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Haut fourneau, fonderie (fonderie d'ornement) Barbezat et Cie, puis S.A. des Hauts Fourneaux et Fonderies d'art du Val d'Osne, puis S.A. des Ets Métallurgiques A. Durenne et du Val d'Osne, puis Générale d'Hydraulique et de Mécanique

Dossier IA52070344 inclus dans Généralités réalisé en 1989

Fiche

  • Vue d'ensemble, vue nord-ouest
    Vue d'ensemble, vue nord-ouest
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  • Parties constituantes

    • bureau
    • pièce de stockage du combustible
    • atelier de fabrication
    • four industriel
    • magasin industriel
    • hangar industriel
    • conciergerie
    • logement de contremaître
    • cité ouvrière
    • logement patronal
    • école
    • chapelle
    • écurie

Dossiers de synthèse

Précision dénomination fonderie d'ornement
Appellations dit haut fourneau Barbezat et Cie, puis S.A. des Hauts Fourneaux et Fonderies d'art du Val d'Osne, puis S.A. des Ets Métallurgiques A. Durenne et du Val d'Osne, puis Générale d'Hydraulique et de Mécanique
Parties constituantes non étudiées bureau, pièce de stockage du combustible, atelier de fabrication, four industriel, magasin industriel, hangar industriel, conciergerie, logement de contremaître, cité ouvrière, logement patronal, école, chapelle, écurie
Dénominations haut fourneau, fonderie
Aire d'étude et canton Haute-Marne - Eurville-Bienville
Hydrographies Osne dérivation du ruisseau de l'
Adresse Commune : Osne-le-Val
Lieu-dit : Val-d'Osne
Cadastre : 1846 A 2623 à 2654 ; 1988 AB 14, 20, 26, 30, 32 à 89, 95

Jean-Pierre Victor André, régisseur des forges de Brousseval (IA52070417) et de Thonnance-lès-Joinville (IA52070285), fonde l'usine du Val d'Osne en 1836, à l'emplacement d'un ancien prieuré. La ciselerie râperie (atelier de modelage 7) avec cadran solaire porte la date de 1844. Gustave Barbezat rachète ce premier haut fourneau en 1855, et en construit un second l'année suivante. L'établissement est alors agrandi : démolition et reconstruction de logements d'ouvriers vers 1859, nouvel atelier édifié en 1862 (porte la date), magasin à modèles en 1863, logements d'ouvriers en 1866, moulin à noir et à sable en 1873, autre magasin à modèles en 1877 ; la base du premier haut fourneau est utilisé comme sablerie. En 1878, la Société anonyme des Hauts Fourneaux et Fonderies d'art du Val d'Osne remporte le grand prix de l'Exposition universelle de Paris. En 1931, l'établissement du Val d'Osne est racheté par la société Durenne de Sommevoire ; la raison sociale devient Société anonyme des établissements métallurgiques A. Durenne et du Val d'Osne (devenue G.H.M., Générale d'Hydraulique et de Mécanique, en 1971). Nouveaux logements d'ouvriers construits après 1945 et vers 1960. Cessation d'activité en juillet 1986. Production en 1837 : 900 tonnes de fonte ; spécialité depuis la création : fonte d'ornement ; en 1841 autorisation d'installer deux machines à vapeur ; cinq Wilkinson mentionnés en 1860 ; ateliers d'ajustage, de moulage et moulin à noir et à sable actionnés en 1895 par trois roues à augets de 2,50 m de diamètre. 1839 : 70 hommes et 25 enfants, 1849 : 169 personnes, 1883 : 253 personnes. Création d'une caisse de retraite vers 1892 ; existence d'une caisse de secours, d'une caisse de bienfaisance et d'une coopérative vers 1910 ; eau courante dans la cité ouvrière à partir de 1970 environ. Existence d'un fonds d'archives privées.

