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Forge anglaise dite forge Sainte-Marie, puis laminoir des Fils de Charles Peugeot et Cie, puis S.A. Etilam Gravigny, actuellement ArcelorMittal

Dossier IA52070346 inclus dans Généralités réalisé en 1989

Fiche

  • Magasin industriel
    Magasin industriel
  • Impression
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  • Parties constituantes

    • bureau
    • transformateur
    • atelier de fabrication
    • magasin industriel
    • hangar industriel
    • château d'eau
    • atelier de réparation
    • conciergerie
    • logement d'ouvriers
    • cité ouvrière
    • vestiaire d'usine
    • enclos

Dossiers de synthèse

Appellations dite forge Sainte-Marie, puis laminoir les Fils de Charles Peugeot et Cie, puis S.A. Etilam Gravigny, actuellement ArcelorMittal
Destinations usine de traitement de surface des métaux
Parties constituantes non étudiées bureau, transformateur, atelier de fabrication, magasin industriel, hangar industriel, château d'eau, atelier de réparation, conciergerie, logement d'ouvriers, cité ouvrière, vestiaire d'usine, enclos
Dénominations forge anglaise, laminoir
Aire d'étude et canton Haute-Marne - Saint-Dizier 2
Adresse Commune : Saint-Dizier
Adresse : 52 avenue du Général Sarrail
Cadastre : 1861 B 533 ; 1987 BZ 87, AL 13 à 24, 31 à 33, 80, 82, 84, 86, 88, 90, 92, 94, 96, 98, 100, 102, 105, 108, 111, 114, 117, 120, 124

Forge créée en 1859 par Bonnor Malgras et Royer, dénommé forge Sainte-Marie. Etablissement repris, transformé et agrandi par les fils de Peugeot et Cie à partir de 1894 ; achat par la S.A. des Usines de Gravigny en 1905. Construction en 1962 d'un bâtiment en béton armé abritant un nouveau laminoir alors que l'usine procède aussi au traitement de surface des métaux. En 2013 (complément d'enquête), le groupe sidérurgique ArcelorMittal occupe le site. La cité ouvrière est habitée, mais pas par les employés de l'usine. Forge anglaise à l'origine mue par trois machines à vapeur ; deux moteurs à vapeur en 1893 ; spécialité de laminage à froid depuis 1905 ; installation du laminoir Zendzimir en 1962 (voir annexe 4). 1862 : 140 ouvriers, 1874 : 225 ouvriers, 1883 : 84 hommes et 11 garçons. Existence d'un fonds d'archives privées.

Période(s) Principale : 3e quart 19e siècle
Principale : limite 19e siècle 20e siècle
Principale : 3e quart 20e siècle
Dates 1859, daté par source, daté par travaux historiques
1962, daté par travaux historiques, daté par tradition orale

Site industriel desservi par embranchement ferroviaire (voie ferrée toujours visible en 2013 mais inexploitée). Surface du site en m2 : 50000 ; surface bâtie en m2 : 27000. Atelier de réparation (N) en rez-de-chaussée : pan de bois ; atelier de fabrication (D) en rez-de-chaussée, toit en shed : laminoirs ; atelier de fabrication (E) en rez-de-chaussée, lanterneau : fours ; atelier de fabrication (F) en rez-de-chaussée, béton armé : laminoir Zendzimir ; bureau (A) : un étage de comble : ardoise, croupe.

Murs pierre
brique
brique creuse
enduit
moellon sans chaîne en pierre de taille
moellon
pan de fer
pan de bois
béton armé
Toit tuile mécanique, ardoise, verre en couverture, ciment amiante en couverture, béton en couverture
Étages 2 étages carrés
Couvrements charpente métallique apparente
charpente en bois apparente
Élévations extérieures élévation ordonnancée
Couvertures toit à longs pans
shed
toit bombé
croupe
lanterneau
Énergies énergie thermique
énergie électrique
Typologies rectangulaire, arc segmentaire, oculus, arc plein-cintre
Statut de la propriété propriété privée
Éléments remarquables machine de production

Annexes

  • HISTORIQUE

    1859 : Création de la forge par Bonnor, Malgras et Royer (de Châlons-sur-Marne). La production annelle est de 6 à 7000 tonnes de fer laminé.

    26 octobre 1859 : Mgr Gerrin, évêque de Langres, bénit la forge.

    1860 : La forge Sainte-Marie comporte huit fours à puddler à la houille, quatre fours à réchauffer à la houille, ainsi que des cylindres et trois machines à vapeur.

    1862 : ''Bonor, Malgras et Cie" achètent la tréfilerie du moulin à la Loubert, proche de l'usine Sainte-Marie. 140 ouvriers travaillent à la forge Sainte-Marie.

