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Les Gouttes-Basses, ancienne grange de Morimond

Dossier IA52001016 réalisé en 2015

Fiche

Avant que n'apparaisse le cellier dans le courant du XIIIe siècle, les Gouttes-Basses (52-com. Breuvannes-en-Bassigny), alors appelées les Gouttes, étaient le siège unique de la grange. Les Gouttes ont été la grange de Morimond la plus importante en superficie (cf. carte du temporel ill. IVR21_20155200635NUCA), créée sur la base de plusieurs donations remontant à 1129 notamment (R. de Choiseul) et surtout à 1144, où Robert Guiscard de Clefmont abandonne aux moines ses terres entre Breuvannes et Levécourt, soit « locum itaque qui vulgo ad Guttas appellatur » (H. Flammarion, Recueil des chartes de l’abbaye de Morimond au XIIe siècle, ARTEM / Brepols, Turnhout, 2014, n°6). Lorsque le pape Eugène III émet sa bulle confirmative en 1147, les Gouttes ne sont encore officiellement qu’une terre (Flammarion, n°10), mais cette donation décisive parmi d’autres aura permis la constitution assez rapide de la grange, puisqu'elle est citée comme telle en 1163 (Flammarion, n°39). À l’image de Fraucourt avec l’abbé de Chaumousey, l’abbé de Saint-Mihiel abandonne ses droits « infra fines grangie sue Guttarum » en 1176 (id., n°80), en vertu de son prieuré de Saint-Thiébaud (52). Sa localisation dans la plaine de confluence du Flambart et de la Meuse est importante à plusieurs titres : pour la qualité des gras herbages du Bassigny et aussi pour le rôle que la grange aura à jouer dans la distribution du temporel, véritable clef de voûte à l’articulation des domaines proches de l'abbaye et des granges plus éloignées en Barrois ; rôle clef aussi par sa situation sur la grande voie vers l’Empire, où se situent alors les autres biens de Morimond (maisons urbaines, salines, minières) et abbayes-filles. Par son extension, la grange touchait à plusieurs terroirs différents : les fonds de vallons alluviaux laissés en prés représentaient le tiers de la superficie en 1787, les adrets des buttes-témoins de la côte domérienne étaient couverts de vignes sur 50 ha environ, soit 10% du total, autant que les bois sur le plateau et les versants moins bien exposés. Parallèlement, les terres occupaient les espaces intermédiaires sur la moitié de la surface (soit 250 ha), portant le domaine à 500 ha (cellier des Gouttes-Hautes compris) d’après l’assemblage des 7 planches composant la seigneurie des Gouttes dans l’Atlas Naudin (AD52, 8H73, pl. 14 à 20, cf. notamment ill. IVR21_20155200650NUCA). Ainsi, à l’exception du retrait de la vigne au profit des bois et des prés, l’espace agraire actuel perpétue-t-il globalement l’utilisation du sol consignée à la fin de l’Ancien Régime (ill. IVR21_20155200349NUCA). Comme dans la plupart des grandes granges, il y eut aussi aux Gouttes-Basses une chapelle, sous le vocable de Notre-Dame de la Nativité (J. Salmon, ”Morimond et ses granges”, BSHAL, XV, n° spécial, 1969, p. 114). La ferme a été acquise lors de la vente des Biens Nationaux le 26 janvier 1791 par un groupe de marchands associés de Breuvannes, Jean-Baptiste Rattier, Claude Curt et François Diez, pour 130 000 £.

De la grange médiévale, il ne reste rien comme dans les autres granges de Morimond. Les reconstructions modernes ont en revanche laissé quelques bâtiments, souvent très remaniés par ailleurs. Au XVIIIe siècle, la grange était constituée de deux longs bâtiments parallèles, selon le modèle architectural et structurel rencontré ailleurs, à Fraucourt notamment. Il n’en subsiste plus que l'aile ouest (entièrement ravalée), qui abritait les logements de paysans censitaires. On notera la présence d'une tour-porche monumentale au centre de cette aile (ill. IVR21_20155200649NUCA), semblable à celle de Grignoncourt bien que possédant un étage supplémentaire. L’arc en plein cintre de la porte, le voûtement en arêtes du passage, les linteaux délardés des fenêtres de la tour ainsi que la corniche de pierre de taille, sur laquelle reposent les quatre pans du toit à égout retroussé, évoquent clairement le XVIIIe siècle. À l'arrière se trouve toujours le moulin sur le Flambart, aménagé pour l’occasion en bief surélevé afin de générer une petite chute d’eau (ill. IVR21_20155200355NUCA), précédé d’un déversoir maçonné dans le lit naturel, quelques dizaines de mètres en amont. Tombée sous le coup du modernisme économique, l’aile orientale, qui regroupait granges et hébergeages, a été démolie en 1994 dans le cadre de la transformation du site et de sa mutation en véritable usine agricole au cours des dernières années.

