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Le Champ-Rotard, ancienne grange de Vaux-la-Douce

Dossier IA52001025 réalisé en 2015

Fiche

Périphérique, le Champ-Rotard occupe une excroissance de l’ancien territoire abbatial, enclavée dans les paroisses riveraines de Guyonvelle et de Velles. Cette configuration originale trahit son ancienne appartenance à la seigneurie voisine de Laferté-Guyonvelle. L’étroite concordance entre son périmètre et l’actuelle limite communale autorise à penser que la morphologie spatiale médiévale de ce petit territoire d’une vingtaine d’hectares n’a vraisemblablement pas varié. Il est mentionné pour la première fois en 1172 (AD52, F590, pancarte de l’évêque de Langres, Gautier), dès le début de l’abbaye donc, dans la délimitation de biens concédés, date à laquelle il était sans doute déjà exploité comme le suggère l’étymologie de son nom. Ce Campus Rotart (Campus Rotardi en 1276, AD52, 30H1) pourrait être la terre d’un premier paysan qui lui aurait laissé son patronyme, Rotard, ou une forme toponymique germanique dérivée de Rott / Rode signifiant essart, comme l’évoque le lieu. L’emprise de la clairière, tirée au cordeau dans la forêt, est assez saisissante (ill. IVR21_20155200677NUCA). Au moment où Gautier de Laferté (maison de Vignory) concède des droits étendus en ce lieu, en reconnaissance de l’inhumation de son épouse au monastère, le Champ-Rotard n'est encore qu'une clairière semble-t-il (1284). Les clauses de cette concession indiquent clairement que Vaux-la-Douce a d'ores et déjà prévu d'y construire une bergerie et une grange, comprises chacune dans un pourpris, l'ensemble délimité par une clausura (fossé/talus, haie ?) dont les termes correspondent trait pour trait au périmètre actuel. Outre l'importante question du pâturage des animaux qui y seront hébergés, les droits afférents concernent principalement tant la possibilité d'y édifier des maisons, sans y fonder une ville neuve pour autant, que d'en laisser l'exploitation à des séculiers (métayage). En cette fin de XIIIe siècle, les moines paraissent déjà confrontés à une probable pénurie de convers, dont on ne sait s’ils étaient encore présents en cette fin de XIIIe siècle. Les laïcs en revanche, déjà groupés autour de l’abbaye —héritage de la période canoniale— durent être logiquement sollicités. Cet acte témoigne de la seule véritable extension du domaine abbatial primitif de Vaux-la-Douce car son temporel n’a bénéficié d’aucune autre libéralité de cette importance par la suite (Wissenberg, 2012).

L’organisation de la clairière est exemplaire. L’espace agraire est divisé en deux parties distinctes : le plateau, légèrement incliné pour favoriser le drainage naturel du sol gréseux, privilégie les cultures, tandis que le versant, pentu et humide, est dédié aux pâtures ainsi qu’à la vigne et au verger dans sa partie sommitale. Entre les deux se dessine une corniche ayant occasionné l’ouverture d’une carrière de pierre à bâtir (grès), sur laquelle est logiquement bâtie la ferme, qui a trouvé à la lisière du bois l’abri nécessaire et le niveau de sources qui l’alimente encore aujourd’hui. En d’autres termes, l’espace agraire se fonde ici sur la complémentarité plateau-versant, dans un environnement forestier, associant traditionnellement cultures et élevage, ce qui a de tout temps pleinement assuré la polyvalence du site. La ferme actuelle ne compte plus aucun élément ancien, même pas moderne (ill. IVR21_20155200428NUCA). En dehors d’une annexe en brique du XXe siècle (sur vestiges plus anciens, notamment la saillie en grès d’un four à pain, du XIXe s. ?) et d’une extension en structure métallique des années 1980, la ferme est constituée d’un seul bâtiment massif au toit en demi croupe, abritant logement au pignon ouest, étable et grange en façade nord. Les éléments architecturaux ne permettent de la faire remonter qu’au XIXe siècle, tout au plus.

Bien que tardif et d’origine laïque mais construit et structuré par les moines, le Champ-Rotard est un exemple de petit domaine cistercien sans doute assez représentatif de bon nombre de granges dépendant d’abbayes modestes.