    Septembre 1866 : Un nouveau four est construit à l'usine Sainte-Marie.

    1874 : Bonnor et Malgras embauchent 225 ouvriers.

    1883 : Malgras et Cie occupent 84 hommes et 11 garçons.

    1884 : Faillite de Malgras. Guyot, ancien conseiller à la cour d'appel, conseiller général du canton de Vignory, rachète l'affaire.

    1893 : Guyot-Dormoy utilise deux moteurs à vapeur.

    Mars 1894 : "Les fils de Peugeot, ainé et Cie", société constituée le 26 février 1894, achète la forge Sainte-Marie au prix d'environ 190 000, sans le matériel. Les bâtiments de l'usine sont composés, à cette date, de :

    -vaste bâtiment contenant les fours, trains de laminage, puddlage et autres ateliers de réparations. Atelier de paquetage, magasins séparés pour les produits fabriqués, lavoirs à escarbille, bâtiment en pierres de taille et briques à usage de bureaux et pour économat, avec magasins et caves. Logement du concierge, habitation pour le directeur, logements pour employés et ouvriers, vastes cours, jardins, parcs

    -une fonderie de fonte malléable et une ancienne tôlerie avec logements, divers magasins, bureaux et divers terrains à l'usage des ouvriers, faisant hache. Un jardin potager et verger.

    Le type de production change : dénaturation générale de tous les fers et aciers, fabrication de grosse et menue quincaillerie, laminage et tréfilage d'aciers fins.

    Les fils de Peugeot prétendent créer leur usine avec les derniers perfectionnements de matériel et d'outillage existants : d'importantes constructions et modifications sont apportées à l'usine. Le nombre d'ouvriers y atteint le chiffre de 350.

    25 août 1902 : Liquidation de la Société "Les fils de Peugeot et Cie".

    1905 : La "S.A. des usines de Gravigny", dont le siège est à Gravigny, dans l'Eure, achète l'usine à un industriel belge, Gueur. L'usine comporte alors une quinzaine de bâtiment.

    1914-1928 : Construction du bâtiment en béton abritant le laminoir Zendzimir.

    1968 : La société se nomme "Etilam - Gravigny".

  • [Société Etilam-Gravigny]. Historique 1923-1982. [S.d.] (Archives privées) :

    ETILAM-GRAVIGNY

    Siège Social : 52, avenue du Général Sarrail

    52101 - St Dizier

    Tél. (25) 05.11.45 - Telex : 840628

    Société Anonyme. R.C.S. ST-DIZIER B 516 280 096

    N° SIRET : 516 280 096 - 00012 - Code APE 1102

    1. ACTIVITE

    Feuillards laminés à froid, galvanisés, plombés, étamés, laqués, imprimés.

    Fermetures pour le bâtiment.

    2. HISTORIQUE ET CAPITAL (D)

    Février 1923 : Constitution de la Société Franco Belge de Laminage à Froid, société anonyme au capital de 525.000 AF - Siège social à Jeumont (Nord).

    1947 : La Société absorbe "L'Etirage de la Somme'' installée à Corbie (Somme) et prend le nom d'Etirage et Laminage du Nord - ETILAM".

    1958 : Après plusieurs augmentations de capital, généralement par incorporation de réserves et élévation du nominal des actions, le capital est de 450.000.000 AF (4.500.000 NF).

    1961 : Capital porté à F. 6.300.000 par émission au pair de 14.400 actions de F 125. 1962 : Capital porté à F. 6.302.250 par émission de 18 actions de F. 125, en rémunération de l'apport-fusion de la "Société Nouvelle des Usines de Sainte Marie et Gravigny installée à Saint-Dizier (Haute-Marne).

    La Société prend le nom d'''Etirage et Laminage du Nord - Etilam-Gravigny".

    1963 : Capital porté à F. 7.000.000 par émission au pair de 5.582 actions de F. 125. 1965 : Arrêt de l'usine de Jeumont et cession de ses biens immobiliers.

    1967 : Cession de l'Usine de Corbie et de son fonds de commerce aux Hauts Fourneaux de la Chiers.

    1968 : La Société prend le nom d'Etilam-Gravigny.

    1970 : Capital porté à F. 8.500.000 par émission au pair de 12.000 actions de F 125, libérées à 50 % en espèces et à 50 % par incorporation de réserves.

    1972 : Capital porté à F. 10.000.000 par émission au pair de 12.000 actions de F 125, libérées à 50 % en espèces et à 50 % par incorporation de réserves.

    1978 : Capital porté à F. 11.250.000, par émission au pair de 10.000 actions de F. 125, libérées par compensation de créances des sociétés "Le Laminage à Froid" et "Normande d'Imprégnation".

