Logo =Inventaire Général du Patrimoine Culturel - Retour à l'accueil

Fraucourt, ancienne grange de Morimond

Dossier IA52001015 réalisé en 2015

Fiche

Dernière grange fondée par Morimond au XIIe siècle, Fraucourt (52-com. Breuvannes-en-Bassigny) apparaît en 1178 dans la bulle d'Alexandre III (H. Flammarion, Recueil des chartes de l’abbaye de Morimond au XIIe siècle, ARTEM / Brepols, Turnhout, 2014, n°39) (cf. carte du temporel ill. IVR21_20155200635NUCA). Elle fut principalement constituée sur le don du seigneur Albert de Damblain, qui céda à l'abbaye son alleu en 1168 avant de partir en croisade. Morimond y reçut d’autres droits en 1171 par Thierry de Chaudenay, moyennant un cens de 2 émines de céréales « ad edificium proprie domum sue » (Flammarion, n°61) et par d’autres seigneurs (id., n°62) ; le tout fut confirmé en 1175 (id., n°74). Par ailleurs, une fois les droits détenus par les chanoines augustins de Chaumousey (88) acquis, moyennant un cens annuel de 1 marc d’argent —racheté par Morimond en 1467— (id., n°52), la grange de Fraucourt était née. La première mention en est donnée en 1176 (id., n°80), quand l’abbé de Saint-Mihiel, en vertu de son prieuré de Saint-Thiébaud, abandonne ses droits et terres « intra terminos grangie sue de Froucort ». En toute logique, la grange figure dans la bulle d’Alexandre III en 1178, puis bénéficie encore de quelques abandons de contestations la même année et la suivante. Remise de dîmes est encore faite en 1200 par Viard d’Aureil-Maison (id., n°193). Fraucourt connu une nouvelle phase d’extension vers le milieu du XIIIe siècle par absorption de l’éphémère grange de Fullie [Fouillot] (52-com. Breuvannes-en-Bassigny ou Germainvilliers), créée avant 1262 mais qui périclita rapidement, sans doute en raison de sa trop grande proximité. Les terres de cette dernière sont encore identifiables grâce à la planche n°13 de l’Atlas Naudin (AD52, 8H73, p. 41). De la sorte, si l’on reporte les trois planches de Fraucourt de l’Atlas sur la carte actuelle, l’espace agraire de Fraucourt atteignait 370 ha en 1787, consacrés en très grande partie aux labours (ill. IVR21_20155200648NUCA). La faible proportion de prés ne doit pas tromper car Fraucourt fut bien aussi une grange d’élevage : les troupeaux bénéficiaient ici comme dans les autres granges de droits de parcours étendus dans le Bassigny. Cette grange assurait la quasi continuité du domaine de l’abbaye jusqu’aux Gouttes en passant par Vaudainvilliers. La distorsion de son territoire exprime bien les conditions d’insertion dans les interstices d’un tissu villageois préexistant et assez dense. Fraucourt a été acquise lors de la vente des Biens Nationaux le 26 janvier 1791 par un groupe de marchands associés de Breuvannes, Jean-Baptiste Rattier, Claude Curt et François Diez, pour 156 500 £. La chapelle, qui y fut élevée sous le vocable de la Purification de Notre-Dame, n’existait déjà plus au XVIIIe siècle. D’après le même plan (AD52, 8H73, pl. 11, p. 37), la ferme était constituée de deux longues ailes parallèles, le bâtiment nord, le plus profond, était composé des différentes granges et étables, tandis que l’aile sud devait abriter surtout les logements des paysans. C’est la disposition que l’on peut encore observer aujourd’hui, à ceci près que l’aile nord a été amputée de sa moitié orientale (ill. IVR21_20155200341NUCA). La partie subsistante, bien que très remaniée dans les ouvertures de granges et flanquée d’un toile de tôle ondulée, montre encore une façade sud caractéristique du XVIIIe siècle avec ses linteaux de portes et fenêtres délardés. L’aile sud en revanche nous est parvenue dans son volume des XVIIIe et XIXe siècles, en dépit là aussi des nombreux remaniements et divisions. Se distinguant par un volume massif sous un vaste toit à quatre pans et la rigoureuse symétrie de sa façade principale, le bâtiment le plus intéressant se trouve à l’extrémité ouest de cette aile : il s’agit de la maison seigneuriale des moines, que l’on peut rapprocher de celle de Levécourt, toutefois un peu plus modeste. Cette bâtisse présente une élévation à deux niveaux, matérialisés par deux rangées de deux fenêtres couvertes de linteaux en arc délardés, de part et d’autre du portail central. À l’arrière (sud) et à l’est, la symétrie a cédé la place aux nécessités de l’organisation intérieure (ill. IVR21_20155200647NUCA). L’enclos au milieu duquel est situé cet ensemble est toujours perceptible : limité au sud par les bras du petit affluent du Flambart, où se situaient les étangs de la grange, il s’étendait au nord-ouest jusqu’au bosquet, qui a remplacé les jardins et verger qui existaient encore au XIXe siècle (AD52, 3 P 2/75-5, section A4, s.d. [XIXe s.]).

