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Forge, puis coutellerie Sommelet fils et neveu, puis S.A. des Forges de Bologne, actuellement grosse forge S.A. des Forges de Bologne

Dossier IA52070407 inclus dans Généralités réalisé en 1989

Fiche

Appellations dite coutellerie Sommelet fils et neveu, puis S.A. des Forges de Bologne, actuellement grosse forge S.A. des Forges de Bologne
Destinations affinerie, fenderie, forge anglaise, haut fourneau, usine de petite métallurgie
Parties constituantes non étudiées bureau, cheminée d'usine, atelier de fabrication, magasin industriel, château d'eau, stationnement, infirmerie, salle des machines
Dénominations forge, coutellerie, grosse forge
Aire d'étude et canton Haute-Marne - Bologne
Hydrographies Marne la
Adresse Commune : Bologne
Lieu-dit : Forge du Haut
Adresse : route des Forges
Cadastre : 1828 A 1363 à 1366 ; 1980 ZB 37 à 41, 161

Forge établie en 1660 sur les ruines d'une autre forge. Transformations diverses entre le 18e siècle et 1879 : affinerie, fenderie, forge anglaise, haut fourneau, pointerie se succèdent. En 1879, création de la coutellerie Sommelet fils et neveu et réorganisation complète de l'usine qui fait fonction de colonie industrielle. Création de la S.A. des Forges de Bologne en 1899. Production de pièces forgées depuis 1916 et grande extension de l'usine au 20e siècle. La forge haute accueille la première forge anglaise du département. Haut fourneau équipé à l'air chaud vers 1840. A partir de 1927 : spécialisation dans l'estampage de la pièce en acier et en métal léger ; fabrication d'armement depuis 1934. Coutellerie abandonnée en 1945. Ne semblent subsister de la coutellerie que les anciens ateliers, dortoirs, cantine (6, 7, 8) et les ateliers dits ancienne forge (19) dans leur partie nord-est. Présence d'un marteau pilon (Fig. 19) signalée en 1989 (enquête initiale). Mort d'un enfant de 11 ans en 1750 ; 57 ouvriers occupés en 1834 ; 1847 : 93 ouvriers dont 23 enfants ; 1849 : 77 ouvriers. De 1879 à 1921 : colonie industrielle accueillant jeunes détenus, orphelins, puis jeunes haut marnais après 1905 environ. Existence d'un fonds d'archives privées.

Période(s) Principale : 3e quart 17e siècle
Principale : 4e quart 19e siècle
Principale : 20e siècle
Dates 1660, daté par source

Site industriel desservi par voie particulière. Partie nord-est de l'usine interdite aux visiteurs : partie réservée à l'usine moderne qui fabrique de l'armement. Site trouvé inchangé en 2013 (complément d'enquête).

Murs pierre
brique
ciment
enduit
moellon
pan de fer
Toit tuile mécanique, verre en couverture, ciment amiante en couverture, métal en couverture
Étages 1 étage carré, étage de comble
Couvrements charpente en bois apparente
charpente métallique apparente
Élévations extérieures élévation ordonnancée
Couvertures toit à longs pans
appentis
shed
pignon couvert
croupe
Énergies énergie hydraulique
énergie thermique
énergie électrique
Statut de la propriété propriété privée
Éléments remarquables machine de production

Annexes

  • HISTORIQUE

    1660 : Construction d'une forge vers cette date, sur les ruines d'une ancienne forge.

    1750 : Un enfant de 11 ans meurt la tête écrasée par une caisse de soufflet sous lequel il cherchait un morceau de pain (Cahiers Haut-Marnais, n° 140).

    1760 : Crozat de Thiers hérite de la forge du baron de Thiers.

    1799 : L'usine est composée d'une affinerie, d'un martinet et d'une fenderie.

    1813 : Usine composée de deux feux d'affinerie, une fenderie, un bocard.

    1824 : Carette est fermier de la forge appartenant à la marquise de Bethune.

    1825 : Louis Carette achète la forge haute au marquis de Béthune : elle se compose de 2 feux de forge, 2 marteaux, avec halle à charbon, maison de forgerons, jardins, dépendances, d'une usine nouvellement construite suivant le système anglais, four à réverbère, roues volantes, cylindres, machines outils, ustensiles (en outre 12 des 20 lavoirs de Marault). La forge anglaise est la première de ce type en Haute-Marne. Louis Carette demande à convertir ses deux feux d'affinerie en haut-fourneau.

    1827-1828 : Construction du haut-fourneau et du logement du fondeur. Ce haut-fourneau fonctionne jusqu'en 1847.

    1830 : Louis Carette vend l'usine à Jean Friedlin, banquier à Paris. Celui-ci, n'ayant pas payé dans les délais prévus, rend la forge à Louis Carette quelques années après.

    La forge anglaise comprend deux fours a puddler, trois foyers de réchauffage et un cylindre étireur. La fenderie est abandonnée.

    1834 : Louis Carette essaie de louer la forge qui semble se composer de : 4 fours à puddler et 3 à réchauffer, 2 trains de cylindres, ateliers de mécanicien, tourneur et menuisier, maréchalerie, un haut-fourneau, four à Wilkeinson (au spatard), halle à charbon, une roue à godets et deux à aubes force 30. 57 ouvriers y sont occupés. Carette ne trouve pas preneur et continue donc lui-même l'exploitation.

    1838 : La forge, composée de 4 fours à puddler doubles, de 3 fours à réverbères de chaufferie, de 3 trains de cylindres, dégrossisseurs, cylindres finisseurs et cylindres guides, produit annuellement 19 000 quintaux métriques de fers bruts convertis en 16 000 quintaux métriques de fers de tous échantillons pour la fabrication desquels on consomme environ 21 000 quintaux métriques de fonte venant de l'usine et 22 000 quintaux métriques de houille de Rive de Gier.

