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Les clouteries de l'Inventaire du patrimoine industriel du département des Ardennes (08)

Dossier IA08001444 réalisé en 2009

Fiche

Aires d'études Ardennes
Dénominations usine de décolletage

Cette branche de l'industrie est emblématique du nord des Ardennes. La clouterie à main apparait bien avant la Révolution. Elle se pratiquait très souvent à domicile et ne nécessitait qu'un foyer de forge simple (au charbon de bois), un martinet et une roue à chien (qui actionnait le soufflet). Les commanditaires, les "facteurs" étaient établis à Charleville et venaient collecter le produit fini. Sous la Restauration 5000 à 7000 ouvriers travaillaient ainsi à domicile, dans les villages ou à Charleville-Mézières. Au cours de la décennie 1820, l'apparition de machines entraîne un déclin inéluctable de la pratique manuelle et le regroupement de la production dans des usines mécanisées ainsi qu'un transfert de la main d'oeuvre vers la boulonnerie (à Bogny le nombre de cloutiers passe de 1300 en 1817 à 57 en 1887, et à Charleville, la Grandville, Gespunsart, Moncy, Lame, Braux, Hautes Rivières, les Mazures, Hargnies, Revin le nombre de cloutiers à main n'est plus que de 127 en 1883). Les petits ateliers familiaux des vallées de la Meuse, de la Semoy et du bassin sedanais n'ont pas été retenus car leur forme ne se distinguait guère de simples maisons. Treize usines ont en revanche été repérées. Charleville (y compris Mohon) était le centre principal de la production, qui touchait également mais dans une moindre mesure les communes de Vrigne-aux-Bois, Thilay, Hautes-Rivières et Villers-Cernay. Les usines de Charleville, détenues par de grandes familles telles que les Lagard, les Gailly et les Regnault (plus tard les Lefort), étaient de grande taille. L'usine Lefort de Mohon était la plus importante. Elle s'étalait sur deux sites implantés sur un cours d'eau afin de profiter de son énergie. Cet imposant complexe fut augmenté à la fin du 19e siècle d'une troisième entité, le Moulin-Leblanc (détruit) pour former l'un des plus importants des Ardennes. A quelques kilomètres de là et appartenant au groupe Regnault, se trouvait la clouterie de Saint-Marceau.

Période(s) Principale : 19e siècle

Les bâtiments des deux sites Lefort (Mohon I et II) sont en brique et incorporent des baies à arc en plein cintre et toits en shed ; ils sont représentatifs des années 1880-1900, architecture qui se retrouve sur d'autres sites du département comme à l'usine KME de Fromelennes. A quelques kilomètres de là la clouterie de Saint-Marceau présentait un aspect bien différent (murs en pierre de Dom-le-Ménil, toits à longs pans, poteaux en fonte) que peut expliquer sa date de construction antérieure (1860). Certains points communs existent cependant : l'implantation sur un cours d'eau pour profiter de la force motrice, la présence d'une salle des machines pour augmenter la puissance énergétique et le raccordement au chemin de fer.

Décompte des œuvres repérées 17
étudiées 7

Annexes

  • Ressources documentaires des clouteries de l'Inventaire du patrimoine industriel du département des Ardennes (08)

    Bogny-sur-Meuse, Braux, Usines de quincaillerie (clouteries) : Arch. Nat., F12 4483, Situation industrielle, 3e trim 1883 : clouterie forgée à la main : Charleville, la Grandville, Gespunsart, Moncy, Lame, Braux, Hautes Rivières, les Mazures, Hargnies, Revin, autres localités, état mauvais ou passable, 127 ouvriers au total. Activité terminée. D'après informations recueillies sur le terrain, il n'existe plus de clouteries. Les bâtiments - le plus souvent des habitations privées, parfois de petites maisons - ont disparu ou ne sont pas localisables sans mémoire locale. Activité parfois trop ancienne. Non retenu : ne reste rien.

    Charleville-Mézières, 8 rue de l'Abattoir, Usine de petite métallurgie (clouterie) Sté Industrielle Ardennaise, puis Aciérie de Charleville-Mézières, puis Gailly : Arch. Nat., F12 9429, le fonds de l'OCRPI période 1940-1949 : Gailly frères, clouterie à Charleville, 207 personnes en déc. 1942 ; en juin 1942, four à réverbère de 20 t, four rotatif de 5 t pour la malléable et de 3 t pour l'acier, 2 sableries semi automatiques, 2 fours à recuire la malléable, 3 fours électriques de recuit, 2 étuves à noyaux, 1 étuve pour moulage d'acier, 1 étuve à poche, 1 étuve à sable, 1 pont roulant de 40 t., 1 autre de 3 t, 1 autre de 2 t, 1 four à recuire le fil, 2 cabines à jet de sable, 1 table tournante à dessabler, 1 machine à dessabler à grenaille, 50 machines à mouler, 8 pistolets à air comprimé, 10 meules, 4 compresseurs, 1 atelier d'entretien, 1 atelier d'usinage Basias 5210 : Sté Industrielle Ardennaise, début d'activité 1900. Basias 5111 : Aciérie de Charleville-Mézières, début d'activité 1948. Basias 5037 : idem, déb. 1963. Basias 5090 : Fonderie Gailly, 1 rue de l'Abreuvoir, déb. 1964 (mal localisée apparemment). Basias 5209 : Clouterie Gailly fils, chemin de l'Abreuvoir, déb. 1958. Repérage sur vue aérienne IGN. Voir AD Ardennes Ardennes : 52J, Gailly, 5 m.l. D'après BORA (AD Ardennes 52J) : fonderie Gailly de Charleville regroupant la Société des Clouteries de Charleville et les Etablissements Gailly frères. Usines de Charleville, fermées en 1979, et de Meung-sur-Loire (Loiret). Fonds d'archives aux archives du monde du travail (Roubaix). Actuellement Ardenn'A. Grands bâtiments brique, toits en shed. Anciens bâtiments de stockage : non retenu.