    Février 1980 : Cockerill cède à Usinor sa participation de 50,03 % dans le capital d'Etilam-Gravigny .

    Mai 1980 : L'A.G.E. du 13/05/1980 décide :

    1) de réduire le capital à F. 5.005.051,75 par imputation du report à nouveau débiteur de F. 6.244.948,25

    2) de porter le capital à F. 9.000.000, par incorporation d'une partie de la réserve de réévaluation, soit F. 3.994.948,25

    3) de réduire de F. 125 à F. 100 la valeur nominale des 90.000 actions

    4) de porter le capital à F. 14.000.000 par émission au pair de 50.000 actions de F. 100 réservées à Usinor.

    Juillet 1982 : 1) Capital réduit à F. 4.000.000, par imputation des pertes reportées à concurrence de F. 10.000.000, et échange de 7 actions anciennes de F. 100 contre 2 nouvelles de F. 100 ;

    2) Capital porté à F. 14.000.000 par émission, au pair, de 100.000 actions nouvelles de F. 100 (5 actions nouvelles pour 2 actions nouvelles provenant de l'échange précédent), souscrites par USINOR.

    3. REPARTITION DU CAPITAL

    USINOR + Administrateurs : 127.150 (90,82 %)

    DIVERS : 12.850 (9,18 %)

    [Total] 140.000 Actions de 100 F.

    4. CONSEIL D'ADMINISTRATION

    M. Jacques WALLON : Président Directeur Général

    [barré] M. Pierre BENOIT (USINOR)

    [barré] M. Marcel LAGIER (USINOR)

    [barré] M. Philippe LEPECHEUR (USINOR)

    5. COMMISSAIRES AUX COMPTES

    [barré] ERINAULT - FIDUCIAIRE : 8 rue Bellini - 75016 Paris - Tél. (1) 553.71.89

    [barré] M. André ROBIN : 59 rue Beaubourg - 75003 Paris - Tél. (1) 278.58.71

    6. PARTICIPATIONS

    S.A.R.L. PROLAM : 9.996 parts de 100 F (99,96 %) - Valeur au bilan : 0.

  • Extr. de : MAZERON M. [directeur des usines de la Société ETILAM-GRAVIGNY]. Le laminage à froid des feuillards d'acier. Revue Technica, n° 291, avril 1964

    Introduction

    Dès la fin du Moyen Age, les hommes épris de progrès reconnurent que le laminage à froid des métaux était capable d'apporter à l'artisan, des facilités nouvelles pour l'obtention à moindres frais, d'objets manufacturés de meilleure qualité.

    Génial précurseur en toutes choses, Léonard de Vinci dessina en 1486, le premier laminoir à froid, pour réduire en lames, le plomb destiné au sertissage des vitraux des Palais de Venise.

    A la fin du XVe siècle, le martelage des principaux métaux non ferreux : or, argent, cuivre, plomb, était remplacé par le laminage à froid.

    Le fait que les laminoirs étaient actionnés à bras d'homme ou grâce à des dispositifs propulsés par des animaux, interdit cependant toute réduction d'un métal trop résistant et notamment celle du fer et de l'acier. Pour cette raison, le laminage à chaud de ces métaux fut seul utilisé jusqu'au XVIIIe siècle, l'opération étant complétée, le cas échéant, par un martelage à froid.

    Vers 1760, l'utilisation de la force motrice hydraulique, va permettre la mise en service du premier laminoir à froid français, pour la production du feuillard d'acier.

    Le Seigneur de Blamont accorde une concession pour la construction, près d'Hérimoncourt, en Franche-Comté, d'un moulin à aubes, sur le Gland, petit affluent du Doubs.

    Son propriétaire, Jean-Frédéric Peugeot, d'esprit inventif et laborieux, s'aperçoit que l'acier est plus intéressant que la farine. Il a l'idée d'utiliser, pour travailler le métal, la force motrice dont il dispose. Il fait venir des lingots d'acier des Vosges et de la Côte-d'Or, les lamine à chaud au martinet, les transforme en ressorts pour horlogerie. Mais le forgeage au martinet est un procédé peu pratique et, vers 1810, J.-F. Peugeot tente ses premiers essais de laminage à froid à l'aide de deux cages de laminoirs, construites par des moyens de fortune.

    Son invention lui donne un résultat si probant, tant au point de vue des qualités du métal obtenu que du prix de revient, qu'il formule en 1811 une demande d'autorisation pour la transformation définitive de son moulin en usine métallurgique.

