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Fonderie, usine de construction mécanique dite Forges, Fonderies et Ateliers Mécaniques de Saint-Brice

Dossier IA52070345 inclus dans Généralités réalisé en 1989

Fiche

Dossiers de synthèse

Appellations dite Usine de Construction Mécanique Forges, Fonderies et Ateliers Mécaniques de Saint Brice
Destinations maison
Parties constituantes non étudiées logement d'ouvriers, magasin industriel
Dénominations fonderie, usine de construction mécanique
Aire d'étude et canton Haute-Marne - Bologne
Adresse Commune : Doulaincourt-Saucourt
Lieu-dit : Saint-Brice
Adresse : rue Lorin
Cadastre : 1989 ZI 118

Etablissement mentionné vers 1882 ; propriétaire : Ernest Lorin, inventeur du moteur à gaz pauvre ; fabrique de chaînes, treuils, palans, gazogènes ; cessation d'activité vers 1920. Lorin invente le moteur à gaz pauvre breveté sous la dénomination nouveau gazogène ; économique, le moteur à gaz pauvre s'alimente de déchets (annexe 1).

Période(s) Principale : 4e quart 19e siècle
Murs brique
enduit
Toit ciment amiante en couverture
Étages 1 étage carré
Élévations extérieures élévation à travées
Couvertures appentis
Énergies énergie thermique
Typologies rectangulaire, arc segmentaire
États conservations vestiges, établissement industriel désaffecté
Statut de la propriété propriété privée

Annexes

  • MARTIN Henri. Doulaincourt... avant 1914. Bulletin municipal de Doulaincourt, n° 16 :

    Parmi les quatre usines qui, avant 1914, occupaient à plein temps la main d'oeuvre de Doulaincourt, il convient de mentionner plus particulièrement celle des "Forges, Fonderies et Ateliers Mécaniques de Saint-Brice'' en raison de la forte personnalité de son fondateur : Ernest Lorin né à Doulaincourt le 16 octobre 1862.

    Une lettre du 28 juillet 1908, à en-tête de ces Forges révèle la variété des fabrications assurées par cet ensemble :

    - manufacture de chaînes

    - fabrique de treuils, grues, ponts roulants, manoeuvrement à la main ou électriquement

    - fabrique de palans à vis (brevetés système Lorin) à limiteur de charge, fonctionnement à bras ou électriquement

    - fabrique de nouveaux gazogènes (brevetés système Lorin) utilisant les sciures, déchets de bois, poussières de charbons maigres, etc.

    L'usine Lorin qui exploitait par ailleurs une scierie hydraulique à Bettaincourt procédait, en outre, à l'installation de moteurs à gaz pauvre de toutes puissances, de groupes électrogènes automobiles à gaz pauvre pour les exploitations en forêts, l'éclairage et le pompage.

    A cette époque, alors que la houille constituait pratiquement la seule matière énergétique et dont le prix de ce fait était particulièrement élevé, Ernest Lorin avait conçu des appareils nouveaux mettant à la disposition des industriels une source d'énergie à bas prix constituée pour la production, en vase clos, de gaz issus de déchets.

    C'est en cela que s'est plus spécialement révélé son esprit inventif.

    Faisant breveter son procédé, en France et à l'Etranger sous la dénomination "Nouveaux Gazogènes'', Ernest Lorin présentait comme suit son invention :

    ''Les nouveaux gazogènes brevetés s'alimentent avec la sciure, les déchets et les copeaux de bois, écorces, tannée (tan qui a servi à la préparation des cuirs et qui s'est dépouillé de son tanin), tourbes, grignons d'olives, écorces d'amandes, déchets organiques quelconques, petits cokes, charbons maigres, poussières etc.

    Ils conviennent à toutes les industries, pour toutes puissances de 5 à 1.000 chevaux. Ils peuvent s'installer partout sans inconvénient et sans autorisation administrative spéciale.

    Ils ne présentent aucun danger.

    Ils sont d'une conduite facile.