    Charleville-Mézières, Usines de quincaillerie (clouteries) : Arch. Nat., F12 4483, Situation industrielle, 3e trim 1883 : clouterie forgée à la main : Charleville, la Grandville, Gespunsart, Moncy, Lame, Braux, Hautes Rivières, les Mazures, Hargnies, Revin, autres localités, état mauvais ou passable, 127 ouvriers au total. Activité terminé, il n'existe plus de clouteries.

    Gespunsart, Usines de quincaillerie (clouteries) : Arch. Nat., F12 4483, Situation industrielle, 3e trim 1883 : clouterie forgée à la main : Charleville, la Grandville, Gespunsart, Moncy, Lame, Braux, Hautes Rivières, les Mazures, Hargnies, Revin, autres localités, état mauvais ou passable, 127 ouvriers au total. Activité terminée. Gespunsart était autrefois le pays des cloutiers. Il n'en reste rien. Les cloutiers pouvaient travailler à domicile, les maisons sont aujourd'hui fondues dans le tissu urbain ou ont été détruites. Non retenu : ne reste rien.

    La Grandville, Usines de quincaillerie (clouteries) : Arch. Nat., F12 4483, Situation industrielle, 3e trim 1883 : clouterie forgée à la main : Charleville, la Grandville, Gespunsart, Moncy, Lame, Braux, Hautes Rivières, les Mazures, Hargnies, Revin, autres localités, état mauvais ou passable, 127 ouvriers au total. Activité terminée, il n'existe plus de clouteries.

    Hargnies, Usines de quincaillerie (clouteries) : Arch. Nat., F12 4483, Situation industrielle, 3e trim 1883 : clouterie forgée à la main : Charleville, la Grandville, Gespunsart, Moncy, Lame, Braux, Hautes Rivières, les Mazures, Hargnies, Revin, autres localités, état mauvais ou passable, 127 ouvriers au total. Activité terminé, il n'existe plus de clouteries.

    Les Hautes-Rivières, Usines de quincaillerie (clouteries) : Arch. Nat., F12 4483, Situation industrielle, 3e trim 1883 : clouterie forgée à la main : Charleville, la Grandville, Gespunsart, Moncy, Lame, Braux, Hautes Rivières, les Mazures, Hargnies, Revin, autres localités, état mauvais ou passable, 127 ouvriers au total. Activité terminé, il n'existe plus de clouteries. Rien trouvé.

    Les Mazures, Usines de quincaillerie (clouteries) : Arch. Nat., F12 4483, Situation industrielle, 3e trim 1883 : clouterie forgée à la main : Charleville, la Grandville, Gespunsart, Moncy, Lame, Braux, Hautes Rivières, les Mazures, Hargnies, Revin, autres localités, état mauvais ou passable, 127 ouvriers au total. Activité terminé, il n'existe plus de clouteries. Petites structures, parfois chez l'ouvrier, production familiale. Bâti invisible ou détruit. Rien trouvé. Non retenu : ne reste rien.

    Revin, Usines de quincaillerie (clouteries) : Arch. Nat., F12 4483, Situation industrielle, 3e trim 1883 : clouterie forgée à la main : Charleville, la Grandville, Gespunsart, Moncy, Lame, Braux, Hautes Rivières, les Mazures, Hargnies, Revin, autres localités, état mauvais ou passable, 127 ouvriers au total. Activité terminé, il n'existe plus de clouteries.

    Villers-Cernay, Moulin, puis clouterie, actuellement maison : AD Ardennes, 7S 106 1 : moulin sous Louis Val sur ruisseau du Magne ; réglementation de l´usine des sieurs Gibaru et vassaux, 1827-53 ; révision de l´ordonnance réglementaire, 1854-55. Indiqué ruisseau de Rubécourt sur carte IGN. Mentionné comme clouterie sur carte d'état-major 1886-1907. Actuellement maison d'habitation. Identifié sur le terrain grâce au bassin de retenue toujours existant. Un vannage existe toujours pour le trop-plein, on devine une conduite passant sous/dans le bâtiment, car le chenal de restitution est visible en aval.