    La phraséologie de l'époque prête maintenant à sourire. On en peut juger par l'exposé des motifs, inséré dans la requête : ''Jean-Frédéric Peugeot, propriétaire ... a l'honneur d'exposer :

    Qu'à lui appartient un moulin connu par la dénomination ''Sous Cratet'' ou de la ''Combotte'', situé au territoire de la dite commune d'Hérimoncourt, sur le bord du chemin vicinal y conduisant depuis Meslières.

    Qu'éveillé par l'appel du Chef suprême à l'esprit national, frappé de la commotion par laquelle cet Auguste Souverain a voulu et ne peut qu'électriser tout Français en le dirigeant par le chemin des Arts vers un but qui doit faire sortir la Nation d'une dépendance mercantile où son ennemie insatiable l'a magiquement et trop longtemps tenue enchaînée, il a tout à coup rougi d'avoir tant tardé à s'apercevoir des avantageuses ressources locales de la propriété à toute autre chose qu'à un moulin.

    C'est à la fabrication de l'acier et en une usine à y employer, qu'il a cru devoir métamorphoser ce moulin. (...)

    C'est à ces considérations que le suppliant recourt,

    A ce qu'il vous plaise, Monsieur le Préfet,

    Permettre et autoriser le changement du moulin ''Sous Cratet'' en une usine destinée à la fabrication d'une matière première, qui manque à nos contrées et pour la recherche de laquelle, l'exposant et ses collaborateurs peuvent aujourd'hui démontrer que la multiplicité de leurs essais, la constance de leurs travaux n'ont pas été illusoires''.

    Quatre nouveaux laminoirs à froid plus perfectionnés seront construits en France entre 1811 et 1817.

    A l'étranger, des installations pour le laminage à froid de feuillard seront créées vers 1830 en Angleterre et vers 1880 en Suède. A partir de cette date, les feuillards laminés à froid feront leur apparition en Suisse, en Allemagne, en Autriche, aux Etats-Unis et en Italie.

    En 1880, la production annuelle française en feuillard d'acier laminé à froid, qui s'élève à 100 tonnes, est assurée par quatre usines.

    Cette production est surtout constituée par des feuillards en acier dur pour ressorts d'horlogerie, lames de scies, baleines de parapluies et de corsets.

    En 1890, l'apparition des premières bicyclettes conduit les lamineurs à froid à travailler également l'acier doux et à produire les feuillards nécessaires à la confection des pièces de cycles : tubes, pédaliers, jantes, garde-boue, etc.

    A partir de cette époque, les naissances successives des industries automobiles, électriques, radio-électriques, photographiques, permettent détendre la gamme des applications du feuillard, par le perfectionnement des techniques de laminage à froid et la mise au point de qualités spéciales.

    Actuellement, 25 usines françaises produisent plus de 200.000 tonnes par an de feuillard, dont la grande variété touche à toutes les industries.

  • Extraits de : Laminoir Zendzimir ZR 23-25. Implantation. Description. Utilisation. Revue Technica, décembre 1965

    INTRODUCTION, p. 1-2

    Les grands principes concernant le laminage à froid du feuillard d'acier, ayant été traités dans la revue Technica n° 291 d'avril 1964, nous allons décrire une unité moderne de laminage à froid, très appréciée en Europe et plus particulièrement en France : ''le laminoir Sendzimir à 20 cylindres''.

    Nous n'aborderons pas ici, l'exposé des relations théoriques énoncées ces dernières années par les constructeurs de laminoirs et les ingénieurs des Instituts de Recherches du Laminage à Froid.

    En tant qu'utilisateurs, nous demeurons convaincus qu'il n'y a pas de solution universelle, et qu'il est nécessaire de choisir judicieusement ''son'' laminoir en fonction de sa gamme de production et de ses moyens de financement.

    Nous pensons objectivement que chaque type de laminoir a sa place dans l'industrie du laminage à froid :

    -laminoirs Duo : ébaucheurs - skinpasseurs,

    -laminoirs Quarto et Sexto : pour le laminage de feuillard de largeurs et épaisseurs moyennes, -laminoirs Sendzimir : pour le laminage de feuillards minces en grandes largeurs.

    Il existe une transition certaine entre les différents types de laminoirs :

    -laminoirs Quarto, pouvant travailler en ébaucheurs et skinpasseurs,

    -laminoirs Sendzimir, pouvant laminer des feuillards d'épaisseurs moyennes.

    Il faut noter que tous les constructeurs cherchent à réaliser des cages de laminage polyvalentes :

    -laminoirs Quarto : avec possibilité d'utiliser des cylindres de travail de diamètre différents, par exemple :

    diam. 200 pour le laminage des feuillards épais et moyens,

    diam. 100 pour le laminage des feuillards moyens et minces.

