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Forge, fonderie, laminoir dite S.A. des Forges de Froncles et de Vraincourt, puis S.A. des Forges de Froncles, actuellement Société des Forges de Froncles (ABC)

Dossier IA52070421 inclus dans Généralités réalisé en 1989

Fiche

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  • Parties constituantes

    • bureau
    • chaufferie
    • atelier de fabrication
    • logement de contremaître
    • corps de garde
    • logement patronal
    • logement d'ouvriers
    • cité ouvrière
    • infirmerie
    • voie ferrée
    • enclos
    • magasin industriel
    • école
    • passerelle
    • magasin de commerce
    • parc

Dossiers de synthèse

Appellations dite forge S.A. des Forges de Froncles et de Vraincourt, puis S.A. des Forges de Froncles, actuellement Société des Forges de Froncles (ABC)
Destinations usine de chaudronnerie, tréfilerie, scierie, centrale thermique
Parties constituantes non étudiées bureau, chaufferie, atelier de fabrication, logement de contremaître, corps de garde, logement patronal, logement d'ouvriers, cité ouvrière, infirmerie, voie ferrée, enclos, magasin industriel, école, passerelle, magasin de commerce, parc
Dénominations forge, fonderie, laminoir
Aire d'étude et canton Haute-Marne - Bologne
Hydrographies Marne la
Adresse Commune : Froncles
Adresse : rue de l' Usine
Cadastre : 1828 D 219 à 225 ; 1988 AC 52, 53, 58, 93, 214 à 223, 352 à 355, AB 240 à 302, 746 à 759, 850 à 859

Forge établie vers 1757 pour produire de la tôle. De Bonnecaze est propriétaire en 1834 et son fils provoque le premier grand développement à partir de 1858. Usine raccordée au chemin de fer en 1862. De Valsuzemay est propriétaire en 1870 et obtient un port sur le canal en 1881. La forge produit de la fonte, des tôles, des fils de fer et comporte une scierie. Second grand développement après 1918, avec agrandissement vers le sud-est et création d'une centrale produisant de l'électricité (cette dernière est abandonnée en 1948). Logement patronal restauré en 1921 (date portée) ; abandon d'une architecture austère. Les logements d'ouvriers bâtis après la Première Guerre mondiale tranchent également par une certaine fantaisie sur les logements du siècle précédent. En 1989 (date de l'enquête initiale), le laminage constitue l'activité principale de la S.A. des Forges de Froncles (inscrite au registre du commerce depuis 1906) qui occupe alors les lieux. La Société des Forges de Froncles (SFF), spécialisée dans la forge à froid, est depuis 2006 une filiale du groupe allemand ABC, Altenloh, Brinck & Co ; créée en 1988 sous la forme d'une SASU (société par actions simplifiée à associé unique), la SFF occupe en 2014 (complément d'enquête) l'atelier de fabrication A, dit nouvelle usine. L'usine primitive (bâtiments B à E et parc F) a été convertie en pépinière d'entreprises dans les années 1990. Partie des ateliers de fabrication de fonderie (D) a été trouvée détruite en 2014. Forge composée en 1860 de 4 foyers d'affinerie, 1 haut fourneau, 1 boccard et 1 patouillet, 2 fours à puddler à la houille, 1 four à réverbère de chaufferie pour l'étirage du fer à la houille, 2 fours dormants pour fabrication de la tôle à la houille ; combustible végétal abandonné en 1864 ; abandon de la chaudronnerie après 1918. 1814 : 12 ouvriers ; 1834 : 23 ouvriers ; grève en 1859 ; 1872 : 150 ouvriers ; 1884 : 250 ouvriers, dont 207 pour la forge et la tôlerie, 35 pour la chaudronnerie, 8 pour la fonderie ; environ 900 ouvriers en 1939 et 670 en 1947 ; 180 ouvriers en 2014 dans la nouvelle usine (A).

Période(s) Principale : 2e moitié 19e siècle
Principale : 1er quart 20e siècle
Dates 1921, daté par source, daté par travaux historiques, porte la date

Site industriel desservi par voie navigable, embranchement ferroviaire, voie particulière. Logement patronal (E) un étage carré, un étage de comble. Magasin de commerce (N, boulangerie) un étage carré, un étage de comble, abritait un atelier de couture sous les combles.

