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Les logements et châteaux patronaux de l'Inventaire du patrimoine industriel du département des Ardennes (08)

Dossier IA08001435 réalisé en 2009

Fiche

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Aires d'études Ardennes
Dénominations logement patronal, château

L'enquête a recensé 156 sites incorporant un habitat patronal, dont 134 ont été retenus pour étude (la présence de logement patronal a rarement été mentionnée pour les sites non étudiés) ; ce qui revient à dire que près de 39,5 % des sites étudiés en comportent. Le logement ouvrier ou patronal échappe pour partie aux critères de sélections propres à l'Inventaire général du patrimoine culturel, qui privilégie l'étude des sites de production. Aussi l'essentiel des 156 sites mentionnés le sont-ils au titre des industries qu'ils accompagnent. Une dizaine cependant ont été recensés pour eux-mêmes, et 6 d'entre eux ont été étudiés. Il s'agit, pour l'activité textile, du château Paté à Neuflize (détruit), du château Pasquier à Autrecourt-et-Pourron et du château Poupart à la Foulerie de Bazeilles ; pour l'activité métallurgique, du château Marcadet à Bogny-sur-Meuse et du château Camion à Vivier-au-Court ; et enfin de l'ancien logement patronal de la Société des Ardoisières de Rimogne. La carte de leur répartition montre que toutes les régions industrielles du département possèdent un habitat patronal. Ce qui revient à dire que tous les secteurs d'activité le sont aussi. Plus ou moins d'ailleurs. En effet, parmi les sites retenus pour étude, la plupart des secteurs d'activité comportent toujours aujourd'hui une maison de patron dans 1 cas sur 3, excepté pour le secteur agroalimentaire qui en compte près de deux fois plus (61 %). Ceci est dû au fait que les moulins, majoritaires dans cette catégorie, incorporent la plupart du temps l'habitat du meunier. Les dirigeants de la métallurgie ardennaise ont fait édifier, surtout à partir de 1870-1880, de vastes demeures. On peut citer le château Marcadet à Bogny (fin 19e siècle), le château Grandry à Nouzonville, la propriété des Deville à Charleville ou le château Camion à Vivier-au-Court (début du 20e siècle). La plus ancienne demeure patronale repérée est le château de Montvilliers à Bazeilles, construit par l´architecte Jallier pour le grand tisserand Jean-Abraham Poupart de Neuflize en 1770. A l'instar du bâti lié à ce domaine, les logements patronaux des usines textiles sont parfois plus anciens, de la fin du 18e siècle ou du début du 19e siècle, notamment à Sedan (établissements Cunin-Gridaine, Jean Labauche, Paignon). Mais ils respectent cependant par la suite la même évolution que pour la métallurgie, avec la construction après le milieu du 19e siècle de vastes demeures, tel par exemple que le château Paté à Neuflize (détruit). Tout comme les maisons patronales liées à l'agroalimentaire (château Linard à Saint-Germainmont, maison patronale de la sucrerie d'Attigny) ; secteur où l'on trouve quelques beaux exemples de l'entre-deux-guerres (minoterie de Termes). Bien souvent, les cités et les maisons de maîtres ont survécu aux usines et témoignent seules de leur importance passée.

Période(s) Principale : 2e moitié 18e siècle
Principale : 19e siècle
Principale : 1ère moitié 20e siècle

L'habitat patronal a été trouvé d'une grande variété allant de l'habitat modeste (meuniers) au château des barons de l'industrie. Les vastes demeures bâties surtout à partir de 1870-1880 montrent des styles éclectiques et ostentatoires communs à l´architecture bourgeoise de l´époque ; elles bénéficient du confort moderne. Le château de Montvilliers à Bazeilles (1770) s'orne en façade arrière d'un élégant avant-corps hémi-circulaire à la dernière mode. Le secteur textile vit la même évolution que pour la métallurgie, avec la construction après le milieu du 19e siècle de vastes demeures de style éclectique, tel par exemple que le château Paté à Neuflize (détruit). Tout comme les maisons patronales liées à l'agroalimentaire ; secteur où l'on trouve quelques beaux exemples dans le style de l'entre-deux-guerres (minoterie de Termes).

Décompte des œuvres repérées 156
étudiées 134

Annexes

  • Ressources documentaires des logements et châteaux patronaux de l'Inventaire du patrimoine industriel du département des Ardennes (08)

    Bazeilles, Filature et château, actuellement restaurant : AD Ardennes, 7S15 : 5, filature de la veuve Legardeur sur la Givonne, 1816-80 ; appelée Filature de Bazeilles, 1902, propriétaire Harmel, Toussaint, Briquemont. Château 1750. Château conservé (restaurant) ; bâtiments de la filature (actuellement bâtiments d'entrée) pas assez explicites, lisibles. Non retenu : vestiges industriels insuffisants.

