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Les laminoirs de l'Inventaire du patrimoine industriel du département des Ardennes (08)

Dossier IA08001452 réalisé en 2009
Aires d'études Ardennes
Dénominations laminoir

L'essentiel des laminoirs à tôle (7 repérés) se trouvait dans le bassin de Sedan (Givonne) et autour de Carignan (Messincourt, Blagny, Osnes) ; ceci pour la raison qu'ils ont souvent pris la suite des platineries, activité traditionnelle de ce secteur géographique et de Monthermé-Deville. Les laminoirs se sont multipliés dans les années 1820-1830. Le plus ancien se trouvait à Givonne et avait été construit en 1787 (ce qui en faisait l'un des plus anciens de France) ; il a été détruit en 1968. Par la suite, on peut citer par ordre chronologique ceux de Longchamps au début du 19e siècle, de la Roulerie de Messempré à Messincourt en 1814, et de Blagny en 1823. En 1834, celui installé à Phades par les Lagard inaugure une nouvelle forme architecturale tout en longueur permettant de regrouper plusieurs opérations autrefois disséminées.

Période(s) Principale : 19e siècle

A Messincourt (1814), le site conserve une halle à haute toiture à croupe couverte d'ardoise. En 1834, celui de Phades avec sa halle tout en longueur est implanté sur une dérivation de la Semoy, ce qui a permis d'éviter l'aménagement d'un bassin de retenue. Il en susbsiste une façade en moellons de schiste rythmée par des baies à arc en plein cintre et encadrement en pierre de taille. Les trains de laminoirs modernes ont pu susciter la création de très grands ensembles bâtis comme à Blagny, aux Forges d'Osnes ou à Glaire.

Décompte des œuvres repérées 7
étudiées 4

Annexes

  • Ressources documentaires des laminoirs de l'Inventaire du patrimoine industriel du département des Ardennes (08)

    Carignan, Longchamps, Scierie puis laminoir : La scierie de Longchamp appartenait à François Devillez-Bodson au début du 19e siècle puis passa à la banque Seillière après 1832. C'est peu après le rachat que le bâtiment est transformé en laminoir, pour compléter les forges d'Osnes. L'établissement passe ensuite à la société Boutmy puis, comme les autres usines de la vallée, aux De Wendel. Aujourd'hui subsiste le grand canal d'amenée d'eau ainsi que la chute, flanquée d'un petit bâtiment d'habitation. Bibliographie : ANDRE, Louis, BELHOSTE, Jean-François, BERTRAND Patrice. La métallurgie du fer dans les Ardennes (XVIe-XIXe). Cahiers de l'Inventaire n°11, Ministère de la Culture et de la Communication, Inventaire général des monuments et des richesses artistiques de la France, Région Champagne-Ardenne, 1987, p. 54. Document d'archives : AN. Série F14 : 4295, dossier 62 : laminoir de Longchamps à Matton et Carignan 1834 - 1862.

    Deville, Le Mairupt, Laminoir, puis fonderie Cochaux : En 1834, Potoine, neveu de Jean-Nicolas Gendarme, crée un laminoir à tôle à Deville, au lieu-dit Mairupt. Celui-ci, mû par une roue hydraulique, comprend en 1840, une paire de cylindres à laminer et deux équipages de cylindres et spatards. Ce laminoir sera remplacé en 1867 par la fonderie Cochaux, ancêtre de la fonderie actuelle (fontes mécaniques, fontes spéciales pour moteur, fontes centrifugées, etc.) ; laquelle qui employait 45 personnes en 1942. L'usine est incendiée dans les années 1980. Ancien site en bord de Meuse en contrebas de la route de Laifour. Ne reste que la maison de maître, intéressante. La fonderie a été rasée. Bibliographie : ANDRE, Louis, BELHOSTE, Jean-François, BERTRAND Patrice. La métallurgie du fer dans les Ardennes (XVIe-XIXe). Cahiers de l'Inventaire n°11, Ministère de la Culture et de la Communication, Inventaire général des monuments et des richesses artistiques de la France, Région Champagne-Ardenne, 1987, p.55. Document d'archives : Arch. Nat., F12 9429, le fonds de l' OCRPI période 1940-1949 : anc. établissement Cochaux, à Deville (1942).