Murs pierre
brique
brique creuse
bois
enduit
essentage de tôle
essentage de planches
moellon
moellon sans chaîne en pierre de taille
pan de fer
Toit tuile mécanique, ardoise, ciment amiante en couverture
Étages 1 étage carré, étage de comble
Élévations extérieures élévation ordonnancée
Couvertures toit à longs pans
toit bombé
appentis
toit en pavillon
lanterneau
Énergies énergie hydraulique
énergie thermique
énergie électrique
Typologies rectangulaire, arc segmentaire, oculus, arc plein-cintre
États conservations restauré
Statut de la propriété propriété privée

Annexes

  • HISTORIQUE

    8 mars 1757 : Charles-Joseph de Pimodan est autorisé, par lettres patentes, à exploiter une usine métallurgique composée de : un haut-fourneau, une batterie de tôle, une forge et un bocard.

    26 octobre 1773 : Le roi autorise la substitution de la batterie et du bocard par un haut-fourneau.

    1775 : Le comte de Pimodan est autorisé à ajouter un haut-fourneau à la batterie et au bocard.

    1784 : L'usine est composée d'un haut-fourneau, de deux affineries, d'une batterie de tôles, d'un bocard à mines, d'un bocard à crasses. La production de fonte est de 225 tonnes.

    1er germinal An II : Le district afferme la forge aux citoyens Gatrey d'Andelot et Joseph Hiardin de Vignory pour 3275 livres.

    23 prairial : La forge est vendue à Nicolas Jérémie Goyard, de Chaumont, pour le compte de Jean-Baptiste-Joseph Courty, un franc-comtois de Rans, district de Dôle.

    An 12 : Molerat est maître de forges à Froncles.

    1808 : Le haut-fourneau est en chômage pendant 10 ans.

    1814 : L'usine est pillée. Seule la forge travaille et occupe 12 ouvriers.

    1834 : De Bonnecaze est propriétaire et exploitant de la forge composée d'un patouillet, un haut-fourneau au charbon de bois, deux foyers d'affinerie au charbon de bois, un marteau de 350 kg, un foyer de chaufferie à la houille, un marteau de 120 kg, 6 roues à godets force 24. Elle occupe 23 ouvriers.

    1836 : Louise de Bonnecaze, aidé de deux commis, dirige 16 ouvriers.

    1837 : L'usine produit 900 tonnes de fonte et 450 tonnes de fer.

    1847-48 : L'usine chôme.

    1857 : Thélèphe de Bonnecaze, fils de Louis de Bonnecaze, dirige la forge.

    L'usine se compose d'une maison de maître, un haut-fourneau, trois halles, un bocard, un bâtiment d'ancien martinet, une forge à feu d'affinerie, grange, remise, deux écuries, logements de commis et ouvriers, granges, remises, cour, jardin, verger, clos et prés, moulin sur la rive gauche du bief avec les bâtiments en dépendant, le logement du meunier, le chemin du moulin et tous les logements d'ouvriers dans le village de Froncles.

    1858 : De Bonnecaze projette de construire deux foyers d'affinerie, deux fours dormants pour la préparation de la tôle au moyen de la flamme perdue, deux fours à puddler, un four à réverbère pour l'étirage du fer à la houille, deux fours dormants pour la fabrication de la tôle à la houille.

    1859 : Grève des ouvriers de Froncles. Présence d'un marteau-pilon actionné par une machine à vapeur.

    1860 : La forge est composée d'un bocard et un patouillet, un haut-fourneau, quatre foyers d'affinerie au charbon de bois, deux fours à puddler à la houille, un four à réverbère de chaufferie pour l'étirage du fer à la houille, deux fours dormants pour la fabrication de la tôle à la houille, accompagnés des appareils de soufflerie nécessaires. L'usine occuperait plus de 200 ouvriers et 500 au dehors ; Télèphe de Bonnecaze, seul producteur de tôles en Champagne, demande une subvention de 150 000 francs au ministre du commerce.

    16 août 1861 : Le prêt est accordé. D'après Henriont, la forge n'occupe que 74 ouvriers.

    1862 : L'usine obtient une voie de garage et un quai au passage à niveau de Froncles.

