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Église paroissiale Sainte-Madeleine

Jubé

Dossier IM10003817 réalisé en 2003

Fiche

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L'église paroissiale Sainte-Madeleine

Le jubé

La préservation d’un jubé à son emplacement d’origine est en soi exceptionnelle en France. Celui de Sainte-Madeleine est devenu en plus une œuvre emblématique du gothique flamboyant tant par son exubérance décorative que par la hardiesse de sa conception. Comme tous les jubés, il servait à la fois de clôture au chœur liturgique et de tribune de lecture des textes sacrés. A la Madeleine, il avait en plus une fonction musicale ainsi qu’en témoigne la pose d’un orgue d’accompagnement dès son achèvement. Sa construction par le maître-maçon Jehan Gailde commença probablement en 1510. La partie suspendue fut lancée en 1512 et dès le 23 décembre on utilisait le jubé bien que les garde-corps ne fussent posés que l’année suivante. On monta l’escalier en 1514-1515 et le menuisier Pierre Foucault obtint, en octobre 1516, le marché de la clôture en bois sculpté dont le dessin donné était probablement de Gailde.

Construit en pierre de Tonnerre, le jubé est assis sur deux massifs enserrant les piliers d’entrée du chœur. La tribune à trois travées est entièrement suspendue entre les deux supports. Le maitre d’œuvre a joué de l’effet prodigieux produit par un tel agencement, en accrochant des supports à statue sur le vide, au lieu du pilier attendu, et en installant trois voûtes pourvues d’importantes clefs pendantes. Seule la clef centrale est creuse, les deux autres sont pleines et s’appuient sur une grosse console couverte d’ornements, masques des départs de l’arc portant toute la structure. On sait également, par les comptes, que le fer fut utilisé en grande quantité, de « gros barreaux » pour renforcer l’ensemble et de « petitz fiches » pour soutenir les ornements. L’accès à l’escalier se fait depuis le chœur : le vantail de la porte, datant du XVIIIe siècle et orné d’un médaillon, est visible à droite de l’image. De là il s’enroule en courbe élégante autour d’un noyau établie dans une grande arcade et se termine en volée droite vers la plate-forme.

Les statues ont disparu à la Révolution, mais une gravure du XVIIIe siècle conserve l’image de celles faisant face à la nef. Les quatre grands dais abritaient de gauche à droite : un saint en armure, saint Jean-Baptiste, un Christ souffrant et un saint évêque. Sur le garde-corps figuraient la Vierge et saint Jean l’Évangéliste au-dessus des dais centraux, puis deux anges portant des instruments de la Passion en amortissement des pinacles des gables (à la place des deux statues actuelles placées après la Révolution). Les gables au-dessous contiennent des reliefs figurant le Christ au centre s’adressant à des personnages regroupés par deux dans les travées latérales. Datés de 1513, ils constituent les seules œuvres certaines de Nicolas Halins, sculpteur alors réputé. Les visages ont été refaits mais les drapés marqués par de brusques creusements attestent encore de son art. Les massifs latéraux du jubé forment retable à deux autels, dont les tables ont disparu, dédiés à saint Antoine à gauche et à sainte Anne à droite. Les montants inférieurs sont ornés de candélabres Renaissance, en écho à la clôture placée dans le prolongement (aujourd’hui au musée de Vauluisant) qui présente un semblable mélange de décor flamboyant et Renaissance. Dernière partie réalisée (1516), elle témoigne ainsi de l’évolution stylistique de l’œuvre.

Dénominations jubé
Numérotation artificielle 57
Aire d'étude et canton Aube - Troyes 1
Adresse Commune : Troyes
Adresse : rue de la Madeleine

Attribué à Jean Gailde et ses collaborateurs : Huguenin Bailly, Martin de Vaulx, Nicolas Havelin et Simon Mauroy. Commandé par les marguilliers vers 1503-1505. Travaux commencés en 1508, achevés le jour de Noël 1517. Deux vantaux en bois de l'ancienne clôture ont été déposés au musée de Vauluisant de Troyes.

Période(s) Principale : 16e siècle
Auteur(s) Auteur : Gailde Jean, sculpteur, (?)
Catégories taille de pierre, sculpture
Matériaux calcaire, peint, polychrome
Précision dimensions

h = 760 ; la = 1230 ; pr = 345.

États conservations traces de peinture
altération de l'épaisseur de la matière
Précision état de conservation

Agrafes rouillées sur la balustrade.

Pas de photographie ancienne dans le fonds CAOA.

Statut de la propriété propriété de la commune
Intérêt de l'œuvre À signaler
Protections classé au titre immeuble, 1840

Références documentaires

Bibliographie
  • DUCOURET, Bernard, BOUDON-MACHUEL, Marion, MINOIS, Danielle et al. Les églises de Troyes. Cathédrale, collégiales et églises paroissiales. Châlons-en-Champagne : Région Champagne-Ardenne (Inventaire général) ; Lyon : Lieux Dits, 2013 (Images du patrimoine ; 279).

    p. 98-99