    Givonne, Le Laminoir, Usine de transformation des métaux puis laminoir à tôle, actuellement maison : Usine existant sans doute dès le 16e siècle, siècle durant lequel elle est exploitée par les Goffin et transformée par la suite en platinerie (17e-18e siècles). En 1787, son propriétaire Jamin la transforme en laminoir à tôle, qui en fait l'un des plus anciens établissements de ce type en France. Celui-ci est alors mû par deux roues hydrauliques et chauffé à la houille. Le dossier F14 4298 des Archives nationales fournit, en 1834, le plan et l'élévation des installations du laminoir et la disposition des chutes d'eau. L'ensemble (matériel remplacé en 1914-18) fonctionna jusqu'en 1941, avec les bâtiments d'origine. Malheureusement, le laminoir a été détruit en 1968 et seule la chute d'eau subsiste, ainsi que le bâtiment de la halle à charbon et les logements d'époque. Le matériel qui subsiste a été déposé dans la cour du Dijonval à Sedan. Actuelle maison d'habitation ; aménagements hydrauliques transformés en bassins d'agréments. Bibliographie : ANDRE, Louis, BELHOSTE, Jean-François, BERTRAND Patrice. La métallurgie du fer dans les Ardennes (XVIe-XIXe). Cahiers de l'Inventaire n°11, Ministère de la Culture et de la Communication, Inventaire général des monuments et des richesses artistiques de la France, Région Champagne-Ardenne, 1987, p. 56 ; BOURGIN, H. et G. L'industrie sidérurgique en France au début de la Révolution, Collection de documents inédits sur l'histoire économique de la Révolution française, Paris, Imprimerie Nationale, 1920 ; VERRY (?), M. n° 85 ; PHILIPOTEAUX (?), A. n° 65 ; CONGAR, Pierre n° 20. Documents d'archives : AN. Série F14 : 4298, dossier 76, usine Camion-Richard à Givonne ; AD, 7S 21 : 5, laminoir de Givonne sur ruisseau de Givonne (1843-54) ; AN. Série F12 : 680 ; AN. Série F12 : 1603. Article paru dans le journal local en 1967 : Le laminoir de Givonne des Établissements Jeanlin, sur la route de Givonne à Illy, a été construit en 1777. Ce laminoir a été démantelé en juillet 1967. L´une de ses girouettes porte la date de 1771. Le nouveau propriétaire en fera une propriété d´agrément, et cela est facile grâce au passage, dans le bois, d´un bras de la Givonne et l´existence d´un étang, vaste retenue d´eau qui permettait d´actionner les roues aubes en période sèche, avec tout ce que cela comporte de paysages agréables. Quelques pièces toutefois seront sauvées, dont un axe de chêne de 7 mètres de long qui soutenait la roue à aubes et un peson à lingots, de deux mètres de hauteur, datant du 18e siècle, qui ont été amenés au Château-Fort de Sedan où ils seront abrités par la Société d´Histoire et d´Archéologie du Sedanais (la S.H.A.S.). De 1875 à 1880, les fours ne fonctionnaient plus car le fer était acheté en Lorraine. L´usine, qui avait alors vingt-deux ouvriers, fabriquait aussi des pioches. De 1880 à 1914, on utilisait l´acier doux et la houille remplaçait le charbon de bois. Avec une quarantaine d´ouvriers, on y fabriquait de la tôle mince : tuyaux de poêle, pelles, côtés de cuisinières, etc. De 1914 à 1918. les Allemands enlevèrent toutes les machines et firent sauter les digues de l´étang. De 1920 à 1940, ce fut la restitution du matériel et la remise en marche du laminoir avec une vingtaine d´ouvriers. De 1941 à 1942, le laminoir a fonctionné pour utiliser le stock de largets restant, et en 1942, eut lieu l´arrêt définitif, faute de main-d´œuvre spécialisée. L´usine a toutefois continué à tourner avec quelques ouvriers occupés à la fabrique des pelles, pièces embouties et clochettes pour les mines et les troupeaux montagnards. Après la guerre de 1914-18, le laminoir de Givonne - le seul qui n´ait pas été modernisé - était dirigé par MM. Jeanlin et fils. Ils furent contraints de l´arrêter par manque de main-d´oeuvre qualifiée, mais aussi les deux cages mues par la force hydraulique ne pouvant soutenir la concurrence des grosses usines concentrées dans l´Est et possédant un matériel puissant et moderne. A cette époque récente, l´usine de Givonne avait toujours gardé sa roue à aubes des origines. On voyait, récemment encore, derrière le train, une sorte de potence en chêne fixée au sol et à une poutre transversale. A son extrémité, était accroché un palan. Elle servait au démontage des cylindres pesant chacun environ une tonne et dont un a été remis au Château-Fort pour y être exposé. Les visiteurs du Château-Fort pourront également y voir l´axe et les quatre roues qu´il supportait et d´où partaient les rayons de l´immense roue à aubes, longue de 7 mètres et d´environ 4 mètres à 4,25 mètres de diamètre. Disons aussi que le laminoir de Givonne était encore éclairé l´acétylène en 1913 et que c´est à cette date que l´on y plaça une ligne électrique. Perdu dans les bois, loin de toute voie ferrée, le laminoir de Givonne n´avait pas la possibilité de moderniser et son four était toujours chauffé au charbon.