    Bossus-lès-Rumigny, La Papeterie, Usine de papeterie Charlier, actuellement maison : Repérage sur vue aérienne IGN. Arch. Nat., F12 650, mémoire sur les fabriques de la Champagne et de la Picardie par Bruyard, inspecteur ambulant, tournée de 1784 : papeterie de Bossus près Aubenton, au sieur Charlier. Arch. Nat., F12 650, mémoire sur les fabriques de la Champagne et de la Picardie par Bruyard, inspecteur ambulant, 1784 : papeteries de la Champagne : Clary pres Mézières, au sieur Pannetier ; Haudrecy pres Mezieres, au sieur Pannelier ; This la Neuville pres Mezieres a Jean Bouxin ; bossus pres Aubenton, au sieur Charlier ; Fautigny pres Rocroy au vicomte d'Angest. Toujours en activité vers 1900 (carte postale possédée par le maire) Bâti du 19e siècle. Reconverti. Ensemble de bâtisses assez importantes, mais dont il est impossible de définir l'activité. Un canal apportait l'eau du cours d'eau jusqu'en bordure du bâtiment tôlé face à la maison de maître. D'après M. le maire : vestiges des bâtiments anciens sous les bâtiments tôlés actuels ; il y avait deux maisons de maître. Non retenu : vestiges cependant insuffisants.

    Boutancourt, Le Fourneau, Usine métallurgique : On se reportera à la notice de la Forge du Bas pour l'historique du site, le Fourneau étant situé en aval de la forge haute. Etablissement sans doute créé au 16e siècle sans qu'aucun document ne vienne confirmer cette création. La forge apparaît en 1627 avec Gérard Coulon, maître de forge à Boutancourt. C'est son fils Nicolas qui exploite ensuite la forge et la seigneurie qui appartenaient alors aux Joyeuse-Grandpré. La forge est ensuite exploitée par Nicolas et son frère Raulin Coulon qui construisent vers 1665 une fenderie à l'ouest du Fourneau. Nicolas Lamotte succède aux Coulon puis Jacques Carbon. En 1705 apparaît Louis Poulain auquel Jean Louis, comte de Joyeuse vend : la forge fourneau et fonderie de Boutancourt, en 1710. Celui-ci exploite en même temps la forge et le fourneau de l'abbaye d'Elan. A sa mort, en 1726, sa veuve continue l'exploitation puis son fils Jean-Baptiste. En 1744, Poulain qui désire reconstruire son fourneau de Boutancourt est contrarié par la duchesse de [illisible], propriétaire du fourneau de Vendresse voisin et cherchant à éliminer la concurrence. En 1747, Poulain prend d'ailleurs à bail le fourneau de Vendresse appartenant à la duchesse de Mazarin et l'exploita jusqu'en 1761 au moins. En 1764, il semble que le fourneau de Boutancourt ait momentanément disparu et les fontes de Vendresse alimentent l'établissement qui se compose d'une chaufferie, deux affineries et une fenderie. Lors de l'enquête de 1772, la veuve de J.-B. Poulain précise qu'elle possède deux forges et un fourneau à Boutancourt. Le problème des forges de Boutancourt semble avoir été le manque de bois. En effet le propriétaire ne possédait pas de forêts ou d'affouages particuliers et devait acheter son combustible à des prix très élevés auprès des cisterciens d'Elan ou de la duchesse de Mazarin. Durant les guerres de la Révolution les forges de Boutancourt fournissent, comme le fourneau de Vendresse, de nombreuses munitions d'artillerie. Joseph-Alexis Poulain ajouta d'ailleurs un second haut fourneau accolé à celui préexistant, pour satisfaire aux commandes. A la même époque, il construisit le château, grande maison bourgeoise qui subsiste encore de nos jours. Suite au décès de Poulain en 1820 son gendre Rousseau de Givonne vend l'ensemble des usines de Boutancourt au concurrent de son beau-père, Jean-Nicolas Gendarme, pour 370 000 francs. On trouve alors : trois forges, deux hauts fourneaux, une fenderie, trois platineries et les bâtiments servant à l'exploitation. Après l'arrêt des fourneaux vers 1865, l'usine se reconvertit dans la seconde fusion. Aujourd'hui il ne reste rien de l'usine dont le site sert de parking, mais le bassin de retenue existe toujours ; ainsi que le logement patronal associé, dit le château.