Période(s) Principale : 2e quart 19e siècle
Principale : 3e quart 19e siècle
Principale : 4e quart 19e siècle
Principale : 3e quart 20e siècle
Dates 1836, daté par source, daté par travaux historiques
1844, daté par source, daté par travaux historiques
1856, daté par source, daté par travaux historiques
1862, porte la date
1863, daté par source, daté par travaux historiques
1866, daté par source, daté par travaux historiques
1873, daté par source, daté par travaux historiques
1877, daté par source, daté par travaux historiques

Atelier (n° 1) en rez-de-chaussée ; logements d'ouvriers (n° 25 et 26) à 3 étages carrés. Plusieurs ensembles de construction sont trouvés rasés en 2013 (complément d'enquête).

Murs pierre
brique
ciment
bois
métal
brique creuse
enduit
moellon
pan de fer
parpaing de béton
Toit tuile mécanique, ciment amiante en couverture, verre en couverture
Étages 3 étages carrés
Couvrements charpente en bois apparente
charpente métallique apparente
Élévations extérieures élévation ordonnancée
Couvertures toit à longs pans
appentis
lanterneau
croupe
demi-croupe
Énergies énergie hydraulique
énergie thermique
énergie électrique
Typologies rectangulaire, oculus, arc segmentaire, arc plein-cintre
États conservations établissement industriel désaffecté
Statut de la propriété propriété privée
Intérêt de l'œuvre à signaler
Éléments remarquables machine de production

Annexes

  • HISTORIQUE

    1700 : Le prieuré du Val d'Osne prend le chemin de Charenton. Les bénédictines abandonnent un site qu'elles occupaient depuis 560 ans.

    1791 : Achat du prieuré par Louis Reynault le Jeune, René Guillemin, Claude Demogeot, Cyriaque Chutin et Joseph Chutin.

    1800 : Le curé d'Osnes, Le Gendre, cède le couvent à J.-B. Cyriaque Martin.

    1834 : Le 11 octobre, Jean-Pierre-Victor André acquiert le prieuré de Madame Pioult, veuve de Martin. La chapelle, le couvent, les cellules et le réfectoire n'existaient déjà plus. En 1834 sont démolis les logements des fermiers, les granges, les écuries, les pressoirs, les moulins et viviers. Le 20 octobre, J.-P.-V. André demande l'autorisation d'établir un haut-fourneau. J.-P.-V. André avait déjà dirigé les forges de Brousseval et de Thonnance-les-Joinville.

    25 août 1836 : J.-P.-V. André est autorisé à construire un haut-fourneau, un bocard à mine et un patouillet.

    1837 : Selon P. Béguinot, un cubilot vient compléter l'usine. La production, à cette date, est de 900 tonnes.

    1839 : L'usine comporte "un haut-fourneau, un four, un bocard et deux machines à vapeur". Elle occupe 70 hommes et 25 enfants.

    1841 : Autorisation préfectorale d'installer deux machines à vapeur et leur chaudière.

    1843 : J.-P.-V. André exploite un haut-fourneau, un tour, deux machines à vapeur. Il exploite 50 hommes et 25 enfants.

    1845 : Il y a, selon P. Béguinot, un deuxième cubilot et deux ateliers de moulage.

    1849 : L'usine emploie 269 personnes dont 73 hommes célibataires, 12 femmes célibataires, un veuf, 119 hommes mariés, 34 femmes mariées, 16 garçons et 13 filles de moins de 12 ans.

    14 mai 1851 : Décès de J.-P.-V. André.

    Mai 1855 : La veuve André cède à la société en commandite dite "Haut-Fourneau et fonderie du Val d'Osnes", sous la raison sociale "Barbezat et Cie" l'usine du Val d'Osne ainsi que le bocard de Chatonrupt, le bocard à mines de Maizières et un tiers du bocard de Thonnance-les-Joinville qu'elle détient avec De Bemges (?), maître de forges à Ecot.

    1856 : Barbezat "agrandit considérablement l'usine, ajoute un deuxième haut-fourneau". Barbezat est luthérien.

    23 novembre 1857 : Autorisation d'établir le deuxième haut-fourneau. Barbezat fait détruire d'anciens logements d'ouvriers vus cette époque et en fait reconstruire d'autres.

    1860 : L'usine comporte deux hauts-fourneaux à marchandises et cinq fonderies (ou wikinson).