    -Laminoirs Sendzimir : de même, Sendzimir construit 3 types de cages :

    Type 1-2, à six cylindres, dont : 2 cylindres de travail commandés ; 4 roulements d'appui.

    Type 1-2-3, à douze cylindres, agencés de la façon suivante : 2 cylindres de travail démontables ; 4 cylindres 1er intermédiaires commandés ; 6 cylindres d'appui.

    Type 1-2-3-4, à vingt cylindres, agencés comme suit : 2 cylindres de travail démontables ; 4 cylindres 1er intermédiaires fous ; 6 cylindres 2e intermédiaires, dont : 4 cylindres commandés, 2 cylindres fous ; 8 roulements d'appui.

    Le laminoir que nous allons décrire est un laminoir à vingt cylindres, type 1-2-3-4, portant la désignation ''ZR 23-25''.

    Z = Sendzimir

    R = Reversible

    23 = Diamètre des cylindres de travail, soit 40 mm

    25 = Largeur utile en pouces, soit 635 mm.

    [...]

    BATIMENT, p. 12-16

    Comme nous l'avons exposé dans l'introduction de cet article, il a fallu construire un ensemble de bâtiments spécialement conçus et adaptés à notre laminoir.

    Cet ensemble se compose :

    -d'un hall de laminage,

    -d'un hall recevant la salle des moteurs et la cave à huile,

    -d'un appentis abritant les transformateurs, les filtres à air, les ventilateurs, le bloc sanitaire, etc...

    de façon à permettre le roulage sur une même travée, de deux ponts ayant une capacité de 12 et 7,5 tonnes.

    La couverture est un voile mince en béton armé, se présentant sous forme de voûte parabolique.

    Sur l'intrados de la voûte, lors de sa réalisation, des panneaux d'héraclit d'une épaisseur de 3 cm ont été accrochés dans le béton, pour assurer l'isolation thermique du bâtiment.

    Hall de laminage :

    Ce bâtiment en béton armé a les caractéristiques dimensionnelles suivantes :

    -portée : 16 m

    -longueur : 110 m

    -hauteur sous entraits : 8 m

    Il est constitué d'une ossature avec poteaux en béton armé, et poutres pour ponts roulants, dimensionnées.

    Sur l'extrados de la voûte, pour améliorer l'étanchéisation de la couverture, nous avons fait poser une chape de bitume armé, multicouches, présentant sur sa face extérieure une mince feuille d'aluminium, ce qui améliore les conditions climatiques en été.

    Pour assurer une bonne répartition de la lumière du jour, nous avons agencé des coupoles en plexiglas translucide, de forme rectangulaire, ayant une surface unitaire d'environ 2,50 m2, réparties uniformément. Leur surface totale d'éclairement représente environ 1/10 de la surface au sol.

    Toutes les coupoles sont ouvrantes pour permettre à partir du toit, le nettoyage de la face intérieure. Chaque deuxième coupole de la rangée centrale est équipée d'une commande d'ouverture et de fermeture à partir du sol, de façon à assurer une aération convenable du local.

    Le remplissage des longs pans et pignons a été réalisé en agglomérés creux, avec enduit lisse double face. La face extérieure a été agrémentée par un mouchetis tyrolien.

    Sous cheneaux, sur toute la longueur du bâtiment, un remplissage en onduclair teinte jaune, complété entre poteaux, par de larges baies en onduclair translucide non teinté, assurent un excellent éclairage de l'ensemble du hall.

    Le sol est réalisé par un radier en béton armé, conçu pour recevoir des charges de 10 tonnes/m2, revêtu de dalles en basaltine, qui présentent une extrême résistance à l'usure et à la formation de poussières.

    Le laminoir a été implanté le long de la cloison vitrée, qui sépare le hall de laminage de la salle des moteurs.

    Les fondations se présentent sous forme d'un énorme bloc de béton armé, d'environ 400 m3, dans lequel :

    -des galeries longitudinales et transversales, facilitent :

    *l'accès et le contrôle des différents organes du train,

    *le passage des nappes de tuyauteries, pour l'asservissement hydraulique du laminoir,

    *la disposition des tablettes porteuses de câbles électriques,

    *l'arrivée et le retour de l'huile de lubrification.

    -des plaques d'ancrage ont été coulées, pour servir à fixer sur les fondations, les divers éléments constitutifs de la ligne de laminage.

    -un double escalier à chaque extrémité d'une des galeries longitudinales, permet l'accès à partir du hall principal.

    En face du laminoir, un local a été aménagé pour :

    -recevoir la rectifieuse nécessaire à l'exploitation du train,

    -permettre le stockage climatisé des cylindres de travail.

    Au-dessus de ce local, nous avons construit les bureaux de la maîtrise et du chef de fabrication.