    2 octobre 1839 : Décès de Louis Carette.

    1840 : Vers cette date, le haut-fourneau est équipé à l'air chaud.

    1845 : Selon Béguinot la forge à l'anglaise est complétée par deux laminoirs vers cette date.

    1847 : Elophe Copitain exploite la forge haute. Il occupe 70 hommes et 23 enfants. Il utilise 3 roues hydrauliques pour les laminoirs et une roue hydraulique pour le haut-fourneau.

    1849 : Dormoy occupe 77 ouvriers dont 4 hommes célibataires, 15 hommes mariés, 15 femmes mariées, 18 garçons de moins de 12 ans et 25 filles de moins de 12 ans.

    1850 : La veuve Carette décide de vendre l'usine.

    25 avril 1854 : Rabatel, manufacturier à Paris, achète l'usine. La fonderie est supprimée, le haut-fourneau reconstruit partiellement et de nouveaux logements édifiés.

    1855 : La forge n'est pas en activité, les feux ou ateliers sont même démontés depuis longtemps. Un atelier pour la galvanisation de la tôle, double étamage pour le zinc et le plomb, de construction relativement récente, ne fonctionne pas non plus depuis quelques années. Le 20 novembre, Rabatel vend l'usine.

    1856 : L'usine est en chômage depuis 1847. Bonnamy, Forfillière et Cie, maître de forges à Doulaincourt, y reconstruisent un haut-fourneau.

    1857 : L'usine ne se compose plus que d'un haut-fourneau à air chaud et d'un patouillet construit en 1857.

    1861 : L'usine est adjugé à Dormoy.

    1863 : Le patouillet est détruit. Une scierie est construite.

    1864 : Une pointerie prend la place de l'ancienne fenderie.

    5 septembre 1868 : Décès de Ferdinand Dormoy.

    1870 : Selon Béguinot, le haut-fourneau s'éteint vers cette date.

    1879 : Démolition du haut-fourneau vers cette date. Les héritiers de Dormoy vendent l'usine composée des anciennes usines anglaises, du haut-fourneau avec machine soufflante, roue hydraulique et appareil à air chaud, logement du fondeur et halle à charbon, maison de maître en forme de pavillon (...), logement de commis, 5 logements d'ouvriers, magasins, hangars, halles à charbon, halle à emmagasiner les fers, parcs à mines. M. Noël, locataire de la pointerie-tréfilerie, doit enlever ses machines et outils.

    Création de la société "Sommelet fils et neveu". L'exploitation devient une coutellerie et est transformée pour abriter une colonie de jeunes détenus et d'orphelins. Chapelle, dortoirs, boulangerie, économat et nouvelles forges sont construits.

    29 mars 1899 : Constitution de la coutellerie S.A des forges de Bologne (cf Annexe 1). Il est noté que la presque totalité des bâtiments a été construite par M. Sommelet, sans deniers d'emprunts.

    1916 : Début de production de pièces forgées sous la direction de M. Vella-Ferrand.

    1921 : Il n'y a plus d'enfants à la forge de Bologne à partir de cette date.

    1927 : Spécialisation dans l'estampage de la pièce en acier et en métal léger.

    1934 : Création d'un département pour l'usinage des bombes incendiaires et des obus.

    1945 : Vers cette date, une reconversion est opérée, l'éventail des productions s'élargit. La coutellerie est définitivement abandonnée.

    1950 : Après cette date, nouvelle diversification des produits, avec comme produits pilotes l'armement et les gaines pour centrale nucléaire.

    1980 : Depuis cette date, approximative, la société pratique l'hydroformage, grâce à une presse de 3 000 tonnes, de modèle unique en France. Nouveau développement grâce à la production d'aubes de réacteurs. Actuellement, l'effectif est d'environ 900 personnes.

Références documentaires

Documents d'archives
  • AD Haute-Marne : 167M 17. Statistique sommaire des industries principales. Salaires des ouvriers de la grande industrie.

    Archives départementales de la Haute-Marne, Chamarande-Choignes : 167M 17
  • AD Haute-Marne : 209 M9. Industrie. Statistique industrielle. 1825, 1828, 1834.

    Archives départementales de la Haute-Marne, Chamarande-Choignes : 209 M9
  • AD Haute-Marne : P 254. Valeur locative des maisons et usines. 1838-1847.

    Archives départementales de la Haute-Marne, Chamarande-Choignes : P 254
  • AD Haute-Marne : 3P 1144, 1147. Matrices cadastrales.

    Archives départementales de la Haute-Marne, Chamarande-Choignes : 3P 1144, 1147
  • AD Haute-Marne : Série Q. Hypothèques. Vol. 643, art. 77 ; vol. 1006, art. 43.

    Vol. 643, art. 77 ; vol. 1006, art. 43 Archives départementales de la Haute-Marne, Chamarande-Choignes : Série Q
  • AD Haute-Marne : 130S 28. Bologne. Moulins et usines.

    Archives départementales de la Haute-Marne, Chamarande-Choignes : 130S 28
  • Archives privées.

Bibliographie
  • BEGUINOT, Pierre. Une grande industrie haut-marnaise disparue : la production de la fonte et du fer. Chaumont, 1979. 293 [263] pages.

    p. 96, 98
Périodiques
  • VIGNOT, Jeanine. La forge. Cahiers Haut-Marnais, [année], n° 140, p. 15-17.

    p. 15-17