    1864 : Le combustible végétal est abandonné et les quatre foyers d'affinerie et le haut-fourneau sont éteints à cette date.

    La production est axée sur la tôle et le fil de fer et l'usine comprend trois foyers de chaufferie, quatre fours à puddler, 6 fours à réchauffer, un marteau, un marteau-pilon, 3 trains de laminoirs, des machines hydrauliques et deux machines à vapeur de 140 chevaux.

    1865 : D'après P. Béguinot, il y avait à cette date 5 fours à puddler, 9 fours à réchauffer, une turbine, deux roues hydrauliques et deux machines à vapeur.

    4 mars 1870 : De Valsuzenay acquiert la forge de Nicolas Thélèphe de Bonnecaze.

    1872 : L'usine occupe 150 ouvriers.

    1873 : De Valsuzenay achète la forge de Vraincourt.

    1876 : Un belge, Debouny, seconde comme directeur le maître de forges.

    1881 : De Valsuzenay obtient l'installation d'un port particulier au bord du canal latéral à la Marne en construction. La cité de Froncles s'élève alors ; trois autres s'y ajouteront.

    1884 : La forge-tôlerie occupe 200 hommes et 7 enfants de moins de 16 ans, la chaudronnerie, 33 hommes et 2 enfants, la fonderie, 7 ouvriers et 1 enfant, soit 250 personnes au total. Une scierie fonctionne aussi.

    1900 : L'outillage des usines de Froncles comprend : une machine à vapeur, une turbine hydraulique système Georgel à Nancy, six fours à puddler, trois à réchauffer, sept à recuire les tôles, un four à recuire les tôles à matelas, deux fours à recuire les tôles en vase clos, un pilon à vapeur (Schneider au Creusot), un train brut ébaucheur à deux paires de cylindres, un train brut ébaucheur à une paire de cylindres, deux trains à grosse tôle, trois trains à tôles minées, un train à polir les tôles minées, deux ventilateurs, deux conduites de vent, engrenages, cisailles guillotine système Brouchey, cisaille à fer brut, trois cisailles à tôles, machines à vapeur jumelle pour l'atelier et les cisailles, un tour à cylindres système Brouchey, un tour parallèle châssis en bois, trois chaudières à vapeur pour fours à puddler, trois pour four à réchauffer, une chaudière tubulaire à vapeur de secours, deux pompes, une bascule à pont à l'entrée de l'usine, une bascule à pont pour les tracteurs, une bascule à pont pour le raccordement ; éclairage électrique, chemin de fer dans l'usine, avec voie allant au port et raccordement, scierie à vapeur.

    1906 : Constitution de la S.A. des Forges de Froncles et de Vraincourt au capital de 800 000 francs. L'usine de Froncles se compose alors d'une maison de maître en pierres, à un étage et composée d'une cuisine, un salon, une salle à manger, une salle de billard, deux chambres à coucher avec cour, remise, écuries, parc et jardin potager, verger d'agrément et carrière de pierre à bâtir. Un grand bâtiment servant de remise, écuries, seuil, grenier, greniers à récoltes, poulailler, etc. Un autre bâtiment servant à la cantine ; un autre bâtiment occupé par le directeur de l'usine et le caissier, tenant d'un côté au jardin et de l'autre au bâtiment suivant, un autre bâtiment comprenant les nouveaux bureaux avec deux logements au premier étage, grenier dessus et cave dessous ; un autre bâtiment servant de magasin à tôles ; une grande halle occupée par la fonderie, les ouvriers modeleurs et le bourrelier ; halles occupées par la chaudronnerie comprenant ateliers, bureaux, magasins, atelier de peinture ; bâtiments servant de fabrique à rondelles avec magasin au-dessus ; bâtiment servant d'atelier d'ajustage pour l'entretien de l'usine avec magasin au-dessus ; bâtiment servant de magasin à tôles au rez-de-chaussée, avec magasin à modèles au-dessus ; bâtiment servant d'atelier pour le dressage des tôles avec moteur électrique ; bâtiment ayant servi d'atelier de galvanisation ; hangar servant à abriter les cylindres ; hangar servant à abriter les fours à recuire en vase clos ; maison servant à la pharmacie, magasin à suif, maréchallerie, plus logement de domestique ; bâtiment servant de gare aux marchandises ; halle à l'ancien garage, hangar pour la scierie, bâtiment dans lequel il y a quatre logements d'ouvriers et caves le long du chemin du Buxières ; hangar double dans le clos Mongin, cave de la cité de Bronville, petites caves d'ouvriers, cour de l'usine, grandes halles de l'usine couvrant le puddlage, le réchauffage, les trains bruts, la tôlerie et les cisailles, cité Bronville divisée en 11 logements ; maison Chaudron divisée en 2 logements et caves ; groupe de 6 maisons situées à droite en sortant de l'usine vers le village occupées par des employés et ouvriers de l'usine ; maison Jeanson Tabourin, divisée en deux logements, maison Vaudrin comprenant un logement ; maison Maugin occupée par la boulangerie et l'économat, maison Marangé occupée par le bureau de poste et comprenant en outre deux logements ; maison Joseph Dormoy divisée en 4 logements ; nouvelle cité divisée en 4 logements ; maison Jeanson divisée en 3 logements ; maison Bouthelier divisée en 2 logements ; maison Chaudron divisée en 4 logements ; maison Audin, un logement. Une maison dite de la Croix au Parge, avec cour devant, terrain de la Croix au Parge, avec cour devant, terrain à côté, jardin potager derrière, aisances et dépendances, tenant aux frères Braudet et Valsuzenay la rue et Charles Pillard ; maison Ravier en 3 logements ; maison Maugin : grange plus 2 logements ; deux maisons dites Ragot et Clément sur le chemin de Buxières.