    Salle des moteurs et cave à huile :

    Ce bâtiment est de conception identique au hall laminage, mais de dimensions plus restreintes :

    -portée : 10 m

    -longueur : 54 m

    -hauteur sous entraits : 5,50 m

    Un pont roulant de 5 tonnes assure les manutentions courantes dans la cave à huile, et exceptionnelles dans la salle des moteurs.

    a) salle des moteurs :

    Afin de permettre le passage et la mise en place, dans les meilleures conditions :

    -des câbles électriques,

    -des gaines de refroidissement,

    -de la centrale hydraulique,

    un sous-sol a été prévu sous la salle des moteurs.

    Une dalle en béton armé permet de recevoir au niveau 0, les moteurs et les armoires de la partie électrique.

    Le sous-sol, dont l'accès est prévu par escalier depuis la salle des moteurs, communique avec les galeries des fondations du laminoir. Cette particularité permet une vérification journalière de l'ensemble des sous- sols, sans avoir à remonter au niveau 0.

    b) cave à huile :

    Celle-ci est située dans le prolongement de la salle des moteurs. Elle en est toutefois, complètement séparée, sans aucune communication, afin de réduire au maximum les risques d'incendie.

    Une cloison démontable partiellement, permet au pont roulant de franchir la séparation existant entre la cave à huile- et la salle des moteurs.

    Une fosse de 70 m2 de surface, et de 3,80 m de profondeur, a été réalisée pour recevoir les deux cuves de 15.000 litres, ainsi que leur groupe de pompage.

    c) appentis avec toit terrasse :

    -largeur : 4 m

    -longueur : 50 m

    -hauteur sous entraits : 4 m

    Cet appentis a été conçu pour recevoir les auxiliaires :

    -transformateur principal de 1.600 KVA,

    -transformateur auxiliaire de 500 KVA,

    -premier groupe de filtres et ventilateur,

    -deuxième groupe de filtres et ventilateur,

    -compresseur de la cave à huile,

    -citerne de stockage d'huile,

    -bloc sanitaire.

    PROGRAMMATION DES TRAVAUX, p. 16

    Septembre 1960 : La Société Etilam a pris la décision de moderniser les moyens de production de l'usine de Saint-Dizier. Il fut décidé entre autres de mettre en service une puissante unité de laminage.

    Après examen détaillé du programme de fabrication, des débouchés possibles sur le marché national et international, des ordres de grandeurs des sommes à investir pour les différents types de laminoirs pouvant être envisagés, nous avons arrêté notre choix sur le laminoir Sendzimir.

    Février 1961 : Commande de la partie mécanique confiée à la Société Fives Lille Cail (délai de livraison : 18 mois).

    Commande de la partie électrique confiée à la Cie Electro-Mécanique (délai de livraison : 18 mois).

    Mars 1961 : Commande de la cave à huile confiée aux Ets Perrier.

    Janvier 1962 : Commandes des bâtiments et du génie civil adressées à l'Entreprise Duchange à Saint-Dizier.

    Février 1962 : Commencement des travaux de terrassement et d'infrastructure.

    Mai 1962 : Début des travaux de superstructure.

    Septembre 1962 :

    -Infrastructure terminée.

    -60 m de voûte du hall principal coulés.

    -Voûte salle moteurs et couverture du local annexe terminées.

    Octobre 1962 : Commencement du montage de la partie mécanique.

    Décembre 1962 : Commencement du montage de la partie électrique et de la cave à huile.

    Avril 1963 :

    -Finition du bâtiment sur 60 premiers mètres.

    -Mise en route du train.

    Août 1963 : Terminaison du hall de laminage sur 110 mètres.

    Malgré un hiver très rigoureux (1962-1963), les prévisions de réalisation ont été respectées. L'engineering d'ensemble a été réalisé par le bureau d'études et le service technique de la Société Etilam-Gravigny.

    La plus grande partie des travaux annexes :

    -gaines de refroidissement,

    -distribution en tablettes,

    -passage de câbles,

    -alimentation pont, éclairage,

    -passerelles, garde-corps, platelage, etc.

    ont été exécutés par le service entretien et installations nouvelles de l'usine.

    Grâce à une collaboration étroite et amicale entre les services techniques :

    -des Procédés Sendzimir,

    -des entreprises et fabricants de matériel,

    -de la Société Etilam-Gravigny,

    la mise en service du train Sendzimir fut assurée sans difficultés majeures.

  • Société Etilam-Gravigny. Journées d'information électro-industrielle. Nancy, novembre 1967. 7 p.

    La société ETILAM-GRAVIGNY occupe à Saint-Dizier (Haute-Marne) une superficie de 50 000 m2 dont 27 000 m2 sont couverts.

