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Le Mesnil, ancienne grange de Chéhéry

Dossier IA08002528 réalisé en 2015

Fiche

La grange du Mesnil (08- Châtel-Chéhéry) est un peu moins mal connue que les autres granges de Chéhéry. Par une charte datée du 24 juin 1276 produite dans le cadre d’une requête en justice, Guillaume, abbé de Chéhéry, rappelle que Pierre, abbé de Saint-Remi de Reims, et son chapitre ont concédé aux cisterciens tout ce que leur prieuré Saint-Thomas de Vienne-la-Ville (51) possédait au territoire d’Apremont, moyennant 4,5 setiers de froment par an. D’après les limites et bornes énoncées et en grande partie restituables, cette donation était considérable car le territoire concerné, composé de terres, prés et surtout de bois (2000 arpents environ en forêt d’Argonne), s’étirait sur 7 km environ de l’Aire (Apremont) jusqu’à l’Aisne, aux abords de Binarville (51) et Condé-lès-Autry (08) par la vallée des Bièvres (cf. carte du temporel ill. IVR21_20150800555NUCA). J. Jailliot a évalué cet espace à plus de 2500 ha (”Recherches sur l’abbaye de Chéhéry”, Revue d’Ardenne et d’Argonne, 1896, p.16), ce qui semble excessif. Le Mesnil est alors mentionné comme territoire au même titre qu’Apremont sans qu’il soit possible d’affirmer si le lieu était déjà bâti ou non : « in territorio de Asperomonte et dou Mesnil in terris, pratis, silvis, pascuis, aquis » (Jailliot, op. cit., P.J. n°XIII, p. 45-46, d’après l’original, BM Reims). À quand remontait cette donation ? Quatre abbés du nom de Pierre se sont succédé à la tête de Saint-Remi de Reims aux XIIe et XIIIe siècles. Aussi, en raison des liens étroits qu'il avait entretenu avec les cisterciens en général et saint Bernard en particulier, il est permis de penser qu’il s’agissait de Pierre de Celle, qui fut abbé de 1162 à 1181. Auquel cas, l’intégration du Mesnil remonterait donc environ à la fin du 3e tiers du XIIe siècle, soit une période de croissance temporelle de la jeune abbaye de Chéhéry. Cette donation fut sans doute approuvée par le comte de Grandpré, gardien de l’abbaye et par ailleurs seigneur d’Apremont, ce qui n’empêcha pas plusieurs conflits par la suite avec le curé de Montblainville (55) au sujet des dîmes novales, avec la communauté villageoise de Fléville (08) au sujet de droits de pâturages non autorisés, ce qui entraîna des violences envers l’abbaye et ses moines en 1326, puis encore avec les habitants d’Apremont (XVIe s.). Les longues périodes de troubles profitèrent aux seigneurs locaux qui s’arrogèrent diverses parts de cet héritage, si bien que la propriété fut progressivement abandonnée dès le XVIe siècle : de fait en 1742, il ne restait plus que la grange du Mesnil, avec ses terres et le bois de Taille l’Abbé qui la domine au sud (Jailliot, p. 210). Après la guerre de Cent Ans, Chéhéry avait démembré ce territoire pour créer la métairie de Merdusson : cette dernière est citée en 1581 comme ayant existé jadis, avec 40 arpents de terres et ses étangs ; son existence fut assez courte. En dépit des amputations subies dans cet espace forestier que la grange devait gérer, le Mesnil est restée une grange importante ; en témoignent les 3396 £ qu’elle rapportait en 1791, revenu le plus élevé après celui des Granges qui comptaient néanmoins deux fermes. Les bâtiments qui composaient la ferme au début du XIXe siècle (cour fermée, cadastre de 1826, section E1) ont été détruits lors de la Grande Guerre comme celle des Granges. Les bâtiments actuels, édifiés lors de la Reconstruction, reproduisent plus ou moins le plan précédent, l’aile sud en moins (ill. IVR21_20150800032NUCA).