    1918 : M. Carrègre devient directeur de l'usine qui s'agrandit fortement à partir de cette date avec notamment, la construction d'une centrale produisant de l'électricité. La chaudronnerie disparaît et la production principale est formée de tôles. La cité ouvrière s'étoffe de bâtisses symétriques aux pignons pointus.

    1927 : La société fait faillite et est rachetée par Citroën.

    1939 : Environ 900 ouvriers.

    1947 : 670 ouvriers. La société fournit 60 % des tôles à Citroën mais produit 50 % de moins qu'en 1939.

    1948 : La centrale ne fournit plus d'électricité à l'usine.

Références documentaires

Documents d'archives
  • AD Haute-Marne : 209 M9. Industrie. Statistique industrielle. 1825, 1828, 1834.

    Archives départementales de la Haute-Marne, Chamarande-Choignes : 209 M9
  • AD Haute-Marne : 226M 6. Etat des usines, manufactures, fabriques, etc., ainsi que du personnel employé. 1893.

    Archives départementales de la Haute-Marne, Chamarande-Choignes : 226M 6
  • AD Haute-Marne : 227M 1. Législation industrielle : travail des enfants. Durée du travail des adultes. Contrats d'apprentissage. Livrets d'ouvriers. Tissage et bobinage. Accidents survenus dans les établissements industriels. Grèves et coalitions. 1848-1883 [1890].

    Archives départementales de la Haute-Marne, Chamarande-Choignes : 227M 1
  • AD Haute-Marne : Série Q. Froncles. Hypothèques. Vol. 1026, art. 53 ; vol. 1125, art. 11.

    Vol. 1026, art. 53 ; vol. 1125, art. 11 Archives départementales de la Haute-Marne, Chamarande-Choignes : Série Q
  • AD Haute-Marne : 1Q.498. Froncles. Enregistrement.

    Archives départementales de la Haute-Marne, Chamarande-Choignes : 1Q.498
  • AD Haute-Marne : 130S 90. Froncles. Moulins et usines.

    Archives départementales de la Haute-Marne, Chamarande-Choignes : 130S 90
  • AD Haute-Marne : S 1. Service hydraulique. Réglementation d'usines. 1925-1930.

    Archives départementales de la Haute-Marne, Chamarande-Choignes : S 1
Bibliographie
  • BEGUINOT, Pierre. Une grande industrie haut-marnaise disparue : la production de la fonte et du fer. Chaumont, 1979. 293 [263] pages.

    p. 100-102
Périodiques
  • HENRIOT, Marcel. Froncles, un village et une usine. Cahiers Haut-Marnais, 1947, n° 10, p. 385-388 ; idem, 1948, n° 12, p. 115-121.

    n° 10, p. 385-388 ; n° 12, p. 115-121