    Son activité principale porte sur la fabrication de feuillards d'acier laminés à froid nus, ou revêtus par galvanisation, étamage. plombage. laquage ou plastification.

    Le nombre des dimensions réalisées est infini et peut varier de quelques millimètres à 650 mm en largeur et de 0,06 mm à 7 mm en épaisseur.

    Les nuances d'acier utilisées et les caractéristiques mécaniques également très diverses s'ajoutant à la variété des dimensions permettent de s'adapter exactement à la demande et de fournir une clientèle étendue et exigeante.

    A partir d'ébauches laminées à chaud en Forges, le processus général de fabrication est le suivant :

    - décapage alternatif ou continu

    - laminage à froid

    - cisaillage

    - recuit d'écrouissage

    - relaminage avec taux d'écrouissage contrôlé

    - revêtements éventuels

    - conditionnement

    - expédition

    La production mensuelle se situe aux environs de 2000 tonnes de feuillards par mois toutes nuances et qualités confondues, avec un effectif d'environ 275 personnes.

    Deux autres départements de moindre importance occupant environ 55 personnes s'ajoutent au département feuillards :

    1° Un département de fermetures pour le bâtiment (volets roulants en bois, fer, plastique ; persiennes, jalousies, stores).

    2° Un département châssis et coques en polyester en cours de démarrage.

    C'est la Division Feuillards avec ses laminoirs, ses tours de recuit et ses installations de revêtement qui utilise la presque totalité de l'énergie électrique consommée.

    Les machines et appareils gros consommateurs de courant sont les suivants :

    Le laminoir Sendzimir : utilisé pour le laminage à froid d'ébauches à partir de feuillards laminés à chaud décapés livrés par les aciéries.

    C'est une unité de laminage moderne qui a été mise en exploitation en avril 1963.

    Un transformateur de 1 600 KW (11 000/5 000 V) permet de faire tourner un groupe Ward-Léonard dont le moteur synchrone a une puissance de 1 500 KW. Il entraîne 3 génératrices de 650 kW donnant une tension de 580 volts maximum.

    Ces génératrices produisent le courant continu nécessaire à l'alimentation des différents moteurs des bobineuses et de la cage de laminage.

    Chaque bobineuse est entraînée par 2 moteurs de 300 kW permettant d'obtenir une traction maximale sur la bande de 12 t. environ.

    La cage de laminage est entraînée par 2 moteurs de 300 kW permettant d'obtenir des réductions de l'ordre de 40 % à chaque passe et une vitesse maximale de 320 m/mn.

    Une régulation électronique permet de maintenir la traction stable sur la bande, quelle que soit la vitesse de laminage et compense automatiquement le nombre de tours des bobineuses en fonction du diamètre de la bobine.

    Ce laminoir et ses annexes sont installés dans un bâtiment spécial de 2 500 m2 de surface.

    Les fours de recuit sous atmosphère neutre contrôlée

    Ce traitement permet d'adoucir le métal donc d'éliminer l'écrouissage du laminage ébauche et de pouvoir le travailler à nouveau soit par laminage à froid, soit par pliage ou emboutissage.

    L'usine dispose de 11 fours d'une puissance totale de 2400 kW se répartissant comme suit :

    - 3 fours de 20 t. de capacité et de 400 kW de puissance.

    - 1 four de 10 t. de capacité et de 280 kW de puissance.

    - 7 fours de 3 t. de capacité et de 90 kW de puissance.

    Ces installations fonctionnent en permanence.

    La tour de laquage : destinée à la polymérisation des peintures utilisées pour le revêtement des feuillards laqués.

    Elle est équipée de tubes à rayonnement infra-rouge d'une puissance totale de 250 kW.

    Les fours d'étamage : permettant le revêtement ''au trempé'' des feuillards étamés.

    L'usine dispose de deux fours d'étamage d'une puissance de 250 kW dans lesquels passent les bandes d'acier.

    L'ensemble des autres machines de transformation :

    - Petits laminoirs

    - Cisailles

    - Rectifieuses à cylindre

    - Bancs à dresser et à couper en barres

    A noter l'implantation actuelle d'un nouveau laminoir Mackintosh provenant d'une usine de laminage à froid située à Jeumont et qui a été fermée à la suite du regroupement de l'ensemble des fabrications à Saint-Dizier.

    L'usine est alimentée par le réseau EDF en courant triphasé 11000 volts qui arrive directement à la centrale principale où est installé le tableau de comptage. L'arrivée haute tension est capable de fournir une puissance maximum de 3250 kW. Les puissances souscrites sont actuellement les suivantes :

    - Pointe 2300 kW

    - HPH 2450 kW

    - HPE 2450 kW

    - HCH 2450 kW

    - HCE 2450 kW

    Cette centrale comprend également 2 transformateurs de 800 kW installés en parallèle, servant a alimenter les petites puissances, l'ancienne usine et l'éclairage général.

