeur, des chaudières, des transmissions de mouvement, du chauffage et de la ventilation. Il a sous ses ordres un conducteur de machines à vapeur, un chauffeur et un graisseur.

    Le directeur de la filature commande au contre-maître des self-actings, aux fileurs, aux rattacheurs et aux bobineurs ; soit 37 ouvriers. Il a encore à surveiller 14 soigneuses de machines pour la préparation, deux ajusteurs et une balayeuse.

    Le directeur du tissage a un surveillant pour le bobinage, l´ourdissage, l´encollage et le nouage ; ce surveillant veille à la fonte de la colle, et tient la comptabilité que nécessitent ces différentes opérations. Le directeur a encore un employé chargé de distribuer les cannettes aux tisseurs et de tenir les livres qui relatent la provenance, l´emploi des fils de chaîne et de trame ainsi que la sortie des pièces. On compte encore comme attachés au tissage, le receveur des pièces qui les examine à leur sortie du métier, conduit l´épeutissage, le glaçage, l´épincetage, le rentrayage et le pliage des pièces. Un employé est chargé des bordereaux et des billets de paye pour les ouvriers et les ouvrières du tissage. Quatre contre-maîtres suffisent pour les deux cents métiers divisés en quatre sections. Deux ajusteurs, un graisseur, une lessiveuse pour la filature et le tissage.

    Le surveillant du bobinage, de l´ourdissage, etc., a sous ses ordres 5 bobineuses, 3 ourdisseuses, 2 encolleuses, 2 noueuses, un manoeuvre.

    Le receveur de pièces dirige un mesureur, un conducteur pour les machines à épeutir et à glacer, six épinceteuses, une contre-maîtresse pour dix rentrayeuses dont le nombre varie en raison de la quantité de pièces cachemire attendu que cet article demande plus de soins. Une percheuse signale les endroits à rentraire. Un plieur et un trameur qui refait les canettes éboulées complètent le personnel du tissage.

    Les contre-maîtres ont chacun 50 métiers sur lesquels ils montent les chaînes.

    On confie deux métiers à l´ouvrier jugé capable de les conduire.

    Les tisseurs sont payés au mille de duites. Une prime est accordée à celui dont la production moyenne par jour surpasse une limite fixée par le tarif en raison de la largeur du métier ou de sa vitesse et de la croisure ou de la finesse du tissu.

    Dans toutes les branches du travail où la production individuelle peut être journellement évaluée, la paie se fait tous les jours. En touchant des sommes moins importantes dont il a l´emploi immédiat, l´ouvrier est moins incité à l´oisiveté, aux distractions nuisibles, aux dépenses inconséquentes.

    Ordinairement les fileurs sont à leurs pièces et chargés de payer à la journée sur leur salaire les rattacheurs et les bobineurs qui leur sont entièrement subordonnés.

    Chez MM. Wagner et Marsan tous sont aux pièces et ont droit aux primes.

    Une fileur conduit deux self-actings, c'est-à-dire 2.000 broches [...].

    Quand la production a atteint un chiffre déterminé, on alloue par semaine une prime simple à laquelle participent fileurs et rattacheurs, de même qu´à une deuxième prime progressive établie sur la progression totale des semaines réunies en vue d´obtenir la plus grande somme possible de travail.

    Les bobineurs ne sont primés que sur la production générale parce qu´ils sont tous appelés pour regarnir chaque métier et distraits pendant ce temps de leurs métiers respectifs.

    La prime progressive sera instituée au tissage quand les tisseurs seront moins nomades.

    MM. Wagner et Marsan ont le projet d´élever, outre le pavillon du gérant, une série de constructions destinées au bien-être physique et intellectuel des ouvriers. Une pharmacie et son dispensaire, des salles de bains gratuits, une bibliothèque contenant des traités pour l´instruction primaire élémentaire et des notions sur les sciences appliquées à l´industrie pour réaliser les plans qu´a soumis M. Marsan à l´Académie de Reims qui avait mis au concours cette question :

    ''Indiquer les meilleures dispositions à prendre pour la construction des bâtiments et l´arrangement des machines dans un établissement qui comprendrait à la fois le peignage, la filature et le tissage de la laine''.

    La maison de commerce, située au centre de la ville, est chargée de l´achat des matières premières et de la vente des produits fabriqués. L´un des gérants y a son domicile. Elle a son caissier-comptable et un vendeur, une comptabilité spéciale, de même que l´usine, laquelle peigne, file, tisse, en un mot fabrique à des prix déterminés les matières que lui livre la maison de commerce ; l´usine travaille donc à façon pour cette dernière, les pertes et les bénéfices de chacune sont évidemment distincts.

Références documentaires

Documents d'archives
  • AD Marne : Fi. Iconographie.

    Archives départementales de la Marne, Châlons-en-Champagne : Fi
  • AD Marne : 187M 17. Industries de la laine, du coton, du chanvre et du lin. Encouragements (notices sur les machines et les procédés perfectionnés, introduction des laines des chèvres du Tibet en 1819-1820, etc.). Nombre de broches à filer et de filateurs en coton, en 1827-1828. Protection du marché des laines. 1816-1822.

    Archives départementales de la Marne, Châlons-en-Champagne : 187M 17
  • AD Marne : 187M 18. Enquête sur les industries lainières et cotonnières du département et sur le rendement de la taxe du chiffre d'affaires. 1930.

    Archives départementales de la Marne, Châlons-en-Champagne : 187M 18
  • AD Marne : 31X 385. Logements insalubres, établissements insalubres, dangereux ou incommodes. Reims. Société La Filature Champenoise (atelier de cardage de laine, 1930) ; Société La Filature Champenoise (atelier d'effilochage, battage, triage de chiffons, 1930) ; Ets Iwan Woos (réservoir souterrain à essence, 1932) ; Société des Ets Warnier-David (générateur d'acétylène, 1932).

    Archives départementales de la Marne, Châlons-en-Champagne : 31X 385
Bibliographie
  • COLLECTIF. Notices sur Reims et ses environs. Reims, 1880. 429 pages.

  • HUBERT, Michel, PERNET, Jacques. Regard sur un siècle de vie économique à Reims (1855-1955). Reims : Atelier graphique, 1991. 239 p.

    p. 24-25
  • Reims en 1907. In Congrès de l'Association française pour l'avancement des sciences. Reims : Matot-Braine, 1907. 651 pages.

  • TURGAN. Les grandes usines. Etudes industrielles en France et à l'étranger. Reims, tissus de laine. Paris, 1868, p. 33-176.

    p. 121-133
Périodiques
  • Le Monde Illustré, 25 septembre 1920.