    Carignan, La Foulerie, Moulin à foulon, puis usine de transformation des métaux Langlet, puis OVAKO : Repérage sur vue aérienne IGN. AD Ardennes, 7S 101 : Tréfilerie de Carignan sur ruisseau de Launois ; plainte de Liégeois, propriétaire de filature de Wé contre la retenue des eaux de la tréfilerie appartenant à Moulin, 1907 ; Feuille donnant quelques renseignements sur la tréfilerie de Carignan ; sur usine de Wé ; sur usine de la Fenderie ; sur laminoir de Longchamp ; sur moulin d'Osnes ; sur la forge d'Osnes ; sur la forge de Messempré ; sur la forge de Matton (sd) . Fondée vers 1870 pour le foulage du feutre, d'où le nom. Après la Grande Guerre, une forge reprend l'activité sur le même site, sous le nom des Etablissements Langlet. Toujours en activité, appartient au groupe OVAKO. Reconverti. Maison de maître à proximité, mais le site de production apparaît dans l'ensemble comme assez largement reconstruit (documentation à disposition sur place).

    Deville, Mairupt, Laminoir, puis fonderie Cochaux : En 1834, Potoine, neveu de Jean-Nicolas Gendarme, crée un laminoir à tôle à Deville, au lieu-dit Mairupt. Celui-ci, mû par une roue hydraulique, comprend en 1840, une paire de cylindres à laminer et deux équipages de cylindres et spatards. Ce laminoir sera remplacé en 1867 par la fonderie Cochaux, ancêtre de la fonderie actuelle (fontes mécaniques, fontes spéciales pour moteur, fontes centrifugées, etc.) ; laquelle qui employait 45 personnes en 1942. L'usine est incendiée dans les années 1980. Ancien site en bord de Meuse en contrebas de la route de Laifour. Ne reste que la maison de maître, intéressante. La fonderie a été rasée.

    Donchery, La Briqueterie, R.D. 5, Briqueterie : L'activité s'est arrêtée peu après la Seconde Guerre mondiale. Les propriétaires conservent des photographies anciennes. Four et cheminée détruits. Subsistent seuls la maison d'habitation et le transformateur électrique. L'ensemble est en brique. Non retenu : vestiges insuffisants.

    Douzy, La Jonquette, Usine de transformation des métaux : Usine créée en 1822 par Prosper Lamotte-Pirotte, pour compléter son usine supérieure située sur la commune de Francheval. Elle comprenait au départ deux roues hydrauliques, un marteau et une chaufferie, et devait produire 35 000 kg de platine pour poêles. En 1824, on y ajoute un troisième tournant pour actionner deux martinets, mais surtout le propriétaire installe en 1824 un four à puddler, l'un des premiers du département. Plus tard, l'usine fut agrandie avec la création d'une maison de maître et d'un grand atelier qui existaient encore en 1985. Les bâtiments subsistants, abandonnés, menaçait ruine en 1985. En 2008, il ne reste plus qu'une cheminée envahie par la végétation. Bibliographie : ANDRE, Louis, BELHOSTE, Jean-François, BERTRAND Patrice. La métallurgie du fer dans les Ardennes (XVIe-XIXe). Cahiers de l'Inventaire n°11, Ministère de la Culture et de la Communication, Inventaire général des monuments et des richesses artistiques de la France, Région Champagne-Ardenne, 1987, p. 55. BOURGIN, H. et G. L'industrie sidérurgique en France au début de la Révolution, Collection de documents inédits sur l'histoire économique de la Révolution française, Paris, Imprimerie Nationale, 1920. Document d'archives : AN. Série F14 : 4287, dossier 18 (platinerie La Jonquette 1822 - 1835).

    Illy, Holly, Château et briqueterie (?) : Château 18e siècle ou 19e siècle. A la confluence de la Hatrelle et de la Givonne. Château avec structure à proximité non identifiée : cheminée de plan carré à côté d'un four : briqueterie ?

    Inaumont, La Rayée, Moulin : AD Ardennes, 7S 145 1 : moulin de la Rayée sur la Vaux ; réglementation, proprio Mathieu, 1878-83. Première mention en 1256 lorsqu'il appartenait aux hospices de Reims. En 1880, mise en place d'une turbine. En 1955, rénovation par Mathieu-Antoin (Basias). Propriété privée inaccessible. Petite unité comprenant un bâtiment (qui comprenait la roue) et une maison de maître.

    Launois-sur-Vence, Le Moulin à couleurs, Moulin à couleurs : Maison datant des 19e - 20e siècles. Non retenu : vestiges insuffisants. Ne reste que la maison de maître. Maison d'habitation en brique, avec de petites dépendances.

    Nouzonville, rue des Trois Obus, Logement patronal dit Château Henrot : Logement patronal de la famille Henrot, propriétaire de la fonderie Henrot et Guy à Nouzonville. Intérêt architectural. Mais pas une structure industrielle.