    De cette centrale part un bouclage de l'usine en haute tension, en câble à huile enterré de 3 X 75 mm2 de section. Ce câble alimente :

    1 - Le premier poste de transformation des fours de recuit, équipé de cellules en boucle pour alimenter le poste suivant, de 2 transformateurs de 500 kW, 11 000/380 V. et de 2 transformateurs de 200 kW, 11 000/220 V.

    2 - Le 2e poste de transformation pour les fours de recuit et la galvanisation, équipé de cellules en boucle pour alimenter le poste suivant et de 2 transformateurs en parallèle de 250 kW, 11 000/220 V.

    3 - Le 3e poste du futur laminoir Mackintosh en cours de montage, équipé de cellules en boucle pour le poste suivant, d'un transformateur de 1 080 kW, 11 000/3 000/1 200 V. et d'un transformateur de 125 kW, 11 000/380 V.

    4 - Le 4e poste de transformation pour le laminoir Sendzimir équipé de cellules en boucle pour le poste suivant en cours de réalisation, d'un transformateur de 1 600 kW, 11 000/5 000 V. et d'un transformateur de 500 kW, 11 000/380 V.

    Le bouclage complet de l'usine sera terminé en 1970.

    La consommation moyenne totale de l'usine ETILAM-GRAVIGNY est d'environ 1 million de kWh par mois.

Références documentaires

Documents d'archives
  • AD Haute-Marne : 2 Fi 1780. Saint-Dizier. Forge Sainte-Marie le jour de la bénédiction, 26 octobre 1859 (dessin Houdard). Aérogramme couleurs. 0,21 x 0,29.

    Archives départementales de la Haute-Marne, Chamarande-Choignes : 2 Fi 1780
  • AD Haute-Marne : 210M 2. Rapports sur la situation industrielle et commerciale du département. 1850-1870 [1880].

    Archives départementales de la Haute-Marne, Chamarande-Choignes : 210M 2
  • AD Haute-Marne : 210M 3. Rapports sur la situation industrielle et commerciale du département. 1871-1880.

    Archives départementales de la Haute-Marne, Chamarande-Choignes : 210M 3
  • AD Haute-Marne : 226M 6. Etat des usines, manufactures, fabriques, etc., ainsi que du personnel employé. 1893.

    Archives départementales de la Haute-Marne, Chamarande-Choignes : 226M 6
  • AD Haute-Marne : 227M 1. Législation industrielle : travail des enfants. Durée du travail des adultes. Contrats d'apprentissage. Livrets d'ouvriers. Tissage et bobinage. Accidents survenus dans les établissements industriels. Grèves et coalitions. 1848-1883 [1890].

    Archives départementales de la Haute-Marne, Chamarande-Choignes : 227M 1
  • AD Haute-Marne : Série Q. Hypothèques. Vol. 276, art. 7 ; vol. 931, art. 35 ; vol. 1062, art. 2 ; vol. 1116, art. 2.

    Vol. 276, art. 7 ; vol. 931, art. 35 ; vol. 1062, art. 2 ; vol. 1116, art. 2 Archives départementales de la Haute-Marne, Chamarande-Choignes : Série Q
  • AD Haute-Marne : 130S 196. Saint-Dizier. Moulins et usines.

    Archives départementales de la Haute-Marne, Chamarande-Choignes : 130S 196
  • AD Haute-Marne : 130S 199-200. Saint-Dizier. Moulins et usines.

    Archives départementales de la Haute-Marne, Chamarande-Choignes : 130S 199-200
  • Archives privées Etilam Gravigny. Notices techniques, photos.

Bibliographie
  • BEGUINOT, Pierre. Une grande industrie haut-marnaise disparue : la production de la fonte et du fer. Chaumont, 1979. 293 [263] pages.

    p. 140-141
  • DIDIER, C. (abbé). Etude historique et statistique sur Saint-Dizier. Saint-Dizier : Impr. G. Saint-Aubin et Thévenot, J. Thévenot successeur, 1897. 361 pages.

    p. 242-243
Périodiques
  • Laminoir Zendzimir, Etilam Gravigny. Revue Technica, décembre 1965, 18 pages (cf Annexe 4).

    Annexe 4
  • La métallurgie à Saint-Dizier d'après la série du journal ''L'Ancre'' conservée aux Archives départementales de la Haute-Marne (1886-1905). Les Cahiers Haut-Marnais, 1er et 2e trim. 2000, n° 220-221, p. 40-56.

    p. 45