Genre de cisterciens
Destinations grange monastique, ferme
Parties constituantes non étudiées ferme
Dénominations grange monastique
Aire d'étude et canton Grandpré
Adresse Commune : Chatel-Chéhéry
Lieu-dit : Ferme du Ménil
Adresse : D 42
Cadastre : 1997 AH 47-48

La grange du Mesnil (08- Châtel-Chéhéry) est un peu moins mal connue que les autres granges de Chéhéry. Par une charte datée du 24 juin 1276 produite dans le cadre d’une requête en justice, Guillaume, abbé de Chéhéry, rappelle que Pierre, abbé de Saint-Remi de Reims, et son chapitre ont concédé aux cisterciens tout ce que leur prieuré Saint-Thomas de Vienne-la-Ville (51) possédait au territoire d’Apremont, moyennant 4,5 setiers de froment par an. D’après les limites et bornes énoncées et en grande partie restituables, cette donation était considérable car le territoire concerné, composé de terres, prés et surtout de bois (2000 arpents environ en forêt d’Argonne), s’étirait sur 7 km environ de l’Aire (Apremont) jusqu’à l’Aisne, aux abords de Binarville (51) et Condé-lès-Autry (08) par la vallée des Bièvres (cf. carte du temporel ill. IVR21_20150800555NUCA). J. Jailliot a évalué cet espace à plus de 2500 ha (”Recherches sur l’abbaye de Chéhéry”, Revue d’Ardenne et d’Argonne, 1896, p.16), ce qui semble excessif. Le Mesnil est alors mentionné comme territoire au même titre qu’Apremont sans qu’il soit possible d’affirmer si le lieu était déjà bâti ou non : « in territorio de Asperomonte et dou Mesnil in terris, pratis, silvis, pascuis, aquis » (Jailliot, op. cit., P.J. n°XIII, p. 45-46, d’après l’original, BM Reims). À quand remontait cette donation ? Quatre abbés du nom de Pierre se sont succédé à la tête de Saint-Remi de Reims aux XIIe et XIIIe siècles. Aussi, en raison des liens étroits qu'il avait entretenu avec les cisterciens en général et saint Bernard en particulier, il est permis de penser qu’il s’agissait de Pierre de Celle, qui fut abbé de 1162 à 1181. Auquel cas, l’intégration du Mesnil remonterait donc environ à la fin du 3e tiers du XIIe siècle, soit une période de croissance temporelle de la jeune abbaye de Chéhéry. Cette donation fut sans doute approuvée par le comte de Grandpré, gardien de l’abbaye et par ailleurs seigneur d’Apremont, ce qui n’empêcha pas plusieurs conflits par la suite avec le curé de Montblainville (55) au sujet des dîmes novales, avec la communauté villageoise de Fléville (08) au sujet de droits de pâturages non autorisés, ce qui entraîna des violences envers l’abbaye et ses moines en 1326, puis encore avec les habitants d’Apremont (XVIe s.). Les longues périodes de troubles profitèrent aux seigneurs locaux qui s’arrogèrent diverses parts de cet héritage, si bien que la propriété fut progressivement abandonnée dès le XVIe siècle : de fait en 1742, il ne restait plus que la grange du Mesnil, avec ses terres et le bois de Taille l’Abbé qui la domine au sud (Jailliot, p. 210). Après la guerre de Cent Ans, Chéhéry avait démembré ce territoire pour créer la métairie de Merdusson : cette dernière est citée en 1581 comme ayant existé jadis, avec 40 arpents de terres et ses étangs ; son existence fut assez courte. En dépit des amputations subies dans cet espace forestier que la grange devait gérer, le Mesnil est restée une grange importante ; en témoignent les 3396 £ qu’elle rapportait en 1791, revenu le plus élevé après celui des Granges qui comptaient néanmoins deux fermes.

Période(s) Principale : 20e siècle , (?)

Les bâtiments qui composaient la ferme au début du XIXe siècle (cour fermée, cadastre de 1826, section E1) ont été détruits lors de la Grande Guerre comme celle des Granges. Les bâtiments actuels, édifiés lors de la Reconstruction, reproduisent plus ou moins le plan précédent, l’aile sud en moins (ill. IVR21_20150800032NUCA).

Murs calcaire moellon crépi
Toit tuile mécanique
Étages en rez-de-chaussée, 1 étage carré
Couvertures toit à longs pans pignon découvert
(c) Région Grand Est - Inventaire général (c) Région Grand Est - Inventaire général - WISSENBERG Christophe
Christophe WISSENBERG

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