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Le Cellier de Bar, ancien cellier de Clairvaux

Dossier IA10001327 réalisé en 2015

Fiche

Malgré sa proximité (12 km), Clairvaux ne semble pas avoir pris pied à Bar-sur-Aube avant la fin du XIIe siècle (cf. carte du temporel ill. IVR21_20151000530NUCA). Alors que la maison de Dijon, Chapitre Général oblige, est déjà clairement citée en 1197 dans la bulle confirmative de Célestin III —Clairvaux est implantée dans la capitale ducale depuis 1189-90 (Richard, 1990, Chauvin, MCACO XLI, 2005-11)— la future maison-refuge de Bar ne transparaît qu’à travers la formule vague de ”possessiones quas habebis ex dono fratrum de Domo Dei Barrensis”. Il s’agit là néanmoins de la donation principale à partir de laquelle l’abbaye va durablement s’installer dans la ville où fut relevée près d’un siècle plus tôt (en 1114) la première mention d’une foire internationale, prémices aux fameuses foires de Champagne (Guilbert, 1990). Cette acquisition s’inscrit dans un cadre plus large d’implantation dans les villes à des fins d’intégration aux circuits économiques et financiers notamment. Dès l’année suivante (1198) sont aussi signalées des maisons à Neufchâteau, Châlons, Provins et Troyes. Si la première est un bel exemple de relais stratégique sur la route des salines lorraines (Marsal), les deux dernières, comme Bar, sont clairement à mettre en relation avec les foires de Champagne qui sont en plein essor et qui font alors de la Champagne le centre de l’économie-monde (F. Braudel). Les fonctions de cette maison, située au chevet de l’église Saint-Pierre et nommée par ailleurs Petit-Clairvaux, ont été multiples. Bar étant une ville close comtale, Clairvaux en fit son refuge le plus proche. Il fut à ce titre très utilisé au XIVe siècle (Roger, 1987). Cadre des deux foires annuelles, L’abbaye tira parti rapidement du contexte commercial suivant lequel deux foires se tenaient dans chacune des trois villes, occasionnant un flux ininterrompu de transactions. Dans ce cadre, la maison de Bar cumula les fonctions de relais commercial, de stockage des denrées et de centre d’affaires. On n’oublie pas non plus que Clairvaux reçut à Bar un certain nombre de terres et surtout de vignes et que leur exploitation en dépendait, qui lui faisait accessoirement tenir le rôle de grange et/ou de cellier. La poursuite des donations ajoutée aux investissements ultérieurs de l’abbaye firent d’elle un gros propriétaire foncier : d’une maison avec chapelle, le Petit-Clairvaux devint un pâté de maisons (ill. IVR21_20151000007NUCA). Bien que l’étage ait été remanié en 1850 (Roserot, Dict. hist. Champ. mérid., p. 105), l’immeuble a conservé son cellier datable de la fin du XIIe siècle (en tant qu’ancienne bâtisse de la Maison-Dieu) ou du début du XIIIe (en tant que construction claravallienne) (ill. IVR21_20151000551NUCA et IVR21_20151000552NUCA). Cette salle de deux vaisseaux pour trois travées reste un bel exemple d’austérité architecturale, que confèrent notamment les massives ogives de section carrée retombant sur des piliers octogonaux. Chapiteaux et culots sont dépourvus de tout décor, à l’exception de quelques moulurations. À l’arrière, l’accès de plain-pied à l’étage ouvre sur la salle du pressoir couvert d’une belle charpente carénée (ill. IVR21_20151000553NUCA). Quelques unes des baies l’éclairant présentent des éléments médiévaux tels que linteaux en accolade ou baies géminées (état d’origine ?). L'îlot urbain, qui était clos de murs, était accessible par l’arrière où, à côté de la porte ouverte à l’époque moderne, subsiste, muré, l’arc brisé d’une ancienne porte charretière (ill. IVR21_20151000554NUCA).