    Rocquigny, Mainbressy, La Briqueterie, La Croix Bellotte, Briqueterie (?), actuellement ferme : Repérage sur vue aérienne IGN. Reconverti en ferme. Un bâtiment en brique, une halle en bois, une maison de maître. Semble important mais difficile distinguer les bâtiments de la briqueterie de ceux de la ferme ?

    Saulces-Monclin, Moulin d'En-Haut, actuellement maison : Maison de maître transformée en gîte. Non retenu : vestiges insuffisants. Bief et une grande maison de maître.

    Saulces-Monclin, Moulin : AD Ardennes, 7S 44 1, moulin dit d´En bas : réglementation du moulin du sieur Drouet sur ruisseau de Saulces, 1851 ; demande d´approbation projet de reconstruction des vannes du moulin d´En Bas par Vaillant, propriétaire, 1924. Non retenu : vestiges insuffisants. Bief, vannage en béton armé (qui doivent dater de 1924), un petit bâtiment en brique et une grande maison de maître.

    Sedan, Torcy, 14 rue Jean-Jaurès, Brasserie de Torcy, puis Philippoteau : Repérage sur vue aérienne IGN. Arch. Nat., F12 9429, le fonds de l' OCRPI période 1940-1949 : brasserie de Torcy, 14 rue Jean Jaurès à Torcy, Sedan ; bières, glace à rafraîchir, 81 personnes en juill. 1944. Ancienne brasserie Philippoteau. Reconverti en différents magasin, agences, pharmacie, bar, établissement scolaire. Subsiste un portail avec tonnelets datés 1835, la maison de maître et celle du gardien. Bâtiment de l'autre côté de la rue daté 1864.

    Sedan, 33 place de la Halle, Logement patronal : hôtel Poupart : La manufacture du Dijonval..., p.66. Hôtel particulier : n'a jamais servi de fabrique.

    Sery, Moulin : AD Ardennes, 7S 149 : moulin, sur le Plumion ; rapport sur retenue des eaux, propriétaire Quentin, 1845 ; réglementation du moulin de M. Porchet, 1929-1932. Il reste le bief, le vannage, la salle des turbines, une grange, la maison d'habitation. Petite unité.

    Signy-l'Abbaye, rue de la Digue, Filature : AD Ardennes, 7S 139 6 : filatures des sieurs Gouge et Grenier sur la Vaux, 1827-65 ; plaintes contre Lambert Barthélémy, propriétaire, 1876-81 ; abandon par Lambert de son droit de retenue d´eau, 1908. AD Ardennes, 7S 139 5 : filature de Signy l´Abbaye : rapports proposant d´autoriser Barthélémy-Delvigne à effectuer des réparations au déversoir de l´usine, 1874-78. Les bâtiments de la filature en elle-même ont disparu. Ne subsiste qu'une habitation en brique et la maison de maître (?) très transformée (à côté de la pharmacie). Non retenu : vestiges insuffisants.

    Tailly, Les Forgettes, Grosses forges (?) Camion, actuellement maisons : Repérage sur vue aérienne IGN. AD Ardennes, 7S 2 : 1, usine des Forgettes, sur le ruisseau d'Annelles. Camion propriétaire ; 1840-1849. AD Ardennes, 7S2 : 4, moulin à blé Darodes ; opposition à la réglementation, 1847-48 . Bordereaux 1985 : une seule notice pour le Fourneau et les Forgettes. La métall. du fer dans les Ardennes, Cahiers 11, p.63. Appartient toujours à la famille Darodes. Subsistent maison de maître et divers autres bâtiments non identifiés mais tous actuellement aménagés en maison d'habitation. L'Anelle fait la séparation entre les deux départements de la Meuse et des Ardennes. Pas de photos (pas d'autorisation). Les aménagements hydrauliques actuels sont destinés à l'agrément, rien d'ancien a priori.

    Le Thour, Forge : Découverte de terrain. Petite structure d'un forgeron de village, avec maison à côté et en face. Hors enquête. Édifice constaté transformé en 2013.

    Wignicourt, Moulin : AD Ardennes, 7S 47 : ancien moulin de Chesnois sur ruisseau de Foivre ; projet de comblement du canal d´amenée, 1896-98. Site très important comportant de nombreux bâtiments : - le moulin proprement dit en moellon avec sa retenue d'eau, son vannage et son bief n'est pas très imposant - la maison du meunier en moellon avec un linteau daté de 1830 et marqué des insignes traditionnelles des meuniers (pales de roues à aube) - trois granges de stockage en pans de bois (mauvais état). Hors enquête : pas un site industriel.