Genre de cisterciens
Appellations Le Champ-Rotard, la Grange Rotard, Charrotard
Destinations grange monastique, ferme
Parties constituantes non étudiées ferme
Dénominations grange monastique
Aire d'étude et canton Laferté-sur-Amance
Adresse Commune : Voisey
Lieu-dit : Ferme du Champ-Rotard Vaux-la-Douce
Adresse :
Cadastre : 2000 508A5 489

Périphérique, le Champ-Rotard occupe une excroissance de l’ancien territoire abbatial, enclavée dans les paroisses riveraines de Guyonvelle et de Velles. Cette configuration originale trahit son ancienne appartenance à la seigneurie voisine de Laferté-Guyonvelle. L’étroite concordance entre son périmètre et l’actuelle limite communale autorise à penser que la morphologie spatiale médiévale de ce petit territoire d’une vingtaine d’hectares n’a vraisemblablement pas varié. Il est mentionné pour la première fois en 1172 (AD52, F590, pancarte de l’évêque de Langres, Gautier), dès le début de l’abbaye donc, dans la délimitation de biens concédés, date à laquelle il était sans doute déjà exploité comme le suggère l’étymologie de son nom. Ce Campus Rotart (Campus Rotardi en 1276, AD52, 30H1) pourrait être la terre d’un premier paysan qui lui aurait laissé son patronyme, Rotard, ou une forme toponymique germanique dérivée de Rott / Rode signifiant essart, comme l’évoque le lieu. L’emprise de la clairière, tirée au cordeau dans la forêt, est assez saisissante (ill. IVR21_20155200677NUCA). Au moment où Gautier de Laferté (maison de Vignory) concède des droits étendus en ce lieu, en reconnaissance de l’inhumation de son épouse au monastère, le Champ-Rotard n'est encore qu'une clairière semble-t-il (1284). Les clauses de cette concession indiquent clairement que Vaux-la-Douce a d'ores et déjà prévu d'y construire une bergerie et une grange, comprises chacune dans un pourpris, l'ensemble délimité par une clausura (fossé/talus, haie ?) dont les termes correspondent trait pour trait au périmètre actuel. Outre l'importante question du pâturage des animaux qui y seront hébergés, les droits afférents concernent principalement tant la possibilité d'y édifier des maisons, sans y fonder une ville neuve pour autant, que d'en laisser l'exploitation à des séculiers (métayage). En cette fin de XIIIe siècle, les moines paraissent déjà confrontés à une probable pénurie de convers, dont on ne sait s’ils étaient encore présents en cette fin de XIIIe siècle. Les laïcs en revanche, déjà groupés autour de l’abbaye —héritage de la période canoniale— durent être logiquement sollicités. Cet acte témoigne de la seule véritable extension du domaine abbatial primitif de Vaux-la-Douce car son temporel n’a bénéficié d’aucune autre libéralité de cette importance par la suite (Wissenberg, 2012).

Bien que tardif et d’origine laïque mais construit et structuré par les moines, le Champ-Rotard est un exemple de petit domaine cistercien sans doute assez représentatif de bon nombre de granges dépendant d’abbayes modestes.

Période(s) Principale : 20e siècle , (?)

L’organisation de la clairière est exemplaire. L’espace agraire est divisé en deux parties distinctes : le plateau, légèrement incliné pour favoriser le drainage naturel du sol gréseux, privilégie les cultures, tandis que le versant, pentu et humide, est dédié aux pâtures ainsi qu’à la vigne et au verger dans sa partie sommitale. Entre les deux se dessine une corniche ayant occasionné l’ouverture d’une carrière de pierre à bâtir (grès), sur laquelle est logiquement bâtie la ferme, qui a trouvé à la lisière du bois l’abri nécessaire et le niveau de sources qui l’alimente encore aujourd’hui. En d’autres termes, l’espace agraire se fonde ici sur la complémentarité plateau-versant, dans un environnement forestier, associant traditionnellement cultures et élevage, ce qui a de tout temps pleinement assuré la polyvalence du site. La ferme actuelle ne compte plus aucun élément ancien, même pas moderne (ill. IVR21_20155200428NUCA). En dehors d’une annexe en brique du XXe siècle (sur vestiges plus anciens, notamment la saillie en grès d’un four à pain, du XIXe s. ?) et d’une extension en structure métallique des années 1980, la ferme est constituée d’un seul bâtiment massif au toit en demi croupe, abritant logement au pignon ouest, étable et grange en façade nord. Les éléments architecturaux ne permettent de la faire remonter qu’au XIXe siècle, tout au plus.

Bien que tardif et d’origine laïque mais construit et structuré par les moines, le Champ-Rotard est un exemple de petit domaine cistercien sans doute assez représentatif de bon nombre de granges dépendant d’abbayes modestes.

Murs grès moellon
Toit tuile mécanique
Plans plan rectangulaire régulier
Couvertures toit à deux pans demi-croupe
(c) Région Grand Est - Inventaire général (c) Région Grand Est - Inventaire général - WISSENBERG Christophe
Christophe WISSENBERG

Christophe WISSENBERG


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