Genre de cisterciens
Appellations le Cellier, le Petit-Clairvaux
Destinations cellier, maison, restaurant
Parties constituantes non étudiées restaurant
Dénominations cellier, grange monastique
Aire d'étude et canton Bar-sur-Aube
Adresse Commune : Bar-sur-Aube
Adresse : 13B rue Général Vouillemont
Cadastre : 2016 AK 284 + 476

Malgré sa proximité (12 km), Clairvaux ne semble pas avoir pris pied à Bar-sur-Aube avant la fin du XIIe siècle (cf. carte du temporel ill. IVR21_20151000530NUCA). Alors que la maison de Dijon, Chapitre Général oblige, est déjà clairement citée en 1197 dans la bulle confirmative de Célestin III —Clairvaux est implantée dans la capitale ducale depuis 1189-90 (Richard, 1990, Chauvin, MCACO XLI, 2005-11)— la future maison-refuge de Bar ne transparaît qu’à travers la formule vague de ”possessiones quas habebis ex dono fratrum de Domo Dei Barrensis”. Il s’agit là néanmoins de la donation principale à partir de laquelle l’abbaye va durablement s’installer dans la ville où fut relevée près d’un siècle plus tôt (en 1114) la première mention d’une foire internationale, prémices aux fameuses foires de Champagne (Guilbert, 1990). Cette acquisition s’inscrit dans un cadre plus large d’implantation dans les villes à des fins d’intégration aux circuits économiques et financiers notamment. Dès l’année suivante (1198) sont aussi signalées des maisons à Neufchâteau, Châlons, Provins et Troyes. Si la première est un bel exemple de relais stratégique sur la route des salines lorraines (Marsal), les deux dernières, comme Bar, sont clairement à mettre en relation avec les foires de Champagne qui sont en plein essor et qui font alors de la Champagne le centre de l’économie-monde (F. Braudel). Les fonctions de cette maison, située au chevet de l’église Saint-Pierre et nommée par ailleurs Petit-Clairvaux, ont été multiples. Bar étant une ville close comtale, Clairvaux en fit son refuge le plus proche. Il fut à ce titre très utilisé au XIVe siècle (Roger, 1987). Cadre des deux foires annuelles, L’abbaye tira parti rapidement du contexte commercial suivant lequel deux foires se tenaient dans chacune des trois villes, occasionnant un flux ininterrompu de transactions. Dans ce cadre, la maison de Bar cumula les fonctions de relais commercial, de stockage des denrées et de centre d’affaires. On n’oublie pas non plus que Clairvaux reçut à Bar un certain nombre de terres et surtout de vignes et que leur exploitation en dépendait, qui lui faisait accessoirement tenir le rôle de grange et/ou de cellier. La poursuite des donations ajoutée aux investissements ultérieurs de l’abbaye firent d’elle un gros propriétaire foncier : d’une maison avec chapelle, le Petit-Clairvaux devint un pâté de maisons (ill. IVR21_20151000007NUCA).

Période(s) Principale : 13e siècle, 18e siècle

Bien que l’étage ait été remanié en 1850 (Roserot, Dict. hist. Champ. mérid., p. 105), l’immeuble a conservé son cellier datable de la fin du XIIe siècle (en tant qu’ancienne bâtisse de la Maison-Dieu) ou du début du XIIIe (en tant que construction claravallienne) (ill. IVR21_20151000551NUCA et IVR21_20151000552NUCA). Cette salle de deux vaisseaux pour trois travées reste un bel exemple d’austérité architecturale, que confèrent notamment les massives ogives de section carrée retombant sur des piliers octogonaux. Chapiteaux et culots sont dépourvus de tout décor, à l’exception de quelques moulurations. À l’arrière, l’accès de plain-pied à l’étage ouvre sur la salle du pressoir couvert d’une belle charpente carénée (ill. IVR21_20151000553NUCA). Quelques unes des baies l’éclairant présentent des éléments médiévaux tels que linteaux en accolade ou baies géminées (état d’origine ?). L'îlot urbain, qui était clos de murs, était accessible par l’arrière où, à côté de la porte ouverte à l’époque moderne, subsiste, muré, l’arc brisé d’une ancienne porte charretière (ill. IVR21_20151000554NUCA).

Murs calcaire moellon crépi
Toit tuile plate, tuile mécanique
Étages étage de soubassement, rez-de-chaussée surélevé
Couvrements voûte en berceau plein-cintre
charpente en bois apparente
Couvertures toit en bâtière
(c) Région Grand Est - Inventaire général (c) Région Grand Est - Inventaire général - WISSENBERG Christophe
Christophe WISSENBERG

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