    1862 : Un nouvel atelier est construit, sans doute au Sud-Est du Haut-Fourneau.

    1863 : Construction d'un magasin à modèles.

    1866 : Construction de logements d'ouvriers.

    1871 : Création de la S.A. des Haut-fourneaux du Val d'Osnes.

    1873 : La Val d'Osne achète la fonderie située dans le village d'Osne-le-Val.

    Sur le site du Val d'Osne est construit un moulin à sable et à noir pour fonderie.

    1877 : Construction d'un magasin à modèles.

    1880 : Destruction d'un magasin à modèles.

    1883 : Le Val d'Osnes emploie : pour les fontes moulées : 203 hommes, 13 femmes, 2 enfants de moins de 16 ans ; pour les objets en fonte malléable : 30 hommes, 3 femmes et 2 enfants.

    1892 : Charles Hannoteau dirige le Conseil d'administration. Il crée une caisse de retraite, alimentée uniquement des deniers de la société.

    1895 : Henri Hannoteau remplace son père. L'usine se compose d'ateliers d'ajustage et de modelage, d'un moulin à noir pour fonderies, d'un moulin à sable, d'une fonderie d'art avec ateliers de moulage et de divers magasins et logements comme dépendances. Les ateliers d'ajustage et de modelage sont actionnés par deux roues à augets indépendantes de 2,50 mètres de diamètre. Les moulins à noir et à sable sont aussi actionnés par une roue à augets identique aux précédentes.

    Vers 1910 : La Veuve Chatel est la petite nièce de J.-P.-V. André et était l'épouse du directeur et copropriétaire de l'usine de Bayard. Hyppolyte André, neveu de J.-P.-V. André, est devenu maître de forges à Cousances (Meuse) et est mort en 1891.

    L'usine comprend une caisse de secours alimentée en partie par l'usine, en partie par les ouvriers, une caisse de Bienfaisance alimentée exclusivement par les dons du personnel, et une coopérative fournissant les produits alimentaires.

    20e siècle : L'usine appartient depuis l'entre-deux-guerres à la "S.A. des Ets Métallurgiques A. Durenne et du Val d'Osnes", puis, plus récemment, à la "Générale d'Hydraulique et de Mécanique". Elle fait donc partie du même groupe que les usines de Sommevoire de Wassy (cf bordereaux correspondants).

    Juillet 1986 : Cessation d'activité.

  • Notice sur le Val d'Osne vers 1975 (source : G.H.M., Wassy)

    G.H.M. - USINE DU VAL D'OSNE

    Directeur Monsieur J. HABERT

    Pendant environ un siècle et jusqu'en 1940, cette usine était spécialisée dans la fonte d'ornement - statues, motifs divers tels que grilles de station de métro, vasques pour jardins. Elle a produit des monuments célèbres tels que :

    -Chevaux ailés du Pont Alexandre III à Paris (hauteur 5,50 m)

    -Monument des Girondins à Bordeaux

    -Monument Rochambeau (hauteur 3,20 m) pour l'Amérique

    -Monument Jacques Cartier (hauteur 2,60 m) pour Saint-Malo

    -Monument Marguerite d'Anjou (hauteur 3,20 m) Ville d'Angers

    -Monument Vasques de Londres (Fontaine géante)

    -Monument statues de Cascades du Trocadéro à Paris

    -Monument Vierge de Rome pour la République du Chili (hauteur 12 m).

    Cette activité a complètement disparu mais l'usine a gardé ce noyau de main-d'oeuvre très experte en fonderie et que l'on retrouve principalement à l'échelon Maitrise. De ce fait, l'usine a pu entreprendre des fabrications réputées difficiles, telles que les pièces pour l'automobile, les corps de pompes à volute de toute taille et les carcasses de moteurs électriques.

    L'Usine du Val d'Osne occupe actuellement 200 personnes, main-d'oeuvre presque exclusivement locale, produit 220 T de fonte brute et 130 T de fonte hydraulique sous forme d'appareils. Sa situation géographique est excellente, puisque située dans une vallée très industrielle, la vallée de la Marne. Ce type d'usines disséminées dans la nature et faisant partie d'une région industrielle sert d'exemple au Gouvernement actuel pour démontrer que la vie industrielle est possible tout en ménageant l'environnement.