Genre de cisterciens
Appellations Les Gouttes
Destinations grange monastique, ferme
Parties constituantes non étudiées ferme
Dénominations grange monastique
Aire d'étude et canton Clefmont
Adresse Commune : Breuvannes-en-Bassigny
Lieu-dit : Les Gouttes-Basses
Cadastre : 1979 ZA 16, 34

Avant que n'apparaisse le cellier dans le courant du XIIIe siècle, les Gouttes-Basses (52-com. Breuvannes-en-Bassigny), alors appelées les Gouttes, étaient le siège unique de la grange. Les Gouttes ont été la grange de Morimond la plus importante en superficie (cf. carte du temporel ill. IVR21_20155200635NUCA), créée sur la base de plusieurs donations remontant à 1129 notamment (R. de Choiseul) et surtout à 1144, où Robert Guiscard de Clefmont abandonne aux moines ses terres entre Breuvannes et Levécourt, soit « locum itaque qui vulgo ad Guttas appellatur » (H. Flammarion, Recueil des chartes de l’abbaye de Morimond au XIIe siècle, ARTEM / Brepols, Turnhout, 2014, n°6). Lorsque le pape Eugène III émet sa bulle confirmative en 1147, les Gouttes ne sont encore officiellement qu’une terre (Flammarion, n°10), mais cette donation décisive parmi d’autres aura permis la constitution assez rapide de la grange, puisqu'elle est citée comme telle en 1163 (Flammarion, n°39). À l’image de Fraucourt avec l’abbé de Chaumousey, l’abbé de Saint-Mihiel abandonne ses droits « infra fines grangie sue Guttarum » en 1176 (id., n°80), en vertu de son prieuré de Saint-Thiébaud (52). Sa localisation dans la plaine de confluence du Flambart et de la Meuse est importante à plusieurs titres : pour la qualité des gras herbages du Bassigny et aussi pour le rôle que la grange aura à jouer dans la distribution du temporel, véritable clef de voûte à l’articulation des domaines proches de l'abbaye et des granges plus éloignées en Barrois ; rôle clef aussi par sa situation sur la grande voie vers l’Empire, où se situent alors les autres biens de Morimond (maisons urbaines, salines, minières) et abbayes-filles. Par son extension, la grange touchait à plusieurs terroirs différents : les fonds de vallons alluviaux laissés en prés représentaient le tiers de la superficie en 1787, les adrets des buttes-témoins de la côte domérienne étaient couverts de vignes sur 50 ha environ, soit 10% du total, autant que les bois sur le plateau et les versants moins bien exposés. Parallèlement, les terres occupaient les espaces intermédiaires sur la moitié de la surface (soit 250 ha), portant le domaine à 500 ha (cellier des Gouttes-Hautes compris) d’après l’assemblage des 7 planches composant la seigneurie des Gouttes dans l’Atlas Naudin (AD52, 8H73, pl. 14 à 20, cf. notamment ill. IVR21_20155200650NUCA). Ainsi, à l’exception du retrait de la vigne au profit des bois et des prés, l’espace agraire actuel perpétue-t-il globalement l’utilisation du sol consignée à la fin de l’Ancien Régime (ill. IVR21_20155200349NUCA). Comme dans la plupart des grandes granges, il y eut aussi aux Gouttes-Basses une chapelle, sous le vocable de Notre-Dame de la Nativité (J. Salmon, ”Morimond et ses granges”, BSHAL, XV, n° spécial, 1969, p. 114). La ferme a été acquise lors de la vente des Biens Nationaux le 26 janvier 1791 par un groupe de marchands associés de Breuvannes, Jean-Baptiste Rattier, Claude Curt et François Diez, pour 130 000 £.

Période(s) Principale : 18e siècle

De la grange médiévale, il ne reste rien comme dans les autres granges de Morimond. Les reconstructions modernes ont en revanche laissé quelques bâtiments, souvent très remaniés par ailleurs. Au XVIIIe siècle, la grange était constituée de deux longs bâtiments parallèles, selon le modèle architectural et structurel rencontré ailleurs, à Fraucourt notamment. Il n’en subsiste plus que l'aile ouest (entièrement ravalée), qui abritait les logements de paysans censitaires. On notera la présence d'une tour-porche monumentale au centre de cette aile (ill. IVR21_20155200649NUCA), semblable à celle de Grignoncourt bien que possédant un étage supplémentaire. L’arc en plein cintre de la porte, le voûtement en arêtes du passage, les linteaux délardés des fenêtres de la tour ainsi que la corniche de pierre de taille, sur laquelle reposent les quatre pans du toit à égout retroussé, évoquent clairement le XVIIIe siècle. À l'arrière se trouve toujours le moulin sur le Flambart, aménagé pour l’occasion en bief surélevé afin de générer une petite chute d’eau (ill. IVR21_20155200355NUCA), précédé d’un déversoir maçonné dans le lit naturel, quelques dizaines de mètres en amont. Tombée sous le coup du modernisme économique, l’aile orientale, qui regroupait granges et hébergeages, a été démolie en 1994 dans le cadre de la transformation du site et de sa mutation en véritable usine agricole au cours des dernières années.

Murs grès maçonnerie crépi
Toit tuile mécanique, tuile en écaille
Couvertures toit à longs pans pignon découvert
toit à deux pans croupe
(c) Région Grand Est - Inventaire général (c) Région Grand Est - Inventaire général - WISSENBERG Christophe
Christophe WISSENBERG

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