    Ils ne nécessitent aucune surveillance.

    Un manoeuvre suffit quelques heures par jour pour le chargement du combustible.

    Ils sont les seuls n'employant ni eau, ni coke pour leur fonctionnement.

    Ils peuvent fonctionner sans interruption jour et nuit, le nettoyage peu fréquent s'opère en marche.

    Les goudrons, produits en très petite quantité, sont éliminés et n'encrassent pas les moteurs.

    Ils ne produisent pas d'eau résiduaires, toujours si difficiles à évacuer et qui empoisonnent les puits et les cours d'eau.

    Le gaz est produit d'une manière continue et régulière.

    Ils s'installent en batterie, ce qui permet l'augmentation de puissance d'une installation sans arrêt et avec le minimum de dépense.

    Ils possèdent une grande élasticité de production de gaz.

    Nos nouveaux gazogènes s'alimentent avec tous les combustibles peu coûteux.

    Ils produisent le gaz à bas prix : la dépense est de 1/2 centime à 1 centime 1/2 le cheval-heure suivant le combustible employé."

    Cette invention reçut rapidement son application à la suite d'une prospection très poussée des marchés.

    A l'usine Lorin une cuve aux dimensions impressionnantes accumulait le gaz qui alimentait un moteur fournissant la force motrice dans tout l'établissement et qui, en outre, entrainait une génératrice dispensant l'éclairage électrique.

    En 1910, dans la forêt d'Heu, dont il s'était fait concéder l'exploitation, Ernest Lorin installa deux scieries autour desquelles il fit édifier un véritable village digne du far west, destiné au logement du personnel et des familles.

    Une série de cartes postales tirée à l'initiative de M. Paul Gérard, père de Marcel Gérard ancien Maire, atteste de l'ampleur des installations.

    Sur l'une d'elles on peut lire ce qui suit : Vue d'une cité ouvrière installée à la Scierie de la Forêt d'Heu (territoire de Doulaincourt). Cette scierie est actionnée par un moteur à gaz pauvre de 60 CV alimenté par les gazogènes brevetés, système Lorin de Doulaincourt, fonctionnant aux sciures, copeaux, écorces, menus morceaux de bois provenant de la scierie et dont la consommation est de 1 kg 500 par cheval-heure. Les appareils fonctionnent sans eau. Ce moteur assure l'éclairage et l'énergie à une deuxième scierie.

    Des dizaines d'installations de moteurs à gaz pauvre avaient déjà été réalisées, donnant toute satisfaction aux utilisateurs lorsqu'une mort brutale, survenue le 11 Juillet 1914, mit fin à la carrière d'Ernest Lorin.

    L'usine de Saint-Brice ferma tout aussitôt ses portes, et après la réquisition de ses machines, en 1917, par l'armée américaine elle ne connut qu'un faible et bref regain d'activité en 1920 sous la direction de M. Giraud.

    Il n'en subsiste actuellement que quelques bâtiments qui sont la propriété de M. Fontaine. Ainsi, à juste titre, Doulaincourt peut s'enorgueillir de compter parmi ses enfants un inventeur dont les réalisations ont été connues en France et à l'Etranger et qui s'est vu attribuer les plus hautes distinctions : 2 médailles de bronze à l'Exposition universelle de Paris en 1889, 1 médaille d'argent à l'Exposition de Lyon en 1894, 2 médailles d'argent à l'Exposition universelle de Paris en 1900.

    Mais aujourd'hui qui connaît Ernest Lorin.

    Seuls quelques rares survivants d'une époque déjà lointaine peuvent encore parler de son activité incessante et de son étonnante réussite.

    N'est-il point regrettable qu'aucune des Municipalités qui se sont succédées à Doulaincourt depuis 1914 n'ait songé à perpétuer son souvenir.

Références documentaires

Périodiques
  • Doulaincourt... avant 1914 ! Bulletin municipal de Doulaincourt, n° 16 (cf Annexe 1).

    Annexe 1