    En ce qui concerne les productions, il faut retenir une grande caractéristique d'ensemble : la majorité des réalisations effectuées doit posséder une étanchéité parfaite. On distingue deux activités importantes :

    -le matériel hydraulique avec réalisation de robinets-vannes, ventouses de dégazage, bouches de lavage, matériel d'irrigation, etc.

    -les pièces en fonte dite ''Mécanique'' réparties en 4 spécialités qui sont les corps de pompe, les moteurs électriques anti-déflagrant, les pièces pour machines-outils et les fontes automobiles.

    Production 1974 :

    -Fonte : 3.750 T

    -Mécaniques (heures de) : 40.000 H.

Références documentaires

Documents d'archives
  • AN : F12 4711. Rapports des inspecteurs sur la loi de 1841. Ille-et-Vilaine à Mayenne. 1841-1866.

    Archives nationales : F12 4711
  • AD Haute-Marne : 167M 17. Statistique sommaire des industries principales. Salaires des ouvriers de la grande industrie.

    Archives départementales de la Haute-Marne, Chamarande-Choignes : 167M 17
  • AD Haute-Marne : 209M 10. Statistique industrielle. Renseignements. Correspondance. 1839-1848.

    Archives départementales de la Haute-Marne, Chamarande-Choignes : 209M 10
  • AD Haute-Marne : 226M 6. Etat des usines, manufactures, fabriques, etc., ainsi que du personnel employé. 1893.

    Archives départementales de la Haute-Marne, Chamarande-Choignes : 226M 6
  • AD Haute-Marne : 269M 2. Rapports sur la situation industrielle et commerciale de l'arrondissement de Wassy. 1831-1886.

    Archives départementales de la Haute-Marne, Chamarande-Choignes : 269M 2
  • AD Haute-Marne : 3P 2191 à 2197. Matrices cadastrales.

    Archives départementales de la Haute-Marne, Chamarande-Choignes : 3P 2191 à 2197
  • AD Haute-Marne : Série Q. Hypothèques. Vol. 134, art. 65 ; vol. 476, art. 6.

    Vol. 134, art. 65 ; vol. 476, art. 6 Archives départementales de la Haute-Marne, Chamarande-Choignes : Série Q
  • AD Haute-Marne : 31 Rev. 9. Annuaire. 1860.

    Archives départementales de la Haute-Marne, Chamarande-Choignes : 31 Rev. 9
  • AD Haute-Marne : 130S 163. Osne-le-Val. Moulins et usines.

    Archives départementales de la Haute-Marne, Chamarande-Choignes : 130S 163
  • AD Haute-Marne : 130S 169. Osne-le-Val. Moulins et usines.

    Archives départementales de la Haute-Marne, Chamarande-Choignes : 130S 169
  • Archives du Service des hypothèques de Saint-Dizier. Vol. 1583, art. 17.

    Vol. 1583, art. 17 Centre des finances publiques de Saint-Dizier
Bibliographie
  • BEGUINOT, Pierre. Une grande industrie haut-marnaise disparue : la production de la fonte et du fer. Chaumont, 1979. 293 [263] pages.

    p. 249-251
  • THIRY, Emmanuel. Pour un musée des modèles. In ASSOCIATION POUR LE PATRIMOINE INDUSTRIEL DE CHAMPAGNE-ARDENNE, DOREL-FERRE Gracia (dir.). Les arts du feu en Champagne-Ardenne et ailleurs : Actes du colloque international de l'APIC (Reims, décembre 2004). Reims : SCEREN-CRDP Champagne-Ardenne, 2008, p. 96-107.

    p. 99
Périodiques
  • MARECHA, Hubert (abbé). Notices sur Osnes le Val et le prieuré du Val d'Osne. Mémoires de la Société des Lettres, des Sciences, des Arts, de l'Agriculture et de l'Industrie de Saint-Dizier, t. XIII, années 1911-1912, p. 255-266.

    p. 255-266