Logo =Inventaire Général du Patrimoine Culturel - Retour à l'accueil

Le Chardonnet : ancienne grange de l'Arrivour

Dossier IA10001304 réalisé en 2015

Fiche

Bien que nommé au titre du 8e chapitre du cartulaire de l'Arrivour — titre partagé avec Vau-Seurey et le Rhuez (AD10, 4H1, f°60v-72v) —, le Chardonnet (de Cardineti, corrompu en l'actuel et mal inspiré "Chardonneret") se distingue surtout par sa discrétion archivistique (10-com. Rouilly-Sacey). Dans ce chapitre en effet, un seul acte le concerne véritablement (acte XL, f°69v-70r, 1208), par lequel les chanoines réguliers de Saint-Martin-ès-Aires de Troyes (par leur prieuré-cure de Dosches) renoncent à leurs droits d'usage dans le bois du Chardonnet au profit de l'Arrivour. De même, la mention la plus ancienne du Chardonnet, datable d'avant 1158 selon A. Roserot et que l'on trouve parmi les 3 actes de la pancarte épiscopale d'Henri de Carinthie ("de Cardineto" au chapitre "Champigny"), ne renvoie pas à autre chose qu'une forêt et ce, jusque vers 1230. A. Roserot, à défaut de trace écrite probante, en a donc conclu que la grange ne pouvait guère remonter avant la fin du XIIIe siècle, voire même plus tard puisqu'il n'a rencontré aucune mention de bâti avant 1345 ("maison de Chardonnai", d'ap. AD10, 4H5). À s'en tenir là, on ne rangerait ce domaine parmi les granges de l'Arrivour qu'au bénéfice du doute.

Et pourtant, cartulaire à l'appui, la place du Chardonnet au même rang que Vau-Seurey et le Rhuez n'est pas fortuite car elle trahit non seulement le dessein des moines d'en faire le siège d'une nouvelle exploitation mais aussi et surtout l'affirmation de son statut de grange. A. Roserot a bien noté que les moines avaient préparé l'assise foncière et juridique du lieu sur la base des actes précités, mais les deux mentions suivantes lui avaient en revanche échappé. Si la bulle du pape Innocent III, premier acte du cartulaire et datable des années 1208-1212 (abbatiat d'Hugues de Nesle), livre d'emblée "grangia Chardineti" dans la liste confirmative des biens de l'Arrivour (Acte I, f°1r), c'est toutefois dans la pancarte du chapitre Champigny qu'il faut aller en chercher la mention la plus ancienne : "grangiam que vocatur Cardenoi" (f°78v) que l'on peut faire remonter aux premières décennies de l'abbaye (1146-68). Le Chardonnet doit donc être pleinement reconsidérée comme une grange à part entière.

Comme tant d'autres granges, le Chardonnet est aliéné dès 1575 et devient dès lors une seigneurie laïque. Les moines rachèteront leur ancien domaine en 1704 et le conserveront au sein de la mense conventuelle jusqu'à la Révolution, avant d'être vendu comme Bien National de première origine.

La vocation agro-sylvo-pastorale du Chardonnet est à rapprocher de celle de Champigny-Nuisement (cf. carte du temporel, IVR21_20151000503 et dossier IA10001303).

La ferme actuelle se compose de 2 bâtiments principaux, parallèles et localisés au centre de leur clairière ancienne, vraisemblable vestige de défrichement médiéval. Autrefois, d'autres bâtiments complétaient cette organisation comme le montre le plan des bois de l'Arrivour, datable du XVIIIe siècle (cf. IVR21_20151000515). On notera que, même si la représentation du bâti en élévation est stéréotypée, l'arpenteur a pris soin de suggérer le pan de bois. On retrouve là, comme souvent en pareil cas, une aile de logis faisant face à la grande grange. Le pan de bois y domine sous un vaste toit à croupes, dont le versant a été prolongé d’une travée et doté d’un avant-corps perpendiculaire abritant l’ancienne porte à proximité du pignon ouest.

