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Les logements d'ouvriers, cités jardin et ouvrières de l'Inventaire du patrimoine industriel du département des Ardennes (08)

Dossier IA08001436 réalisé en 2009

Fiche

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Aires d'études Ardennes
Dénominations logement d'ouvriers, cité jardin, cité ouvrière

L'enquête a recensé 44 sites incorporant un habitat ouvrier (logements ou cités d'ouvriers, cités jardin) ; 36 ont été retenus pour étude (la présence de logement ouvrier a rarement été mentionnée pour les sites non étudiés). Ce qui revient à dire que 10,5 % des sites étudiés en comportent ; proportion assez faible comparée à la fréquence de l'habitat patronal, qui touche 39,5 % des sites étudiés. Le logement ouvrier ou patronal échappe pour partie aux critères de sélections propres à l'Inventaire général du patrimoine culturel, qui privilégie l'étude des sites de production. Aussi l'essentiel des 44 sites mentionnés le sont-ils au titre des industries qu'ils accompagnent. Cependant, 7 cités ouvrières et 1 cité jardin ont été recensées pour elles-mêmes ; 6 d'entre elles ont été étudiées. Quatre d'entre elles sont associées à des industries métallurgiques : les cités Paris-Campagne à Revin, du Pied-Selle à Fumay, Thomé-Génot à Nouzonville, de l'Echelle à Monthermé, et la cité jardin Faure à Revin ; les deux autres étant associées aux ardoisières de Rimogne : les cités Saint-Brice et de la Grande-Fosse. Sur l'ensemble des 44 sites concernés, la moitié (22 sites) sont à mettre en relation avec des industries métallurgiques et sont donc situés dans le nord du département, et notamment dans les cantons de Monthermé (5 mentions), Carignan (3 mentions), Nouzonville, Flize, Revin, Signy-le-Petit. Les activités de l'agroalimentaire sont bien représentées avec 10 sites comportant un habitat ouvrier (notamment des sucreries, fromageries et minoteries) et sont réparties un peu partout dans le département. Ainsi que les activité de la construction avec 8 sites (ardoisières et activités associées, usines de céramique diverses). Par contre, l'activité textile n'a semble-t-il pas suscité la création d'un habitat ouvrier important dans le département où seuls 3 sites en comportent, à Carignan, Neuflize et Autrecourt-et-Pourron. La plus ancienne forme conservée d'habitat ouvrier du département des Ardennes remonte à 1825 : il s'agit de la "Caserne" à Vrigne-aux-Bois, construite face à ses ateliers par Jean-Nicolas Gendarme. A partir de la fin du 19e siècle, trois types de cités ouvrières coexistent, tant en ville que dans les bourgs industriels. La cité-rue, aux habitations en enfilade sur un seul côté. La cité-rue bâtie des deux côtés. Et la cité pavillonnaire.

Période(s) Principale : 19e siècle
Principale : 1ère moitié 20e siècle

Les bâtiments de la plus ancienne forme conservée d'habitat ouvrier du département (1825), la "Caserne" à Vrigne-aux-Bois, dont l´appellation indique bien la sévérité architecturale, sont construits en moellon calcaire et pierre de taille, avec une toiture en demi-croupe. La cité-rue peut comporter entre quatre logements (Cité Leinster à Nohan, 1920) et une trentaine comme à Rimogne, face au puits de la Grande Fosse (1er quart 20e siècle). La cité-rue bâtie des deux côtés se rencontre à la Cité Paris-Campagne à Revin, édifiée après la Première Guerre mondiale par la société Brichet, Biard et Cie pour ses mouleurs et émailleurs (cet ensemble exceptionnel est entièrement en brique formant des motifs décoratifs) ou à la Cité de l'Echelle à Bogny-sur-Meuse, emblème social de la Vallée édifié à la Belle Epoque (37 logements) pour la boulonnerie Joseph, Maré et Gérard, dite La Grosse Boutique. Le dernier type d´habitat ouvrier est la cité pavillonnaire, comme la Cité Faure à Revin (années 1930), ou à Fumay la cité du Pied-Selle (nées des usines du même nom) qui compte 145 habitations (vers 1850-1925). Ces cités ouvrières montrent une grande liberté et variété de construction.