Genre de cisterciens
Appellations Fraucourt, Frôcourt
Destinations grange monastique, ferme
Parties constituantes non étudiées ferme
Dénominations grange monastique
Aire d'étude et canton Clefmont
Adresse Commune : Breuvannes-en-Bassigny
Lieu-dit : Fraucourt
Cadastre : 1998 ZI 18 à 21, 24-25, 37, 68, 106

Dernière grange fondée par Morimond au XIIe siècle, Fraucourt (52-com. Breuvannes-en-Bassigny) apparaît en 1178 dans la bulle d'Alexandre III (H. Flammarion, Recueil des chartes de l’abbaye de Morimond au XIIe siècle, ARTEM / Brepols, Turnhout, 2014, n°39) (cf. carte du temporel ill. IVR21_20155200635NUCA). Elle fut principalement constituée sur le don du seigneur Albert de Damblain, qui céda à l'abbaye son alleu en 1168 avant de partir en croisade. Morimond y reçut d’autres droits en 1171 par Thierry de Chaudenay, moyennant un cens de 2 émines de céréales « ad edificium proprie domum sue » (Flammarion, n°61) et par d’autres seigneurs (id., n°62) ; le tout fut confirmé en 1175 (id., n°74). Par ailleurs, une fois les droits détenus par les chanoines augustins de Chaumousey (88) acquis, moyennant un cens annuel de 1 marc d’argent —racheté par Morimond en 1467— (id., n°52), la grange de Fraucourt était née. La première mention en est donnée en 1176 (id., n°80), quand l’abbé de Saint-Mihiel, en vertu de son prieuré de Saint-Thiébaud, abandonne ses droits et terres « intra terminos grangie sue de Froucort ». En toute logique, la grange figure dans la bulle d’Alexandre III en 1178, puis bénéficie encore de quelques abandons de contestations la même année et la suivante. Remise de dîmes est encore faite en 1200 par Viard d’Aureil-Maison (id., n°193). Fraucourt connu une nouvelle phase d’extension vers le milieu du XIIIe siècle par absorption de l’éphémère grange de Fullie [Fouillot] (52-com. Breuvannes-en-Bassigny ou Germainvilliers), créée avant 1262 mais qui périclita rapidement, sans doute en raison de sa trop grande proximité. Les terres de cette dernière sont encore identifiables grâce à la planche n°13 de l’Atlas Naudin (AD52, 8H73, p. 41). De la sorte, si l’on reporte les trois planches de Fraucourt de l’Atlas sur la carte actuelle, l’espace agraire de Fraucourt atteignait 370 ha en 1787, consacrés en très grande partie aux labours (ill. IVR21_20155200648NUCA). La faible proportion de prés ne doit pas tromper car Fraucourt fut bien aussi une grange d’élevage : les troupeaux bénéficiaient ici comme dans les autres granges de droits de parcours étendus dans le Bassigny. Cette grange assurait la quasi continuité du domaine de l’abbaye jusqu’aux Gouttes en passant par Vaudainvilliers. La distorsion de son territoire exprime bien les conditions d’insertion dans les interstices d’un tissu villageois préexistant et assez dense. Fraucourt a été acquise lors de la vente des Biens Nationaux le 26 janvier 1791 par un groupe de marchands associés de Breuvannes, Jean-Baptiste Rattier, Claude Curt et François Diez, pour 156 500 £. La chapelle, qui y fut élevée sous le vocable de la Purification de Notre-Dame, n’existait déjà plus au XVIIIe siècle.

Période(s) Principale : 18e siècle, 19e siècle , (?)

D’après la planche n°11 de l’Atlas Naudin (AD52, 8H73, p. 37), la ferme était constituée de deux longues ailes parallèles, le bâtiment nord, le plus profond, était composé des différentes granges et étables, tandis que l’aile sud devait abriter surtout les logements des paysans. C’est la disposition que l’on peut encore observer aujourd’hui, à ceci près que l’aile nord a été amputée de sa moitié orientale (ill. IVR21_20155200341NUCA). La partie subsistante, bien que très remaniée dans les ouvertures de granges et flanquée d’un toile de tôle ondulée, montre encore une façade sud caractéristique du XVIIIe siècle avec ses linteaux de portes et fenêtres délardés. L’aile sud en revanche nous est parvenue dans son volume des XVIIIe et XIXe siècles, en dépit là aussi des nombreux remaniements et divisions. Se distinguant par un volume massif sous un vaste toit à quatre pans et la rigoureuse symétrie de sa façade principale, le bâtiment le plus intéressant se trouve à l’extrémité ouest de cette aile : il s’agit de la maison seigneuriale des moines, que l’on peut rapprocher de celle de Levécourt, toutefois un peu plus modeste. Cette bâtisse présente une élévation à deux niveaux, matérialisés par deux rangées de deux fenêtres couvertes de linteaux en arc délardés, de part et d’autre du portail central. À l’arrière (sud) et à l’est, la symétrie a cédé la place aux nécessités de l’organisation intérieure (ill. IVR21_20155200647NUCA). L’enclos au milieu duquel est situé cet ensemble est toujours perceptible : limité au sud par les bras du petit affluent du Flambart, où se situaient les étangs de la grange, il s’étendait au nord-ouest jusqu’au bosquet, qui a remplacé les jardins et verger qui existaient encore au XIXe siècle (AD52, 3 P 2/75-5, section A4, s.d. [XIXe s.]).

Murs grès moellon crépi
Toit tuile mécanique
Couvertures toit à deux pans croupe
toit à longs pans pignon découvert
(c) Région Grand Est - Inventaire général (c) Région Grand Est - Inventaire général - WISSENBERG Christophe
Christophe WISSENBERG

Christophe WISSENBERG


Cliquer pour effectuer une recherche sur cette personne.