Genre de cisterciens
Destinations grange monastique, ferme
Dénominations grange monastique
Aire d'étude et canton Piney
Adresse Commune : Rouilly-Sacey
Lieu-dit : Le Chardonneret
Cadastre : 1995 D1 9-10-11-13-38

Bien que nommé au titre du 8e chapitre du cartulaire de l'Arrivour — titre partagé avec Vau-Seurey et le Rhuez (AD10, 4H1, f°60v-72v) —, le Chardonnet (de Cardineti, corrompu en l'actuel et mal inspiré "Chardonneret") se distingue surtout par sa discrétion archivistique. Dans ce chapitre en effet, un seul acte le concerne véritablement (acte XL, f°69v-70r, 1208), par lequel les chanoines réguliers de Saint-Martin-ès-Aires de Troyes (par leur prieuré-cure de Dosches) renoncent à leurs droits d'usage dans le bois du Chardonnet au profit de l'Arrivour. De même, la mention la plus ancienne du Chardonnet, datable d'avant 1158 selon A. Roserot et que l'on trouve parmi les 3 actes de la pancarte épiscopale d'Henri de Carinthie ("de Cardineto" au chapitre "Champigny"), ne renvoie pas à autre chose qu'une forêt et ce, jusque vers 1230. A. Roserot, à défaut de trace écrite probante, en a donc conclu que la grange ne pouvait guère remonter avant la fin du XIIIe siècle, voire même plus tard puisqu'il n'a rencontré aucune mention de bâti avant 1345 ("maison de Chardonnai", d'ap. AD10, 4H5). À s'en tenir là, on ne rangerait ce domaine parmi les granges de l'Arrivour qu'au bénéfice du doute.

Et pourtant, cartulaire à l'appui, la place du Chardonnet au même rang que Vau-Seurey et le Rhuez n'est pas fortuite car elle trahit non seulement le dessein des moines d'en faire le siège d'une nouvelle exploitation mais aussi et surtout l'affirmation de son statut de grange. A. Roserot a bien noté que les moines avaient préparé l'assise foncière et juridique du lieu sur la base des actes précités, mais les deux mentions suivantes lui avaient en revanche échappé. Si la bulle du pape Innocent III, premier acte du cartulaire et datable des années 1208-1212 (abbatiat d'Hugues de Nesle), livre d'emblée "grangia Chardineti" dans la liste confirmative des biens de l'Arrivour (Acte I, f°1r), c'est toutefois dans la pancarte du chapitre Champigny qu'il faut aller en chercher la mention la plus ancienne : "grangiam que vocatur Cardenoi" (f°78v) que l'on peut faire remonter aux premières décennies de l'abbaye (1146-68). Le Chardonnet doit donc être pleinement reconsidérée comme une grange à part entière.

Comme tant d'autres granges, le Chardonnet est aliéné dès 1575 et devient dès lors une seigneurie laïque. Les moines rachèteront leur ancien domaine en 1704 et le conserveront au sein de la mense conventuelle jusqu'à la Révolution, avant d'être vendu comme Bien National de première origine.

La vocation agro-sylvo-pastorale du Chardonnet est à rapprocher de celle de Champigny-Nuisement (cf. carte du temporel, IVR21_20151000503 et dossier IA10001303).

La ferme actuelle se compose de 2 bâtiments principaux, parallèles et localisés au centre de leur clairière ancienne, vraisemblable vestige de défrichement médiéval. Autrefois, d'autres bâtiments complétaient cette organisation comme le montre le plan des bois de l'Arrivour, datable du XVIIIe siècle (cf. IVR21_20151000515). On notera que, même si la représentation du bâti en élévation est stéréotypée, l'arpenteur a pris soin de suggérer le pan de bois.

à compléter avec photos aériennes (en attente)

Période(s) Principale : 18e siècle, 19e siècle , (?)

La ferme actuelle se compose de 2 bâtiments principaux, parallèles et localisés au centre de leur clairière ancienne, vraisemblable vestige de défrichement médiéval. Autrefois, d'autres bâtiments complétaient cette organisation comme le montre le plan des bois de l'Arrivour, datable du XVIIIe siècle (cf. IVR21_20151000515). On notera que, même si la représentation du bâti en élévation est stéréotypée, l'arpenteur a pris soin de suggérer le pan de bois. On retrouve là, comme souvent en pareil cas, une aile de logis faisant face à la grande grange. Le pan de bois y domine sous un vaste toit à croupes, dont le versant a été prolongé d’une travée et doté d’un avant-corps perpendiculaire abritant l’ancienne porte à proximité du pignon ouest.

Murs bois pan de bois
Toit tuile plate
Couvertures toit à longs pans croupe
(c) Région Grand Est - Inventaire général (c) Région Grand Est - Inventaire général - WISSENBERG Christophe
Christophe WISSENBERG

Christophe WISSENBERG


Cliquer pour effectuer une recherche sur cette personne.