Décompte des œuvres repérées 44
étudiées 36

Annexes

  • Ressources documentaires des logements d'ouvriers, cités jardin et ouvrières de l'Inventaire du patrimoine industriel du département des Ardennes (08)

    Chaumont-Porcien, Moulin Tinois, Tuilerie : Présent sur carte de 1886-1907. En ruine. Deux bâtiments : une grange en pans de bois et les logements ouvriers en brique.

    Le Chesne, Tuilerie : Petite structure en brique comportant un logement ouvrier (trois maisons) et un bâtiment de production ; carrière à proximité.

    Laifour, Le Quartier, Fonderie de fonte Cochaux : Repérage sur vue aérienne IGN. Fonderie de fonte détruite par un incendie criminel le 04/12/1998 : activité terminée. Non retenu : ne reste rien. Friche (aujourd'hui c'est une place). Il reste les logements ouvriers de l'autre côté, et quelques petits bâtiments.

    Matton-et-Clémency, Les Petits Prés, Platinerie, actuellement maison : Platinerie à l'origine (au début du 19e siècle), qui appartient en 1837 à Caillet frères, fabricants d'enclumes à Donchery. Elle se compose alors d'une affinerie, d'un four à puddler et d'un marteau cingleur. Cet ensemble offre un parfait exemple des multiples petites platineries de l'époque dans le Sedanais. L'ensemble des bâtiments subsiste, présentant deux halles d'usine et des logements reliés entre eux par le bâtiment d'eau, où se trouve toujours la roue hydraulique de dessus.

    Monthermé, La Vinaigrerie, Cité ouvrière de la Vinaigrerie : La Vinaigrerie a été détruite. Ne subsiste que la cité ouvrière située à l'entrée de Monthermé, un peu en écart. Cité ouvrière située à l'entrée de Monthermé : longue bande de petites maisons accolées.

    Neufmanil, Usine de décolletage (boulonnerie) Léon Kerfs, puis Picard-Fay : Arch. Nat., F12 9429, le fonds de l'OCRPI période 1940-1949 : Léon Kerfs, boulonnerie à Neufmanil. Fermeture en 1970. Maison Picard-Fay. Reconverti. La boulonnerie a été détruite, seuls les petits logements ouvriers ont été conservés.

    Osnes, La Vieille Forge, Grosse forge et laminoir, actuellement ferme : Arch. Nat., F12 4483, Situation industrielle, 3e trim 1883 : forges et laminoirs : Osnes, 1 établ., 234 ouv., en souffrance. Bordereaux 1985. La métall. du fer dans les Ardennes, Cahiers 11, p.61 (2e notice). La forge remonte au début du 18e siècle ; au moment de la Révolution elle produit du fer pour la poêlerie de Sedan. Son activité s'arrêtera au tournant des 19e et 20e siècles (Arch. Nat. F14 4296, dossier 68). Actuellement bâtiments agricoles. Reconverti. Non retenu : vestiges insuffisants. L'usine elle-même a laissé peu de traces, mais on remarque un beau bâtiment de logements ouvriers à l'ouest (années 1980), en moellon et pierre de taille (partiellement enduit), couvert de tuiles mécaniques.

    Sedan, Torcy, 14 rue Jean-Jaurès, Brasserie de Torcy, puis Philippoteau : Repérage sur vue aérienne IGN. Arch. Nat., F12 9429, le fonds de l'OCRPI période 1940-1949 : brasserie de Torcy, 14 rue Jean Jaurès à Torcy, Sedan ; bières, glace à rafraîchir, 81 personnes en juill. 1944. Ancienne brasserie Philippoteau. Reconverti en différents magasin, agences, pharmacie, bar, établissement scolaire. Subsiste un portail avec tonnelets datés 1835, la maison de maître et celle du gardien. Bâtiment de l'autre côté de la rue daté 1864.